Ryan Graves: la construction d'un champion

Repêché par les Rangers de New York en... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Repêché par les Rangers de New York en quatrième ronde en 2013, le défenseur des Remparts Ryan Graves ne se considère toutefois pas comme un talent naturel.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Sur un mur du gymnase des Remparts, une phrase de motivation accueille les joueurs : «Devenir un champion, ça commence là où personne ne nous voit : ici.» Cette leçon, le défenseur Ryan Graves l'a apprise à la dure, au fil de son parcours de quatre saisons dans la LHJMQ.

Avec ses 6'5" et ses 215 livres, Ryan Graves possède à première vue le profil idéal de l'espoir convoité par les formations de la LNH. Grand et mobile, le nouvel arrière des Remparts est doté d'un bon lancer et peut distribuer les coups d'épaule, à l'image de son idole, Chris Pronger.

Le natif de la petite localité de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, n'est toutefois pas, de son propre aveu, un «talent naturel». Lorsqu'il parle de son parcours, le jeune homme de 19 ans, toujours souriant et posé, se qualifie lui-même de «projet» pour les Rangers de New York, l'organisation qui l'a repêché en 4e ronde (110e au total) en 2013 et avec laquelle il souhaite s'aligner un jour.

Fils unique, Graves marchait à peine lorsqu'il a commencé à patiner avec son ami d'enfance, Jared Murphy, qui vivait à proximité de la résidence familiale. Quand les deux copains ne s'amusaient pas avec des minibâtons dans leurs sous-sols respectifs, ils jouaient au hockey à l'extérieur.

«Il avait une patinoire derrière sa maison. On patinait là. Et chez moi aussi. On avait l'habitude de se promener entre chez lui et chez moi. Ce n'était pas de très grandes patinoires, mais à l'époque, elles étaient assez grandes pour nous!»

Déjà, à cette époque, le hockey occupait tous les loisirs de la famille Graves, qui fréquentait régulièrement le Mariners Centre, afin d'assister aux matchs de l'équipe junior A locale. «Je me rappelle d'avoir fait ce que les petits enfants font au Colisée avant nos matchs, avec les minibâtons. Avec d'autres Timbits, on avait l'habitude de jouer au minihockey entre les périodes des matchs des Mariners», s'est-il rappelé.

Appuyé par des parents passionnés de hockey, Ron et Monica, Graves a gravi tous les échelons du hockey mineur de Yarmouth, sous la tutelle du père de son ami Jared, John Murphy, un entraîneur qui l'a marqué. «J'ai joué là jusqu'au niveau bantam AAA. Et en été, je jouais dans des ligues élite, mais je devais déménager à l'extérieur pour ça, parce que ça impliquait beaucoup de voyages. Mes parents devaient prendre des fins de semaine de congé pour venir me voir jouer», relate le défenseur.

D'attaquant à défenseur

En cours de route, il a changé de position, passant d'attaquant à défenseur, un rôle qui correspondait mieux à ses habiletés. «Quand j'étais plus jeune, j'étais plus grand que tout le monde, alors je pouvais manier la rondelle et marquer des buts. Mais une fois que je suis arrivé au niveau bantam, j'ai commencé à réaliser que ce n'était plus possible, alors j'ai commencé à me tenir davantage à l'arrière. Quand on vieillit, on se rend compte dans quel rôle on est le meilleur», a-t-il soutenu.

La transition s'est avérée salutaire pour Graves, qui a rapidement collectionné les honneurs : un titre de défenseur de l'année au niveau bantam AAA, un autre de défenseur recrue de l'année à sa première année midget. En juin 2011, il était repêché par le Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard (9e au total), aujourd'hui les Islanders de Charlottetown.

La carrière semblait démarrer sur les chapeaux de roue pour l'arrière. Mais pas exactement, s'il faut en croire le principal intéressé. Malgré un potentiel évident, il n'avait pas encore compris l'essentiel d'une carrière professionnelle, soit l'éthique de travail.

«Quand j'étais plus jeune, je n'étais pas un bon patineur. Ç'a pris beaucoup de travail, que ce soit pour améliorer mon coup de patin ou ma forme physique en général, à ma première saison à l'Î.-P.-É. Et l'été suivant, j'ai mis beaucoup d'heures et de travail et c'est là que les choses ont vraiment changé pour moi. Parce qu'à 16 ans, j'étais plutôt lent et pas tellement en forme», a admis le 27 des Remparts.

