Charles Philibert-Thiboutot: sportif de coeur, artiste dans l'âme

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Charles Philibert-Thiboutot au championnat provincial universitaire en janvier 2014

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Il n'y a jamais eu de fossé entre le sport et les arts pour Charles Philibert-Thiboutot. Rien d'étonnant quand on sait que le coureur de demi-fond est un sportif de coeur, mais un artiste dans l'âme.

«Le sport et la course à pied ne sont pas la seule facette de ma personnalité», confie Charles Philibert-Thiboutot. «J'apprécie beaucoup le travail de création tant au niveau de l'écriture que sur le plan artistique. J'ai d'ailleurs participé à la réalisation d'un site de ski. Je suis aussi attiré par la photographie. Et peu de gens savent qu'à l'école secondaire, je jouais de la basse dans un band.»

C'est à travers son blogue que Philibert-Thiboutot exerce sa passion pour l'écriture. Au lieu de simplement y parler de ses performances sportives, il préfère choisir un sujet et ouvrir son coeur. Son blogue reflète beaucoup ses opinions, mais aussi ses sentiments et ses émotions.

«Je crois être un bon raconteur. Grâce à mon blogue, je pense pouvoir amener les gens à mieux connaître la vie d'un athlète.»

Grand amateur de musique, il est très reconnaissant envers ses parents, qui lui ont permis de grandir dans une maison où jouait du classique. «Grâce à ça, je peux reconnaître tout le travail artistique derrière les pièces. Le classique m'a aussi permis de développer mes sens, d'apprécier ce qui a de la valeur au niveau musical et d'être ouvert à tous les styles de musique.»

Aussi très sensible à la mode, le jeune athlète attache beaucoup d'importance dans ce qu'il peut dégager à travers sa manière de s'habiller. Il avoue aimer être très élégant dans les grandes occasions. «J'ai un souci de la beauté. C'est ce qui me définit. Et c'est peut-être ce qui fait que je suis plus sensible et capable d'extérioriser mes sentiments.»

Le sport dans le sang

D'aussi loin qu'il se souvienne, Philibert-Thiboutot a eu le sport dans le sang. Encouragé par ses parents, des gens très actifs, il a pratiqué le hockey, le soccer, le basketball, le football à l'école du mini-Rouge et Or, le ski alpin, le tennis, le patinage de vitesse, le golf, etc.

«J'étais un jeune débordant d'énergie qui aimait bouger. Quand je demandais à mes parents d'essayer un nouveau sport, ils acceptaient. Peu importe le sport que j'ai pratiqué, j'ai toujours eu beaucoup de plaisir. C'est ce plaisir qui a fait que, très jeune, je me suis vu gagner ma vie en faisant du sport de manière professionnelle.»

C'est à l'école secondaire qu'il a été initié à la course à pied. Vincent Fortier, son professeur d'éducation physique au Séminaire des Pères Maristes, a vu chez lui les qualités d'un coureur de longues distances et il l'a inscrit à ses premiers championnats régionaux de cross-country.

«J'ai toujours été un athlète super persévérant, qui donnait son 100 % et qui avait beaucoup de coeur. Mais en plus, j'avais beaucoup de chien et d'orgueil. Et pour faire de la course à pied, ça en prend.»

Pas de plaisir dans la défaite

L'athlète, qui aura 24 ans le 31 décembre, a pourtant mis du temps à aimer la course à pied, lui dont les succès ne dépassaient jamais la scène régionale. «Quand je me faisais battre, je n'avais plus de plaisir. À quelques reprises, j'ai eu le goût de lâcher. Mais Vincent et mes parents ont toujours réussi à me convaincre de ne pas le faire. Puis, en secondaire cinq, j'ai fini deuxième au championnat provincial scolaire de cross-country, alors que l'année d'avant, j'avais terminé dans les derniers et j'avais perdu un soulier dans la boue.»

C'est à ce moment-là que Philibert-Thiboutot s'est dit qu'il y avait peut-être un avenir en course à pied. À 16 ans, il a laissé tomber tous les autres sports et il s'est joint à l'équipe d'athlétisme du Rouge et Or de l'Université Laval.

«Au début, je croyais que s'entraîner pour la course à pied, c'était comme le faire en basket ou en soccer où on avait deux pratiques par semaine, puis c'était fini. Je ne faisais rien par moi-même. C'est environ une année plus tard que je me suis rendu compte que la course à pied est un sport qui se fait à tous les jours, et même deux fois par jour si on veut devenir bon. C'est à ce moment que j'ai développé ma volonté et ma discipline. Parallèlement, j'ai commencé à ressentir un amour pour le sport et du plaisir à courir.»

C'est lors de sa première campagne universitaire, à la suite de sa qualification pour le 3000 m du Championnat canadien, qu'il a eu la confirmation qu'il avait fait le bon choix. «Je n'avais jamais goûté à la magie d'une compétition d'aussi grande envergure. Ce fut une révélation. Je me suis dit qu'il fallait que je continue à pousser afin de vivre d'autres expériences aussi stimulantes et motivantes.»

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Charles Philibert-Thiboutot avoue aimer être très élégant dans les grandes occasions, comme ici en avril dernier, quand il a été élu athlète de l'année 2013-2014 du Rouge et Or.

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De la pisteau grand écran

Charles Philibert-Thiboutot a goûté au septième art lors de la dernière année. Désireux de rendre hommage à un ami décédé tragiquement, il a écrit le scénario du court métrage De conscience et d'ardeur, un film réalisé par David Findlay, dans lequel il a tenu le rôle principal.

L'oeuvre de fiction a été présentée au Festival de cinéma de la ville de Québec, en septembre. «Un film inspiré d'un fait vécu. Au moment du décès de mon ami Philippe, j'avais des compétitions à faire. J'ai dû choisir entre prendre part à mes courses ou aller à ses funérailles.

«Mais même si je venais de perdre une personne qui m'était extrêmement importante, je ne voulais pas que son départ me mette à terre. Il fallait que la vie continue. Je pense que cette manière de voir les choses m'a permis d'aider certains de mes amis à traverser cette épreuve.

«C'est David, qui étudie en cinéma à UBC, qui se rappelait comment j'avais géré cette crise-là, qui m'a proposé de mettre mon histoire sur pellicule dans le but de rendre un hommage à Philippe. J'ai tout de suite dit oui en ne sachant pas qu'il allait me confier le plus grand rôle, soit celui d'écrire le script dans lequel le personnage principal, que j'ai ensuite joué, fait la narration des événements.»

Replonger dans le deuil

Philibert-Thiboutot reconnaît qu'il n'a pas été facile pour lui de se replonger dans le drame qu'il avait dû vivre quatre ans auparavant. Pour écrire avec son coeur, il a dû replonger dans son deuil et sa peine. «Il a fallu que je me rappelle toutes les valeurs qui faisaient pourquoi Philippe était un si bon ami et toutes les raisons pourquoi c'était un être extraordinaire.

«Aujourd'hui, je suis très heureux d'avoir fait le film. Jamais je n'ai senti que les gens pénétraient dans ma vie personnelle. David et le producteur Édouard Dufour-Boiteau avaient fait en sorte que, même si celui-ci était un hommage à notre ami, c'était en même temps une histoire qui parlait de valeurs d'amitié et de positivisme qui pouvait toucher et inspirer tout le monde.»

Bachelier en ressources humaines et en marketing avant d'entreprendre ses études en relations publiques, Philipert-Thiboutot aimerait faire carrière en relations publiques ou en marketing une fois sa carrière d'athlète de pointe terminée.

«Ce sont deux domaines où les communications sont importantes et où on doit faire preuve de beaucoup de créativité. Mais ce qui est excitant dans mon cas, c'est que des projets, j'en ai beaucoup. Je ne sais pas du tout ce qui m'attend dans ma vie après le sport, mais je demeure positif et je me garde toutes les portes ouvertes. La seule chose que j'aimerais vraiment qui m'arrive dans un futur encore lointain serait d'avoir une famille et des enfants.

****

Rêve olympique bien vivant

Le point tournant dans la carrière de Charles Philibert-Thiboutot est survenu à l'été 2014, plus particulièrement en septembre à la Coupe Continentale de la Fédération internationale d'athlétisme à Marrakech, au Maroc. C'est après s'être mesuré aux meilleurs au monde sur 1500 m qu'il a vraiment cru pouvoir vivre un jour le rêve olympique. «La première question que les gens m'ont toujours posée quand je leur disais que je faisais de l'athlétisme, et ce, peu importe le niveau dans lequel je compétitionnais, c'était: "Vas-tu aller aux Olympiques?" Et moi, j'ai toujours mis un bémol là-dessus. Même dans les dernières années, alors que j'avais beaucoup progressé. Je me disais que bien des athlètes rêvaient de prendre part aux JO et que dans bien des cas, ils n'y arrivaient pas. Mais à la suite de l'été que j'ai eu, je me sens beaucoup plus à l'aise de dire que je veux y participer. Je ne suis qu'à deux secondes des meilleurs au 1500 m. Je sais qu'avec l'entraînement que je fais, je peux encore retrancher du temps à mon chrono. J'ai une chance d'aller à Rio et je me dois de la saisir. Pour moi, le rêve olympique, c'est là. Je le dis en toute humilité.»

Une richesse différente

Enfant, Charles Philibert-Thiboutot rêvait de gagner sa vie en faisant du sport. Même s'il est conscient qu'il ne deviendrait pas millionnaire en pratiquant l'athlétisme, il s'est dit très heureux de sa situation actuelle. «Depuis novembre, je suis un athlète breveté par Sports Canada. Si j'ajoute, au montant que je reçois, l'argent que me donne mes commanditaires et celle que je gagne avec mon emploi à temps partiel, je suis capable de vivre et de m'entraîner à temps plein. Mon travail, c'est de me lever le matin, de faire des exercices et d'aller courir dehors. Je suis chanceux d'être un athlète de haut niveau. Il y a des expériences que je vais pouvoir aller chercher qui valent plus que la richesse.»

Le cross-country, un bon complément

Spécialiste du 1500 m, Charles Philibert-Thiboutot a toujours dit que le cross-country était pour lui un complément d'entraînement pour sa carrière en athlétisme. Mais à la lumière de ses trois podiums lors des trois derniers Championnats canadiens universitaires et de sa sixième place lors des nationaux civils de 2014 à Vancouver, peut-on penser qu'il ne perçoit plus le cross-country de la même manière? «Un coureur de 1500 m doit prendre la saison de cross-country comme un entraînement. Mais ça fait du bien de changer le mal de place en automne. Et comme j'ai été capable de tirer mon épingle du jeu sur le circuit universitaire, tant au niveau individuel que par équipe, j'apprécie le cross-country pas mal plus.»

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