Le Colisée en trois périodes

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Le Colisée de Québec au début des années 70

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Depuis près de 66 ans, le Colisée de Québec vibre au rythme du hockey. Les amateurs y ont vu de tout: victoires à l'arraché, défaites crève-coeur, jeux spectaculaires, coups vicieux... Mais derrière ce jeu que nous aimons tant se cachent souvent des histoires méconnues, voire oubliées, qui ont ajouté, à leur façon, une dose de mythe au vétuste amphithéâtre. Aujourd'hui, Le Soleil vous en raconte trois.

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«La foule était de notre côté. On était une couple qui avaient joué avec les As»- Léon Rochefort, ex-joueur de la LNH, qui a notamment joué pour les Flyers de 1967 à 1969

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Quand les Flyers menaçaient de déménager à Québec

1968

Les Flyers menacent de quitter Philadelphie pour Québec! «Si les choses ne s'améliorent pas, les Flyers déménageront peut-être de façon permanente», lance même le président de la LNH... Clarence Campbell.

Nous sommes en mars 1968. Deux jours avant cette déclaration-choc, les Flyers ont joué le premier match de l'histoire de la Ligue nationale au Colisée. «Les amateurs de Philadelphie ne pourront sûrement pas nous blâmer si nous déménageons à Québec», lance un porte-parole de l'équipe, quelques heures après cette rencontre.

Cette saga débute le 1er mars, lorsque le toit du Spectrum de Philadelphie est soufflé pendant une tempête. L'édifice a été inauguré au mois de septembre précédent. Il a coûté 12 millions $.

Les Flyers doivent s'exiler. Après avoir joué leur premier match «à domicile» au Madison Square Garden de New York, puis le deuxième au Maple Leafs Gardens de Toronto, ils s'arrêteront pour cinq matchs au Colisée de Québec.

Pourquoi Québec? Simplement parce que l'équipe locale, les As, appartiennent aux Flyers, qui en ont fait leur club-école.

«Pour la première fois de toute l'histoire de la Ligue nationale de hockey, un match sera disputé à Québec, dimanche soir», annonce Le Soleil du 8 mars 1968. Un court article qui, étrangement, ne fait pas la manchette.

Et dont le titre n'est pas tout à fait vrai. En 1919-1920, les Bulldogs de Québec avaient participé à la troisième saison de l'histoire de la LNH, au cours de laquelle ils n'avaient remporté que 4 matchs sur 24. La formation avait connu ses heures de gloire quelques années plus tôt (1911-1912 et 1912-1913) en remportant deux Coupes Stanley. Elle était alors dans l'Association nationale de hockey.

Mais ce match du 10 mars 1968 est bel et bien une première au Colisée. Les Flyers affrontent les North Stars du Minnesota, deux équipes qui en sont à leur première année d'existence. Prix dans les loges : 5,50 $; prix étudiant : 2 $.

On attend plus de 15 000 personnes, même si le Colisée ne compte à l'époque que 10 000 places assises. Ce sont finalement 10 971 amateurs qui se présentent. La veille, les As ont pourtant annoncé qu'il n'y avait plus de billets, ce qui en a sans doute rebuté certains.

Le match offre du jeu serré et robuste. En première période, le gardien des North Stars, Cesar Maniago, reçoit une rondelle près de l'oreille. Il est transporté en civière hors de la glace, puis à l'hôpital. Le premier but n'est marqué qu'en troisième période, quand le défenseur des Flyers Joe Watson termine un jeu d'André Lacroix. Forbes Kennedy complète la marque. Bernard Parent multiplie les prouesses en fin de match. Les Flyers gagnent 2-0.

Léon Rochefort - son neveu Normand a joué pour les Nordiques de 1980 à 1988 - est parmi les auteurs des principaux «body checks», écrit Le Soleil, qui réserve deux pages à l'événement. «La foule était de notre côté», se souvient aujourd'hui Rochefort, qui a remporté deux Coupes Stanley avec le Canadien. «On était une couple qui avaient joué avec les As.»

L'équipe a beaucoup de sang québécois. En plus de Rochefort, Parent et Lacroix, elle compte sur Claude LaForge et Jean Gauthier. Simon Nolet et Jean-Guy Gendron participent aussi à quelques «joutes» cette année-là.

guerre politique à philadelphie

Après ce premier match, rien n'est réglé pour la suite des choses. New York, Chicago et Boston sont disposés à accueillir les Flyers. Mais l'état-major de l'équipe a un parti pris pour Québec. Et les joueurs aussi. «Pars une pétition pour que l'on vienne jouer ici», lance Laforge au journaliste Roland Sabourin. «Nous nous sentons 10 fois plus chez nous que n'importe où ailleurs.»

C'est dans les mêmes heures que le président et le directeur général des Flyers sortent les menaces. Les travaux de réfection du Spectrum piétinent. Et ces messieurs en ont marre. «Le président du club, Bill Putnam, a clairement déclaré qu'il déménagera toute l'équipe hors de Philadelphie si le Spectrum n'est pas prêt bientôt», dit un porte-parole des Flyers. «D'ailleurs, bon nombre d'amateurs nous ont conseillé de déménager. Ils nous ont dit que Philadelphie était comme un village de campagne.»

Une guerre politique retarde les travaux. L'entrepreneur général qui a construit l'amphithéâtre est un démocrate endurci, tandis que le procureur du district, principal frein à la réouverture, est un fervent républicain.

En attendant la suite des choses, les joueurs profitent de leurs temps libres pour faire du tourisme, visitant le Vieux-Québec et le Château Frontenac, raconte aujourd'hui Léon Rochefort. Si Joe Watson a déjà dit que les Flyers étaient «comme des vagabonds» pendant cette période, Rochefort assure que ça ne changeait rien pour lui. «Je me suis expatrié à chaque année pendant ma carrière. Alors quelle différence il y avait?» demande le résidant de Cap-de-la-Madeleine, qui a récolté 268 points en 617 matchs dans la LNH.

La faute du Canadien...

Québec est finalement choisie pour le match local suivant, le 14 mars. Seulement 4035 spectateurs franchissent les tourniquets pour voir les Flyers et les Kings de Los Angeles faire match nul 0-0. On explique cette faible assistance par le surplus de matchs présentés au Colisée, mais aussi à cause... du Canadien, qui jouait ce soir-là contre les Rangers de New York à la télévision.

Des excuses bidons, semble dire le chroniqueur Claude Larochelle, au lendemain du match. «Tous ceux qui croyaient sincèrement que Québec pouvait faire vivre un club de la Ligue nationale conservent maintenant des doutes sérieux», écrit l'ancien directeur des pages sportives du Soleil.

Dans cette même chronique, un autre coup dur. Le dg Bud Poile tempère les propos de l'organisation par rapport à la venue des Flyers dans la Vieille Capitale. «J'aimerais bien considérer Québec, mais financièrement, je pense que c'est impossible. Il n'y a tout simplement pas assez de population dans la région», prétend-il.

Impossible de savoir si cette déclaration fouette les amateurs de hockey de la capitale, mais ils sont 13 650 à assister au troisième match des Flyers au Colisée, le 17 mars. Ces derniers ne les déçoivent pas en surclassant les Maple Leafs de Toronto 7-4.

Le 20 mars, des ouvriers commencent à réparer le toit du Spectrum. Les Flyers ont encore deux matchs locaux. Encore une fois, on décide à la dernière minute qu'ils seront joués à Québec.

Le 28 mars, les Flyers blanchissent les Blues de St. Louis de l'entraîneur Scotty Bowman 2-0, devant 5382 spectateurs. Deux jours plus tard, les Penguins de Pittsburgh jouent le même tour aux Flyers, cette fois devant 5569 personnes.