C'est l'entraîneur du Rocket Gordie Dwyer, ainsi que le préparateur physique Kevin Elliott qui ont inculqué cette discipline à Graves. «Ils m'ont guidé là-dedans. Ils m'ont expliqué que si je voulais passer au niveau suivant, voire connaître une meilleure carrière junior, je devrais être plus rapide, plus mince et plus en forme», explique-t-il.

Sur la glace, le Rocket éprouvait quant à lui sa part de difficultés. À la première saison de Graves avec l'équipe en 2011-2012, la formation a terminé au 17e et dernier rang de la LHJMQ. L'année suivante, elle atteignait une surprenante septième place, portée par des vétérans de 20 ans, Ben Duffy et Josh Currie. Mais la progression de l'équipe se voulait artificielle. En 2013-2014, les Islanders replongeaient vers les abysses du classement, complétant leur saison en 15e position.

En cours de route, le directeur général Grant Sonier avait décidé d'accélérer la reconstruction de l'équipe, en échangeant notamment les vétérans Bibeau et Graves à Val-d'Or. Possédant une clause de non-échange, le défenseur a donné son accord à la transaction.

«Ils y allaient pour une reconstruction en profondeur. J'ai réalisé que je ne cadrais plus dans leurs plans. Qui plus est, je savais que la fin de la saison allait être difficile. À 18 ans, je trouvais qu'il était temps pour moi de jouer dans une bonne équipe et Val-d'Or représentait ma meilleure option.»

soif de victoire

En Abitibi, Graves allait rejoindre une formation en pleine progression, où évoluaient ses anciens coéquipiers Louïck Marcotte et Antoine Bibeau. «J'ai appelé Bibeau, qui venait d'être échangé. Je lui ai demandé comment c'était là-bas. Il m'a dit que j'aimerais ça. Ça m'a rendu un peu plus confortable avec ma décision. Quand on a une chance de remporter un championnat, c'est une opportunité qui est difficile à laisser passer.»

Repêché par les Rangers de New York l'été précédent, Graves voyait également dans cette transaction l'occasion de mettre son talent en évidence et, éventuellement, de décrocher un contrat avec la formation de la LNH. Ce qu'il fit en mars 2014, tout juste avant le début des séries dans la LHJMQ. Ces dernières allaient se conclure par une conquête de la Coupe du président par les Foreurs et une participation inespérée au tournoi de la Coupe Memorial.

Malgré une belle prestation à London, Val-d'Or est passé à côté de l'objectif. D'être venu aussi près d'un championnat n'a fait qu'augmenter la soif de victoire de Graves et allait lui ouvrir une nouvelle porte.

«Dès que j'ai entendu qu'il y avait des pourparlers entre Val-d'Or et Québec, je voulais que cet échange se produise! Je savais que Val-d'Or serait plus faible cette saison et qu'il y avait peu de chance de se rendre loin. [...] Alors lorsque la chance de venir à Québec s'est présentée, ce n'était pas un choix... C'était oui!»

Sur un mur du gymnase des Remparts, une phrase... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

Agrandir

Le Soleil, Caroline Grégoire

De l'expérience pour faire face à l'inconnu

En faisant l'acquisition de Ryan Graves en août, le directeur général des Remparts Philippe Boucher ne se contentait pas d'ajouter un solide défenseur à sa formation. Il lui apportait également le genre d'expérience - celle de la Coupe Memorial - qui ne s'achète pas, en vue du grand tournoi du printemps.

Selon Graves, le plus grand défi qui attendra les Remparts au printemps sera... l'inconnu. Au printemps, les Foreurs de Val-d'Or n'avaient eu d'autre choix que de plonger tête première dans la compétition à leur arrivée à London. Sortant d'une finale de la LHJMQ poussée à la limite face au Drakkar, la troupe de Mario Durocher n'avait eu que très peu de temps pour étudier ses adversaires.

