Le hockey dans l'ADN de Guy Chouinard

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Guy Chouinard est aujourd'hui entraîneur-chef des Lions du Collège Champlain St. Lawrence dans la ligue de hockey collégial.

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(Québec) Du Tournoi pee-wee à la Ligue nationale en passant par les Remparts, le hockey se retrouve depuis toujours dans l'ADN de Guy Chouinard. Il y a 40 ans, ce fils de Limoilou disputait son premier match dans la grande ligue. Retour sur la carrière d'un des grands hockeyeurs de Québec!

Guy Chouinard en 1974. Lors de son séjour... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

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Guy Chouinard en 1974. Lors de son séjour avec les Remparts de Québec, il a récolté 359 points (147-212) en... 179 matchs! Dans la LNH, il a presque maintenu une moyenne d'un point par match en amassant 575 points, dont 205 buts, en 578 matchs entre 1974-1975 et 1983-1984.

Photothèque Le Soleil

Ce n'est pas un hasard si le nom de famille de Guy Chouinard rime avec les Remparts. Son regretté père (André, qui fut propriétaire de Chouinard Automobiles) a été l'un des actionnaires de la Société Colibec, fondatrice de l'équipe en 1969. Les quatre frères (Pierre, Guy, Jean et Jacques) et le fils de Guy (Éric) ont tous porté les couleurs des Diables rouges.

Surclassé dès l'âge de huit ans, Guy Chouinard a joué pee-wee pendant cinq ans et participé quatre fois au fameux tournoi de Québec. «Je n'avais pas l'air fou [à neuf ans dans le pee-wee], mais je ne pense pas que ça passerait au conseil, aujourd'hui. Ça fait tout près de 50 ans et on me parle encore des Castors de Québec, ça reste un fait marquant de ma carrière», dit-il en rétrospective.

À 14 ans, il participera à un premier camp avec les Remparts, qui alignent alors Guy Lafleur. Ce n'est qu'une partie remise, puisqu'il se taillera un poste avec le club à 15 ans, en 1971-1972. En trois saisons, il remporte la Coupe du Président à deux reprises et s'incline deux fois en finale de la Coupe Memorial. À sa dernière année, il enfile 75 buts et obtient 160 points, ce qui lui vaut le quatrième rang des marqueurs... de son équipe, derrière Réal Cloutier (216), Jacques Locas (206) et Richard Nantais (194).

Sa production fera de lui le plus jeune espoir repêché à ce moment dans la LNH, qui décide alors de permettre la sélection de joueurs de 17 ans afin de contrer l'arrivée de l'Association mondiale. Les Flames d'Atlanta le réclament en deuxième ronde (28e) en 1974 après avoir reçu l'assurance qu'il n'irait pas dans l'AMH, comme l'a fait «Buddy» Cloutier avec les Nordiques.

«Moi, mon rêve était de jouer dans la LNH. Notre départ a fait mal aux Remparts, parce qu'on avait encore deux ans d'éligibilité. Sans vantardise, on aurait peut-être aussi aidé d'autres joueurs à se faire valoir si nous avions été là.»

Retranché à son premier camp avec les Flames, on lui dit de s'en aller à Des Moines (Iowa) pour rejoindre le groupe des ligues mineures. «J'avais dit "OK, on passe par où..."», raconte la recrue de l'année en 1974-1975 dans la Ligue centrale, qui disputera cinq matchs dans la LNH.

«J'ai adoré Atlanta, c'était une belle ville. Mais lorsque l'équipe est déménagée à Calgary, on se retrouvait dans un marché de hockey», indique celui qui, avant de partir pour l'Ouest canadien, aura le temps de connaître sa saison la plus productive avec 50 buts et 107 points, en 1978-1979. Il jouera ensuite trois ans à Calgary, l'heure de la retraite sonnant en 1984 après une saison à St. Louis.

De joueur à entraîneur

«Je suis bien content de ma carrière. J'aurais aimé gagner la Coupe Stanley et la Coupe Memorial, mais je ne regrette rien», confie Chouinard dans le hall du Complexe sportif de L'Ancienne-Lorette, où il dirige maintenant les Lions du Collège Champlain St. Lawrence.

Car son aventure dans le hockey n'était pas terminée, une autre le menant derrière le banc de plusieurs clubs de la LHJMQ. À ce jour, il occupe le deuxième rang pour le plus de victoires (569) par un entraîneur-chef et détient des records pour le plus de saisons (19), de championnats (4), de matchs dirigés en séries (153) et de séries (29).

Joueur, Chouinard savait qu'il deviendrait entraîneur, un jour. «Hey, coach, qu'en penses-tu?» disaient souvent ses coéquipiers des Flames à celui qui n'a jamais eu de misère à donner son opinion.

