Succès titanesque en hockey féminin

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Après des débuts difficiles en 2003 en matière de recrutement, l'entraîneur-chef des Titans du Cégep Limoilou, Pascal Dufresne, refuse de 30 à 40 hockeyeuses à chaque camp présaison.

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(Québec) Depuis le début des années 2000, le hockey féminin est en constante évolution dans la région de Québec, pour ne pas dire révolution. Les Titans du Cégep Limoilou servent de locomotive et tentent de s'offrir un quatrième championnat consécutif, cette fin de semaine. Portrait d'un programme à succès qui fête ses 15 ans.

«Il y a 12 ans, je prenais les filles qui se présentaient. Il y avait même des joueuses de ringuette qui voulaient essayer le hockey! Maintenant, au camp présaison, j'en refuse entre 30 et 40 par année», explique l'entraîneur-chef Pascal Dufresne, au sortir d'un entraînement matinal de la fin mars, à l'Arpidrome de Charlesbourg.

Comme l'ensemble du hockey féminin, les Titans ont gagné en crédibilité. Âgées de 17 à 20 ans, les protégées du Dufresne sautent sur la patinoire trois matins par semaine, avant les cours, et s'entraînent en gymnase à deux reprises, en plus d'un match ou deux au calendrier chaque fin de semaine.

«Notre cégep y croit beaucoup. Nous sommes la seule équipe féminine au niveau excellence», fait valoir le pilote. Sa troupe est sur le même pied que le football et le volleyball masculin aux yeux de la direction de l'institution. Budget stable depuis 12 ans, ce qui, considérant les coupures répétées au fil des ans en éducation, s'avère positif.

Les Titans recrutent aux quatre coins du Québec, avec des éléments en provenance de l'Estrie, de l'Abitibi, de Victoriaville, de la Côte-Nord, de Trois-Rivières, de Portneuf et de Saguenay. Sans oublier de piger dans leur propre cour. La meilleure marqueuse du circuit collégial québécois, Catherine Dubois, auteure de 73 points en 32 matchs, vient de Lac-Beauport. La recrue Élizabeth Giguère, de Saint-Émile, fait aussi parler d'elle.

«C'est le meilleur programme et la meilleure équipe avec le meilleur sentiment d'appartenance», résume Victoria Eymard, joueuse de première année originaire de Trois-Rivières.

L'an dernier, l'arrière de 5'11'' jouait midget féminin à Drummondville. Elle faisait partie de la première équipe québécoise toute féminine à participer au Tournoi international pee-wee de Québec, en 2010. Dans le collégial, Dawson et Édouard-Montpetit la voulaient aussi.

De Rouyn-Noranda, Sarah-Ève Coutu-Godbout en est à sa première saison complète avec des filles. Elle dit apprécier le style de jeu, plus ouvert et plus complexe.

Ce matin, au Colisée de Rimouski, les Titans affrontent les Cougars du Collège Champlain de Lennoxville en demi-finale provinciale. La grande finale a lieu demain, à 13h30. Depuis jeudi, les championnats québécois de hockey féminin se tiennent dans sept villes du Bas-Saint-Laurent pour 200 matchs dans 15 catégories.

233 buts marqués, 53 alloués

Limoilou a subi trois revers en 32 rencontres de ligue, cette saison. Marqué 233 buts, alloué 53. Trois joueuses des Titans gravitent autour de l'équipe canadienne : Dubois avec la formation de développement, Giguère et Coutu-Godbout chez les moins de 18 ans.

Une nouvelle bannière serait dans l'ordre des choses. «Sur un match, tout peut arriver, reconnaît Dufresne. Mais perdre ne fait pas partie de notre vocabulaire. On a tous les outils pour gagner.»

Quant à la domination outrancière de ses ouailles - elles ont marqué plus de 10 buts à six reprises cette saison -, Dufresne ne se laisse pas attendrir par les jérémiades de certains adversaires. «J'entends encore que certaines équipes de notre ligue n'ont pas de préparateur physique. Allume! Il n'y a pas de recette magique», tranche-t-il.

Partagée en deux calibres lors des deux saisons précédentes, la Ligue collégiale féminine du Québec est revenue à une seule division de neuf équipes, cet hiver. Ce qui fait qu'une équipe comme celle d'André-Laurendeau a inscrit 33 buts et en a encaissé 195. Dufresne admet que pour une meilleure parité, le nombre d'équipes devrait diminuer.

Dufresne vise Équipe Canada

Après un mandat de quatre ans avec l'équipe du Québec couronné d'une médaille d'or aux Jeux du Canada, Pascal Dufresne vise dorénavant un poste d'entraîneur au sein du programme national. Pour cette première historique, il a exploité à fond la filière limouloise : cinq joueuses, trois entraîneurs et un physiothérapeute. Il se concentre maintenant sur ses Titans, qui ont subi ses absences dans les dernières années. En parallèle, le coach perfectionnera son anglais pour détenir toutes les clés menant à l'équipe canadienne et ses satellites.

Cet ancien dépisteur pour les Huskies de Rouyn-Noranda, dans le junior majeur, ne s'ennuie pas du volet masculin. Seule une nouvelle équipe féminine à l'Université Laval le ferait quitter le Cégep Limoilou. Il estime qu'avec trois formations universitaires à Montréal, dont une seule francophone, et deux à Ottawa, le Rouge et Or gravirait vite les échelons du hockey féminin à partir de Québec.

Titans du Cégep Limoilou

Hockey féminin collégial

Naissance : 2000

Championnats : 2001, 2002, 2012, 2013, 2014

Entraîneurs-chefs : Patrick Kelly de 2000 à 2003, Pascal Dufresne depuis 2003

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Élizabeth Giguère

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Guerre du recrutement

Un matin de semaine, cet hiver, un éclaireur de l'Université Ohio State s'est pointé à l'Arpidrome pour voir Stéphanie Lalancette à l'oeuvre. Un autre jour, la double médaillée d'or olympique Gina Kingsbury était à Charlesbourg pour attirer Valérie Drouin à Minnesota-Duluth. Drouin a accepté.

Si les établissements américains se montrent de plus en plus insistants de plus en plus tôt, la cote des universités québécoises est en hausse auprès des joueuses d'ici. L'arrivée des Carabins de l'Université de Montréal a changé la donne en 2009, forçant du coup Concordia et McGill à redoubler d'ardeur, Ottawa et Carleton aussi.

Convaincue d'aller poursuivre sa carrière au sud de la frontière dès son arrivée à Limoilou, Catherine Dubois, meilleure marqueuse du circuit collégial cette année, a finalement choisi les Carabins pour l'automne prochain. Claudia Dubois et Claudia Fortin s'en vont à Concordia. Jouer des matchs de saison contre l'Ontario, comme les gars, relèverait encore davantage le calibre universitaire au Québec.

Les États-Unis s'intéressent même déjà à nos recrues collégiales, puisqu'un diplôme d'études secondaires suffit pour entrer à l'université là-bas. «Ça ne m'intéresse pas», assure pourtant Élizabeth Giguère, une jeune joueuse déjà bien en vue. «Je fais mes trois ans à Limoilou et j'espère que d'ici là, il y aura une nouvelle équipe à l'Université Laval!» souhaite la hockeyeuse de Saint-Émile.

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Victoria Eymard, Sarah-Ève Coutu-Godbout et Élizabeth Giguère, trois des hockeyeuses du programme de hockey féminin du Cégep Limoilou 

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Giguère, le phénomène

L'alignement des Titans est rempli de bonnes joueuses. Mais une recrue attire l'attention. On parle d'Élizabeth Giguère comme de la future Marie-Philip Poulin. «Je trouve ça un petit peu gros», offre comme seule réponse la grande attaquante de Saint-Émile.

Il est clair que la numéro 11 préfère laisser parler ses actions sur la patinoire. On la comprend de se garder une petite gêne quand on la compare à «la meilleure joueuse de hockey au monde» selon le USA Today. Poulin a gagné sa première médaille d'or olympique à 18 ans.

Mais l'entraîneur de Giguère ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis. «C'est une joueuse à dimension offensive comme on a rarement vue dans le hockey féminin», s'emballe Pascal Dufresne. «Éli génère de l'attaque à toutes ses présences, elle peut marquer de n'importe où. Elle est l'une des rares à ce niveau-là à dominer de cette façon-là.»

Malgré quatre matchs ratés, Giguère a inscrit 26 buts et 27 aides en 28 rencontres régulières pour se classer sixième marqueuse du circuit collégial québécois. Deuxième recrue la plus prolifique, deux points derrière Lidia Fillion, du Cégep Saint-Laurent.

Fin février, Giguère a joué un rôle prépondérant dans le premier triomphe québécois de l'histoire aux Jeux du Canada en hockey féminin. Ses deux buts et huit aides en six matchs victorieux en ont fait la meilleure pointeuse des championnes.

«Des joueuses offensives de même, je n'en ai pas vu beaucoup dans ma vie», assure Dufresne, aussi pilote de l'équipe du Québec et qui avait fait de Giguère sa capitaine.

Le coach va jusqu'à dire que c'est à Prince George, fin février, que sa protégée a tranché le dilemme des recruteurs entre elle et l'autre attaquante vedette de cet âge au Canada, Sarah Potomak. «Depuis les Jeux du Canada, ils ne peuvent plus les comparer. Giguère a fait la différence pour le Québec, Potomak ne l'a pas faite pour la Colombie-Britannique», qui n'a gagné que deux fois en six parties. Potomak a une soeur plus jeune et plus costaude, Amy, qu'on promet encore meilleure.

«Je n'ai pas de rivalité avec personne», rejette la principale intéressée, qui a joué sur le premier trio de l'équipe canadienne avec Potomak au Championnat du monde des moins de 18 ans, début janvier, à Buffalo. Potomak a dominé la colonne des marqueuses du tournoi avec neuf points, contre sept pour Giguère.

À part Giguère, sa coéquipière des Titans Sarah-Ève Coutu-Godbout était la seule autre représentante de la ligue collégiale québécoise au Mondial U-18. Les Canadiennes ont perdu la finale en prolongation.

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