Maurice Dumas: cinq moments forts d'une grande carrière

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Maurice Dumas

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

Maurice Dumas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Une page d'histoire se tourne au Soleil, aujourd'hui. Maurice Dumas, qui partage avec vous ses opinions et ses connaissances de la scène sportive depuis son entrée à votre quotidien favori en 1974, signe ses dernières lignes. Parti à la retraite au début de 2010, Maurice avait cependant continué à nous délecter grâce à sa chronique hebdomadaire. Pour terminer son aventure en beauté, Maurice nous raconte les cinq moments forts de sa prestigieuse carrière. Il y en a eu des dizaines, sinon des centaines d'autres, mais ceux-ci sortent du lot de ses nombreux souvenirs. Bonne «vraie» retraite, Maurice.

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Les frères Anton, Marian et Peter Stastny en septembre 1982

Photothèque Le Soleil

1980: l'arrivée des frères Stastny

L'arrivée des frères Peter, Anton et Marian Stastny chez les Nordiques, au début des années 80, a changé le cours de l'histoire du hockey à Québec.

Dès la première saison de Peter et d'Anton, en 1980-1981, les Nordiques passaient du 19e au 10e rang du classement général de la Ligue nationale et accédaient aux séries éliminatoires. L'année suivante, Marian rejoignit ses frangins à Québec et les Nordiques atteignaient le carré d'as. Ils participèrent aux séries éliminatoires pendant sept saisons de suite grâce à l'une des attaques les plus explosives de toute la Ligue nationale. Les Stastny étaient entourés des Michel Goulet, Dale Hunter, Réal Cloutier, Marc Tardif, Wilfrid Paiement et quelques autres.

Dans le carré d'as à deux reprises pendant la première moitié des années 80, les Nordiques ne sont jamais allés plus loin. On se demande un peu pourquoi aujourd'hui.

Je voue un grand respect à Joe Sakic, mais Peter Stastny a été le meilleur joueur de l'histoire des Fleurdelisés. Il a terminé au deuxième rang des compteurs de la décennie 80 derrière Wayne Gretzky. Le plus jeune des frérots, Anton, a contribué pour 251 buts et plus de 600 points à la cause fleurdelisée. Marian a donné deux grosses saisons à l'équipe de sa ville d'adoption avant d'être mis de côté. Il avait été inactif pendant une année complète avant de s'établir à Québec.

C'est un peu beaucoup grâce aux Stastny si les Nordiques sont devenus, au début des années 80, l'une des principales attractions de la Ligue nationale.

Chris Chelios et Dale Hunter en avril 1985... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Chris Chelios et Dale Hunter en avril 1985

Photothèque Le Soleil

1982: la naissance de la plus grande rivalité du sport

La rivalité Québec-Montréal a toujours existé et elle ne disparaîtra jamais, même si les maires Denis Coderre et Régis Labeaume s'entendent comme larrons en foire.

La rivalité Canadien-Nordiques a vraiment pris naissance le 13 avril 1982, au Forum de Montréal, avec le but en prolongation de Dale Hunter qui éliminait le Canadien dans le match décisif d'une série trois de cinq. Avant ce moment historique, on regardait les Nordiques comme les petits cousins ou les enfants pauvres du Québec dans la Ligue nationale.

L'exploit de Hunter a lancé la rivalité qui a divisé le Québec pendant des années. Elle a ensuite dégénéré le soir du Vendredi saint 1984. Plusieurs acteurs de cette triste journée poussent des hauts cris aujourd'hui, mais ils ne s'en formalisaient pas trop dans le temps. Ils se limitaient à dénoncer les travers de l'autre camp.

Tant et aussi longtemps que les Nordiques ne devenaient pas une menace pour le Canadien, on ne les prenait pas au sérieux dans les cercles du hockey au Québec. Le but de Hunter a tout changé.

Le retour souhaité des Nordiques par plusieurs ne fera jamais revivre cette rivalité à un degré aussi élevé. Il sera impossible de recréer le contexte des années 80. Il sera impossible de regrouper une dizaine de joueurs francophones au sein de chacune des deux équipes.

1987: une primeur empoisonnée!

Une primeur est une occasion pour un journaliste de se réjouir et de se frotter les mains de satisfaction. Pourtant, je n'avais pas le coeur à la fête d'annoncer à nos lecteurs, le matin du 3 décembre 1987, qu'André Savard en serait à son dernier match derrière le banc des Nordiques quelques heures plus tard.

