Les «très belles années» de Marie-Philip Poulin

Marie-Philip Poulin lors de la victoire de Boston... (Photo fournie par Boston University, Eric Canha)

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Marie-Philip Poulin lors de la victoire de Boston University contre Boston College en championnat de conférence au début du mois de mars.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Dans quelques semaines, Marie-Philip Poulin aura terminé ses études en psychologie à l'Université de Boston, où elle a laissé sa marque sur la patinoire. Retour sur son brillant passage dans cette prestigieuse institution, où elle a ajouté à sa légende de meilleure joueuse au monde.

Dans une récente parution du réputé USA Today, un reportage la consacrait meilleure joueuse de hockey au monde! Humble comme toujours, voire timide face aux éloges, Marie-Philip Poulin admet être mal à l'aise devant un tel compliment. «Ça fait plaisir, mais c'est gênant de lire ça, je me demande où ils ont pris leur information», affirme la grande vedette du hockey féminin.

La joueuse de Beauceville séjourne présentement en Suède, où elle participe au Championnat mondial disputé à Malmo. L'équipe canadienne, dont elle vient d'être nommée capitaine, dispute d'ailleurs son premier match contre les États-Unis, aujourd'hui.

«J'ai été tellement occupée, récemment, que je n'ai pas vraiment pris le temps de faire le bilan de ma carrière universitaire. J'ai réalisé qu'elle était terminée quelques jours après notre élimination [en quarts de finale du championnat national] et ça m'a frappée de plein fouet, surtout que ça n'a pas pris fin comme on l'espérait», confiait-elle au Soleil avant de s'envoler pour la Scandinavie en début de semaine.

Déjà élevée au rang de gloire nationale pour ses exploits aux Jeux de Vancouver (2010) et de Sotchi (2014), Marie-Philip Poulin est vite aussi devenue une icône avec les Terriers de l'Université de Boston. Sa contribution au programme ne se calcule pas en chiffres, mais plutôt en impact.

«Comme étudiante, je pense que BU était bien faite pour moi. J'y ai appris beaucoup, pas seulement comme joueuse, mais aussi comme personne. Le mariage du hockey avec les études m'a permis de grandir. J'y ai passé quatre très belles années, ç'a été formateur et me profitera toute la vie. Je n'aurais pas pu demander mieux», précise celle qui n'a jamais remis en question sa décision d'opter pour Boston au lieu de Wisconsin. Ironie du sort, c'est contre cette équipe qu'elle a joué son dernier match universitaire.

181 points en 112 matchs

Elle a bouclé sa carrière avec une production de 81 buts et de 100 passes en 112 matchs à l'intérieur de l'association de l'Est de la NCAA. Au fil de ses quatre saisons où les blessures ne l'ont pas épargnée, elle a notamment été nommée recrue de l'année et membre de la première équipe d'étoiles de la conférence; a reçu le titre de joueuse par excellence du mois à plusieurs reprises; a été élue meilleure attaquante défensive, etc. Pour couronner le tout, elle faisait partie des trois finalistes au prix Patty Kazmaier, trophée qui lui a échappé, samedi dernier au Minnesota, en marge du tournoi appelé «Frozen Four».

«Le hockey universitaire a changé ma vie. Même si on n'a pas gagné, mon passage à BU m'a permis de rencontrer des gens incroyables et de vivre de très belles expériences. Bon, ça n'a pas été la fin que l'on voulait, mais nous avons quand même connu une belle année et on peut être satisfaites du déroulement de notre saison», indique celle qui jouait pour la même institution que Jack Eichel, l'espoir américain qui sera l'un des deux premiers choix de la LNH avec Connor McDavid.

«L'un ou l'autre, je pense qu'ils ne peuvent pas se tromper», dit-elle à propos de ces joueurs d'exception, comme elle, d'ailleurs.

Car si Marie-Philip avait été plus égoïste, elle aurait pu réclamer des droits d'auteur sur le livre des records de la NCAA. Mais voilà, le pivot de la version féminine de la filière québécoise de BU complétée par Sarah Lefort et Kayla Tutino n'a jamais joué pour les statistiques, ni renoncé à son héritage beauceron. Son entraîneur-chef à BU, Brian Durocher l'a récemment comparée à Ron Francis, un auteur de plus de 1000 points dans la LNH aussi reconnu pour sa conscience défensive.

«Ça me vient de mes parents, ils m'ont toujours inculqué les bonnes valeurs de la vie. Je joue au hockey depuis l'âge de cinq ans, je sais qu'il s'agit d'un sport d'équipe. Peu importe le talent qui t'habite, c'est impossible de gagner toute seule et j'ai toujours gardé ça en tête. Le succès et les honneurs, c'est bien beau, mais je vais toujours jouer pour mon équipe et non pas pour moi.»

Sa nomination dans la toute première équipe d'étoiles de la NCAA ajoutait une autre fleur à son bouquet!

La Québécoise Marie-Philip Poulin a été élue joueuse... (Photo fournie par Boston University, Eric Canha) - image 2.0

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La Québécoise Marie-Philip Poulin a été élue joueuse la plus utile du match à la suite de la victoire de son équipe, les Terriers de l'Université de Boston, en championnat de conférence plus tôt ce mois-ci.

Photo fournie par Boston University, Eric Canha

Un avenir dans le hockey

À 23 ans, la meilleure joueuse de hockey au monde ne pourra pas gagner sa vie en pratiquant son sport. Que fera-t-elle? Où jouera-t-elle?

«Je devrai voir à mon avenir, c'est impossible de gagner sa vie avec le hockey féminin», admet Marie-Philip Poulin. «Il y aura des opportunités qui s'ouvriront. Je ne sais pas encore si je travaillerai dans mon domaine, j'aimerais peut-être faire du coaching.»

La Ligue canadienne est une option plausible, bien que les joueuses y évoluant ne sont pas rémunérées. On y compte cinq équipes, dont les Stars de Montréal. Mais sur son compte Twitter, l'entraîneur-chef de cette formation a indiqué que les Blades de Boston (un autre club de ce circuit) étaient une «très, très grande possibilité aussi».

Chose certaine, elle jouera encore au hockey. Lorsqu'on lui demande où elle sera dans 10 ans, Marie-Philip Poulin répond aussi vite qu'un lancer sur réception : «C'est une bonne question, mais je vis au jour le jour, alors je ne le sais pas du tout. Ma priorité, c'est d'aider l'équipe canadienne à remporter le Championnat mondial. Je participerai aussi aux Jeux olympiques de 2018 [Pyeongchang], et si mon corps me le permet, à ceux de 2022. Pour ce qui est de la Ligue canadienne, je n'appartiens pour l'instant à aucune équipe.»

Elle devra aussi s'adapter à un nouveau rythme de vie. Dorénavant, il lui sera difficile de sauter sur une patinoire tous les jours avec des coéquipières, la Ligue canadienne disputant ses matchs la fin de semaine et les équipes s'entraînant une ou deux fois par semaine. «Ça va être difficile de s'adapter à cela», convenait-elle.

Pour l'heure, elle enfile à nouveau l'uniforme de la sélection nationale avec le même enthousiasme qu'à Sotchi, où ses buts égalisateur et vainqueur (en prolongation) l'ont propulsée au firmament des étoiles. «J'avais raté la Coupe des 4 nations, en novembre, à cause d'une blessure, alors je suis excitée et contente de retrouver le groupe pour les Mondiaux. On veut reprendre notre titre perdu en 2013 [il n'y a pas eu de tournoi en 2014 à cause des Jeux]. L'équipe est pas mal différente qu'à Sotchi, des filles d'expérience sont parties, mais je pense que l'on peut connaître du succès.»

Les six choix de Marie-Philip Poulin

Un professeur: «Le docteur [John] McCarthy, qui m'a enseigné la psychologie de l'entraîneur. Quand je m'absentais en classe à cause du hockey, il prenait toujours le temps de m'accompagner dans mes travaux. Il m'a beaucoup aidée, il connaissait et acceptait ma situation.»

Une coéquipière: «Ai-je droit d'en nommer plus qu'une? Toutes les filles de BU me manqueront, même chose avec plusieurs qui ne sont pas avec l'équipe canadienne, actuellement, comme Catherine Ward, Jayna Hefford et Charline Labonté. Elles m'ont toutes aidée dans mon cheminement.»

Un aréna: «L'Agganis Arena, celui de l'Université de Boston. Ce n'était pas le plus beau de la NCAA, mais on s'y sentait comme chez soi.»

Un match: «Notre victoire contre Providence en prolongation en finale de l'association de l'Est, il y a deux ans. Il s'agit de mon plus beau moment sur la patinoire avec mon université.»

Un honneur: «Je n'ai pas remporté le prix Patty Kazmaier [meilleure joueuse de la NCAA], samedi dernier, mais de recevoir un paquet de messages de la part de mes coéquipières qui disaient avoir été choyées de jouer avec moi, ça m'a fait autant plaisir que si je l'avais mérité, sinon plus.»

Un regret: «Tout ce qui me manque, c'est de ne pas avoir gagné le championnat national universitaire américain. On est quand même sorties de notre division, cette saison, alors que peu de personne nous en pensait capable. Mais c'est la vie, on ne peut pas tout avoir...»

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