Volleyball: impact chilien au filet du Rouge et Or

Vicente Parraguirre a mené la conférence québécoise pour... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Vicente Parraguirre a mené la conférence québécoise pour le nombre d'attaques et pour la moyenne par set, ce qui lui a valu les titres de joueur de l'année et de recrue par excellence au Québec.

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(Québec) À sa première saison, il est déjà l'un des joueurs d'impact du club de volleyball Rouge et Or de l'Université Laval. Débarqué du Chili le 24 août, l'attaquant-réceptionneur et étudiant en administration de 20 ans Vicente Parraguirre ne s'impose pas seulement au filet, il s'est aussi adapté à la vie québécoise avec éclat.

Le rendez-vous avait lieu dans un petit local près du bureau de l'entraîneur Pascal Clément, qui s'affaire aux présentations d'usage et nous laisse en tête à tête avec le Chilien Vicente Parraguirre. Pendant 45 minutes, celui qui ne maîtrisait pas un mot de français à son arrivée à Québec insistera pour répondre à toutes nos questions dans la langue de Molière.

«Au début, j'avais beau essayer, mais je ne comprenais rien du tout. J'ai réalisé que le français écrit était vraiment différent que le français parlé. Depuis le mois de novembre, je comprends tout. Pour moi, ç'a été difficile parce que je suis une personne timide», dit en souriant le joueur de 20 ans, dont la formation dispute la finale québécoise aux Carabins de Montréal, en fin de semaine. Le deuxième match a lieu à l'amphithéâtre du PEPS, ce soir (20h).

Le numéro 5 parlait déjà espagnol, sa langue natale, mais aussi anglais et un peu allemand, pour avoir pris des cours à l'école et effectué un voyage étudiant de deux mois là-bas. Ici, il a profité de l'École des langues de l'Université Laval pour développer sa maîtrise du français.

«En décembre, j'ai passé trois jours avec la famille de la copine québécoise de notre entraîneur adjoint où ça ne parlait que le français et tout a débloqué», raconte l'étudiant en administration des affaires. «Au début, on me parlait en anglais dans l'équipe, mais tout se passe en français depuis, même si mes structures grammaticales se limitent au présent, au passé composé et au futur proche.»

En mesure de discuter et d'échanger avec ses coéquipiers, le natif de Santiago - la capitale du Chili - avait déjà réussi à se faire entendre sur le terrain, où il laissait parler sa puissance. Il a mené la conférence québécoise autant pour le nombre d'attaques (248) que la moyenne par set (4,35), ce qui lui a valu les titres de joueur de l'année et de recrue par excellence au Québec.

Sa présence à l'UL s'explique par celle de son compatriote Daniel Cuzmar Grimalt, adjoint à l'entraîneur. À la recherche d'un joueur en position 4, Clément lui avait demandé s'il ne connaissait pas quelqu'un au Chili intéressé à jouer au Canada tout en y poursuivant ses études. Justement, Grimalt avait un nom en tête.

«Pascal a regardé mes statistiques dans une victoire contre le Canada aux Universiades 2013, où j'avais vraiment bien joué [23 attaques marquantes]. Pour moi, c'était une belle occasion de pouvoir étudier et pratiquer le volleyball à un haut niveau. Apprendre le français m'intéressait aussi, mais je me donnais un an avant de m'engager à long terme. Maintenant, je veux terminer mon cours universitaire ici», confirmait celui qui a fréquenté l'Université pontificale catholique du Chili (la meilleure du pays, selon lui), à Santiago, pendant un an et demi avant de s'amener à Québec.

joueur de concession

Ici, le coût de la vie est plus élevé que là-bas, mais les frais de scolarité y sont aussi moins chers. «Alors, ça compense», dit le Chilien de 6'4", fils d'un ingénieur en informatique et d'une enseignante en éducation physique et coach de volleyball.

Au Chili, le volley n'est pas un sport majeur, comme le soccer et le tennis. Parraguirre a pratiqué l'athlétisme (javelot et 110 mètres haies) avant de marcher dans les traces de son frère aîné Matias, un ancien membre de l'équipe nationale. Vicente en fait partie depuis 2009, d'abord avec les moins de 17 ans, ensuite avec la sélection principale. Il revendique une médaille d'argent aux Jeux sud-américains de 2014 et une cinquième place au championnat des clubs de la même zone.

«Ce que j'ai gagné au volleyball, il n'y aurait pas de prix pour me l'acheter. Si je devais revenir en 2009, je referais la même chose. Je vis une expérience incroyable à Québec, et en plus, je pratique un sport d'équipe», ajoutait celui qui a été qualifié de joueur de concession par son entraîneur québécois, Pascal Clément.

«Vicho» en trois sets

Un nom

Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos, voilà un nom difficile à retenir. Le principal intéressé vous donne un truc : n'utilisez que Vicente Parraguirre. «Parraguirre est le nom de famille de mon père, Villalobos est celui de ma mère, et même s'il est important, ce n'est pas nécessaire de l'utiliser. Pour ce qui est du deuxième prénom [Ignacio], bof!, je ne l'aime pas beaucoup de toute manière et j'ai toujours été identifié comme étant Vicente Parraguirre», dit en riant celui qui a aussi été surpris qu'on l'interpelle par son surnom «Vicho», qu'il pensait réservé seulement à sa famille immédiate et amis intimes avant son arrivée au Canada.

Un pays

«Je veux retourner vivre au Chili, y fonder une famille. Il y a de la pauvreté, certes, mais il s'agit peut-être du pays sud-américain qui va le mieux au niveau économique. Même s'il n'y a pas de neige à Santiago l'hiver, nous avons les quatre saisons. C'est un long pays sur la côte du Pacifique, où il fait toujours chaud au Nord et très froid au Sud parce qu'on est proche de l'Antarctique.» Il trouve l'hiver québécois «moins pire que je pensais; il suffit d'avoir un bon manteau, des bottes, d'être bien habillé...»

Un rêve

«L'objectif de tout sportif est de participer aux Jeux olympiques. En Amérique du Sud, il est difficile de battre des puissances comme le Brésil et l'Argentine, mais nous avons effectué un virage jeunesse et entrepris un processus pour nous y mener. Je ne sais pas si on pourra aller à Rio de Janeiro [2016], mais on peut aussi viser les Jeux de 2020 et 2024», dit celui dont l'équipe nationale a pris le 12e rang aux Jeux mondiaux universitaires de 2013. Son frère aînéa aussi joué pour le Chili.

Le volley jusqu'au bout des doigts

Avant d'être converti en attaquant-réceptionneur par un entraîneur argentin toujours en poste à la tête de l'équipe nationale du Chili, Vicente Parraguirre avait fait ses débuts comme passeur en raison d'un atout majeur : la grandeur de ses mains! Explications, preuve à l'appui...

«Ma caractéristique personnelle, c'est d'avoir de très grandes mains. Lors d'un match international en Argentine, un commentateur de la télévision locale avait déjà demandé à son caméraman d'effectuer un zoom sur mes mains, tout le monde le savait», raconte en souriant le joueur du Rouge et Or, qui possède une force de frappe indéniable.

Plus tard, on l'a muté dans le rôle de libéro (spécialiste de la défensive) à l'entraînement avec l'équipe nationale, tandis qu'il agissait comme attaquant avec la sélection chilienne des moins de 17 ans, où ses coups d'éclat ont convaincu le stratège de lui confier la mission de tuer le ballon au niveau le plus élevé.

Des chiffres à la hauteur

À 1,85 mètres (6'4"), Parraguirre n'est pas le plus grand de sa profession. Mais ses chiffres sont à la hauteur de son potentiel. Il a mené le Québec pour les points, qui s'accumulent lorsqu'on met fin à un jeu avec une attaque, un contre, un as. Il ne serait pas impossible de le voir emprunter la route du volleyball professionnel à la fin de son cours universitaire.

«Je pense que c'est accessible. Il y a des clubs pros au Brésil et en Argentine, il y a l'Europe qui pourrait aussi être possible. Ce ne sont pas tous les joueurs chiliens qui peuvent aspirer à une carrière professionnelle, mais je pense qu'on a réussi à changer l'opinion de plusieurs pays. Aujourd'hui, le volleyball chilien est bien différent de celui d'il y a sept ans», souligne celui qui profiterait aussi des nombreuses relations de Pascal Clément et son adjoint, Gino Brousseau, qui a connu la gloire sur les terrains de la France et du Japon.

Sa venue à l'UL lui a permis de découvrir un milieu où les installations sont plus imposantes et modernes que dans son pays, «l'équipe nationale n'ayant pas un endroit comme ici pour s'entraîner.»

A-t-il l'impression que son aventure québécoise changera sa vie?

«Elle est déjà un peu différente de celle que j'avais chez moi, mais j'espère que ça ne la changera pas trop parce que j'aimais beaucoup la vie que j'avais au Chili.»

Le Rouge et Or aux commandes

Le Rouge et Or a pris les commandes de la série finale québécoise de volleyball universitaire masculin, hier soir, à Québec. Les joueurs de Pascal Clément ont défait les Carabins de Montréal 3-1 (25-19, 25-22, 23-25 et 25-19). Les gars de l'Université Laval s'approchent à une victoire d'un 10e titre de champions de conférence consécutif et surtout d'une participation au championnat canadien. Joueur par excellence et recrue de l'année au Québec, le Chilien Vicente Parraguirre a encore mené l'attaque du Rouge et Or avec 18 frappes payantes.

Dans le circuit féminin, on a aussi droit à une finale Laval-Montréal. Mais la dynamique a été tout autre, dans la métropole, alors que les Carabins ont dominé les visiteuses 3-0 (25-11, 25-19 et 25-15). Les deux meilleures éléments offensifs du Rouge et Or n'ont obtenu que cinq attaques marquantes chacune. Notons toutefois qu'ici, les deux équipes sont assurées d'une participation au championnat canadien. Hommes et femmes ont rendez-vous à nouveau ce soir, à l'Université Laval, pour la deuxième tranche d'un deux de trois. Olivier Bossé

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