Éric et Pierre-Luc Dubois: le hockey dans le sang

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Éric Dubois, entraîneur adjoint avec l'Océanic de Rimouski, et son fils Pierre-Luc, qui s'aligne pour les Screaming Eagles du Cap-Breton

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(Québec) Chacun à leur façon, Éric Dubois et son fils Pierre-Luc font présentement les beaux jours de la LHJMQ. Entraîneur adjoint de l'Océanic de Rimouski, le paternel peut se targuer d'être champion en titre de la Coupe du président. Son rejeton, lui, un attaquant des Screaming Eagles du Cap-Breton, se veut un des deux seuls joueurs de 17 ans invités au camp de sélection d'Équipe Canada Junior, qui s'amorçait jeudi, et un des plus beaux espoirs québécois en vue du prochain repêchage de la LNH. Ensemble, le père et le fils forment un redoutable duo!

Si le premier a dû faire son chemin dans le hockey, le second, lui, a baigné dans le sport dès sa plus tendre enfance. C'est toutefois la même passion qui unit Éric Dubois et son fils Pierre-Luc, et ce, malgré le millier de kilomètres qui les séparent au quotidien. 

La belle histoire des Dubois dans le hockey a commencé il y a tout près de 40 ans dans la région montréalaise, dont Éric est natif. Il y a fait ses premiers pas dans le hockey mineur à Ville LaSalle, puis, à la suite d'un déménagement, à Saint-Basile-le-Grand.

Immédiatement, la position de défenseur exerce un attrait sur le petit garçon, qui n'évoluera à l'attaque qu'une saison, à sa première année bantam, pour pallier un manque d'offensive au sein de son équipe.

«À ma deuxième année bantam, on m'a dit : "Tu vas retourner à la défense." Je n'haïssais pas ça non plus. C'est une position qui permet de voir le jeu. Tu l'as tout le temps devant toi. Faire des relances pour appuyer l'attaque, j'aimais ça. Et puis, je trouvais ça plus facile», a raconté Dubois.

Au terme de son hockey mineur, l'arrière allait poursuivre son parcours dans le midget AAA à 15 ans, puis dans la LHJMQ à 16 ans, avec le Titan de Laval, pour qui le grand bonhomme de 6'2" et de 200 livres a joué pendant la totalité de son stage junior.

Ces cinq années auront été marquées par deux conquêtes de la Coupe du président, en 1989 et en 1990, mais aussi par deux éliminations crève-coeur au tournoi de la Coupe Memorial, à Saskatoon et à Hamilton. Une grande déception.

Cinq saisons qui, sous les frères Morrissette, auront également été jalonnées de 10 changements d'entraîneurs, parmi lesquels Paulin Bordeleau, Pierre Creamer et Michel Therrien, dont quatre rien qu'à sa dernière campagne, en 1990-1991! Les temps ont heureusement bien changé.

Le passage dans la LHJMQ aura en outre été l'occasion de forger des amitiés durables avec des coéquipiers tels que Donald Audette, Patrice Brisebois, Martin Lapointe, Claude Lapointe et Gino Odjick. «Pour dire à quel point on a passé de belles années ensemble, il y a une bonne dizaine de joueurs avec qui j'ai gardé un contact privilégié. On a eu du succès ensemble. Les liens sont très forts», a estimé l'adjoint de Serge Beausoleil avec l'Océanic de Rimouski.

Repêché par les Nordiques

Entre-temps repêché par les Nordiques (4ronde, 76e au total, en 1989), Éric Dubois amorce ensuite une longue carrière de 12 saisons dans divers circuits professionnels (ECHL, AHL, CHL, IHL), qui l'amènera de Greensboro à Winnipeg, en passant par New Haven, Halifax, Oklahoma City, Atlanta et Chicago. Tout un parcours, qu'il a effectué en compagnie de sa femme Jill, une conjointe «très compréhensive».

«J'ai joué dans la Ligue américaine à l'époque où Clément Jodoin dirigeait. C'est le plus proche que j'ai passé de jouer avec les Nordiques. J'ai finalement joué six ans dans la AHL et la IHL. J'ai appartenu à Tampa par la suite», a relaté l'ancien défenseur.

Après six ans en Amérique du Nord, Éric Dubois tente l'aventure européenne en 1997, d'abord en Allemagne, avec les Lions de Revier, puis en Angleterre, avec les Panthers de Nottingham et les Riverkings de Newcastle. Il jouera deux dernières saisons en première ligue allemande, avec les Wild Wings de Schwenningen, avant de rentrer au Québec pour permettre aux enfants, l'aînée Daphné et le cadet Pierre-Luc, d'étudier dans le système scolaire québécois.

Comme une mascotte

C'est à Schwenningen, une petite ville située à une heure au sud de Stuttgart, que Pierre-Luc, alors haut comme trois pommes, allait donner ses premiers coups de patin. «Pierre-Luc, c'était comme ma mascotte. Il me suivait partout! Je l'avais tout le temps avec moi. Un moment donné, l'entraîneur tchèque à qui je donnais un coup de main au hockey mineur m'a demandé : "Pourquoi tu n'emmènes pas ton gars?"» se rappelle Dubois.

Le hic, c'est que fiston n'avait que trois ans et ne comprenait pas un mot d'allemand, mais il savait déjà patiner et tenir un bâton de hockey! Et quand il n'était pas sur la glace, il revêtait constamment l'équipement de gardien de but reçu en cadeau du coéquipier d'Éric, l'ancien de la LNH, Mike Bullard.

«C'est comme ça que ç'a commencé. Il a embarqué sur la glace avec le hockey mineur en Allemagne. Quand on est revenu au Québec l'année suivante, il n'avait pas le droit de jouer avec le hockey mineur, parce qu'il avait seulement quatre ans. [...] Mais c'était des amis d'enfance qui s'en occupaient, alors ils l'ont essayé. Et oups! Ils ont vu qu'il se débrouillait, alors ils l'ont gardé. Ils se sont dit que personne n'allait s'en apercevoir...» a laissé entendre Éric, qui a finalement accroché ses patins, au terme de cette année-là, son unique et dernière campagne dans les rangs semi-professionnels, avec les Royaux de Sorel.

De toute évidence, Pierre-Luc Dubois est tombé dans la marmite du hockey à la naissance! Mais c'est en regardant son père évoluer à Schwenningen que ses propres rêves d'une carrière professionnelle sont nés.

«Déjà en Allemagne, c'était une passion. Tout le monde l'a vu rapidement. Mais mon meilleur souvenir de ces années-là, c'était d'aller voir mon père jouer, avec ma mère et ma soeur», fait-il savoir.

Douze ans plus tard, l'engouement du petit Pierre-Luc est toujours intact et explique en grande partie ses succès actuels chez les Screaming Eagles. «Ma passion, ç'a toujours été le hockey, alors je jouais sur les glaces extérieures, l'hiver. Et l'été, je jouais au hockey-balle. Plus jeune, j'ai joué avec de bonnes équipes et de bons joueurs. Et j'ai aussi eu de bons coachs. Je me suis amélioré tout le long...»

De défenseur à entraîneur

Chacun à leur façon, Éric Dubois et... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Entre la carrière de joueur et celle d'entraîneur, la transition s'est faite sans heurts pour Éric Dubois, qui avait commencé à s'engager dans le hockey mineur alors qu'il évoluait toujours en Allemagne. Dès qu'il a accroché ses patins, un poste d'entraîneur adjoint l'attendait avec le Drakkar de Baie-Comeau.

