Dave Lévesque au sommet de son art

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Histoire d'assurer une stabilité financière à sa famille, Dave Lévesque aspire à devenir professionnel en titre d'un club de golf majeur.

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(Québec) Hiver 2003 : un plan d'affaires idéal vient d'être mis en place qui assurera Dave Lévesque d'un salaire pendant sa quête d'une carte dela PGA. Diagnostiqué d'un cancer, son rêve s'envole. Un autre match s'ajoute alors à son calendrier. «Il n'y avait pas de doute que j'allais passer à travers», dit aujourd'hui celui quiest considéré comme le meilleurjoueur de golf au Québec.

Le coup du destin qui a frappé Dave Lévesque l'a transformé, autant sur le terrain que dans la vie de tous les jours. Entre les sessions de radiothérapie, il s'est aperçu que la famille importait plus à ses yeux que le golfeur qu'il voulait être, que celui qu'il allait devenir.

Son cancer du testicule est maintenant complètement disparu. Sur les allées, le sportif de 41 ans est au sommet de son art.

Joueur par excellence de l'Association des golfeurs du Québec (AGP) pour une quatrième année de suite en 2014, il a aussi été couronné du même honneur au Canada. Coiffé de sa casquette Titlest et habillé d'un chandail de son commanditaire H. Grégoire, il se lance à la défense de son titre du prestigieux Omnium du Québec, jeudi, au Club La Faune.

«On peut dire que 2014 a été ma meilleure saison en carrière, ç'a été une grosse année avec plusieurs victoires», admet celui qui avait aussi soulevé le trophée du Championnat de la PGA du Canada. Depuis le début de la présente saison, il revendique deux succès dans les deux premiers tournois du calendrier de l'AGP.

Son propre chemin

Dave Lévesque a tracé son propre chemin. Surtout pour un joueur originaire de Price, aux portes de la Gaspésie, «là où les saisons sont longues de même», montre-t-il en riant en rapprochant pouce et index.

«Quand je relativise les choses, je peux être fier du parcours que j'ai fait. J'ai joué contre des golfeurs ayant grandi en Floride, en Californie... Ils jouaient à l'année depuis leur jeunesse sur des terrains beaucoup plus grands que ceux de mon coin, qui avaient des budgets illimités.

«Moi, quand j'étais jeune, je ne savais même pas que les bourses d'étude pour jouer au golf aux États-Unis m'étaient accessibles», raconte celui dont l'influence initiale fut celle de Raynald «Bill» Guilbault, premier professionnel à veiller sur lui au club Boule Rock, à Métis-sur-Mer.

Débarqué à Québec pour ses études en Administration à l'Université Laval, il est embauché par Rodrigue Huot comme adjoint au club Royal Québec, poste qu'il occupera pendant 10 ans. Entre le service aux membres et l'enseignement, il fera aussi bien en compétition sans y mettre trop d'effort.

«Je me suis développé, structuré et discipliné comme joueur à la mi-vingtaine. J'ai fait le Canadian Tour pendant cinq ans. Mais j'étais loin du golfeur que je suis aujourd'hui. J'ai appris de mes erreurs, par moi-même, puisque personne au Québec, à part Jules Huot dans les années 40, n'a atteint la PGA. Qui pouvait savoir comment s'y rendre? Personne ne l'avait fait à part lui...

«Des jeunes me demandent ce que ça prend et je ne peux leur donner que des pistes parce que je l'ignore, mais ça va arriver un jour. Je serais capable d'obtenir ma carte, mais il s'agirait d'une bataille de tous les instants pour la conserver chaque année», dit Lévesque, tout en remerciant au passage tous ceux qui l'ont aidé.

Le gros chèque

Après avoir vaincu la maladie, Lévesque part en Ontario pendant cinq ans afin d'y approfondir le métier de professionnel, de développer son réseautage et d'y faire de la compétition. De retour au Québec depuis quatre ans, il s'impose dans les tournois de l'AGP.

«Je performe bien, je suis en paix par rapport où je me situe, où je m'en vais dans la vie. Je n'ai plus les grandes aspirations qui me tiennent à la gorge.

«Maintenant, je joue au golf pour faire de l'argent, pour ramener des sous à la maison. Ce qui me motive, c'est le gros chèque à l'enjeu», admet le joueur associé du club La Vallée du Richelieu et représentant à temps partiel pour Jancor, distributeur des produits Skycaddie, notamment.

Style peu orthodoxe

Dave Lévesque le sait bien : la pause dans son élan fait jaser. Il s'imagine la réaction d'un golfeur des États-Unis qui l'observe pour la première fois sur le tertre de départ et qui le voit s'arrêter une fraction de seconde avant de poursuivre son élan... «Qu'est-ce que c'est ça, qu'il doit se dire», convient en riant celui qui dit ne plus sentir cette pause.

Lévesque a développé ce style peu orthodoxe sur une période de quelques années lorsqu'il était à Toronto. Même si la pause le sert bien et a corrigé des lacunes dans son élan sous pression en compétition, il ne l'enseigne pas. «Je travaille la bio-mécanique et décode l'élan qui convient à chacun. Un bon golfeur ne doit pas être dérangé par l'opinion des autres. Sur un terrain, on est un livre ouvert, on ne peut pas se cacher. Le jour où tu t'acceptes, les gens penseront ce qu'ils veulent. J'ai une pause dans mon élan, je ne fais de mal à personne...»

Daniel Talbot et Dave Lévesque à la Coupe... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Daniel Talbot et Dave Lévesque à la Coupe des Champions du Club La Faune, en 2013. 

Photothèque Le Soleil

Trois golfeurs marquants

Daniel Talbot

«Le golfeur le plus talentueux de l'histoire du Québec. J'ai eu la chance de l'avoir comme coéquipier dans quelques tournois, et la première fois que je me suis retrouvé sur un tertre de départ avec lui, j'en tremblais sur le départ du trou numéro 1. Non pas parce que j'étais nerveux, mais bien parce que j'étais jumelé avec Daniel Talbot. D'être près de lui, c'était un honneur pour moi. C'est une légende, il est sûrement le plus grand joueur avec lequel j'ai eu la chance de jouer au Québec.»

Gary Player

«Au niveau international, c'est mon idole. Il a eu beaucoup d'influence sur moi, notamment parce qu'il avait à peu près la même stature que moi, notamment au niveau de la grandeur. Il accordait toujours beaucoup d'importance à l'aspect physique. Je ne me souviens pas combien de temps ça avait duré, mais j'ai eu la chance de lui parler pendant quelques minutes au Tournoi des maîtres, à Augusta, auquel j'assiste tous les ans par plaisir et pour le travail. Je lui avais serré la main.»

Tiger Woods

«On peut rentrer Tiger dans ce groupe. Qu'on l'aime ou non, ce qu'il a accompli pendant ses meilleures saisons frôlait la perfection. Physiquement, techniquement et mentalement, il était au sommet. Il aura été le joueur de golf le plus fort de tous les temps, mais c'est fini, il ne reviendra plus le golfeur qu'il a été. Il est encore bon, mais, mentalement, ce qui était sa plus grande force est devenu sa plus grande faiblesse.»

Dave Lévesque... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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Dave Lévesque

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Prêt à passer le flambeau

Malgré les victoires qui s'accumulent, les bourses qui s'empilent et le succès qui lui colle à la peau, Dave Lévesque est prêt à mettre la compétition de côté pour relever un prochain défi : devenir professionnel en titre d'un club de golf majeur.

Contrairement au hockey, où plusieurs joueurs passent au «deuxième étage» après leur carrière sur la patinoire, le golf est plus mené par l'individualisme que l'esprit d'équipe. Les postes du genre y sont limités.

«Il s'agit de mon ambition pour les prochaines années. Quand je dis que je suis à la fin de mon projet, c'est que j'aspire à obtenir une position de pro. J'ai acquis beaucoup d'expérience au fil du temps, j'ai voyagé, je connais le fonctionnement d'un gros club. Je pense avoir trop de connaissances pour ne pas travailler dans ce milieu. Je pourrais me rendre utile pour les clubs», dit le joueur de 40 ans, qui reste attaché à la région Québec, sa conjointe étant originaire de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Le salaire du hasard

Père d'un fils de cinq ans (Zach-Alexandre), qui a appris à ne pas faire de bruit avec sa bouche et son corps pendant que le paternel s'exécute sur un terrain, Lévesque vise aussi une stabilité financière.

«Présentement, 50 % de mon salaire repose sur le hasard», souligne Lévesque. Il y a 18 000 $ remis au vainqueur à l'Omnium du Québec, mais je peux aussi repartir sans aucun sou. Je peux tomber, me blesser, me tordre une cheville et être au rancart pour un mois, c'est toute la famille qui en souffrirait. Pour toutes ces raisons, je suis prêt à passer le flambeau à quelqu'un d'autre», expliquait-il quelques jours avant que Rory McIlroy subisse une blessure en jouant au soccer avec des amis, ce qui l'empêchera de défendre son titre à l'Omnium britannique.

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