La montée de «King Louis»

Louis Domingue, le nouveau monarque de l'Arizona, n'a... (AFP, Christian Petersen)

Agrandir

Louis Domingue, le nouveau monarque de l'Arizona, n'a plus rien à voir avec le jeune homme anéanti qui a quitté les Remparts de Québec en 2012.

AFP, Christian Petersen

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) «Un autre gros arrêt! "King Louis" à la rescousse!» lance le descripteur Matt McConnell. Sur la glace, Louis Domingue multiplie les arrêts depuis qu'il est venu en relève devant le filet des Coyotes, le 17 décembre. Sûr de lui, le nouveau monarque de l'Arizona n'a plus rien à voir avec le jeune homme anéanti, qui a quitté les Remparts de Québec en 2012. En trois ans, le natif de Mont-Saint-Hilaire a su, match après match, rebâtir sa confiance, faisant des premiers pas remarqués dans la LNH. Que lui réserve maintenant l'avenir?

La confiance de ses coéquipiers a aidé Louis... (AFP, Christian Petersen) - image 1.0

Agrandir

La confiance de ses coéquipiers a aidé Louis Domingue à consolider la sienne.

AFP, Christian Petersen

Le séjour de deux saisons et demie de Louis Domingue chez les Remparts de Québec n'aura pas été de tout repos. Espoir hautement considéré, le gardien de but s'était amené dans la capitale accompagné de grandes attentes à la suite d'une importante transaction avec les Wildcats de Moncton.

Un sérieux conflit de personnalité avec l'entraîneur-chef Patrick Roy, qui a eu des échos jusque dans la LNH et dont il ne souhaite plus parler, des contre-performances en séries et l'opprobre médiatique auront toutefois sapé la confiance du portier qui, jusque-là, n'en avait jamais manqué. Une fois chez les professionnels, des séjours constructifs dans les filiales des Coyotes, chez les Gladiators de Gwinnett (ECHL) et les Pirates de Portland (AHL) auront toutefois permis au choix de cinquième ronde de l'organisation en 2010 (138e au total) de retrouver ses repères.

Après 20 apparitions devant le but des Coyotes cette saison, le produit des Lions du Lac-St-Louis (midget AAA) présentait, avant le match de vendredi, un dossier de 9-7-4, en plus d'afficher un taux d'arrêts de ,915 et une moyenne de buts alloués de 2,61 (respectivement 3e et 4e chez les recrues de la LNH ayant joué au moins 20 matchs).

Changement salutaire

«La Ligue de la côte Est, c'est pas mal ça qui m'a sauvé, en tant que gardien. D'avoir pu jouer là, ça m'a beaucoup aidé. À ma première année dans le pro à Gwinnett, j'avais un entraîneur, John Wroblewski, qui était complètement à l'opposé de Patrick. Ça m'a permis de m'ajuster au niveau professionnel et de rétablir ma confiance assez rapidement», raconte d'entrée de jeu l'ancien 37 des Remparts.

Le changement d'environnement aura immédiatement porté fruit. Le souvenir est d'ailleurs encore frais à l'esprit de Domingue. Il n'en était qu'à son deuxième match avec les Gladiators et une égalité de 5-5 persistait, après deux périodes.

«Jamais, à Québec, si j'avais donné cinq buts, je serais resté devant le filet. Alors, je ne comprenais pas trop ce que je faisais encore là. On avait fini par gagner 6-5. Après le match, le coach était venu me voir et m'avait dit : "Tant que t'en laisses passer un de moins que l'autre équipe, on va être correct." Ç'a déclenché quelque chose dans ma tête», affirme celui qui, dans sa jeunesse, connaissait également beaucoup de succès au baseball et a finalement porté son choix sur le hockey.

C'est à partir de là que Domingue est parvenu à se reconstruire. Le climat positif qui régnait chez les Pirates de Portland lui a ensuite permis d'ajouter quelques briques à l'édifice qu'il avait commencé à ériger à Gwinnett.

«Même l'année où ç'a été plus dur, quand on a fini derniers, je réussissais à rebâtir ma confiance chaque jour. Tellement que cette année, je n'ai pas regardé une seule fois en arrière. Les buts ne m'affectent pas. Quand je laisse passer un but tôt dans un match, je me roule les manches et je travaille plus fort. Je sais, en étant dans la LNH, que c'est mon rêve que je suis en train d'accomplir. Dans ce temps-là, c'est plus facile de se botter le cul!» a lancé en riant le portier.

