Samuel Morin: la quête d'un «honnête travailleur»

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Samuel Morin pose avec les trophées qu'il a amassés au fil des ans, dont ses médailles d'or remportées au dernier Mondial junior et au Mondial U18 il y a deux ans.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) N'eût été un déménagement, c'est peut-être dans les pentes de ski que Samuel Morin épaterait aujourd'hui la galerie avec ses qualités athlétiques. Rien d'étonnant pour le défenseur format géant de l'Océanic de Rimouski qui, avant de se décrire comme un joueur de hockey, se considère comme un athlète accompli.

Né à Lac-Beauport de parents privilégiant la pratique du sport, Samuel Morin a été initié très tôt au ski alpin. À peine âgé de trois ans, il dévalait les pentes du Relais. Mais ses exploits sur planches n'ont pas duré. Un an plus tard, la famille s'établissait dans le bastion maternel de Saint-Isidore, sur la Rive-Sud de Québec.

Pendant que ses parents Pascal Morin et Sylvie Larose trimaient de longues heures à mettre sur pied leur entreprise de traiteur, le petit Samuel, lui, s'occupait par le sport. «Sauf qu'à Saint-Isidore, il n'y avait pas de montagne! Mon cousin Mathieu [Fournier], qui a le même âge que moi, a commencé à jouer au hockey. J'ai commencé à cause de lui», raconte Morin, qui a une soeur cadette, Amélie, 17 ans.

La plupart du temps, c'est grand-papa Marcel et tante Brigitte, ou encore les papas de coéquipiers, qui voyageaient les deux garçons à l'aréna, au terrain de soccer ou de baseball. «Dans la famille, tous les gars jouent au hockey, sans exception. Même grand-papa aime ça! Nous, mon mari et moi, on est sportifs sans avoir performé, mais on tripe au bout! Quand Samuel était petit, on l'inscrivait dans tous les camps possibles! On remplissait l'auto et on partait! C'était cool!» lance la mère de Samuel, Sylvie.

Du hockey même l'été!

De toutes ces expérimentations sportives, c'est celle du hockey qui aura été la plus durable et est devenue la plus sérieuse. «C'est le sport, qui m'a collé le plus. Je pense que c'était dans ça que j'étais le meilleur. C'est aussi le sport qui avait la plus longue saison. Même l'été, je jouais au hockey! Notre sous-sol est tout défait!» explique le numéro 55, au sujet de l'actuelle résidence de Saint-Henri, située à quelques centaines de mètres du commerce familial.

Après le novice A, il y a eu les Sénateurs de Bellechasse chez les atomes BB. La progression s'est poursuivie avec le pee-wee AA, puis le bantam AA. À travers, le jeune homme multipliait les camps de hockey, dont ceux de l'École de hockey de la capitale, où, malgré la proximité de la maison, il optait pour la résidence.

«On allait le voir à tous les soirs, mais il ne voulait pas nous voir. Il aimait mieux être avec le groupe. Il faisait la vie de hockey. Il apprenait beaucoup, parce qu'il s'immergeait dans cet univers-là. Et plus ça allait, plus il trouvait ça le fun, cette discipline-là», se souvient Sylvie Larose.

À 12 ans, une participation au célèbre camp de patinage de puissance du juge de ligne de la LNH Jonny Murray, à Tampa Bay, allait confirmer ce que Samuel Morin savait déjà : il serait joueur de hockey. 

«C'est là que j'ai eu la piqûre. J'étais en pension. On avait trois pratiques par jour. Je ne parlais pas un mot d'anglais. Mais je n'ai jamais eu peur de voyager. M'adapter, ça n'a jamais été quelque chose de difficile pour moi. J'étais chez une famille tchèque, les Huminger. Encore aujourd'hui, ce sont des amis sur Facebook», indique Morin.

Le défenseur a, par la suite, fait le saut dans le midget AAA, avec les Commandeurs de Lévis. Une belle surprise, pour le joueur affilié midget espoir. 

«J'ai eu un début de saison midget AAA incroyable. Je ne faisais pas tant de points que ça, mais ça allait bien. Je me suis fait inviter par Team Québec pour les Jeux du Canada. Tout d'un coup, je me voyais avec tous ces gars-là, les [Anthony] Duclair, [Jonathan] Drouin et [Anthony] DeLuca, c'était spécial. Moi, je n'avais jamais été dans ce système-là», a-t-il noté.

C'est à cette époque que Morin a développé son identité plus robuste et défensive, qui l'a fait remarquer. «Je me suis mis à croire que j'étais parmi les meilleurs défenseurs au Québec. C'était un déclic. Ensuite, mon nom s'est retrouvé sur les listes de la Centrale de recrutement de la LNH et puis Philippe Boucher m'a repêché dans le junior.»

L'ancien directeur général de l'Océanic de Rimouski avait une longueur d'avance sur ses homologues, puisqu'il connaissait Morin depuis l'enfance. Ce dernier donnait un coup de pouce à ses parents lorsqu'ils agissaient comme traiteurs au tournoi de golf de La Fondation Philippe Boucher.

«J'étais le petit gars qui le regardait et qui était impressionné. Plus tard, il m'a vu jouer au hockey et il a réalisé que j'étais le même petit gars qui le servait à son tournoi de golf. Quand il m'a repêché, il savait déjà très bien qui j'étais», a-t-il expliqué au sujet de celui qui l'a réclamé en première ronde (septième au total), en 2011.

Meilleur d'année en année

Depuis, Morin fait la pluie et le beau temps à la ligne bleue rimouskoise. Son grand gabarit - il fait 6'7" et 225 livres - et son style de jeu physique n'ont pas échappé aux Flyers de Philadelphie, qui ont fait de cet «honnête travailleur» leur choix de première ronde (11e au total), en 2013.

«À chaque année, je pense que j'ai élevé mon niveau de jeu. C'est ce que les Flyers aiment de moi. À chaque année, je m'améliore. Ç'a tout le temps été de même, dans le pee-wee, le bantam, le midget, le junior...»

Et dans la LNH. À son deuxième camp professionnel avec l'équipe à l'automne 2014, il a si bien fait qu'il a été le dernier défenseur retranché par les Flyers. «Ils ont pris la bonne décision, de me retourner dans le junior. Je me voyais avec les Flyers. J'étais capable de jouer avec ces gars-là, mais le dg Ron Hextall a la philosophie de prendre son temps avec les espoirs.»

Son retour dans la LHJMQ aura permis à Samuel Morin de participer, dans un rôle limité, au dernier Mondial junior, où il a remporté l'or avec Équipe Canada. La médaille, identique à celle gagnée avec Équipe Canada U18 il y a deux ans, occupe une place de choix dans sa collection.

«Tu ne peux pas chialer sur ton temps de glace quand tu as gagné l'or. J'ai compris mon rôle et je me suis dit que j'allais être un bon coéquipier dans cette équipe-là», a indiqué Morin, qui avait fait la sélection de justesse après avoir subi une fracture de la mâchoire en début de saison à Rimouski.

Possédant une feuille de route déjà bien garnie, le défenseur espère maintenant ajouter des titres de champions du trophée Jean-Rougeau, de la Coupe du président et de la Coupe Memorial avec l'Océanic à son palmarès, cette saison. «Je pense que si on joue en équipe, on est confiants de pouvoir faire cela. Québec, sur papier, a une très bonne équipe. Mais je pense que ça se joue sur la glace.»

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 Samuel Morin

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Les pieds dans les plats

Reconnu pour son jeu robuste, Samuel Morin s'est mis quelques fois dans le pétrin avec son caractère bouillant, notamment lorsque, par frustration, il a expédié un bâton dans les gradins à la fin d'un match, la saison dernière. Un geste qui aurait pu avoir des conséquences graves et qui a été réprimandé par l'entraîneur-chef Serge Beausoleil.

«J'en ai plein d'histoires comme ça!» lance le défenseur de l'Océanic de Rimouski. «Je reconnais que ça n'a pas été un bon geste. Mais c'est fou ce qui peut se passer quand tu es sous le coup de l'émotion! Je ne pense pas que ça reflète qui je suis. [...] Mais tu apprends de ces choses-là et tu passes à autre chose», a assuré celui qui se dit «une bonne personne».

Ce geste regrettable, Morin l'avait commis sous les yeux du responsable du développement des défenseurs chez les Flyers, Kjell Samuelsson, qui n'en avait pas fait de cas. Pas plus que le dg Ron Hextall, qui, après l'excellent camp de Morin cet automne, l'avait cédé à l'Océanic en l'incitant à ne pas changer son style de jeu.

«Ron Hextall, je pense qu'il en a fait, des affaires, lui aussi! [...] Il m'avait dit de garder mon jeu simple. Il ne voulait pas que je fasse un point par match. Il voulait que je joue ma game physique, comme je l'ai fait à Philadelphie. Tout ce qu'il avait ajouté, c'est qu'il ne voulait pas de bâton dans les estrades!» a-t-il lancé.

Dans la tempête, Morin était demeuré imperturbable, se pliant aux exigences de l'Océanic, dont des excuses publiques très médiatisées. Il n'a pas fait de vagues non plus lorsque, bien malgré lui, il s'est retrouvé au centre d'une autre controverse aux Fêtes, quand le médaillé olympique Alexandre Bilodeau diffusait un égoportrait pris dans le vestiaire d'Équipe Canada Junior, où l'on voyait, à l'arrière-plan, un Samuel Morin nu comme un ver! 

«J'ai gardé une bonne attitude dans tout ce qui s'est passé, dans l'adversité et dans les erreurs que j'ai commises. J'ai fait des erreurs, mais je pense que je me suis tout le temps repris.»

Année de misère

Si Samuel Morin a connu un début de parcours sans anicroche dans le hockey, on ne peut pas en dire autant de son stage bantam AA! Blessé lors d'une mise en échec à sa première saison, il avait joué pendant un mois avec une fracture du dos, avant que les médecins ne découvrent la source de son mal. Résultat? Deux mois d'immobilisation dans un corset! Après son retour au jeu, le défenseur s'est, comble de malchance, cassé le bras en jouant au soccer dans le gymnase de son école. Autre pause de trois semaines! Comme si ce n'était pas suffisant, il s'infligeait une contusion au coude pendant le tournoi de fin de saison de l'équipe!

À travers tout ça, il n'était pas rare que son coeur s'emballe sur la patinoire. Un phénomène que ses parents attribuaient au stress. Le problème était devenu si envahissant que les Morin, à la suggestion du Dr Sylvain Boutet, père de son coéquipier Jasmin, avait décidé de consulter. On lui a finalement diagnostiqué une tachycardie, qui a nécessité une opération. «Ç'a changé ma vie! Depuis, je n'ai jamais plus eu ça!»

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