Alexandre Tremblay de retour à l'heure du Québec

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Après 10 saisons en Suisse, Alexandre Tremblay a retrouvé une petite touche de son pays d'adoption en posant à Québec devant l'horloge offerte par le canton du Jura pour le 400e anniversaire de la ville.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Régulier comme une horloge pendant un fructueux séjour de 10 saisons en Ligue nationale B de la Suisse, Alexandre Tremblay revient à l'heure du Québec avec la satisfaction d'être allé jusqu'où ses ressources lui permettaient de se rendre. Dix ans après avoir viré la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) à l'envers, le joueur de 36 ans rentre à la maison afin de poursuivre sa carrière dans l'uniforme de l'Assurancia de Thetford Mines.

Pour certains, Alexandre Tremblay reste cet attaquant explosif ayant marqué 50 buts avec le Radio X de Québec pendant l'année du lock-out de la LNH en 2004-2005. Pour d'autres, il est ce pilier offensif étranger ayant compilé 296 buts et 575 points en 434 matchs de LNB et LNA en Suisse, dont une saison de 108 points avec le HC Bienne. Mais peu importe l'endroit, le joueur de Beaupré a multiplié les conquêtes : Coupe Air Canada (midget AAA), Coupe Memorial (junior majeur), Coupe Futura (LNAH), quatre championnats de la LNB, une promotion en LNA.

«J'ai eu un bon cheminement. À partir du moment où tu ne peux pas atteindre la LNH, la seule façon de bien gagner sa vie, c'est d'aller jouer en Europe. Et encore là, il n'y a pas un pont d'or qui t'attend dans chaque pays. Rentrer en Suisse, c'est difficile, mais y rester, ça l'est encore plus», raconte celui qui fut capitaine à Lausanne.

Joueur dominant dans le hockey mineur, c'est un dépisteur de Shawinigan (Harold Cloutier) qui lui a permis de jouer dans le midget AAA. Il a insisté auprès des Gouverneurs de Sainte-Foy pour qu'ils invitent ce dynamo qui dominait dans le bantam CC. Il y marquera 31 buts et amassera 60 points en 41 matchs et remportera la Coupe Air Canada sous la houlette de feu Jeannot Gilbert, ses coéquipiers se nommant Simon Gagné et Éric Chouinard, notamment.

la bonne forme physique

Le Titan de Laval en fera son choix de quatrième ronde en 1996, mais il ne jouera que 27 matchs là-bas. «Je détestais ça à Laval, j'ai demandé à être échangé.»

Il se retrouvera à Shawinigan, où il s'imposera avec une saison de 47 buts et de 95 points à 19 ans. Mais le déclic est survenu quand l'entraîneur-chef Denis Francoeur lui a inculqué les principes de la condition physique.

«J'étais un peu grassouillet, et il m'avait dit que si je n'abaissais pas mon taux de gras, je n'embarquerais pas sur la glace. Je me suis aperçu que c'était le fun de jouer au hockey en bonne forme, à partir de là, tout a suivi. J'ai toujours donné le tout pour le tout», raconte-t-il en soulignant le soutien de professeurs l'ayant influencé positivement, soit Rémi Doucet et Jean-Luc Fortin, aujourd'hui maire de Sainte-Anne-de-Beaupré.

À la recherche de renfort, l'Océanic de Rimouski l'obtient pour compléter son trio de 20 ans. En compagnie de Brad Richards, de Sébastien Caron et de Juraj Kolnik, Tremblay soulèvera la Coupe Memorial en 2000.

Il s'inscrit ensuite à l'UQTR (Université du Québec à Trois-Rivières) pour y suivre un cours en comptabilité et jouer avec les Patriotes. Encore là, le succès lui colle à la peau : 84 buts en 73 matchs répartis sur trois saisons, deux championnats canadiens, une finale perdue en troisième prolongation, une nomination de joueur par excellence au pays. «L'UQTR n'avait pas gagné depuis 10 ans lorsqu'on l'a emporté en 2001 et ne l'a pas fait depuis notre victoire en 2003», rappelle-t-il.

Un tournant dans la LAH

Invité au camp des recrues du Canadien après sa première saison universitaire, l'attaquant de 5'9'' et de 187 lb reçoit de bons commentaires mais s'aperçoit assez vite que les portes de la LNH ne s'ouvriront pas devant lui. 

«Les petits joueurs ont plus de chances aujourd'hui, mais certains se cachent derrière ça pour expliquer qu'ils n'ont pas percé. Si j'avais eu à y jouer, j'y serais allé, peu importe quoi. Je me console en me disant qu'il y a eu des joueurs moins bons que moi dans le junior qui sont dans la LNH, mais je sais qu'il y en a de bien meilleurs que moi qui n'ont pas connu la carrière que j'aie eue. Je n'ai pas à me plaindre», dit-il avec franchise.

Après son stage universitaire, il dispute cinq matchs avec le Crunch de Syracuse, club-école des Blue Jackets de Columbus. Là-bas, une rencontre changera sa vie. Un membre de l'organisation le convainc d'aller jouer en Finlande.

«Le tournant de ma carrière a eu lieu dans la Ligue américaine. J'avais eu des saisons incroyables à l'UQTR, mais tu ne débarques pas de même en Europe. Si je ne passe pas par Syracuse, je ne vais pas en Finlande, où je me suis le plus amélioré. Ç'a été mon tremplin.»

Au sommet de son art, il est la coqueluche du Radio X, au point où il tournera le dos à une invitation de se joindre à JYP Jyväskylä à la mi-saison. Deux semaines après avoir dit «ei kiitos» (non merci) à son ancienne équipe finlandaise, Marc Fortier et Jesse Bélanger le recommandent au HC La Chaux-de-Fonds. Il passera 10 ans, en Suisse, le temps de s'aligner aussi avec les équipes de Bienne, de Lausanne, de Viège et de Zurich.

Maintenant avec l'Assurancia de Thetford Mines de la... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Maintenant avec l'Assurancia de Thetford Mines de la Ligue nord-américaine de hockey, Alexandre Tremblay continue comme toujours d'accumuler les points. 

Le Soleil, Yan Doublet

Un «mercenaire» productif

En Europe, les joueurs étrangers sont surnommés les «mercenaires». Pour y être accepté, le patineur venu de l'Amérique doit produire. Et vite, car la ligne est mince entre un joueur qui y passe 10 matchs et un autre qui y dure 10 ans.

«Ne prends pas trop de temps pour t'adapter, parce qu'ils ne te garderont pas. Si tu performes, tout est parfait; sinon, tu deviens un numéro et il y en a qui attendent en arrière. À mon arrivée, ç'a parti en fou, je scorais beaucoup, ce qui m'a permis de me faire un nom. Après deux mois à La Chaux-de-Fonds, je signais un contrat avec la meilleure équipe de la LNB», rappelle Alexandre Tremblay.

Il connaîtra ses deux meilleures campagnes à Bienne, où il mène l'équipe à une promotion en LNA. Sauf qu'il n'y goûtera pas, car il avait accepté de se joindre au HC Lausanne la saison suivante, où il sera le capitaine de l'équipe.

«Pour le hockey, c'est à Bienne que tout s'est le mieux passé pour moi. Mais pour vivre, c'était à Lausanne avec le lac Léman, Évian de l'autre côté en France. Les fans y sont aussi des maniaques de hockey, il y a de la pression pour gagner. J'ai adoré mon expérience en Suisse dès le départ, et si ça n'avait pas été intéressant économiquement parlant, je serais revenu me construire une carrière ici dans d'autre chose.

«Mon idée était aussi pas mal faite que j'allais revenir à Québec après mon dernier contrat de deux ans. Je ne ferai pas de cachette, je trouvais aussi cela difficile d'être éloigné de ma fille», disait-il lors d'une entrevue qui ne devait pas dépasser la fin des classes, ce jour-là, afin d'aller chercher Maggy à son école primaire.

Son statut de meneur de jeu en faisait la référence médiatique en Suisse. Ses amis québécois le taquineront sur l'utilisation de quelques expressions tirées du lexique du hockey européen, bien que son accent bien de chez nous ne trahit pas son parcours des 10 dernières années.

Moins de bagarres

Tremblay revient dans la LNAH, une ligue qu'il connaît bien et qui a évolué depuis 10 ans. Il perçoit surtout un changement concernant les bagarres.

«La Ligue nord-américaine est plus calme maintenant. À Québec, je pense qu'on avait neuf gars qui pouvaient jeter les gants, mettons que je n'avais jamais de trouble avec personne... Ça reste une ligue où ça patine, où ça frappe, où il y a de l'intensité.

«Et ce n'est pas parce qu'on revient de l'Europe ou des rangs professionnels qu'on va la brûler, c'est fini ce temps-là. Je ne suis jamais tombé dans le piège de regarder la LNAH de haut comme certains pourraient le faire avant même de l'avoir connue. Je ne suis pas pantoute surpris du calibre, je l'avais connu en 2005 et je suis le premier à trouver ça encore fort aujourd'hui. Il me reste à m'ajuster.»

À Thetford Mines, où il s'est engagé pour trois ans avec l'équipe championne en titre dirigée par Bobby Baril, il n'a pas à s'inquiéter de son utilisation, comme à ses débuts avec le Radio X où l'entraîneur-chef de l'époque semblait l'ignorer jusqu'à ce le directeur général Patrick Bragoli ne confie la gestion du banc à Alain Rajotte. Tremblay allait finir la saison avec 50 buts!  Carl Tardif

Alexandre Tremblay en trois questions

La meilleure ligue

«Sans aucun doute, la Ligue d'élite [SM-Liiga] de la Finlande. Ce n'est pas pour rien que plusieurs joueurs finlandais passent directement à la LNH. Ils sont forts, rapides, physiques et habiles. Il s'agit de la ligue où je me suis le plus amélioré, autant sur la glace qu'à l'entraînement. Si je ne m'étais pas établi en Suisse, j'aurais essayé d'y retourner.»

La plus belle saison

«J'ai joué pro en Finlande et en Suisse, mais c'est avec le Radio X que j'ai peut-être eu le plus de plaisir. Je jouais chez nous, devant parents et amis. On avait du fun, on touchait à la glace à tous les jours au Colisée, on sortait ensemble. Nous avions tout un club, la liste de paye devait être pas mal élevée... À la radio, Jeff Fillion et Vince Cauchon me disaient de ne pas partir en Finlande. Je n'en revenais pas, c'était irréel, c'était juste du semi-pro...»

Le plus beau championnat

«J'en ai gagné plusieurs, dans le midget AAA, le junior majeur, à l'université, dans le semi-pro, en LNB et j'ai vécu une promotion en LNA, et à chaque fois, c'est valorisant et ça tisse des liens avec des coéquipiers pour la vie. Mais il n'y a rien comme d'en gagner un avec des gars tes compatriotes qui parlent la même langue que toi. En Suisse, ça parlait allemand, le coach nous parlait en anglais lorsqu'il avait affaire à nous.»

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