24 heures... Rio!

Maxime Potvin, qui est présentement 10e au monde,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Maxime Potvin, qui est présentement 10e au monde, a connu une année 2015 chargée où il a remporté cinq médailles d'or, une d'argent et une de bronze dans les compétitions Open.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Tel Jack Bauer dans 24 heures chrono, Maxime Potvin aura une seule journée pour accomplir sa mission: se qualifier pour les Jeux olympiques de Rio. Mais l'athlète de Québec peut lui aussi compter sur des armes redoutables : ses pieds.

«Je pense vraiment beaucoup à ça», dit Maxime Potvin en parlant des prochains Jeux olympiques d'été, pour lesquels il a de bonnes chances de se qualifier. Cette année, le taekwondoïste de 28 ans a tout mis de côté afin d'atteindre sa cible. En janvier, il a cessé de suivre les cours de son bac en intervention sportive. Il a vendu ses parts dans l'entreprise de machines distributrices à café qu'il exploitait avec un ami. Il était dans l'armée, mais celle-ci a exigé qu'il finisse ses cours de métier.

Le Beauportois a dû faire un choix «qui n'a pas été difficile». Il est devenu un athlète à temps plein.

«La dernière année, ç'a été l'enfer le nombre de compétitions que j'ai faites [13]. Ç'a été une belle année parce que j'ai eu des bonnes performances et j'ai fait de beaux voyages. Mais c'est quand même très exigeant. Je reviens d'une compétition, et je n'ai même pas le temps de me remettre de mes blessures avant de recommencer l'entraînement le lendemain», raconte Potvin, 10e au monde. «Je vais faire ce qu'il faut pour me rendre à Rio, c'est sûr.»

Placer tous ses oeufs dans le même panier lui permet de s'améliorer. Mais il tombe aussi de plus haut à chaque faux pas. Potvin reconnaît que ses défaites sont doublement amères, cette année. «Quand tu te concentres juste sur une chose, on dirait que tout s'écroule quand tu perds.»

Heureusement pour lui, il ne perd pas souvent. En 2015, il a remporté cinq médailles d'or, une médaille d'argent et une médaille de bronze dans les compétitions Open. Tout ça sans soutien financier pendant une bonne partie de la saison.

En mars, tous ces triomphes ne compteront plus. Ou presque. Son sort et celui de ses pairs des deux Amériques seront scellés lors d'une seule journée de combats, au Mexique.

Une double pression pour Potvin, puisqu'il sera le favori chez les moins de 68 kilos. Il évalue ses chances à 90 %. «Le 10 %, c'est si j'ai une mauvaise journée, si je suis malade. Si je ne suis pas au top de ma forme ou si je fais vraiment un mauvais combat.» Il doit atteindre la finale pour que son rêve brésilien devienne réalité.

Performance étonnante

Le Soleil a rencontré Potvin au Centre Édouard-Lavergne, où il s'entraîne les vendredis soir avec les autres étoiles - ou futures étoiles - de son sport à Québec. Les coups de pied résonnaient dans le local capitonné, surtout ceux du grand Maxime, qui mesure 6'3'' (1,90 m) et ne pèse que 156 lb (71 kg).

Il a commencé le taekwondo à sept ans. Un de ses amis pratiquait ce sport d'origine coréenne. Voyant son intérêt, les parents de Potvin décident de l'inscrire. Il se démarque dans tous les sports qui lui plaisent, comme le soccer et le basket, mais il prend goût à cet art martial basé sur les coups de pied.

Quelques années après ses débuts, ses parents commencent aussi à pratiquer la discipline préférée de leur fils. Ils en font pendant une douzaine d'années, décrochent leur ceinture noire. Son ami a abandonné depuis longtemps.

Malgré tout son talent, Potvin met quelques années avant de percer l'équipe canadienne chez les seniors. Mais une fois rendu, il fait du bruit. À sa première saison, en 2009, il remporte la médaille d'argent aux Mondiaux de Copenhague chez les moins de 74 kg.

Une performance qui a étonné tout le monde, même le principal intéressé. «Oui, ça m'a surpris. J'avais fait une grosse journée, six combats. J'en avais battu vraiment des bons. [...] Ça m'a pris une couple de semaines avant de réaliser l'ampleur de ce que j'avais fait.»

Il n'a jamais répété cet exploit. Après cette deuxième place, il n'est plus le petit nouveau que personne ne connaît. Désormais, ses adversaires l'étudient. Potvin admet avoir ressenti une pression supplémentaire à partir de là. D'autant plus qu'il ne comptait pas s'asseoir sur ses lauriers, conscient que plusieurs de ses combats à Copenhague ont été très serrés. «Quand t'as vraiment une bonne performance comme ça, il faut continuer à t'entraîner aussi fort qu'avant. Tu ne peux pas te dire : "Ah, j'ai atteint ça, ça veut dire qu'il y en a juste un qui peut me battre."»

Moins de catégories aux Jeux olympiques

En général, Potvin évolue chez les moins de 74 kg, mais il se retrouvera chez les 68 kg aux Olympiques, puisqu'il y a moins de catégories de poids au grand rendez-vous du sport. Il a toujours un avantage de grandeur, donc de portée. «C'est très rare qu'il y a des plus grands que moi chez les 74 kg.» Et il y en a aucun chez les 68 kg.

Pour atteindre ce poids, il se soumet à la même méthode que les boxeurs. Avec l'estomac vide, il pèse un kilo de moins. Une demi-heure de sauna lui fera perdre deux kilos de plus. Et voilà!

Potvin se décrit comme un combattant intense, porté sur l'attaque. Sa spécialité : les coups de pied à la tête, lui dont les jambes sont longues. Il affirme ne pas étudier ses opposants à l'extrême, préférant se concentrer sur ses propres coups. «C'est important de connaître les meilleurs coups de l'adversaire, mais j'aime mieux m'imposer pour que ce soit lui qui doive s'adapter à moi.»

Un combat pour le financement

Pendant une bonne partie de la saison qui vient de prendre fin, Maxime Potvin a voyagé sans savoir qu'il n'aurait pas droit aux 18 000 $ que Taekwondo Canada lui octroie depuis 2010. Il apprend la mauvaise nouvelle juste avant les Championnats du monde de Chelyabinsk (Russie), en mai. «Câline, j'avais ça dans la tête, je pensais juste à ça : "Pus d'argent!"» relate celui qui a aussi perdu le soutien du programme À nous le podium cette année. Il est éliminé dès son premier combat.

À la source du problème: un quiproquo dans les critères d'admissibilité pour l'obtention du brevet, ce montant mensuel accordé aux athlètes d'élite pour subvenir à leurs besoins. Taekwondo Canada, voulant s'adapter au système de classement de la Fédération internationale de taekwondo, rédige un document dans lequel un critère indique que seule la dernière année de résultats sera comptabilisée pour déterminer qui aurait droit à ce montant. Le même document stipule toutefois que le classement olympique mondial, basé sur les quatre dernières années de compétition, allait être utilisé. 

«J'étais la personne avec le meilleur classement olympique, mais [une autre athlète] avait fait une vraiment bonne année. Elle avait eu plus de points que les autres.»

Soupir de soulagement

D'abord exclue, l'autre athlète en question, Ashley Kraayeveld, fait valoir ses droits. Elle se rend même jusqu'en cour, où un arbitre lui donne raison. Soudainement, Potvin est privé de beaucoup d'argent. Celui-ci avait déjà fait «six ou sept compétitions. C'est 2000 $ de la shot, alors ça avait déjà coûté cher. J'étais déjà hypothéqué», raconte-t-il.

Le taekwondoïste lance alors une campagne de financement sur Facebook, Makeachamp, qui lui permet de récolter 3000 ­$. Pendant ce temps, il multiplie les démarches pour faire valoir ses droits à son tour, avant de finalement engager un avocat.

Celui-ci envoie une mise en demeure à la Fédération canadienne, qui avoue son erreur. Une entente à l'amiable lui permet de recevoir un chèque d'une compagnie d'assurance, il y a quelques mois. Et de pousser un grand soupir de soulagement...

Maxime Potvin sur...

Son après-carrière

«Je me vois coacher. Peut-être pas à temps plein, parce que j'ai un petit penchant pour l'investissement dans l'immobilier. Mais je veux donner au suivant, c'est sûr.»

***

Son amour pour son sport

«J'aime vraiment l'intensité, l'aspect combatif. Ça donne de l'adrénaline. Être en compétition, c'est ce que j'adore le plus. Être sur le plateau, m'imposer.»

***

Ce que son sport lui a apporté

«C'est une discipline de vie. Ça m'a permis d'être structuré, plus à l'ordre. Tu ne peux pas te permettre des sorties le vendredi soir tout le temps avec tes chums.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer