Benoît Groulx: des mots qui résonnent toujours

Benoît Groulx, entraîneur-chef et dg des Olympiques de... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

Agrandir

Benoît Groulx, entraîneur-chef et dg des Olympiques de Gatineau, dirigera Équipe Canada junior lors du Championnat mondial qui aura lieu à Montréal et à Toronto du 26 décembre au 5 janvier.

Photo Yan Doublet, Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Benoît Groulx obtient à nouveau le privilège d'être à la barre d'Équipe Canada junior. Mais cette fois, il se rendra au bout de son mandat, puisqu'à la première occasion, en 2009, une promotion dans le hockey professionnel l'avait forcé à renoncer au tournoi. Retour sur un parcours marqué par un arrêt important à Québec!

Au moment où il est plongé dans l'aventure du Championnat mondial junior, Benoît Groulx est encore inspiré par une phrase lancée par Robert Chevalier - un des fondateurs de la Ligue midget AAA - pendant l'une de leurs nombreuses conversations à l'époque où il logeait chez lui pendant son stage midget AAA. «Ceux qui sont à un niveau supérieur ne sont pas meilleurs que toi, ils n'ont eu que leur chance», l'entend encore dire l'actuel entraîneur-chef de l'équipe canadienne.

Natif de Hull, Groulx s'est retrouvé avec les Gouverneurs de Sainte-Foy parce qu'il n'y avait pas de midget AAA dans sa région. Au terme d'un camp de sélection, où il avait été le deuxième choix derrière Pierre Turgeon, on le dirige vers sa nouvelle pension.

«Je ne connaissais pas Bob Chevalier, je n'avais aucune idée qui c'était, mais je l'ai vite découvert. J'ai développé une relation très ouverte avec Bob, on parlait de hockey, mais aussi de la vie. Il m'a beaucoup "éduqué" de façon générale sur le hockey. Il avait ses idées et encore aujourd'hui, ses paroles me suivent. Depuis que je suis dans le hockey, je n'ai jamais oublié ce qu'il m'avait dit», confiait-il lors d'un récent passage au Colisée Pepsi avec les Olympiques de Gatineau, qu'il dirige pour une 11e saison.

Dans un monde de hockey

Groulx a grandi dans le monde du hockey. Son père, Gilles, a été un dépisteur avec Sorel, Chicoutimi et Granby. À l'inverse des garçons de son âge, fiston s'intéressait plus aux entraîneurs qu'aux joueurs.

«J'ai connu Rodrigue Lemoyne, le gros ours de Sorel. J'ai toujours voulu être un coach, mes idoles de jeunesse étaient Michel Bergeron, Ron Racette, Orval Tessier, Ghislain Delage. Je suivais aussi le hockey junior de l'Ontario. J'ai même assisté à la 1000e victoire de Brian Kilrae, une légende de l'OHL que j'ai déjà invité dans mon vestiaire pour parler aux joueurs. J'ai refait la même chose avec Charlie Henry [ancien grand manitou des Olympiques] à la dernière Super Série Subway parce que j'estime qu'il est important que les jeunes d'aujourd'hui connaissent ceux qui ont façonné les différentes ligues.»

Les liens entre le paternel et l'ancien patron des Olympiques ne sont pas étrangers à son embauche à la barre de l'équipe. Expatrié en France, un ange gardien veillait sur lui. Henry lui avait toujours dit de l'appeler lorsqu'il aurait besoin d'aide à son retour. Puis, en 2000, le téléphone sonne. «Charlie m'a demandé : "es-tu prêt à coacher?" Je ne le savais pas, mais j'ai dit oui», raconte-t-il au sujet de sa nomination comme adjoint à Shawinigan.

Une saison et demie plus tard, Henry lui fait signe à nouveau pour diriger les Olympiques. Depuis, il revendique trois championnats des séries et autant de participations à la Coupe Memorial, trophée qui manque à sa collection.

Échelon supérieur

Le jour n'est pas loin où l'homme de 46 ans - il en aura 47 le 30 janvier - retournera à un échelon supérieur, lui qui, à l'invitation de Jacques Martin, a dirigé les Americans de Rochester (club-école des Panthers de la Floride dans la Ligue américaine) pendant deux saisons (2008 à 2010), avant de sacrifier la troisième année de son contrat pour rentrer à la maison afin de s'occuper de son fils et retrouver son poste avec les Olympiques.

«Pour moi, le hockey junior était terminé et dans ma tête, je me voyais comme le futur coach des Panthers. Mais le "snoro" [Martin] a quitté pour diriger le Canadien. Je pensais grandir avec lui en Floride et je trouvais intéressant de ne pas passer par la filière du Canadien, ce qui ne m'empêchait pas de revenir un jour vers Montréal. Après le départ de Jacques, la vision des Panthers a changé et je ne m'y sentais plus à ma place. J'ai aussi réalisé que j'avais de la misère à vivre éloigné de mon fils [Benoît-Olivier] à ce moment.»

De 1984 à 1986, Benoît Groulx a joué... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

De 1984 à 1986, Benoît Groulx a joué pour les Gouverneurs de Sainte-Foy de la Ligue midget AAA.

Photothèque Le Soleil

Même le joueur voulait devenir entraîneur

Benoît Groulx a disputé trois saisons à Granby, dans la LHJMQ, avant de passer une douzaine d'années en Europe. Que penserait l'entraîneur d'aujourd'hui du joueur qu'il était hier? «C'est une bonne question, j'aime mieux de ne pas lui demander», rigole le pilote des Olympiques.

Plus sérieusement, il se qualifiait de joueur en mesure d'évoluer sur les deux premiers trios, comme en témoigne sa récolte de 98 points en 61 matchs à sa dernière année junior en 1988-1989. Il arrive aussi au quatrième rang des meilleurs marqueurs de l'histoire de la Ligue midget AAA avec 194 points en 84 matchs. Il fut capitaine des Gouverneurs de Sainte-Foy, son club pendant deux ans (1984 à 1986).

«Je suis content de ma carrière européenne, sauf qu'avec du recul, j'aurais peut-être pu faire preuve de plus de patience et poursuivre mon chemin un peu plus dans les ligues mineures, bien que je me suis aperçu très vite que je voulais être entraîneur», dit-il à propos de son passage en France, où son fils est né.

Avant de rentrer au pays, on lui avait offert un poste d'adjoint à Rouen dans l'optique d'être entraîneur-chef, l'année suivante. Mais voilà, ce n'est pas à ce niveau que Groulx voulait faire son nom.

«Mon but, c'était d'être entraîneur dans le junior majeur, Je me donnais deux ans pour le devenir; je l'ai fait en un an et demi. Mais après six mois, je m'étais rendu compte qu'il était impossible, ou presque, d'y arriver dans le temps que je me donnais, sauf qu'il faut croire que le malheur des uns fait le bonheur des autres parce que j'ai remplacé Guy Lalonde, qui allait être mon adjoint par la suite», indiquait celui qui ne remerciera «jamais assez» Denis Francoeur et René Perron de lui avoir montré à s'organiser, à mettre une structure en place et à gérer le quotidien d'un club pendant son court mandat à Shawinigan. Il garde aussi de bons souvenirs de Jean-Louis Létourneau et de Simon Robitaille, croisés à Sainte-Foy.

Lors de son embauche par les Olympiques (2001) dans un café du coin, Charlie Henry lui avait dit que s'il était «juste la moitié tough comme ton père, qu'on serait en business...»

«Il n'y a qu'un gars qui pouvait me confier un poste, c'était lui. Personne ne m'aurait engagé ailleurs qu'à Hull. Il était un bon chum de mon père, les deux coachaient l'un contre l'autre à Hull et à Ottawa-East. Aujourd'hui, je ne sais pas si le fils est pire que son père, mais j'ai réalisé au fil des ans qu'on ne restait pas dans ce milieu si on ne s'adaptait pas à la nouvelle génération de joueurs. En 2001, j'ai pensé que mes joueurs avaient eu un excellent coach, mais ils en ont surtout eu un extrêmement émotif et on ne pourrait fera cela, aujourd'hui.»

Chacun son chemin

Après son départ prématuré de Rochester, cinq équipes (dont une de l'OHL) ont manifesté de l'intérêt pour ses services, un réconfort en cette période où le pas en arrière était nécessaire dans sa vie de père.

«Ça m'avait réconforté dans ma décision, je me disais que si ça pouvait bien aller, ça pourrait me servir de tremplin pour remonter. Mon objectif était de revenir à Hockey Canada. J'aborde le Mondial junior avec sérénité, je me sens en parfait contrôle. Que va-t-il arriver après? Je l'ignore, on verra à la fin de la saison, mais il n'y a pas de liste disant qui est le prochain à monter. Éric Veilleux y est allé comme adjoint (LAH), Jean-François Houle est en chef de la Ligue East Coast. Chacun possède son propre chemin, je suis le mien.»

La confrérie des Olympiques

On peut l'appeler la confrérie des Olympiques. Au fil des ans, plusieurs hommes de renom ont dirigé cette formation de la LHJMQ. Benoît Groulx, qui deviendra tôt en 2015 l'entraîneur-chef ayant dirigé le plus de matchs avec la même équipe, a développé une relation avec ces réputés entraîneurs qui ont tous bien connu son père, Gilles, décédé il y aura 22 ans, le 25 décembre.

«C'est toujours un honneur d'être entraîneur-chef à Gatineau. Je ne le réalisais pas au début, mais plus ça avançait, plus je me trouvais choyé d'être chez moi dans une organisation avec autant de tradition. Ça m'a permis de rencontrer plusieurs gens intéressants, ça m'a ouvert les portes de Hockey Canada et du hockey professionnel. Je me sens très redevable aux Olympiques», admet-il en glissant quelques mots sur ses prédécesseurs.

***

PAT BURNS

3 saisons (1984 à 1987), 113 victoires

Coupe du Président: 1986

«C'est lui qui a tout parti cela, il a établi le modèle d'entraîneur-chef recherché par les Olympiques de Gatineau. Il m'a déjà fait rencontrer la direction des Devils et m'avait toujours dit qu'il était prêt à m'ouvrir des portes. Il y a deux ans, j'ai vu son fils Jason coacher dans le midget espoir et après le match, je lui ai dit: "Quand je t'ai aperçu, j'ai vu ton père." Il avait la même posture, son air intimidant.»

***

ALAIN VIGNEAULT

5 saisons (1987 à 1992), 196 victoires

Coupe du Président: 1988

«Il est un maître derrière le banc et l'un des meilleurs entraîneurs-chefs dans la LNH. Je le connais depuis longtemps, il jouait pour mon père dans le midget. Je suis toujours en communication avec lui, il possède encore une maison à Gatineau.»

***

CLAUDE JULIEN

1 saison (1996-1997), 48 victoires

Coupe du Président: 1997

Coupe Memorial: 1997

«Lui aussi, il a joué pour mon père, mais je l'ai d'abord connu lorsqu'il était à la barre du Canadien de Montréal. Claude a toujours été très généreux de son temps avec moi, il habite encore dans le coin en banlieue d'Ottawa.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer