Les clés de Firestone pour entrer dans la LNH

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L'ancien joueur des Sénateurs Frank Finnigan, qui avait marqué le but gagnant lors de la conquête de la Coupe Stanley par Ottawa en 1926, et Bruce Firestone durant une activité en septembre 1989 pour promouvoir le retour d'une équipe de la LNH dans la capitale nationale.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Il y a près de 25 ans, Bruce Firestone et son groupe réussissaient à ressusciter les Sénateurs d'Ottawa. En se basant sur son expérience personnelle, le titulaire d'un doctorat en économie établit les clés qui devraient permettre à Québecor d'amener une équipe de la Ligue nationale de hockey dans le Centre Vidéotron.

Fondateur et ancien propriétaire de la dernière équipe canadienne à avoir fait son entrée dans la LNH lors d'une expansion, Bruce Firestone avoue qu'il est très excité par la récente annonce du commissaire Gary Bettman voulant que la LNH accepterait les candidatures en vue d'une possible expansion en 2017-2018. «Je suis très encouragé qu'on puisse avoir une équipe à Québec», a confié celui qui ne fait plus partie de l'organisation des Sénateurs d'Ottawa depuis plusieurs années.

«Ce sont les mêmes clés pour Québec que pour une ville comme Las Vegas. La première chose est d'avoir une candidature très forte. Il faut démontrer ton amour du sport et l'appui de ta communauté, mais ça, à Québec, je n'ai aucune crainte à ce sujet.»

En 1989, Firestone dirigeait un groupe qui s'était mis dans la tête de ramener le hockey de la LNH dans la capitale canadienne. Un peu plus d'un an plus tard, en décembre 1990, le circuit alors dirigé par John Ziegler acceptait la candidature des Sens.

Firestone est d'ailleurs présentement à terminer son livre Don't Back Down (N'abandonnez pas), qui raconte la grande aventure de la renaissance des Sénateurs. Il sera lancé en décembre, 25 ans après le retour d'Ottawa dans le giron de la LNH.

«Je me souviens qu'à l'époque, certains promoteurs qui voulaient une équipe arrivaient avec une candidature qui tenait sur quelques feuilles de papier... Nous avions un document de 300 pages reliées. J'avais seulement 39 ans et nous étions un groupe de jeunes qui étaient bien préparés, qui avaient fait leur travail et qui avaient la passion du hockey depuis la Série du siècle en 1972. Nous aurions fait n'importe quoi pour avoir une équipe», illustre Firestone.

Acharnement

En second lieu, le fondateur des nouveaux Sénateurs signale que le groupe concerné doit être acharné et ne jamais perdre de vue son objectif. «En termes de hockey, les gens de Québecor à Québec et le groupe de William Foley à Las Vegas doivent mettre le focus pour marquer un but.»

Pour Firestone, cela signifie augmenter le nombre de partenaires d'affaires, de commanditaires et de détenteurs d'abonnements saisonniers. En se présentant devant la LNH, le groupe qui voulait faire revivre les Sénateurs avait déjà en poche des promesses d'achat pour 11 000 abonnements.

Cela signifie aussi obtenir des appuis politiques, un élément déjà acquis à Québec. «Dans un cas comme celui de Las Vegas, c'est essentiel d'obtenir l'appui du maire, du gouverneur, si tu souhaites amener du hockey de la LNH là-bas.»

Le focus doit aussi se faire sur la LNH elle-même, que Firestone considère comme un club privé. «Ne nous racontons pas d'histoires : c'est un club privé composé de 30 hommes qui, pour la plupart, s'apprécient l'un l'autre et n'aiment pas se faire du mal entre eux, sauf bien sûr sur la glace.

«Généralement, un processus d'expansion démarre avec un ou deux candidats agressifs. À Ottawa, on était très agressifs et on a rencontré presque toutes les équipes existantes pour parler d'Ottawa et de l'expansion. Les seuls dirigeants qu'on n'avait pas réussi à voir étaient ceux des Whalers de Hartford et je ne me souviens pas pourquoi on n'y était pas arrivés», explique-t-il.

C'est d'ailleurs Firestone lui-même qui s'acquittait de cette mission à l'époque. «C'est quelque chose que tu ne peux pas déléguer à personne d'autre. J'ai été dans un avion toutes les deux semaines pendant un an et demi!»

Avoir Bettman de son côté

L'autre clé pour accéder à la LNH est une évidence, selon le fondateur des Sens. «Tu DOIS avoir Gary Bettman de ton côté! C'est un commissaire très puissant et tu ne peux pas te permettre d'être dans ses mauvaises grâces», poursuit-il en citant le cas de l'ancien pdg de Research in Motion, Jim Balsillie, qui a tenté sans succès à trois reprises d'amener la LNH à Hamilton.

«Gary Bettman est un excellent avocat et devinez quoi? Son adjoint Bill Daly est un avocat lui aussi. Alors, tu n'arrives pas devant ces gars-là en leur disant que tu vas leur faire un procès s'ils n'acceptent pas ta candidature. Ils n'ont pas peur de ça du tout.»