«La plus grande différence, c'était de ne pas connaître les autres équipes. Par exemple, à l'intérieur de la LHJMQ, on connaît toutes les équipes et tous les joueurs. Mais là-bas, on ne pouvait pas nommer la troisième ligne d'aucune équipe! On ne connaissait par leurs forces, leur style de jeu... C'est le plus grand ajustement à faire», affirme sans hésitation Ryan Graves.

Très vite, le défenseur a toutefois pu constater que les clichés entourant les trois circuits de la Ligue canadienne de hockey étaient beaucoup plus près de la réalité qu'on veut bien le croire. «Le cliché veut que l'Ouest [Oil Kings d'Edmonton] soit physique, défensif, ne prenne pas de chance, utilise sa quatrième ligne... Et c'était vrai! [...] La ligue de l'Ontario [Knights de London et Storm de Guelph] était un petit peu plus offensive, mais en même temps consciente de sa défensive. Et quand on pense au Québec, on pense à l'offensive et aux habiletés et nous les avions!» analyse le défenseur, incapable de dire s'il s'agissait d'une coïncidence ou non.

Peu importe les adversaires qu'affronteront les Remparts en mai, Graves demeure convaincu qu'il s'agira d'une expérience totalement unique à Québec. «Ce sera différent d'être les hôtes du tournoi. Nous aurons nos partisans derrière nous, plutôt que d'être en territoire hostile. Et il y aura une deuxième équipe de la LHJMQ aussi. Ce sera un avantage pour les deux équipes de la LHJMQ, qui se connaîtront un petit peu, et un désavantage. Alors ce sera différent, mais dans le fond, ce sera la même pression et la même situation : on devra gagner chaque match.»

Sur un mur du gymnase des... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

Agrandir

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

***

Sur le repêchage de la LNH...

«Je ne peux pas l'expliquer. C'était fou. J'avais eu quelques rencontres avec les Rangers avant le repêchage et ça c'était très bien passé. J'avais aussi rencontré leur dépisteur à l'Île-du-Prince-Édouard. On avait parlé. J'avais le pressentiment que New York pouvait faire partie des équipes intéressées, mais je ne m'attendais pas à New York. Je l'espérais, par contre. Et quand ils ont finalement prononcé mon nom, c'était un sentiment incroyable pour ma famille et moi. Avant ce jour-là, ce n'était qu'un rêve de jouer dans la LNH, mais une fois qu'on est repêché, on passe à un autre niveau. On doit décrocher un contrat et faire l'équipe. Le focus change.»

Sur le Madison Square Garden...

«Je ne peux pas penser à un meilleur endroit où jouer qu'au Madison Square Gardien. Cet endroit à une si longue histoire, quand on pense à tous événements qui ont eu lieu là et aux joueurs qui y sont passés. Il n'y a pas un endroit où j'aimerais mieux jouer. Par contre, je n'y suis jamais allé! Je ne le connais qu'en photo. Les camps d'entraînements auxquels j'ai participé avaient eu lieu au centre d'entraînement des Rangers. On a le privilège de jouer au Garden que si on joue un match! J'aimerais y aller si j'en ai la chance, mais je pense que je préférerais que ma première visite survienne lorsque j'y jouerai! Ce serait encore plus spécial.» 

Sur Anthony Duclair

«Je suis excité pour lui. Je lui souhaite tout ce qu'il y a de mieux. De mon côté, même si je n'avais pas été blessé [épaule], je ne crois pas que j'avais une chance de faire l'équipe dans un futur rapproché. C'est un processus plus long pour un défenseur, particulièrement le genre de joueur que je suis. L'organisation me considère comme un projet. Il me reste encore beaucoup de travail à faire avant de pouvoir aspirer à cela. Dans le cas de Tony, il a tellement de talent! Alors s'il est capable de faire le saut dès cette année, je suis content pour lui. Il a profité de son opportunité.» 

Sur le golf

«Pendant l'été, je me garde très occupé. Je suis un avide golfeur. Je joue depuis que je suis jeune. J'adore ce sport. Je trouve que c'est relaxant. C'est amusant de passer une journée dans les allées avec des amis. C'est frustrant par bout, mais j'adore ça! Je n'ai pas regardé beaucoup de golf à la télé dernièrement. Je regarde seulement les grands tournois. Je vais regarder l'Omnium des États-Unis et des compétitions comme celle-là. J'adore regarder Rory [McIlroy] et Tiger [Woods].»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer