Dans la boîte à souvenirs de Michel Goulet

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Michel Goulet en compagnie de Michel Bergeron, un de ses entraîneurs favoris.

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) Lorsque les Remparts prendront place sur la ligne bleue pour l'hymne national de leur match inaugural au Centre Vidéotron, ce soir, l'ancien Diable rouge Michel Goulet saura exactement ce que ressentiront les jeunots dirigés par Philippe Boucher. Il avait 16 ans, lorsqu'il a pour la première fois foulé la glace du Colisée, le temple érigé par Jean Béliveau, enflammé par Guy Lafleur et ensuite soulevé par le «Gou» dans les uniformes des Remparts et des Nordiques. Aujourd'hui, la bannière numéro 16 de l'ancien Bleu sera hissée dans les hauteurs du Centre Vidéotron. De quoi faire revivre les émotions du passé.

Michel Goulet... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

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Michel Goulet

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

La signification des cérémonies de ce soir n'échappe pas à Michel Goulet, un passionné de l'histoire du hockey. Sorte de pont entre un passé dont il a écrit quelques-unes des pages les plus inoubliables au Colisée et un futur qui pourrait mener à la renaissance des Nordiques, le moment est à marquer d'une pierre bleue, estime le «Gou».

Vingt ans après avoir rejoint le club des immortels des Nordiques,  Goulet verra donc sa bannière numéro 16 être à nouveau hissée dans les hauteurs d'un amphithéâtre. Une occasion unique pour réfléchir à une carrière qui s'est étalée sur deux décennies et a pris naissance chez le voisin d'à côté, le Colisée, où il a donné ses premiers coups de patin avec les Remparts, à l'hiver 1977.

«Je jouais avec les Cascades de Beauport et à Noël, j'ai été rappelé. J'ai fini la saison avec les Remparts. Ç'a été un cheminement incroyable pour moi, parce que je suis parti du Lac-Saint-Jean à 16 ans, où je jouais dans un calibre midget C», raconte Goulet, qui avait cumulé 17 buts et 18 passes en 37 matchs à sa saison recrue.

Sous les ordres du réputé Ron Racette, les Diables rouges s'étaient rendus en finale de la LHJMQ cette année-là, mais ont été défaits en six matchs par Sherbrooke. Les exploits des Jean Savard, Eddy Godin, Mario Marois et Nelson Burton n'avaient toutefois pas échappé aux amateurs de Québec, qui avaient assisté nombreux aux matchs de l'équipe.

«Ç'a été une année extraordinaire! Le Colisée était pratiquement plein à tous les matchs. L'année d'après, ça avait été un petit peu plus difficile, parce qu'on avait perdu sept ou huit joueurs», a rappelé l'ancien numéro 24 des Remparts qui, à sa deuxième saison, avait terminé premier marqueur de l'équipe, avec une impressionnante fiche de 73 buts et 62 aides en 72 matchs.

marqueur naturel

À 18 ans, l'ailier gauche natif de Péribonka, un «marqueur de but naturel» à son propre dire, passait dans les rangs professionnels, chez les Bulls de Birmingham. Après une seule campagne dans l'AMH, cette dernière cessait ses opérations et quatre de ses équipes, dont les Nordiques, se joignaient à la LNH. Rendu disponible au repêchage de 1979, Goulet a été sélectionné en première ronde par les Nordiques (20e au total).

«J'aurais adoré jouer un peu partout, mais j'ai poussé pour jouer à Québec. Ça s'est réalisé et je ne l'ai jamais regretté. J'ai adoré l'équipe, j'ai adoré la ville, j'ai adoré tout ce qui s'est passé à Québec. Ça va toujours être la plus belle place de ma carrière», s'est enthousiasmé Goulet, aujourd'hui dépisteur professionnel avec les Flames de Calgary.

Et pour cause! C'est avec les Nordiques que l'attaquant, qui figure toujours parmi les meilleurs ailiers gauches de l'histoire de la LNH du point de vue statistique, aura connu ses plus belles saisons. À Québec, Goulet aura réalisé - au grand dam de ses couvreurs Cam Neely, Chris Nilan, Mario Tremblay et Kevin Dineen! - sept saisons consécutives avoisinant les 50 buts, surpassant quatre fois cette marque, entre 1982 et 1986.

Formant un prolifique trio en compagnie de Dale Hunter, au centre, et de Réal Cloutier ou Louis Sleigher, à droite, il sera toutefois toujours demeuré dans l'ombre de Peter Stastny.

«On avait réellement une belle équipe de hockey offensive. On avait une équipe pour marquer des buts. On en donnait un peu aussi, mais on en marquait pas mal plus! Une équipe qui était une force à l'offensive. Michel Bergeron savait prendre avantage de tout ça», estime Goulet.

Ce dernier n'a d'ailleurs que de bons mots pour le «Tigre», un entraîneur qui savait communiquer sa passion à ses joueurs. «Michel Bergeron avait une façon bien à lui de garder les choses - sans être légères - le fun. C'était - et je le pense encore - un coach incroyable pour l'équipe qu'on avait dans le temps. C'est avec lui qu'on a connu les plus belles années là-bas et ç'a toujours été l'un de mes coachs favoris.»