Un jeu blanc en partant

Quand une blessure à Mike Smith a mené à son rappel à la mi-décembre, Domingue était déterminé à ne pas laisser passer sa chance. Le passage au niveau supérieur ne s'est toutefois pas fait en claquant des doigts!

«L'adaptation de la Ligue américaine à la Ligue nationale est difficile, surtout dans les matchs. Tu as beau pratiquer pendant une semaine complète avec des gars de la LNH, une fois dans les matchs, la vitesse est vraiment différente. J'ai eu la chance de commencer en relève, alors c'est là que j'ai fait mon ajustement.

«Et quand j'ai eu mon premier départ, je me suis dit : "Ça passe ou ça casse." Je ne me suis pas mis plus de pression qu'il faut. J'ai juste été conscient du challenge que j'avais devant moi et je l'ai attaqué», s'est rappelé Domingue, qui utilise encore aujourd'hui la même structure de préparation mentale qu'il avait élaborée en compagnie du consultant en psychologie sportive des Remparts, Alain Vigneault, lorsqu'il était à Québec.

Résultat? Le gardien de 23 ans a connu un départ canon, réalisant 25 arrêts, dans un jeu blanc de 1-0 sur les Islanders de New York, le 19 décembre.

«J'ai tout de suite apporté un aspect de confiance aux gars. Il n'y a pas eu de moments où j'ai joué sur les talons ou sans aplomb entre les poteaux, ça fait qu'ils ont tout de suite su qu'ils pouvaient aller de l'avant. Je suis chanceux d'avoir commencé avec un blanchissage à mon premier match. Ç'a bien parti.»

Ne pas ressasser le passé

La confiance de ses coéquipiers a aidé Domingue à consolider la sienne, qui s'était désintégrée pendant un stage junior où, selon lui, il n'a jamais pu s'exprimer librement sur la glace. «Jouer pour Pat [Roy], ça m'a enlevé le droit d'être moi-même. Comme s'il fallait que je sois quelqu'un d'autre. En devenant pro, j'ai réussi à aller rechercher la confiance que j'avais avant. Présentement, je joue avec confiance et je sens que mes coéquipiers ont confiance en moi. C'est mutuel. On carbure de l'énergie qu'on se donne l'un pour l'autre.»

Les années noires de Domingue à Québec ont fini de hanter le futur papa, qui se concentre désormais sur sa bonne fortune. «Ça ne m'agace plus pantoute! Il y a trop de choses positives dans ma vie, en ce moment. Je laisse le positif prendre le dessus sur le négatif. Ça ne sert à rien pour moi de ressasser ça.

«Je fais mes affaires et je suis en train, tranquillement pas vite, de faire ma place. Peu importe ce que les autres pensent, ça ne m'importe plus du tout...»

Le gardien numéro un des Coyotes, Mike Smith,... (AFP, Christian Petersen) - image 2.0

Agrandir

Le gardien numéro un des Coyotes, Mike Smith, sera de retour au jeu d'ici quelques semaines. Louis Domingue, ci-dessus, espère en avoir démontré suffisamment aux dirigeants de l'organisation pour décrocher le poste d'auxiliaire. 

AFP, Christian Petersen

La vie après Mike Smith

Rappelé après que Mike Smith eut subi une blessure musculaire au «bas du corps» le 15 décembre, Louis Domingue ne sait pas ce qui l'attendra lorsque le gardien numéro un des Coyotes sera de retour au jeu, d'ici quelques semaines.

Partageant présentement le travail avec le Suédois Anders Lindback, Domingue espère en avoir démontré suffisamment aux dirigeants de l'organisation pour décrocher le poste d'auxiliaire. «Je pense que j'ai prouvé à mon équipe que j'étais capable d'être dans la LNH et de leur donner une chance de gagner à chaque match. Pour moi, c'est de continuer à faire ma job tous les jours.

«En bout de ligne, ce n'est pas moi qui vais prendre la décision. Pour l'instant, je suis là. Moi, je le savais que je pouvais être là. Il s'agissait de leur montrer et je pense que c'est ce que je suis en train de faire.»

S'il devait être cédé aux Falcons de Springfield (AHL), le gardien de 6'3" et de 210 livres n'aura d'autre choix que d'accepter son sort. «C'est sûr que ce n'est jamais facile, de retourner en bas. Parce que c'est motivant être dans la LNH. Tu es là, tu te compares aux meilleurs et tu vois que tu es capable de participer, alors c'est dur de retourner en bas. Ça m'est déjà arrivé.

«Mais quand tu retournes en bas, la Terre n'arrête pas de tourner. Il faut que tu continues de faire des efforts. J'en ai vu des gardiens redescendre et se laisser aller. Ce n'est pas la bonne chose à faire. [...] Moi, ce que je veux, c'est m'établir.»

Mélange équilibré

D'ici à ce qu'il soit fixé, Domingue profite de chaque moment passé avec les Coyotes. Cette saison, la formation présente un mélange équilibré de bons vétérans, tels que Shane Doan et Antoine Vermette, et d'excitantes recrues, comme les Max Domi et Anthony Duclair. Chacun, à sa façon, est responsable du succès d'une équipe qui, après avoir raté les séries en 2015, se trouve dans la course pour y participer, en 2016.

«L'avenir est beau en Arizona. Le sang nouveau a produit rapidement, et peut-être même au-dessus des attentes. Si, au début de l'année, on avait dit qu'on serait dans cette position-là, je ne pense pas que beaucoup de gens l'auraient cru. De partir derniers à une place en séries, c'est assez impressionnant. On apprécie ce qui se passe en ce moment. Chaque match est tellement important. On le sent. Et c'est le fun de faire partie de ça», a terminé Domingue. 

Louis Domingue sur...

> Ses débuts dans le hockey

«J'ai commencé à jouer sur le tard. Ma mère haïssait ça, le hockey, parce qu'elle trouvait ça trop violent, alors je n'avais pas le droit de jouer. Mais je jouais quand même dehors l'hiver, à la patinoire. Les autres parents se demandaient pourquoi je n'étais pas inscrit. Tout le monde était inscrit au hockey! Finalement, mon père m'a inscrit. À ma première année novice, mon gardien s'était cassé le doigt, alors il avait fallu que quelqu'un le remplace. Comme j'attrape de l'autre main, il a fallu que je m'achète un équipement. Une fois que j'ai eu mon équipement, j'ai continué de jouer comme gardien de but.»

> Premier départ dans la LNH

«J'ai accordé deux buts en partant», se souvient Domingue au sujet de la victoire de 3-2 des Coyotes au Centre Bell, le 1er février 2015. «Après ça, il a fallu que je me challenge beaucoup mentalement. C'est sûr que ce n'était pas évident. J'en suis venu au point où je me suis dit : "Soit tu t'écroules, et ça finit là, ou tu te roules les manches, tu te bottes le cul et on repart!" Ç'a bien été en fin de première, j'ai refait une couple d'arrêts. Ensuite, je suis retourné m'asseoir dans la chambre entre la première et la deuxième, et ç'a fait du bien. Après ça, j'ai pris mon rythme.»

> Le coach Dave Tippett

«Il est demandant envers ses joueurs. Il s'attend à un certain niveau, par rapport à l'identité qu'on s'est établie en tant qu'équipe. Il me laisse faire mes affaires, il me laisse aller. Les seules conversations que j'ai eues avec lui, c'est : "C'est toi qui goales demain!" Ou encore : "Comment tu te sens?" Il est bien correct. Il tient ça simple. Il me traite comme si j'étais un vétéran. Jamais il ne m'a traité d'une autre manière. Et quand le goaltending ne lui plaît pas, il nous le dit et c'est à nous de répondre.»

> Les Coyotes

«Que ce soit dans les pratiques ou les matchs, c'est un groupe qui se challenge beaucoup. Après les pratiques, même s'il y a une différence d'âge assez incroyable, ce sont les plus vieux comme Doan, qui restent jusqu'à ce que la Zamboni sorte. Et il y a Domi qui est là. C'est quand même assez impressionnant. Pour moi, Shane Doan, c'est le capitaine ultime. Je n'en ai pas connu des tonnes dans la LNH, mais il est incroyable. Il a du millage, de l'expérience. Il nous aide beaucoup à nous acclimater et à nous expliquer comment on doit se comporter dans la LNH.»

> Anthony Duclair

«Duclair et moi, on se voit souvent l'été», raconte Domingue au sujet de son coéquipier avec les Remparts et les Coyotes. «J'aime ça l'avoir avec moi. C'est mon ami et on s'entend bien ensemble. J'apprécie qu'il soit ici. J'étais bien heureux quand il a été échangé. Sur le coup, il n'était pas très content, mais je l'avais texté et je lui avais dit qu'ici, il aurait une chance de jouer dans la LNH, alors qu'avec les Rangers, ça aurait pu prendre une couple d'années avant de faire l'équipe.» 

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer