Le Super Bowl en 10 essais

L'histoire des 50 ans du Super Bowl rime avec l'argent, la gloire et les bulles... (Timothy A. Clary)

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Timothy A. Clary

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(Québec) L'histoire des 50 ans du Super Bowl rime avec l'argent, la gloire et les bulles de champagne qui montent à la tête. Mais elle est aussi faite de sueur, de sang et de larmes. Portrait d'un événement démesuré en 10 dates mémorables.

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On refait le botté de la mi-temps pour la télé!

Lors du premier Super Bowl, le football est prêt à toutes les concessions pour séduire la télé. Lorsque la chaîne NBC rate la diffusion du botté d'envoi de la deuxième demie, on accepte de refaire le botté! Mais bientôt, ce sera le football qui imposera ses conditions à la télé. Le tournant survient le 17 novembre 1968, lors d'un incident baptisé le «match Heidi».

Ce jour-là, la chaîne NBC présente un duel entre les deux équipes de l'heure. Mais le match s'étire. À 19h  pile, alors qu'il reste une minute à jouer, la chaîne abandonne la retransmission pour reprendre sa programmation normale... le téléfilm Heidi.

Soudain, le football cède la place aux aventures d'une fillette qui cueille des edelweiss dans les Alpes. Des milliers de gens en furie bondissent sur leur téléphone, pour réclamer de voir la fin du match. En quelques minutes, les circuits téléphoniques sont tellement saturés que les responsables de NBC n'arrivent pas à communiquer avec la régie, pour faire reprendre la diffusion du match. Plus jamais cela. Le football devient intouchable. Et les années ne feront qu'accentuer sa mainmise sur la télé.

Aujourd'hui, durant la saison régulière, l'audience du Sunday Night Football dépasse celle de The Voice ou de n'importe quelle télésérie. En 2014, un match de la NFL attirait en moyenne 17 millions de télé­spectateurs. Deux fois plus que les 8,1 millions récoltés par Games of Thrones.

En 1967, on se demandait ce que serait le football sans la télévision. En 2015, on se demande ce que serait la télévision sans le football...

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Broadway Joe garantit la victoire

Pour la première fois, on parle du «Super Bowl», et non de «Championnat du monde». 

Peu importe le nom. Le match de 1969 ne soulève pas les passions. Les Colts de Baltimore sont favoris par 18 points sur les Jets de New York. Mais heureusement, le quart-arrière des Jets, Joe Namath, alias Broadway Joe, va mettre du piquant. Il «garantit» même la victoire.

Namath est un joueur électrisant. Moitié fanfaron, moitié clown. Avec lui, le football devient un roman-savon. «Jusqu'à l'âge de 13 ans, je croyais que mon nom c'était : «Tais-toi», répète-t-il.

Le playboy Namath adore les femmes, l'alcool et les projecteurs. Mais il livre la marchandise. Contre toute attente, les Jets battent les Colts 16 à 7. À la fin, le héros quitte le terrain avec l'index pointé vers le ciel. Un classique instantané. 

Quelques mois plus tard, Namath publie une autobiographie intitulée I Can't Wait Until Tomorrow... Because I Get Better Looking Every Day (J'ai hâte à demain... parce que je deviens plus beau chaque jour). À New York, on le décrit comme «la plus grande attraction sportive depuis Babe Ruth».

Le sport et le spectacle deviennent indissociables. Deion Sanders, des Cowboys de Dallas, résumera la recette : «Si tu parais bien, tu te sens bien. Si tu te sens bien, tu joues bien. Si tu joues bien, ils te payent bien.»

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Lynn Swann ne se souvient plus du résultat

Les Steelers de Pittsburgh viennent de remporter le Super Bowl. Dans le vestiaire, tout le monde fête, à part le receveur Lynn Swann. Depuis qu'il est tombé sur la tête, au troisième quart, celui-là ne sait plus trop où il se trouve.

Au bout d'un certain temps, Swann interpelle un journaliste de l'Associated Press. «Ça y est. Maintenant, je me souviens de mon nom et du score final», assure-t-il. Un médecin explique qu'il a subi une commotion cérébrale. «Rien de grave», précise-t-il, sans plus de vérifications.

À l'époque, personne n'imagine à quel point les blessures à la tête vont hanter le football, 35 ans plus tard.

Au cours des prochaines années, la NFL versera plus d'un milliard de dollars en compensations diverses à ses anciens joueurs. À long terme, le sport lui-même pourrait être en danger. Aux États-Unis, pour chaque commotion cérébrale dans la NFL, on en dénombre 800 chez les joueurs de football des écoles secondaires et primaires. Les parents inquiets finiront-ils par refuser que leur enfant joue au football?

Comme elle semble lointaine, l'époque où Lynn Swann confie en rigolant son truc pour retourner au jeu, après une commotion cérébrale.

Supposons que le médecin agite trois doigts devant ses yeux en posant la satanée question : «Combien de doigts?» À ce moment-là, l'autre receveur vedette des Steelers, John Stallworth, se place à ses côtés. Discrètement, il lui tape trois fois sur la cuisse. Et personne ne s'étonne que Swann donne toujours la bonne réponse.

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Oups! Le matin du match, les Raiders sont à la discothèque

Au soir du 25 janvier, quand le commissaire Pete Rozelle tend le trophée du Super Bowl à Al Davis, le propriétaire des Raiders d'Oakland, le malaise est palpable. Les deux hommes se haïssent cordialement. Davis vient d'intenter une poursuite contre la NFL, qui refuse le déménagement de son équipe à Los Angeles.

En attendant, les Raiders de Mister Davis constituent une improbable collection de fêtards et de chenapans. Dans le vestiaire, un joueur est surnommé «l'Assassin», pour ses plaqués qui tentent de couper l'adversaire en deux. Et les vétérans accueillent les recrues en s'écriant : «T'as pas besoin d'avoir un dossier criminel pour jouer dans l'équipe! Mais ça peut aider!»

Le matin même du Super Bowl, quelques joueurs manquaient à l'appel! On les a récupérés dans une discothèque. Quelques jours plus tôt, certains ont découvert un taureau mécanique, dans un bar. Après une nuit passée à jouer au rodéo, le porteur de ballon Mark van Eeghen avait tellement mal aux jambes, qu'il a difficilement réintégré sa chambre.

Le plus célèbre fêtard, John Matuszak, galvanise ses coéquipiers avec son «breakfast du champion», un mélange de valium et de vodka. Le jour de la rencontre avec la presse, il se réveille avec une gueule de bois de catégorie mondiale, à côté d'une inconnue, dans un endroit qu'il ne reconnaît pas. Imperturbable, il prétend qu'il a fait le tour des bars, pour s'assurer que les autres respectent le couvre-feu! Miné par les problèmes d'alcool et les troubles de comportement, Matuszak meurt d'une overdose, en 1989. Il a 438 ans... pardon, 38 ans. Mais comme il le disait lui même : «The show must go on».

Le mot de la fin appartient à Nate Newton, des Cowboys de Dallas. «[À la veille d'un Super Bowl] la police nous a énuméré les endroits à ne pas fréquenter. Je les ai pris en note. Ensuite, on les a tous visités un par un.»

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La pub gagne le Super Bowl

- Wow. C'était quoi, ça?

De retour d'une pause publicitaire, au troisième quart du Super Bowl, les commentateurs de CBS sont abasourdis. Ils viennent de voir l'étonnante pub 1984, de la compagnie Apple. Soixante secondes qui s'écartent du ronron habituel. Soixante secondes inspirées du roman 1984, qui raconte une histoire. Sans essayer de vendre un produit.

C'est à peine si à la toute fin, on annonce l'arrivée du Macintosh.

Plus tard, on apprend que Steve Jobs et un autre cofondateur d'Apple ont payé 800 000 $ de leur poche pour faire diffuser la publicité. Ils ont désobéi au conseil d'administration, qui trouvait la dépense exagérée.

Au bout du compte, la pub 1984 ne sera diffusée à grande échelle qu'une seule fois. Mais son effet sera prolongé. Un nouveau genre est né : la publicité-événement du Super Bowl.

Avec les années, la pub fera du Super Bowl son championnat. Un moment de grâce, qui donne accès à un marché gigantesque. Quitte à payer le gros prix. En 1967, une seconde de publicité coûtait 1333 $. En 2016, elle vaut 160 000 $.

Ne demandez plus qui gagne le Super Bowl. En 2015, selon la National Retail Federation, plus de 25 % des téléspectateurs écoutaient le Super Bowl principalement pour la pub!

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Un joueur de 300 livres : le «Réfrigérateur»

Les nouveaux champions, les Bears de Chicago, constituent un cirque permanent. Mais leur plus grosse attraction, c'est William Perry, alias le «Réfrigérateur». À 325 livres, on le présente comme le prototype du football du futur.

Avant même le Super Bowl, le «Fridge» est un habitué des talk-shows. Un obèse sans complexe, qui apparaît dans des pubs de macaroni, de pneus et même... de papier hygiénique.

La renommée de Wiliam Perry culmine lors du Super Bowl. Utilisé en attaque, le «Fridge» inscrit un touché, en passant au travers de la ligne adverse avec toute la délicatesse d'un missile Cruise traversant un mur de Jell-O. 

Déjà, les ennuis commencent. On raconte que le prodige engloutit huit cheeseburgers et six portions de frites pour le dîner. Sans oublier les cinq poulets pour le souper. 

Les Bears tentent de contrôler Perry. Son contrat prévoit des pénalités s'il dépasse un poids déterminé. Peine perdue. Le «Fridge» frôle les 400 livres. Son jeu périclite. Diminué par les blessures et les ennuis de santé, il finit sa carrière en Europe. Dans un anonymat relatif.

Il n'importe. À sa manière, William Perry fut un précurseur. Le trait d'union entre deux époques. Lors du 1er Super Bowl, les joueurs de ligne défensive des Packers de Green Bay pesaient en moyenne 257 livres. Quarante-quatre ans plus tard, pour le XLVe Super Bowl, les joueurs de ligne défensive des Packers pesaient en moyenne 320 livres.

«J'ai été gros dès que j'ai été petit», résume le «Réfrigérateur», avec sa perspicacité légendaire.

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Cinq secondes pour ruiner une vie

Tirant de l'arrière 20 à 19, avec huit secondes à jouer, les Bills de Buffalo s'en remettent au botteur Scott Norwood pour effectuer un placement de 47 verges. Norwood est fiable. Il a déjà été choisi dans l'équipe d'étoiles. Mais il n'est pas très efficace sur les longues distances. Son plus long botté de la saison faisait 48 verges.

Quelques instants après le botté, le ballon courbe vers la droite. Raté. Les Bills perdent le match. Dévasté, Norwood quitte le terrain en titubant, comme s'il avait été frappé par la foudre. Pour le botteur et son équipe, le cauchemar commence. Au cours des trois années suivantes, les Bills atteignent le Super Bowl, qu'ils perdent chaque fois. Norwood joue une autre saison, avant d'être congédié. Puis, il attend en vain qu'une équipe lui fasse signe. Qui veut d'un botteur maudit?

Le nom Scott Norwood devient synonyme d'échec. En 1998, un réalisateur lui offre une fortune pour jouer son rôle de botteur malchanceux, dans le film Buffalo 66. Il refuse tout net. La honte et l'amertume le submergent. Il vit en reclus, pour échapper aux regards. Il met des années à remonter la pente.

En 2004, la revue Sports Illustrated publie un reportage qui montre un Norwood apaisé, reconverti dans l'immobilier. Surprise, ses jeunes enfants ont dessiné la finale dramatique du XXVe Super Bowl, entre les Bills et les Giants. Ça se déroule dans un univers parallèle, où leur père réussit le botté fatidique...

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Michael Jackson à la rescousse de la mi-temps

Pendant longtemps, le spectacle de la mi-temps constitue le parent pauvre du Super Bowl. Un temps mort. «N'est-ce pas le moment où tout le monde se précipite aux toilettes?» demandait le commissaire Pete Rozelle. 

Les premiers Super Bowl présentent des fanfares. À quatre reprises, la NFL embauche la troupe Up With the People, que Les Simpson vont rebaptiser le groupe «Hourrah pour n'importe quoi»!

Mais les temps changent. En 1992, la chaîne CBS perd 22 millions de télé­spectateurs durant la mi-temps, attirés par un épisode de la série In Living Color, sur une chaîne concurrente. Il faut faire quelque chose! L'année suivante, on appelle Michael Jackson à la rescousse. 

Dès lors, le spectacle sera confié à des super-vedettes, susceptibles de plaire à plusieurs générations, avec un déluge de feu et d'effets spéciaux. Même le scandale provoqué par le dévoilement d'un sein de Janet Jackson, en 2004, n'y changera rien. Plus moyen de revenir en arrière.

Depuis 2012, l'audience du spectacle dépasse légèrement celle du match! La ligue a même jonglé avec l'idée de faire payer les artistes qui s'y produisent! Si les commanditaires payent 4,5 millions $ pour 30 secondes de pub, combien valent 15 minutes de spectacle? Faites le calcul.

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Ultime plan ou ultime triche?

En 2002, les Rams de St. Louis sont favoris par 14 points, sur les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Mais l'entraîneur des Patriots, Bill Belichick, prépare son équipe de façon maniaque. Tant pis si les joueurs se perdent un peu dans l'organisation du travail byzantine du patron. Ainsi personne ne comprend le rôle d'Ernie Adams, un assistant-entraîneur que Belichick utilise comme une encyclopédie du football sur deux pattes. Pour se moquer, les joueurs projettent sur un mur une photo d'Adams, accompagné du texte : «Que fait ce gars-là?»

Trêve de plaisanteries. À la veille du Super Bowl, Belichick conçoit un plan de match inusité. Pour mater les Rams, il concentre sa défensive sur un joueur, le porteur de ballon Marshall Faulk. La stratégie deviendra un modèle du genre. Elle sera célébrée comme un coup de maître. Compte final : Patriots : 20, Rams : 17. 

Mais la gloire des Patriots sera ternie par la découverte de vidéos montrant qu'ils ont filmé les signaux adverses, pour connaître les jeux à l'avance. En 2014, l'équipe sera aussi éclaboussée par une étrange affaire de ballons dégonflés.

Une épidémie de paranoïa va déferler sur la NFL. Quand on joue en Nouvelle-Angleterre, on pratique des jeux qui n'existent pas, pour tromper d'éventuels espions. Un entraîneur insistait même pour emporter les bandages des blessés, afin d'éviter de fournir des indices sur les bobos de l'équipe. En octobre 2015, le Boston Globe raconte que les Jets de New York ont fait inspecter leur vestiaire à la recherche d'instruments d'écoute électronique.

Désormais associé à un mauvais génie du sport, l'entraîneur Belichick pourrait dire, suivant l'exemple de l'actrice Mae West : «Quand je suis bon, je suis bon. Quand je suis mauvais, je suis meilleur.»

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Le nuage crevé par un jeu parfait

En janvier 2008, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre flottent sur un nuage. Durant la saison régulière, ils ont remporté 16 victoires consécutives. Après deux autres triomphes en éliminatoires, les Pats semblent voguer vers une saison parfaite de 19 victoires. Il n'y manque que le Super Bowl. Une formalité.

Selon l'hebdomadaire Newsweek, le propriétaire de l'équipe, Robert Kraft, a déjà réservé des expressions comme 19-0, 19-0 The Perfect Season et Perfect Season. Les mots magiques vont se retrouver sur des casse-tête, des jeux de cartes et même... des cerfs-volants.

Mais les Patriots ne sont pas les seuls à vendre la peau de l'ours. Un quotidien de Boston annonce la publication d'un livre sur la saison parfaite. Les multinationales Nike et Reebok ont enregistré des publicités pour rendre hommage à l'équipe «invaincue». Même la NFL a commandé plus de casquettes et de chandails, afin de profiter du triomphe.

Le jour venu, la partie se révèle plus serrée que prévu. Avec moins d'une minute à faire, alors que les Patriots s'accrochent à une avance de 14-10, le receveur des Giants David Tyree va tout bouleverser, en réalisant un attrapé acrobatique, avec l'aide de son casque. La saison parfaite des Patriots prend fin quelques secondes plus tard.

Pour Tyrell, l'attrapé miraculeux se révèle son dernier en carrière. L'année suivante, il est blessé à un genou durant le camp d'entraînement. Puis il sera congédié en 2009.

À la même époque, seuls quelques collectionneurs s'intéressent encore aux casquettes de la saison parfaite des Patriots, que la NFL a discrètement distribuées à des enfants pauvres du Nicaragua.

«La gloire constitue le meilleur déodorant», disait l'actrice Elizabeth Taylor. L'ennui, c'est qu'elle ne dure pas plus longtemps.

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