Le rêve de voir une équipe de la LNH à Québec s'estompe ensuite. Pour un temps, ne resteront que les souvenirs, mais aussi la bonne impression qu'a fait Québec auprès des hockeyeurs.

«Tout le monde était heureux de jouer à Québec», assure Léon Rochefort, qui a terminé cette saison 1967-1968 avec 21 buts, un sommet d'équipe. «C'est une ville de hockey. La population aime ça. J'ai aimé le séjour que j'ai passé là et je suis sûr que tous les joueurs te diraient la même affaire.»

Il faudra attendre plus de 11 ans avant de revoir un match de la LNH au Colisée, quand les Nordiques croiseront le fer avec les Flames d'Atlanta, le 10 octobre 1979, devant 10 350 personnes.

****

Les cinq matchs

En 1967-1968, Philadelphie, Pittsburgh, St. Louis, Oakland, Minnesota et Californie s'ajoutent aux six équipes «originales» de la LNH. Voici les cinq matchs des Flyers au Colisée en 1968:

10 mars: North Stars du Minnesota, victoire de 2-0 (Bernard Parent/Cesar Maniago et Gary Bauman)

14 mars: Kings de Los Angeles, match nul de 0-0 (Bernard Parent/Terry Sawchuk)

17 mars: Maple Leafs de Toronto, victoire de 7-4 (Bernard Parent/Johnny Bower)

28 mars: Blues de St. Louis, victoire de 2-0 (Doug Favell/Glenn Hall)

30 mars: Penguins de Pittsburgh, défaite de 2-0 (Doug Favell/Les Binkley)

Le légendaire Maurice «Rocket» Richard salue la foule... (Photo Archives Le Soleil) - image 3.0

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Le légendaire Maurice «Rocket» Richard salue la foule lors du premier match local de l'histoire des Nordiques le 13 octobre 1972.

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Entraîneur malgré lui

1972

Le «Rocket» lance des regards inquiets. Il n'a plus sa légendaire détermination dans les yeux, celle qui faisait frémir les gardiens adverses. Au milieu de la chambre des joueurs, Maurice Richard est mal à l'aise, ne se sent pas à sa place. Il annonce son alignement partant, puis ajoute, d'une voix hésitante : «Tâchez de penser à la défensive et de ne pas déranger [sic] de votre position. C'est ça qui est le plus important.»

Quelques semaines plus tôt, l'ex-hockeyeur a accepté, presque à contre-coeur, le poste d'entraîneur-chef d'une nouvelle équipe professionnelle, les Nordiques. La jeune formation fera partie d'une ligue tout aussi jeune, dont l'ambition claire est de faire compétition à la puissante Ligue nationale. L'Association mondiale, depuis sa création, a multiplié les coups d'éclat. Le plus grand choc est venu de Winnipeg, les Jets ayant subtilisé la supervedette Bobby Hull aux Blackhawks de Chicago.

À Québec, le premier signe que les Nordiques ont les moyens de leurs ambitions vient le 20 juillet 1972 avec la signature du talentueux défenseur Jean-Claude Tremblay, du Canadien de Montréal.

Un gros nom

L'arrivée du Rocket une semaine plus tard s'inscrit donc dans une succession d'annonces qui solidifie la réputation de la ligue rebelle. «L'idée venait de Marius Fortier [dg de l'époque]», raconte aujourd'hui Maurice Filion, ancien directeur général et entraîneur des Nordiques, qui était dépisteur à l'époque. «Il voulait un gros nom.»

Lorsque Fortier demande au «Rocket» de devenir son entraîneur, ce dernier hésite. Il semble vouloir dire non. Maurice Richard a pris sa retraite comme joueur en 1960 et s'est tenu loin de la glace depuis. Il ne croit pas en ses qualités d'entraîneur, sait qu'il n'est pas le meilleur communicateur.

De plus, il craint d'être mal reçu par le public de Québec, avec lequel il a déjà eu des différends. En 1952, dans un article d'opinion qu'il signe pour le journal Samedi-Dimanche, la vedette du Canadien incitait son alter ego des As, Jean Béliveau, à quitter la capitale pour se joindre au Canadien. Il critiquait aussi les amateurs de la capitale, qui ont chahuté son frère Henri lors d'un match, raconte Benoit Melançon dans son livre Les yeux de Maurice Richard. Le fils du «Rocket», Normand, s'est même déjà fait huer lors de sa participation au Tournoi pee-wee, en 1962!

«C'est sa femme qui l'a convaincu de venir», dit Filion. «Elle trouvait qu'il s'ennuyait un peu. Mais ça ne lui tentait pas plus que ça.»

Le «Rocket» dit oui. Toutefois, il accompagne en Russie l'équipe canadienne qui participe à la Série du siècle et rate le camp d'entraînement. «Je pense qu'il a fait une seule pratique avec nous», relate l'ailier Michel Parizeau, qui a joué quatre saisons et demie à Québec.

Malade de nervosité

Lors du premier match de l'histoire des Nordiques, à Cleveland, le 11 octobre 1972, le «Rocket» connaît mal ses joueurs. Selon la légende, c'est Jean-Claude Tremblay qui fait les changements de ligne à sa place. Cette même légende raconte que Richard est si nerveux qu'il est malade près du banc des joueurs. Ni Filion, ni Parizeau ne peuvent toutefois confirmer ces informations, 43 ans plus tard.

À un certain moment de la rencontre, les Nordiques se retrouvent à trois contre cinq. Le «Rocket» est dépassé. «[Richard] ne savait plus qui envoyer sur la glace. Il a demandé à Pierre Guité, un joueur d'avant, de jouer à la défense», raconte Parizeau. Les Nordiques perdent 2-0.

Après le match, le «Rocket» est découragé. «Il n'était pas habitué de perdre», explique Maurice Filion. «Il était habitué à des joueurs de première classe, et là il se retrouvait avec une équipe d'expansion...»

Filion derrière le banc

Deux jours plus tard, les Oilers de l'Alberta sont à Québec pour le premier match local de l'histoire du Fleurdelisé. Le Colisée est plein. Les joueurs sont nerveux, mais excités. «On avait hâte de voir l'ambiance au Colisée. On attendait ça avec impatience», dit Parizeau.

Le «Rocket», lui, semble inquiet et fatigué.

Dans sa présentation de l'entraîneur, l'annonceur maison lance: «Celui qui ne croit pas encore que tout cela est vrai. Qui devient instructeur d'une équipe de hockey à Québec... Maurice Richard!» Le «Rocket», gêné, s'avance pour saluer les spectateurs.

Galvanisés par une foule enthousiaste, les Nordiques déclassent les Oilers 6-0. François Lacombe marque le premier but de l'histoire de la concession, tandis que Serge Aubry réussit le jeu blanc.

Les joueurs l'ignorent, mais le «Rocket» a remis sa démission avant le match. «Je ne veux pas mourir derrière le banc», aurait dit le légendaire hockeyeur.

«C'était un homme franc, un homme honnête», lance Filion. «Quand il a vu qu'il n'était pas fait pour cette job-là, il n'a pas lésiné.»

Lorsque les joueurs l'apprennent, ils ne sont pas surpris. «On voyait bien qu'il n'était pas prêt pour ça», affirme Parizeau, dont le «Rocket» était l'idole. «Être entraîneur, c'est un métier exigeant et difficile. Je pense qu'il n'avait pas ça en lui.»

Maurice Filion le remplace derrière le banc. Les Nordiques en arrachent cette année-là et ne feront pas les séries. Mais l'aventure est lancée.

La journée du 15 décembre 1988 sera longue... (Photo Archives Le Soleil) - image 4.0

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La journée du 15 décembre 1988 sera longue pour l'entraîneur-chef des Nordiques Ron Lapointe (veston foncé), que l'on voit ici entouré de l'entraîneur adjoint Alain Chainey (à gauche), de Robert Picard (24), de Steven Finn, de Jacques Mailhot (28) et du président de l'équipe, Marcel Aubut, qui avait l'air songeur derrière son coach qui venait d'apprendre le matin même qu'il était atteint d'un cancer.

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Le dernier match de Ron Lapointe

1988

Ron Lapointe ne parvient pas à retenir ses larmes. La journée a été longue et pénible. Il est 22h15. Les Nordiques viennent de battre le Canadien 6-4 au Colisée. Devant journalistes et caméras, l'entraîneur-chef du Fleurdelisé fait ses adieux d'une voix cassée.

«Ce fut un jour que je n'oublierai jamais», déclare-t-il. «J'ai reçu une claque dans la face pour commencer la journée et une victoire pour la terminer.»

Lapointe est en mauvaise santé. Plus tôt, ce matin-là du 15 décembre 1988, il apprend qu'il est atteint d'un cancer du rein. Le pronostic n'est pas bon. La bataille s'annonce dure. Il doit être opéré six jours plus tard. Il est forcé d'abandonner les rênes de l'équipe qu'il dirige depuis décembre 1987, alors qu'il a pris la relève d'André Savard, congédié.

Avant la rencontre, en après-midi, la rumeur fait son chemin : Ron Lapointe est malade; ce sera son dernier match derrière le banc. Questionnés à leur arrivée au Colisée, Jean Perron, alors adjoint au directeur général, et Alain Chainey, entraîneur adjoint, assurent n'être au courant de rien. Chainey reconnaît aujourd'hui qu'il savait que son ami était malade. Mais il ignorait la gravité de son état.

Lapointe cache l'information à ses joueurs, mais le médecin de l'équipe, Pierre Beauchemin, les en informe. «Ç'a été un choc pour tout le monde», se souvient l'ex-défenseur Steven Finn. C'était un homme très intense, alors c'était étrange de le voir vulnérable comme ça.»

Six buts contre Roy

Sur la glace, les Bleus se démènent pour donner une ultime victoire à leur entraîneur. L'équipe, qui en arrache depuis le début de la saison (10-20-2), marque six buts contre le Canadien et Patrick Roy. La troupe de Pat Burns a pourtant une reluisante fiche de 19-9-6. «Y'a aucun doute qu'on a tout donné», explique Finn. «Tout le monde voulait gagner pour lui.»

Derrière le banc, pendant le duel, Chainey est émotif. «Chaque fois que je me retournais pour regarder Ron, je me mettais à pleurer», raconte-t-il, 27 ans plus tard.

Après la sirène, Ron Lapointe félicite ses joueurs un à un à la sortie de la glace. Tout a l'air normal. Une scène qui en dit long sur l'aplomb qu'a conservé l'entraîneur pendant la soirée. Un aplomb qui épate encore Alain Chainey. «C'est incroyable la force qu'il a eu pour rester concentré sur la partie. C'était un battant et il s'est battu jusqu'à la fin.»

Pendant le match, les médias ont été convoqués à une conférence de presse spéciale postrencontre.

«J'ai commencé dans cette bâtisse avec une victoire contre les Devils du New Jersey il y a à peu près un an passé», dit alors Lapointe dans son français teinté d'un accent anglophone. «Et puis... [le gardien] Mario Gosselin m'avait donné la rondelle de la victoire... Il a fait la même chose à soir... Et ça peut pas être mieux que ça.» Les journalistes applaudissent Lapointe lorsqu'il quitte la pièce.

En coulisses, l'état-major du Fleurdelisé vit une sorte de deuil. «Tous les hommes de hockey des Nordiques ont pleuré toutes les larmes de leur corps cette journée-là», relate Chainey.

Nomination de Perron

Le lendemain, les Nordiques annoncent la nomination de l'ex-coach du Canadien Jean Perron. L'équipe québécoise terminera la saison avec 61 points (27-46-7). Pour la deuxième année de suite, pas de séries. Mais les malheurs ne font que commencer...

Les Nordiques sont écartés des éliminatoires pour une cinquième saison consécutive la journée même où Ron Lapointe perd son combat contre le cancer, le 23 mars 1992. Il n'a que 42 ans. Il agit alors comme dépisteur pour les Canucks de Vancouver. Trois ans plus tôt, cette organisation lui a offert le poste d'entraîneur-chef du club-école de Milwaukee, dans la Ligue internationale. Mais la maladie refait surface dans un poumon. Encore une fois, il doit démissionner.

Quelques mois après son opération de décembre 1988, il va pourtant bien. «Je pète le feu», dit-il à Maurice Dumas dans un article paru dans Le Soleil en août 1989.Il est alors sans emploi. Les Nordiques, incapables de lui offrir un poste qui l'intéresse, l'ont libéré quelques semaines plus tôt.

Le hockey au Colisée en 20 grandes dates

>> 8 décembre 1949

Premier match dans le nouveau Colisée. Les As et les Citadelles s'affrontent.

>> 15 décembre 1949

Inauguration officielle du bâtiment, qui remplace le pavillon de l'agriculture, détruit par le feu en mars.

>> 26 avril 1951

16 806 spectateurs, un record encore inégalé, remplissent le Colisée pour assister à un match de la Coupe Memorial entre les Citadelles et les Flyers de Barrie.

>> 26 avril 1952

Les As et leur grande vedette Jean Béliveau remportent la Coupe Alexander.

>> 19 mai 1971

Menés par Guy Lafleur, les Remparts gagnent la Coupe Memorial.

>> 13 octobre 1972

Les Nordiques, alors dans l'Association mondiale, disputent leur premier match au Colisée.

>> 11 avril 1976

La vedette des Nordiques Marc Tardif subit un traumatisme crânien lorsqu'il est sauvagement frappé par Rick Jodzio, des Cowboys de Calgary.

>> 26 mai 1977

Dans un Colisée en délire, les Nordiques gagnent la Coupe Avco, seul championnat de leur histoire.

>> 4 mai 1979

Le projet d'agrandissement du Colisée est présenté. Cinq mille sièges seront ajoutés, portant le total à plus de 15 000.

>> 10 octobre 1979

Les Nordiques jouent leur premier match dans la LNH, une défaite de 5-3 contre les Flames d'Atlanta.

>> 28 octobre 1979

Pour la première fois, le Canadien de Montréal visite les Nordiques. Le Fleurdelisé l'emporte 5-4.

>> 29 octobre 1980

Peter et Anton Stastny jouent leur premier match au Colisée après un voyage de neuf rencontres en début de saison.

>> 11 février 1987

Le Colisée est l'hôte du premier de deux matchs entre les étoiles russes et nord-américaines. Les deux équipes diviseront les honneurs de Rendez-vous 87.

>> 31 mars 1991

La foule accorde une ovation de 12 minutes à Guy Lafleur lors d'une soirée en son honneur. Le démon blond vient d'annoncer sa deuxième retraite du hockey.

>> 26 juin 1993

L'encan amateur de la LNH se déroule à Québec. Alexandre Daigle est le premier choix. Les Nordiques repêchent Jocelyn Thibault; le Canadien, Saku Koivu.

>> 14 mai 1995

Dernier match de l'histoire des Nordiques au Colisée, une victoire de 4-2 contre les Rangers de New York en première ronde des séries.

>> 11 octobre 1996

Les Rafales de Québec de la Ligue internationale jouent leur premier match au Colisée.

>> 1er octobre 1999

Les Citadelles, club-école du Canadien, disputent leur premier match à Québec. Michel Therrien est l'entraîneur-chef de l'équipe.

>> 25 mai 2003

Les Rangers de Kitchener remportent la Coupe Memorial.84 200 spectateurs ont assisté aux matchs, un record du tournoi.

>> 18 mai 2008

La Russie revient de l'arrière pour battre le Canada 5-4 en prolongation lors de la finale du Championnat mondial de hockey.

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