J'avais eu l'information d'une source fiable et je me devais de la publier. J'étais déchiré en accomplissant mon travail correctement. J'étais déchiré parce que j'étais convaincu que Savard s'en tirait bien à sa première expérience comme entraîneur-chef dans la Ligue nationale. J'étais déchiré parce que je m'entendais bien avec lui.

Il avait été dévasté par la publication de la nouvelle et il me l'avait fait savoir, deux semaines après son congédiement, dans une rencontre fortuite à l'aréna Michel-Labadie. Nous avions alors eu une discussion animée. Une discussion qui avait dissipé tout malentendu et confirmé un respect mutuel.

Une bonne tête de hockey, ce André Savard. Il a un beau parcours dans le hockey. Son travail dans le recrutement a sorti les Sénateurs d'Ottawa de l'anonymat. Il a ensuite cumulé les fonctions de directeur général du Canadien de Montréal.

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Vladimir Guerrero en 1996

Photothèque Le Soleil

1996: la découverte de Guerrero

Au printemps 1996, j'avais informé mon supérieur immédiat que je planifiais un voyage à Harrisburg, en Pennsylvanie, pour réaliser un reportage avec la future grande vedette des Expos de Montréal. Connaissant ma passion pour le baseball, il s'était payé ma tête. «J'espère que ce joueur deviendra aussi bon que tu le dis», avait-il rigolé. «Sinon, on ne te prendra plus jamais au sérieux lorsque tu nous raconteras tes histoires de baseball.»

Le joueur en question, c'était Vladimir Guerrero. Il venait d'être promu au baseball AA à Harrisburg après un premier mois époustouflant à West Palm Beach dans le calibre A-Fort.

Le temps m'a donné raison. Vladimir Guerrero est devenu le meilleur joueur de l'histoire des Expos. Il a éclipsé les plus grands comme Gary Carter, André Dawson, Tim Raines et tous les autres.

J'avais été l'un des premiers journalistes au Québec à m'intéresser au phénomène Guerrero. L'un de ses coéquipiers, un compatriote de la République dominicaine, m'avait servi d'interprète pour l'entrevue réalisée à Harrisburg. Il s'en excusait presque une heure plus tard. «Vladimir Guerrero ne parle pas l'anglais et je ne pense pas qu'il s'exprime beaucoup mieux en espagnol», m'avait-il confié.

Il a fait parler son talent sur le terrain. On dit que son fils Vladimir Jr suivra ses traces. Âgé de 16 ans, il sera très convoité pendant la prochaine période d'embauche des jeunes non soumis au repêchage du baseball majeur.

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Jacques Chapdelaine en 2000

Photothèque Le Soleil

2000: le mystère Chapdelaine

La scène se déroulait au Théâtre Le Capitole pendant le Gala de l'athlète de l'année 2000. L'équipe de football du Rouge et Or venait d'être honorée pour sa conquête de la Coupe Vanier l'année précédente et l'entraîneur-chef Jacques Chapdelaine retournait à sa table. Chemin faisant, il croisa un membre du conseil d'administration du Rouge et Or. La rencontre fut aussi brève que froide. Il n'en fallait pas davantage pour me mettre la puce à l'oreille. Que se passait-il?

J'ai certainement sondé une dizaine de personnes pendant le reste de la soirée. Finalement, j'apprenais qu'il se tramait quelque chose avec Jacques Chapdelaine sans toutefois connaître la décision finale.

Gagnant de sa première Coupe Vanier en 1999, le Rouge et Or avait conservé une fiche immaculée pendant la saison régulière suivante avant d'être éliminé en finale provinciale par les Gee-Gees d'Ottawa. Personne ne se doutait alors que Jacques Chapdelaine marchait sur une corde raide.

Quelques jours plus tard, une source sûre me confimait la départ de Chapdelaine. La nouvelle eut l'effet d'une bombe au sein de la population sportive, mais quelques habitués de la cuisine du Rouge et Or voyaient venir ce divorce.

Déjà coordonnateur de la défensive et responsable du recrutement, Glen Constantin assura la succession de Chapdelaine avec les résultats retentissants qu'on connaît aujourd'hui.

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