Le déménagement, une solution de dernier recours

Chez les amateurs souhaitant le retour des Nordiques, plusieurs espèrent le déménagement d'une équipe existante plutôt que l'obtention d'une équipe d'expansion afin que Québec puisse hériter d'une formation déjà établie. L'ex-propriétaire des Sénateurs d'Ottawa Bruce Firestone est loin de voir les choses du même oeil.

«Je ne crois pas à la relocalisation, car ça ternit la marque», lance Firestone d'entrée de jeu. «Quand nous avons amorcé les démarches pour avoir une équipe à Ottawa, nous voulions une nouvelle équipe, pas un déménagement», rappelle celui dont le voeu a été réalisé à la fin de 1990.

Là-dessus, Firestone est d'accord à 100 % avec le commissaire Gary Bettman, qui considère le transfert comme une solution de dernier recours. «Les fans des Sénateurs sont carrément en amour avec l'équipe. Vous rendez-vous compte? Les fans étaient là même si on avait perdu 70 matchs à notre première saison!» se souvient-il.

«Cette passion, tu ne peux pas l'avoir quand tu déménages les Coyotes de Phoenix à Québec. D'ailleurs, je l'avais dit moi-même à Jim Balsillie quand il voulait amener une équipe à Hamilton : "Jim, achète une équipe d'expansion."»

Balsillie (photo) ne l'a pas écouté et on connaît la suite : ses tentatives d'acheter les Penguins de Pittsburgh, les Predators de Nashville et les Coyotes de Phoenix se sont toutes soldées par un échec et il s'est attiré les foudres de plusieurs propriétaires de la LNH et du commissaire Bettman.

Le 6 décembre 1990, le président de la... (Archives Le Soleil) - image 3.0

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Le 6 décembre 1990, le président de la LNH John Ziegler annonçait qu'Ottawa et Tampa Bay feraient partie de la LNH. On le voit ici entouré de Bruce Firestone, des Sénateurs, et de Phil Esposito, du Lightning.

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Des rivalités payantes

Non seulement l'ex-propriétaire des Sénateurs d'Ottawa Bruce Firestone croit-il au retour de la LNH à Québec, mais il croit aussi que le circuit Bettman s'enrichirait en acceptant une seconde équipe dans le marché de Toronto.

«C'est difficile de prédire si on verra d'autres équipes canadiennes s'ajouter, mais l'arrivée de Québec et Hamilton, ou d'une autre ville du marché du sud de l'Ontario, aurait comme effet de renforcer la ligue», explique-t-il, en extrapolant avec le cas des Coyotes de Phoenix et d'une possible nouvelle franchise à Las Vegas.

«Las Vegas aurait une rivalité naturelle avec Phoenix, alors, si jamais l'arrivée d'une équipe à Vegas se concrétisait, il y aurait une pression immense pour conserver l'équipe des Coyotes en Arizona», enchaîne-t-il, en rappelant que les droits de diffusion sont maintenant le nerf de la guerre. «Pour cette raison, je crois qu'une seconde équipe dans le marché de Toronto ne pourrait qu'être bénéfique pour les Maple Leafs. Est-ce que les Islanders de New York nuisent aux Rangers? Voyons!»

Firestone estime également que l'arrivée des Ducks, alors les Mighty Ducks, à Anaheim a été très bonne pour les Kings de Los Angeles. «L'ex-propriétaire des Kings Bruce McNall avait compris que plus d'équipes dans le sud de la Californie serait bon pour la Ligue. Il y a des propriétaires d'équipe qui ne partagent pas cette façon de voir, mais, comme économiste, je ne peux voir les choses autrement.»

«De la bonne télé!»

Concernant un éventuel retour de la LNH à Québec, Bruce Firestone rappelle aussi que la situation économique n'est plus la même qu'à l'époque du départ des Nordiques. «L'économie de Québec, du Québec et du Canada est très différente. J'étais là lors des festivités du 400e de Québec et c'était vraiment fantastique. Il y a un potentiel d'attrait immense dans le fait d'avoir une ville d'allure européenne à quelques centaines de kilomètres seulement en Amérique du Nord.»

Il croit également que le pari rapportera si la LNH décide de retourner à Québec. «Si Québecor arrive à obtenir une équipe, ce sera une franchise fantastique et si les Nordiques reviennent dans la Ligue, je suis convaincu que dans 5 ou 10 ans, les droits de diffusion seront à la hausse et non à la baisse. Pourquoi? Parce que les rivalités donnent de la bonne télé!» résume celui qui se souvient bien des matchs endiablés entre le Canadien et les Bleus.

Un coût à partager

Même si la somme de 500 millions $ évoquée par le commissaire Gary Bettman pour l'obtention d'une nouvelle équipe de la LNH pourrait sembler élevée alors que les Sénateurs avaient payé seulement 50 millions $ pour leur équipe au début des années 90, Bruce Firestone croit que le jeu en vaut la chandelle. «Les équipes aujourd'hui obtiennent beaucoup plus d'argent des droits de diffusion. Moi, si je conseillais Québecor dans ses démarches, je lui suggérerais de demander à ses partenaires de payer la moitié ou même les deux tiers de ces 500 millions $», indique-t-il en faisant référence, entre autres, au gestionnaire de l'amphithéâtre et aux entreprises détentrices des «droits de versage».

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