Noémie Fiset cogne fort à la porte de l'élite

À seulement 20 ans, Noémie Fiset fait écarquiller bien... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À seulement 20 ans, Noémie Fiset fait écarquiller bien des yeux grâce à une saison remarquable, pourtant sa première chez les seniors.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Dire que Noémie Fiset cogne à la porte de l'élite mondiale en patinage de vitesse longue piste relève de l'euphémisme. En fait, elle s'apprête à la défoncer.

Jusqu'ici cette saison, Noémie Fiset a terminé cinq fois sixième lors de courses nationales pour l'obtention d'une place en Coupe du monde. Deux fois au 500 mètres, deux fois au 1000 mètres et une fois au 1500 mètres. À chaque occasion, la patineuse de 20 ans a vu les cinq meilleures se retrouver parmi les grandes.

«J'étais un petit peu déçue parce que c'était l'objectif [d'aller en Coupes du monde]», a-t-elle dit, quelques semaines après les sélections d'automne et trois sixièmes places. «Mais en même temps, la compétition est super forte. J'étais avec des filles qui ont beaucoup plus d'expérience que moi, qui ont toutes déjà fait des Coupes du monde.» Un discours répété en janvier, après deux autres sixièmes places aux sélections d'hiver.

L'entraîneur Gregor Jelonek le confirme : sa protégée ne montre aucun signe de frustration. «Elle regarde beaucoup son résultat à elle», assure-t-il. «Elle aurait été frustrée si elle n'avait pas fait ses meilleurs temps. Mais elle est assez allumée pour savoir que les filles qui la devancent sont meilleures qu'elle.»

Pour l'instant, aurait pu ajouter Jelonek. Car à seulement 20 ans, Fiset fait écarquiller bien des yeux. Tout ça grâce à une saison remarquable, pourtant sa première chez les seniors.

Elle a déjà battu ses marques personnelles plusieurs fois sur ses distances favorites, éclipsé le record de piste sur 500 mètres à l'anneau de glace Gaétan-Boucher (40,36 s) et remporté une médaille de bronze lors d'une épreuve par équipe de la première Coupe du monde de la saison, à Calgary.

Fiset développe sa patience, mais on sent qu'elle trépigne à l'idée de se mesurer aux meilleures. Pour ce faire, analyse Jelonek, il lui faudra d'abord gagner un peu de force et de «maturité physique».

Un tas de sports

Enfant, Fiset a pratiqué un tas de sports, de la gymnastique au vélo de montagne, en passant par le soccer. Mais c'est le patin, commencé à cinq ans, qui deviendra son favori.

«Mon père vient d'une famille de joueurs de hockey... Mais il a eu trois filles. Alors je pense que [le patinage de vitesse] était une option qu'il trouvait intéressante», lance celle qui a grandi dans le rang Saint-Ange, à l'extrême ouest de Québec. 

Noémie tombe vite d'accord avec papa. Elle arrête rapidement la plupart des autres sports, à l'exception du soccer et... du courte piste. Elle amorce les compétitions et y prend goût. Elle a 14 ans lorsqu'elle commence à rêver «de loin» aux Olympiques.

Son rêve est réaliste, comprend-elle deux ans plus tard. Elle s'améliore vite. Se retrouve toujours parmi les meilleures malgré son jeune âge. Elle laisse tomber le courte piste, où il y a trop de bousculade à son goût sur la patinoire, pour se concentrer sur ce qu'elle préfère.

Fiset se retrouve alors dans un groupe d'athlètes aguerris. L'élite du longue piste. Elle prend des notes, s'entraîne fort. Toujours avec une pensée pour les Olympiques. Depuis ce temps, elle s'améliore chaque année. Et doit continuer de le faire pour atteindre son but.

Il y a un an, elle a été sacrée championne canadienne junior à l'anneau de glace Gaétan-Boucher. Un mois plus tard, elle terminait 11e aux Mondiaux des moins de 20 ans. Un résultat «un petit peu» décevant.

Car Fiset vise l'excellence. Jelonek la décrit comme «une petite fille qui cherche à être bonne partout, que ce soit à l'école ou en patins». Elle semble avoir la personnalité toute désignée pour le succès. Talentueuse, certes, mais aussi déterminée et disciplinée.

Fiset admet avoir eu l'impression de faire des sacrifices lorsqu'elle était au secondaire. Ses amis commençaient à faire le party, à sortir dans les bars. Elle ne pouvait pas se le permettre. «J'ai perdu de vue mes amis à cause de ça. Ça n'allait juste pas avec le rythme de vie que je menais.»

Ses amis d'aujourd'hui doivent composer avec une Noémie dédiée à son sport, qui préfère les activités plus tranquilles. «J'ai appris à mieux gérer ça. À influencer mes amis à faire des activités qui n'ont pas rapport avec la boisson, les bars. [...] On fait des soirées jeux de société... Ça fait vraiment vieux!» lance-t-elle en riant.

Inspirée par ses coéquipiers

Ses coéquipiers de l'équipe canadienne sont ses principales sources d'inspiration. Plusieurs d'entre eux connaissent depuis quelques mois de beaux succès sur la scène mondiale.

«Ce que je trouve motivant, c'est de voir des gens de qui je suis proche qui performent super bien tous les jours», dit-elle, en nommant Laurent Dubreuil, Alex Boisvert-Lacroix et Alexandre St-Jean. «Ça me dit que, moi aussi, je suis capable de performer et qu'ensemble on peut atteindre un bon niveau.»

Apprendre à gérer émotions et stress

Étudiante en psychologie, Noémie Fiset admet avoir eu de la difficulté à gérer l'aspect «mental» de la compétition, il y a quelques années. Elle a travaillé fort là-dessus. «Le stress avant une course, ça me faisait perdre tous mes moyens. Ou bien gérer l'échec... Ce sont des choses pas faciles. La première fois que j'ai essayé de me classer pour les championnats du monde junior, j'ai vraiment mal performé à la première course. Et ç'a comme déboulé parce que je stressais pour la prochaine. Finalement, ça n'a pas du tout fonctionné. Mais je pense que c'est de cette expérience-là que j'ai le plus appris. Ça m'a montré à mieux gérer mes émotions et le stress.»

Elle emploie des techniques simples et éprouvées. Respiration, visualisation. Si elle semble calme sur la ligne de départ, c'est qu'elle se parle. Elle se rappelle les points techniques, ce qu'elle doit faire pendant le parcours. «Si je ne me parle pas, je pense à rien et je ne serai pas bonne techniquement», explique l'ancienne du Cégep de Sainte-Foy, qui fréquente l'Université Laval depuis l'automne. Fiset ne tient pas à faire une carrière en psychologie sportive, ni à rester dans le domaine une fois son parcours d'athlète terminé. Mais elle glisse du même souffle se voir comme entraîneure, histoire de redonner à ce sport qui la fait encore grandir.

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«On fait des soirées jeux de société... Ça fait vraiment vieux!» dit Noémie Fiset, à propos de ses amitiés.

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Une médaille de bronze en or!

Même si elle n'était pas qualifiée pour la première Coupe du monde de la saison, à Calgary, Fiset y a été invitée comme réserviste. Une belle façon d'observer, de vivre une expérience qui lui sera profitable dans les prochaines années. Mais surprise! Elle y enfile les patins pour la poursuite sprint par équipe. Personne n'est blessé; il s'agit d'un choix délibéré de l'équipe d'entraîneurs. «Je pense qu'ils ont juste comparé mes temps au 1000 mètres avec celle qui devait faire la course. Je lui ai pris peut-être une seconde lors de la sélection sur cette distance.»

Autre surprise! L'équipe canadienne rafle le bronze, même si elle n'y allait que «pour avoir du fun». Et même si les trois patineuses ne s'étaient jamais entraînées ensemble. «On s'est rencontrées une heure avant la course. Ce qui a aidé, c'est qu'on patine de façon similaire. On est basses toutes les trois. Ça s'est fait naturellement à cause de ça.» Il a fallu la disqualification de l'équipe russe, auteure du troisième temps, pour que s'ouvre la porte du podium. Les trois filles n'ont pas compris ce qui se passait avant d'avoir leur médaille au cou. «On était toutes assises sur le banc. On se disait : "Bravo, ç'a été le fun." Et là on se fait un peu tirer vers la remise des médailles. On ne comprenait pas pourquoi. On se fait débarrasser de notre équipement. Et là, on va sur le podium. On ne comprenait pas vraiment plus», raconte Fiset, sourire aux lèvres. 

Reine du 500 m, elle préfère le 1000 m

Noémie Fiset est la seule Québécoise de l'histoire à avoir patiné sous la barre des 39 secondes au 500 m. Lors de sa dernière course, début janvier, elle a grugé 27 centièmes sur son précédent record, battu la veille, pour le fixer à 38,51 s. Elle préfère pourtant le 1000 m. «T'as plus de temps pour penser. Un 500 mètres, ça part, pis c'est déjà fini.» Son prochain objectif, côté record québécois, est d'ailleurs de battre celui détenu par Justine L'Heureux sur cette distance, 1:16,80. Il y a deux semaines, Fiset a arrêté le chrono à 1:17,00.

 

=> RECORDS PERSONNELS

500 m : 38,51 (record québécois)

Record du monde : 36,36

(Sang-Hwa Lee, Corée)

1000 m :  1:17,00

Record du monde : 1:12,18

(Britanny Bowe, États-Unis)

1500 m : 2:01,66

Record du monde : 1:50,85

(Heather Richardson-Bergsma, États-Unis)

3000 m : 4:23,80

(Record du monde : 3:53,34

(Cindy Klassen, Canada)

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