Fucale: le gardien du bonheur

Choix de deuxième ronde du Canadien en 2013,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Choix de deuxième ronde du Canadien en 2013, Zachary Fucale est heureux d'appartenir à son club préféré depuis l'enfance. Toutefois, il est conscient qu'il lui reste beaucoup de travail avant d'enfiler un chandail tricolore.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Parfois, je me demande si tout ce qui m'arrive est vraiment réel!» Zachary Fucale n'a pas besoin de se pincer pour y croire, son histoire n'a rien d'une fiction. Déjà bien garni, son tableau de chasse possède encore quelques espaces libres, et bien qu'il ait déjà tout gagné dans le hockey junior, la victoire est encore ce qui allume le plus le nouveau gardien de but des Remparts de Québec.

Mardi, jour de première. Les médias sont plus nombreux qu'à l'habitude à la porte du vestiaire des Remparts. Avec raison, puisque le gardien Zachary Fucale y débarque pour la première fois depuis son acquisition «officialisée» dès l'ouverture de la période des transactions de la LHJMQ, le 19 décembre.

Rencontre avec ses coéquipiers, séance d'entraînement, point de presse, entrevues personnalisées et prises de photos, la journée sera à l'image du reste de la semaine : occupée. Mais cela ne semble guère importuner le numéro 31.

«L'attention médiatique fait partie du jeu, je n'ai pas de contrôle à ce niveau. Tout ce que je peux faire, c'est de répondre à vos questions, être facile d'approche, et comme toujours, avoir le sourire. Je ne sais pas si ça vient naturellement, mais on apprend à négocier avec cela au fil du temps. Je ressemble à mes parents de ce côté-là, nous sommes des gens sociables», confie au Soleil ce gardien du bonheur.

À 19 ans, le jeune homme a déjà beaucoup d'expérience dans ce domaine. Affable, il enchaîne les mots avec facilité, comme il aligne les victoires sur la patinoire. Sa recette est simple : il prend le temps d'avoir du plaisir dans tout ce qu'il fait.

«Ce qui a toujours importé, c'était de m'amuser le plus possible. Ça explique pourquoi je parle beaucoup, j'ai toujours du fun sur la glace, c'est un endroit où je me sens vraiment bien. J'ai déjà essayé d'être plus isolé, mais ça ne fonctionnait pas. Il n'y a pas de formule magique pour un gardien, tout est une affaire d'essais et d'erreurs, mais dans mon cas, j'ai besoin de parler et d'avoir du plaisir pour bien jouer, ça me calme. L'information vient de partout, aujourd'hui, il faut faire confiance à sa propre recette.»

De toute évidence, il n'a pas le profil du gardien solitaire, enfermé dans sa bulle, concentré au point d'oublier tout ce qui l'entoure. «Je suis quand même un peu bizarre, tu demanderas à [Anthony] Duclair, il va te répondre...», dit-il en riant à propos de son nouveau coéquipier qui rivalisait déjà contre lui dans le midget AAA.

Des racines jusqu'en Sicile

Deuxième de trois enfants - il a deux soeurs-, Zachary Fucale est né à Rosemère dans une famille aux origines paternelles italiennes remontant jusqu'en Sicile à l'intérieur de laquelle on jase tantôt en français, tantôt en anglais. S'il n'a pas participé au Tournoi pee-wee avec les Seigneurs de Mille-Îles, ni à la Coupe Telus (midget AAA) à Saint-Eustache avec ses coéquipiers des Remparts Marc-Olivier Roy et Guillaume Gauthier, ses rivaux ne perdaient rien pour attendre.

Il allait se reprendre avec les Mooseheads de Halifax, qui en ont fait le 11e choix au repêchage d'une première ronde fort relevée en 2011 incluant, notamment, des sélections comme Nathan MacKinnon (1er), Jonathan Drouin (2e) et Matt Murphy (5e), trois joueurs ayant remporté avec lui la Coupe du président et la Coupe Memorial, en 2013. Murphy a d'ailleurs été obtenu par les Remparts dans le même échange ayant coûté, entre autres, des choix de première ronde en 2016 et 2018.

Ce n'était que le prélude d'une montée vers les sommets. Quelques mois plus tard, il était réclamé en deuxième ronde par le Canadien de Montréal et il a porté les couleurs de l'équipe canadienne junior deux fois de suite, remportant récemment la médaille d'or.

«Une carrière junior, ça passe vite, il faut en profiter. Juste la semaine dernière, j'étais à Toronto et j'ai encore de la misère à croire ce qui est arrivé. Je réalise à quel point je suis privilégié. Je suis chanceux d'avoir un tel parcours, c'est toute une aventure!»

Affable, Zachary Fucale enchaîne les mots avec facilité,... (Photo Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

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Affable, Zachary Fucale enchaîne les mots avec facilité, comme il aligne les victoires sur la patinoire. 

Photo Le Soleil, Caroline Grégoire

Un projet d'avenir à développer au quotidien

Jusqu'à présent, personne n'a barré la route de Zachary Fucale. L'idée d'être le gardien d'avenir d'une équipe de la LNH misant déjà sur l'un des meilleurs de la profession ne lui effleure même pas l'esprit. Chaque chose en son temps.

Quand le Canadien l'a repêché en deuxième ronde (36e), en 2013, Carey Price venait à peine de signer un contrat de six ans à Montréal. Ne pensez pas que cela inquiète le nouvel homme masqué des Remparts!

«Ce serait une perte d'énergie que de me projeter dans l'avenir. Je ne veux pas m'aventurer là-dedans parce qu'il se peut que les choses n'arrivent pas comme je me l'imagine. Mon but ultime est de jouer dans la LNH, mais j'ai encore beaucoup de travail à faire et d'expériences à vivre. Tout ce qui compte, c'est de continuer à progresser pour atteindre mon objectif», répondait-il sans voir plus loin que la présente saison.

Fucale s'emballe néanmoins à l'idée d'appartenir à la grande famille du Canadien, son club préféré depuis l'enfance. Quelques mois après sa sélection, le directeur général Marc Bergevin lui consentait un contrat de trois ans.

«Je suis allé voir le Canadien tellement souvent, j'ai réalisé un rêve en étant repêché par Montréal. Mais ce n'était qu'une étape, je ne suis même pas encore avec le Canadien et il me reste beaucoup d'ouvrage à faire pour y parvenir. Je suis heureux d'appartenir à l'organisation, ça me motive de faire partie de l'équipe un jour.»

Les séries, un gros défi

Pour l'heure, la seule certitude est qu'il participera à son deuxième championnat canadien de hockey junior en trois ans, sa première présence s'étant soldée par la conquête de la Coupe Memorial.

«Tout ce qu'il y a de certain, c'est que le tournoi [de la Coupe Memorial] a lieu à Québec. Pour le reste, je vois les choses au jour le jour, à commencer par connaître un bon premier match dans mon nouvel uniforme», disait-il au moment de l'entrevue, la veille de sa rentrée qui se passait au Colisée Pepsi, mercredi.

Si la médaille d'or du Mondial Junior et la Coupe Memorial n'ont pas de prix à ses yeux, l'obtention de la Coupe du président, en 2013, possède aussi une grande valeur sentimentale. «On ne se le cachera pas: il n'y a rien de mieux que de remporter la Coupe du président. Les séries éliminatoires sont très importantes dans la LHJMQ, on y affronte beaucoup d'adversité et ça représente un très gros défi. On espère les gagner, cette année, ce qui nous donnerait l'erre d'aller pour la Coupe Memorial.»

Inoubliable épopée

En 2013, une équipe remplie de jeunes hockeyeurs à l'avenir prometteur a tout renversé sur son passage pour remporter la Coupe Memorial. Un an plus tôt, ces adolescents avaient atteint la demi-finale de la LHJMQ en comblant un déficit de 3-1 dans une série de sept matchs contre les Remparts. Zachary Fucale revient sur cette croisade canadienne.

LES MOOSEHEADS

«On a eu de belles années, ça a été quand même pas pire... Le crédit revient à Cam Russell [dg], Bobby Smith [président] et Dominique Ducharme [entraîneur-chef], sans qui on n'aurait jamais été capable de l'emporter. Les attentes étaient élevées, mais personne ne nous en aurait voulu si on n'avait pas gagné. Oui, on avait du talent, mais nous avions surtout le même objectif en tête. Du début à la fin, ç'a été une très belle aventure de jouer là-bas. Les joueurs, les entraîneurs, le personnel administratif, la direction, les partisans, j'ai été choyé d'être avec eux.»

NATHAN MacKINNON

«Nate est un compétiteur-né. À chaque fois qu'il était sur la glace, il voulait gagner et s'améliorer. Il voulait remporter chaque bataille, récupérer toutes les rondelles. Il a été nommé recrue de l'année dans la LNH [la saison dernière], zéro surprise pour moi. Il était toujours dans le tapis, et de voir un joueur aussi talentueux travailler autant, c'était inspirant pour les autres.»

JONATHAN DROUIN

«Il possède une vision du jeu incroyable. Il est très intelligent avec la rondelle. À l'autre bout de la patinoire, je l'ai vu réaliser des pièces de jeu souvent troublantes pour l'adversaire. Je m'estimais chanceux de ne pas être dans le filet contre lui. Je peux vous confirmer que nos séances d'entraînement n'étaient pas une "tasse de thé" pour moi. À chaque matin, j'avais de beaux défis devant moi. Martin Frk, par exemple, avait tout un lancer. Le fait de me mesurer à eux, à tous les jours, m'a aidé dans mon développement.»

L'HÉRITAGE

«Tout le monde a contribué d'une manière dans notre conquête de la Coupe Memorial. Nous avions de bons vétérans, chacun apportait quelque chose et ce n'est pas juste à cause de deux ou trois joueurs qu'on l'a emporté. À lui seul, le talent ne suffit pas, ça se fait en équipe parce qu'il ne faut pas oublier que les meilleurs clubs de l'Ontario et de l'Ouest se retrouvent devant nous.»

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