Magali Harvey: s'accrocher aux anneaux

Magali Harvey, rapide ailière de 5'5'' et de... (Photo Ian Muir, fournie par Rugby Canada)

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Magali Harvey, rapide ailière de 5'5'' et de 144 livres, a mené l'équipe canadienne jusqu'en finale de la Coupe du monde de rugby à 15 en 2014.

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(Québec) Magali Harvey a couru de l'ombre à la lumière, en 2014, ouvrant les yeux des Québécois sur son sport. Dans le sillage de la panthère de Sainte-Foy, titrée joueuse de l'année à l'international, les Canadiennes sont devenues vice-championnes du monde en rugby à 15. La flamme olympique qui l'habite depuis sa tendre jeunesse brûle plus que jamais. Avec l'entrée du rugby à sept aux Jeux en 2016, ses espoirs s'embrasent.

«J'ai toujours rêvé d'aller aux Jeux olympiques, même avant de jouer au rugby. Je ne savais juste pas dans quel sport», a confié Magali Harvey au Soleil, au début de sa pause des Fêtes à Québec.

«Beaucoup de choses peuvent survenir d'ici août 2016, comme des blessures - je touche du bois. Et je devrai faire preuve de constance pour mériter ma place. Mais c'est vraiment le rêve olympique qui me garde dans l'équipe en ce moment», poursuit l'athlète de 24 ans.

Car déjà, Harvey est rentrée dans l'Ouest canadien. Après deux rares semaines de congé auprès de ses parents, ses trois soeurs et ses deux petits frères adoptifs, dans le quartier Saint-Louis-de-France, elle a passé le Nouvel An à Victoria, en Colombie-Britannique, sa demeure actuelle.

C'est dans la bourgade voisine de Langford que la vingtaine de joueuses de l'équipe canadienne de rugby à sept camperont durant la prochaine année et demie, en préparation pour les JO de Rio de Janeiro. Au final, elles ne seront plus que 12.

Harvey apprécie son nouveau coin de pays... pour le rugby. «C'est vraiment naturel, un peu hippie», lâche-t-elle en riant, à propos des environs du centre national d'entraînement situé à la pointe sud de l'île de Vancouver. «C'est la seule place au Canada où il ne neige pas, alors on peut s'entraîner à l'extérieur 12 mois par année. Mais c'est vraiment hippie!» s'esclaffe-t-elle encore.

CHARMÉE PAR ST. FX

Ce n'est pas peu dire pour une fille qui a passé trois ans à Antigonish, en pleine campagne de la Nouvelle-Écosse. Après avoir été instruite en anglais à Québec, à l'école secondaire St. Patrick's et au Cégep St. Lawrence, elle a opté pour l'université St. Francis Xavier.

Une petite institution où elle ne pensait jamais s'établir avant d'y mettre les pieds sous les demandes insistantes de futures coéquipières côtoyées au sein de l'équipe canadienne des moins de 20 ans et de l'entraîneur des X-Women.

Tombée amoureuse de l'endroit, elle disputera finalement trois saisons pour l'alma mater de Brian Mulroney et de P.J. Stock, remportant deux championnats canadiens universitaires (2010 et 2012). En 2010, la Québécoise a été nommée recrue de l'année dans la conférence Atlantique et joueuse par excellence du championnat canadien.

La rapide ailière de 5'5" et de 144 livres a encore droit à deux années d'admissibilité universitaire. Pourrait-on la voir débarquer à l'Université Laval à l'automne 2016 pour terminer ses études en administration et galvaniser les rangs de l'équipe de rugby féminin du Rouge et Or?

«Je ne rejouerai pas universitaire», tranche-t-elle. «Je l'ai déjà fait, jouer six mois avec l'équipe canadienne et retourner à St. FX, et j'ai trouvé ça frustrant. Ce n'est pas la même ambiance, ce n'est pas tout le monde qui est aussi compétitif. C'est frustrant de ne pas être toutes sur la même page», résume celle qui avait vécu certaines frictions avec des coéquipières. «Je ne veux pas revivre ça.»

GLOBE-TROTTER

Le rugby lui aura fait traverser le Canada d'un océan à l'autre, littéralement. Et beaucoup plus. Harvey était de la Coupe du monde à sept à Moscou, en 2013, où les Canadiennes se sont classées deuxièmes.

Même chose l'été dernier, Coupe du monde à 15, alors que sa cavalcade de 87 mètres en demi-finale a stupéfié les Françaises en plein Paris. Jeu grandiose mis en lice pour l'essai de l'année par l'International Rugby Players' Association, prix remis à un splendide relais sud-africain couronné par François Hougaard. Seule femme sur cinq nominations.

Début décembre, c'était Dubaï. Première manche des Séries mondiales à sept. Les Canadiennes ont fini troisièmes. Terminer parmi les 4 meilleures équipes sur

12 au cumulatif des six tournois d'ici la fin mai les qualifierait pour les Jeux olympiques.

Prochaine escale : São Paulo, début février. La quatrième ronde se tiendra sur leur terrain, à Langford, mi-avril. Si Harvey et sa bande ratent le top 4, elles devront se rabattre sur une médaille d'or aux Jeux panaméricains, l'été prochain, à Toronto.

Aussi courte que remplie, sa carrière de globe-trotter devait s'achever dans le stade de Deodoro, quartier situé dans l'ouest de Rio, au terme du tournoi olympique. Mais tout indique qu'elle usera encore de sa vitesse jusqu'en 2017 pour la prochaine Coupe du monde à 15.

«Dans l'équipe canadienne, plusieurs filles qui ont perdu en finale veulent y retourner pour prouver un point», atteste-t-elle, s'incluant dans le groupe. Le lieu de cette compétition sera dévoilé en mai prochain. Limerick, troisième ville la plus populeuse d'Irlande, est sur les rangs.

Pas de politique comme papa

«Mon père n'était pas souvent à la maison. Je n'ai pas eu une relation très proche avec lui», admet Magali Harvey, dont le paternel est un ex-député fédéral et ancien chef du Parti conservateur du Québec. Luc Harvey vient de Chicoutimi. Maman, Catherine Louisy, est née à l'île de Sainte-Lucie, dans les Caraïbes, puis a passé son adolescence à Guelph, en Ontario. Deuxième de six enfants, Magali a quitté tôt le nid familial. Même qu'avant son départ pour la Nouvelle-Écosse, elle avait passé une année au Mexique en échange culturel. Pas question de suivre les traces de papa en politique. Elle se voyait professeure comme sa mère, qui enseigne l'anglais au secondaire. Mais encore là, pour avoir assisté à quelques cours en classe, «ce n'est pas toujours évident». Quelques crédits manquent pour obtenir son baccalauréat en administration. Elle aimerait ensuite se diriger en marketing international.

Une porte se ferme, l'autre s'ouvre

Avant d'être la meilleure joueuse de rugby au monde en 2014, Magali Harvey a été une très bonne joueuse de soccer. Elle n'a pas pris le ballon ovale au sérieux avant d'être sélectionnée dans l'équipe canadienne des moins de 20 ans, en 2009, pour la Coupe des Nations. La même année, Québec voit naître une nouvelle équipe semi-professionnelle de ballon rond, l'Amiral. Le sélectionneur décèle en elle des qualités athlétiques indéniables. «Mais son bagage technicotactique était encore insuffisant pour jouer à ce niveau», se remémore aujourd'hui Fabien Cottin. «J'ai été retranchée la dernière. Ç'a fait mal à l'orgueil, ça ne fait jamais du bien de se faire couper d'une équipe. Mais en même temps que la porte du soccer se fermait, une chance s'offrait à moi en rugby, et je l'ai prise.»

Québec, une pépinière

Sur quelque 125 clubs à travers le Canada, le Club de rugby de Québec était le plus représenté dans l'équipe canadienne féminine à la Coupe du monde à 15 avec quatre joueuses : Magali Harvey, Karen Paquin, Stéphanie Bernier et Marie-Pier Pinault--Reid. Quatre Québécoises font par ailleurs partie de la formation à 7 qui se dirige vers les Jeux olympiques de 2016, soit Harvey, Paquin, Élissa Alarie (Trois-Rivières) et Bianca Farella (Montréal). Six joueuses s'alignent dans les deux équipes, dont Harvey et Paquin.

Deux rugbys, un terrain

Pratiqué sur un terrain de mêmes dimensions, le rugby à 7 s'avère une version allégée et abrégée du rugby à 15. Le petit frère plus rapide et plus dynamique fera son entrée aux Jeux olympiques, l'an prochain. Voici les principales différences :

Rugby à 7

Joueurs sur le terrain

par équipe / total par équipe : 7/10

Durée d'un match : 2 X 7 min

Durée moyenne d'un tournoi : deux jours

Première Coupe du monde :

hommes 1993,

femmes 2009

Inventé : 1883, à Melrose (Écosse)

Développé : milieu du XXe siècle

Surnom : Sevens

Rugby à 15

Joueurs sur le terrain

par équipe / total par équipe : 15/22

Durée d'un match : 2 X 40 min

Durée moyenne d'un tournoi : trois semaines

(la Coupe du monde masculine de 2015

durera six semaines)

Première Coupe du monde :

hommes 1987,

femmes 1991

Inventé : 1823, à Rugby (Angleterre)

Développé : fin du XIXe siècle

Surnom : Rugby union

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