Monique Parent, une enfant du PEPS

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Native de Limoilou ayant grandi à Lauzon, sur la Rive-Sud, Monique Parent arpente les couloirs du PEPS depuis 1971.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Un grand chapitre de l'histoire sportive de l'Université Laval se termine cette fin de semaine avec la retraite de l'entraîneure Linda Marquis, chef du basketball féminin. Un autre départ passe toutefois inaperçu. Adjointe de Marquis, Monique Parent mettra sans doute fin à près de 40 ans de présence quotidienne au PEPS. Un endroit qu'elle a habité à plusieurs adresses : joueuse, coach, relationniste, surintendante et même patronne des clubs Rouge et Or.

«C'est comme chez nous, ici. J'ai un peu été élevée ici. Je fais partie des meubles!» lance Monique Parent de son rire sonore, dont les échos connaissent tous les recoins du Pavillon de l'éducation physique et des sports (PEPS). Même la nouvelle section inaugurée il y a un an et demi.

«Je n'ai rien annoncé encore. Je veux vraiment attendre que la saison finisse», insiste le petit bout de femme de 63 ans, derrière ses lunettes rougeâtres. «Mais je ne pense pas que je vais continuer. J'aurai donné pas mal», ajoute-t-elle dans la même phrase.

Elle se plaît dans l'ombre. Seconde sur le banc, départ en douce. Pas vraiment timide. Plus discrète. «J'ai toujours considéré que j'avais le beau rôle, comme adjointe. Le gros des responsabilités étant entre les mains de Linda, tandis que moi, j'ai plus un rôle de conseillère. Mais on partage les mêmes valeurs.»

Parent et Marquis sont plus que des collègues. De très grandes amies. Elles ont même été colocataires quelques années, à la fin des années 80. C'est à ce moment qu'une jeune Marquis en poste depuis quelques années a demandé un coup de pouce à Parent. Qui avait elle-même dirigé le basket féminin du Rouge et Or durant trois saisons, de 1977 à 1980. Marquis s'avérait l'une de ses meilleures joueuses! Parent était alors la jeune entraîneure à peine plus âgée que ses joueuses, quoique pas une verte recrue.

Du plaisir au patro

Native de Limoilou ayant grandi à Lauzon, sur la Rive-Sud, l'avant-dernière de six enfants a appris son basket au Patro de Lévis. «Les compétitions interpatros, c'était quelque chose! se rappelle-t-elle avec plaisir

«Mais on avait tout à apprendre. Quand je suis arrivée ici, je ne connaissais pas ça, de la défensive homme à homme. Au patro, on jouait du zone et moi, je jouais défense», se souvient celle qui arpente les couloirs du PEPS depuis 1971, à peine un an après l'ouverture du complexe sportif de l'UL.

Elle disputera cinq saisons comme arrière et meneuse de jeu du Rouge et Or. Cinq années où elle exprimera aussi son talent en athlétisme et au racquetball. Nommée deux fois athlète féminine de l'année à l'université. Elle gravira ensuite les échelons en racquetball jusqu'à devenir vice-championne du monde en double (lire l'autre texte). 

Après avoir joué au basket pour le Rouge et Or, elle sera d'abord entraîneure adjointe avec Michel Boivin, avant de prendre les rênes de l'équipe. «Ce n'était pas du tout le même rythme qu'aujourd'hui», insiste-t-elle.

Enseignante en éducation physique chez les Pères missionnaires du Sacré-Coeur, de nos jours l'école secondaire François-Bourrin, elle faisait la navette entre Beauport et Sainte-Foy pour trois entraînements par semaine plus les matchs. «Le calendrier n'était pas aussi chargé, dans ce temps-là. Ce n'était pas du tout le même investissement» que pour ses homologues des années 2000.

Si ça se trouve, elle passe plus de temps avec les joueuses à titre d'adjointe désormais qu'elle le faisait à l'époque où elle portait le titre d'entraîneure-chef. C'est maintenant deux heures d'entraînement quotidien - «Je suis ici quatre heures par jour», calcule-t-elle -, plus les matchs, les voyages, les activités de financement.

«Mais j'adore ça! Je ne me fais pas du tout prier. Je me sens bien, ici», confie celle qui a travaillé comme professionnelle pour l'Université Laval durant une vingtaine d'années. D'abord comme attachée à l'information pour tous les clubs Rouge et Or, puis coordonnatrice aux infrastructures du Service des activités sportives. Retraitée depuis mai 2007, elle a même été responsable des programmes sportifs d'excellence au milieu des années 90, les débuts du football, un remplacement d'un an. 

«Je suis toujours restée proche du conseil d'administration du basket. Je naviguais là-dedans avec beaucoup de plaisir et même après ma retraite, j'ai gardé un contact privilégié en continuant à coacher. Ça m'a tenue pas mal occupée, mais même si ça n'a pas toujours été facile, je n'ai jamais été prête à laisser tomber le basket.»

«C'est juste un jeu!»

Le présent changement de garde la convaincra toutefois de tirer sa révérence au bout de 34 années de services cumulées autour du ballon orange sur une période de 44 ans. Patience et passion résument sa vocation.

Avec celui qui s'y tient jusqu'à dimanche, elle aura vu quatre championnats canadiens de basketball féminin universitaire passer entre les murs du PEPS, anciens ou nouveaux. Les joueuses sont meilleures qu'avant, constate Parent, plus entraînées et depuis plus longtemps.

«Mais on dirait que parfois, la notion de plaisir est moins présente. Elles se mettent des objectifs difficiles au lieu de juste être contentes d'être là et de partager avec les autres. Parce qu'au fond, c'est juste un jeu!» conclut la sage.

En 1980, Monique Parent a laissé tomber ses... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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En 1980, Monique Parent a laissé tomber ses emplois d'enseignante et d'entraîneure-chef du Rouge et Or pour devenir professionnelle de racquetball.

Photothèque Le Soleil

Pro et vice-championne du monde

Près de 40 ans dans l'univers du basketball sans jamais y gagner sa vie. C'est pourtant ce que le racquetball a permis à Monique Parent (photo) de faire durant cinq ans. En 1980, elle a laissé tomber ses emplois d'enseignante et d'entraîneure-chef du Rouge et Or pour devenir professionnelle de racquetball.

«J'avais gagné deux championnats canadiens de racquetball [1975 et 1977] et j'étais championne provinciale depuis plusieurs années. Puis s'est construit le Club Entrain avec ses 16 courts et ils m'ont approchée pour devenir pro. Je n'ai pas hésité longtemps!» s'exclame celle qui abordait alors la trentaine. «Même si mon salaire n'augmentait pas, ça me permettait de continuer à faire de la compétition. J'avais le meilleur des deux mondes. Ce n'était pas une question d'argent, mais de plaisir», insiste-t-elle.

Un plaisir auquel elle excellait, ce qui l'a entre autres menée au Championnat du monde de racquetball en 1984, à Sacramento. Parent et Suzanne Robert ont alors remporté la médaille d'argent en double, ce qui leur a ensuite valu le titre d'équipe de l'année au gala de l'Athlète de la région de Québec, cette année-là.

Elle a de plus été entraîneure de l'équipe canadienne senior durant trois ans, 1985, 1986 et 1987, en plus de diriger les juniors québécois de 1982 à 1986.

Le basket dans un creux de vague

Même si elle quittait le banc, Monique Parent n'abandonnera pas le club de basketball du Rouge et Or pour autant. On ne brise pas un si joli couple. Celle qui a été joueuse, pilote, patronne et adjointe a encore à coeur les succès du programme.

Le récent creux de vague la turlupine. «Il y a eu une période où on avait des bonnes foules, il y avait un engouement. Mais on dirait que ça prend une équipe qui gagne. Si l'équipe de football ne gagnait pas, je ne sais pas s'il y aurait autant de monde», se questionne la coach, rappelant les campagnes fastes du début des années 2000.

Les filles n'avaient subi qu'une défaite en saison régulière quatre années sur cinq, ramenant une médaille du championnat canadien à trois reprises. L'équipe des gars aussi était forte. «On a eu ce succès-là, mais les trois ou quatre dernières années, c'est plus difficile.»

En 2012, les joueuses de l'UL n'ont pas participé aux éliminatoires pour la seule fois en 30 ans sous l'égide de l'entraîneure-chef Linda Marquis. «C'est peut-être plus difficile au plan du recrutement», concède Parent. «C'est le nerf de la guerre et la compétition est de plus en plus féroce.»

L'argent y joue pour une bonne part. Elles voudraient plus de matchs dans des tournois plus relevés. Mais avec 30 000 $ en budget de compétition pour la saison, les options s'avèrent limitées. 

«Ce serait l'fun d'aller à ce tournoi-là, il y a cette équipe-là, cette équipe-là... mais c'est à Calgary. On est allé plusieurs années, à Calgary, mais on n'est plus capable!» illustre-t-elle.

Les membres du conseil d'administration rivalisent d'ingéniosité pour mieux garnir la caisse. Parent a enrôlé ses deux neveux, le président du C.A. Sylvain Parent-Bédard et son demi-frère François Lapointe. Ils sont président et directeur de QuébéComm, entreprise entre autres productrice du Grand Rire et de grands spectacles.

Elle déplore au passage le manque de sentiment d'appartenance sur le campus et la rareté des étudiants dans les gradins du PEPS. Elle peut se consoler en pensant que si l'auditoire local du Rouge et Or basket est composé à 42 % d'étudiants, ils sont 33 % au volley et 22 % au foot.

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