Plusieurs épisodes inoubliables ont jalonné les 11 saisons de Goulet avec les Nordiques, dont la rivalité avec le Canadien. «C'est déplorable qu'on parle encore du Vendredi saint! [...] Parce que dans l'ensemble, les matchs entre les Canadiens et les Nordiques étaient d'excellents matchs de hockey. C'était toujours des matchs des séries, des matchs intenses, que tu ne voulais pas perdre.»

L'échange de son complice Dale Hunter à l'été 1987 a amorcé le lent déclin de l'ailier gauche, ce qui a mené à son départ pour Chicago, à la fin de la saison 1989-1990. Là-bas, Goulet a pu faire l'expérience de ce que les amateurs de Québec s'apprêtent à vivre, soit la démolition du mythique Stadium de Chicago, depuis remplacé par le United Center.

«Tu pars une nouvelle histoire, avec le Centre Vidéotron. C'est le fun de voir qu'il y a beaucoup de monde qui croient encore au retour des Nordiques et qui font tout en leur possible pour que ça arrive.»

Trois moments forts

1982 

À leur troisième saison dans la LNH, les Nordiques ont pour la première fois rendez-vous avec le Canadien en séries. Le 13 avril au Forum, les Bleus poussent l'affrontement à la limite et remportent le cinquième match grâce à un but de Dale Hunter, en prolongation. Un jeu initié par Michel Goulet. «À notre arrivée à Québec, ça nous a pris trois heures sortir de l'aéroport. Il y avait 30 000 personnes qui nous attendaient!»

1990 

Échangé à Chicago le 5 mars 1990, Michel Goulet a souligné son retour au Colisée de façon mémorable, le 17 novembre, dans un gain de 7-2 des Blackhawks. «J'embarque sur la glace, je coupe une passe, je m'en vais sur une échappée et, cinq secondes plus tard, je marque un but! Alors je me suis dit : "Eh bien! Je suis encore capable de marquer des buts au Colisée!"» Avant la fin de la rencontre, Goulet ajoutait une passe à sa récolte.

1995 

Un an après avoir subi une commotion cérébrale qui allait mettre fin à sa carrière, Michel Goulet rejoignait les Tremblay, Tardif et Stastny parmi les immortels des Nordiques. Le 16 mars (photo ci-contre), il avait amorcé la cérémonie du retrait de son no 16 en effectuant un tour de patinoire du Colisée vêtu de l'uniforme des Nordiques.  «Le retrait du chandail, c'est là que tu vois que le monde a apprécié ce que tu as fait. Ç'a été l'une des plus belles soirées que j'ai eues avec ma famille.»

Faits saillants

Remparts (1976-1978)

Premier choix (6e au total), en 1976

90 buts et 80 mentions d'aide en 170 matchs

Au 7e rang de l'histoire de l'équipe pour le plus de buts en une saison (73 buts), après Guy Lafleur (130 et 103 buts), Jacques Locas Jr (99 buts), Réal Cloutier (93 buts), Jean Savard (84 buts) et Guy Chouinard (75 buts)

Nordiques (1979-1990)

Première sélection de l'histoire des Nordiques de la LNH

Premier choix (20e au total), en 1979

Deuxième meilleur marqueur de l'histoire après Peter Stastny (1048 points), avec 456 buts et 489 passes (945 points) en 813 matchs

L'un des quatre joueurs des Nordiques dont les numéros ont été retirés avec Jean-Claude Tremblay (3), Marc Tardif (8) et Peter Stastny (26)

Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1998

Chris Chelios et Dale Hunter en avril 1985... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Chris Chelios et Dale Hunter en avril 1985

Photothèque Le Soleil

Dale Hunter, le blagueur

Michel Goulet a connu ses meilleures années avec les Nordiques, lorsqu'il évoluait à la gauche de Dale Hunter, son joueur de centre régulier, de 1980 à 1987. Partenaires dans le crime sur la patinoire, les deux joueurs s'entendaient également comme larrons en foire, en dehors de la glace du Colisée. Une connivence qui s'exprimait parfois au détriment de leurs coéquipiers!

Joueur de tours invétéré, Dale Hunter s'est si souvent amusé aux dépens des joueurs des Nordiques que Goulet a peine à se rappeler tous les coups pendables de son ancien cochambreur, dont il était un complice silencieux. Parmi ses plus mémorables, Hunter s'en est pris aux bottines «un peu trop à la mode» de son coéquipier Robbie Ftorek.

«Robbie Ftorek arrivait toujours avec ses petites bottes de Boston [dont il était natif], puis il les mettait devant son casier. Dale avait pris des clous de quatre ou cinq pouces et avait décidé de planter les bottes dans le plancher du vestiaire! À ce jour, Robbie cherche encore qui lui avait fait ça!»

Brent Ashton a aussi été victime du joyeux luron des Nordiques, un joueur qui n'entendait pourtant pas à rire sur la patinoire. Réputé pour passer des heures interminables à préparer ses bâtons, l'ancien centre des Bleus a connu, bien malgré lui, des problèmes d'équipement, lors d'un entraînement.

«Un bon matin, on commence la pratique. Ses hockeys étaient tous prêts. Dale coupe ses hockeys juste pour qu'ils tiennent encore un peu. Brent part et casse le hockey à son premier tir. Il en prend un deuxième et le casse encore! Il casse ses trois hockeys comme ça! C'était incroyablement drôle!» rigole encore le «Gou», qualifiant Hunter de «moteur de l'équipe», à cette époque.

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