«À mes deux dernières années en Allemagne, j'allais entraîner des jeunes défenseurs deux fois par semaine. Ça commençait déjà à m'effleurer l'esprit, que c'était quelque chose que j'aimerais faire. Pendant ma saison semi-pro, je m'étais mis adjoint dans le pee-wee AA, à Saint-Basile-le-Grand. Ç'a commencé tranquillement comme ça», explique d'entrée de jeu l'homme de hockey de 45 ans.

Après une saison comme adjoint en 2004-2005, Dubois est nommé entraîneur-chef du Drakkar. Un poste qu'il occupera pendant quatre ans, avant de se faire montrer la porte de sortie. Un passage de trois saisons chez le Titan d'Acadie-Bathurst allait ensuite se terminer de la même manière en 2013.

Depuis, il occupe le rôle d'entraîneur adjoint de l'Océanic de Rimouski, avec qui il a remporté la Coupe du président, en 2014-2015. «Jusqu'à maintenant, c'est le summum. Surtout que c'était l'objectif bien précis lorsque Philippe [Boucher] et Serge [Beausoleil] sont venus me chercher après que j'aie été remercié à Bathurst. Ç'a été l'apothéose!» affirme l'entraîneur, qui dit s'inspirer des enseignements de son mentor Clément Jodoin.

D'un numéro 18 à l'autre...

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Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Comme son père, Pierre-Luc Dubois porte le numéro 18, mais contrairement à ce dernier, l'espoir de première ronde de la LNH ne pourra être repêché par les Nordiques. Grand fan des Flyers, il serait toutefois heureux d'entendre leur ancien gardien, Ron Hextall, prononcer son nom, lors de la séance de juin.

À 17 ans, Pierre-Luc Dubois a le profil recherché par la majorité des formations du circuit Bettman. Possédant un physique avantageux (6'3" et 202 livres), l'attaquant des Screaming Eagles impressionne par la qualité de son jeu et sa feuille de route bien garnie, qui comprend une médaille de bronze championnat du monde U18 et une médaille d'or au tournoi invitation Ivan Hlinka.

À sa deuxième saison dans la LHJMQ, il vient de connaître un mois de novembre exceptionnel (10 buts et 12 passes en 11 matchs) et est en voie de boucler une saison de 100 points. Le produit des Albatros du Collège Notre-Dame pourrait également représenter le Canada au Mondial junior, où les yeux des dépisteurs de la LNH seront encore plus nombreux sur lui.

«Il y a déjà les rencontres avec les dépisteurs et des listes qui sortent à chaque semaine... Tu ne peux pas décider ce que les dépisteurs écrivent sur toi, où de l'endroit où tu vas sortir dans le repêchage. Tout ce que tu peux faire, c'est jouer ta game. Et c'est ce que je fais. Je veux montrer mon identité et aider mon équipe à gagner. Le repêchage, ce sera à la fin de l'année», a soutenu le prolifique attaquant qui, en raison de sa double citoyenneté - sa mère est américaine -, aurait facilement pu opter pour la voie des collèges américains, mais a préféré la LHJMQ.

D'ici là, Pierre-Luc Dubois, dont le rêve est de soulever un jour la Coupe Memorial, n'hésite jamais à consulter le paternel, quand le besoin d'en fait sentir. «Je l'appelle après chaque game. C'est le fun d'avoir une autre opinion. Ça reste que c'est Marc-André [Dumont] mon coach et que c'est lui que j'écoute. Et mon père est au courant. Lui, tout ce qu'il peut faire, c'est vraiment me garder sur la bonne piste, rester positif et jouer un rôle de père, qu'il joue très bien.»

Grand défi derrière le banc

Le plus grand défi de l'entraîneur adjoint Éric Dubois (Océanic) est d'avoir à affronter son talentueux fils Pierre-Luc (Screaming Eagles)! «Je trouve ça vraiment bizarre de coacher contre lui. Je suis content quand il fait des bons jeux, mais en même temps, je ne veux pas qu'on se fasse marquer! Je suis vraiment partagé émotivement!»

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