Après avoir pris les guides des Chevaliers de Longueuil en milieu de saison en 1985-1986, il remporte le championnat avec eux, la saison suivante. Les Nordiques lui proposent alors le poste d'entraîneur-chef de leur club-école de la Ligue américaine à Fredericton, mais, encore incertain d'aimer ce métier, il refuse l'offre. «Je ne pense pas que ça a aidé ma carrière par la suite», avoue-t-il.

Après des passages à Longueuil, Verdun (où il avait été embauché par Jacques Lemaire), Victoriaville, Trois-Rivières, Sherbrooke et Laval, Chouinard rentre à la maison pour diriger les Remparts de 1999 à 2002. À Québec, il vivra l'apothéose de sa carrière d'entraîneur-chef, mais aussi sa plus vive déception.

«Je ne pouvais pas demander mieux, c'était une chose naturelle. Ça a été une fierté de coacher les Remparts, une organisation de première classe basée sur l'excellence. Parfois, tu enfiles le chandail d'une équipe et c'est différent des autres, c'est le cas pour celui des Remparts», admet celui qui avait été remplacé par Éric Lavigne à l'aube d'une participation à la Coupe Memorial.

«L'une de mes qualités est aussi l'un de mes défauts, je suis orgueilleux, ça vient peut-être du sang irlandais de ma mère. Ça avait été très difficile à prendre, surtout qu'il s'agissait de l'année de la Coupe Memorial [2003] à Québec. Même si ça restera toujours dans un petit tiroir au fond de ma mémoire, j'ai tourné la page et le temps a fait son oeuvre. La preuve, je n'ai plus de cheveux aujourd'hui...», dit ce pince-sans-rire.

Qu'importe, l'homme est fier du chemin parcouru. «Je n'aurais jamais pensé durer aussi longtemps. Je n'agissais pas juste en coach, j'étais aussi responsable des jeunes qu'on me confiait et je pense avoir aidé plus de gars qu'il pourrait y en avoir qui ne m'aiment pas. Quand je regarde en arrière, je me dis que j'aurais aimé être coaché par Guy Chouinard.»

Guy Chouinard en 1973 ... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Guy Chouinard en 1973

Photothèque Le Soleil

Trois faits marquants

En bonne compagnie

«J'ai marqué mon 50e au 79e match d'une saison de 80. Il était temps... Cette année-là, Guy Lafleur, Mike Bossy et Marcel Dionne en avaient aussi compté 50, j'étais en pas pire compagnie! Ça reste ma saison la plus productive dans la LNH, mais en 1980-1981, j'avais amassé 83 points en 52 matchs, ça avait aussi bien été», dit Guy Chouinard, 35 ans après avoir joint le club des 50.

Un septième match au Spectrum

«À la première année des Flames, à Calgary, nous étions en avance 3-2 dans une série contre les Flyers et on avait perdu le sixième match à la maison. On devait donc jouer le septième au Spectrum de Philadelphie, une belle place, super le fun à jouer, où les Flyers n'avaient jamais perdu un septième match. Nous l'avions emporté 4-1 pour ensuite perdre en demi-finale contre Minnesota», se souvient Guy Chouinard à propos des séries de 1981, remportées par les Islanders.

«Ah! Si mon moine voulait danser...»

«Comme joueur, j'ai remporté la Coupe du Président dans la LHJMQ à deux reprises avec les Remparts. En 1973-1974, on avait battu Sorel 4-2 en finale. Avant le premier match là-bas, où ce n'était pas drôle de jouer non plus, ils vendaient des billets sur place pour aller voir les Éperviers à la Coupe Memorial. Maurice Barrette [le gardien] avait tout arrêté. À notre retour à Québec, [leur entraîneur-chef] Rodrigue Lemoyne avait été accueilli au Colisée sur l'air de la chanson "Ah! Si mon moine voulait danser"», raconte Chouinard à propos du folklore de l'époque.

Famille de hockeyeurs

Six membres de la famille Chouinard ont joué avec les Remparts ou dans la LHJMQ. Voici ce qu'en pense le coach Guy Chouinard, qui a aussi eu une bonne pensée pour sa soeur Diane, «qui nous encourageait! Pauvre Diane, elle disait toujours qu'il n'y avait pas juste des gars dans la famille... Elle aimait ça, aussi, le hockey.»

>> PIERRE CHOUINARD, Remparts (1969-1970)

- 41 points en 25 matchs

«Je l'ai suivi quand j'étais adolescent, j'ai vécu les années de Guy Lafleur grâce à lui. Pierre avait un très bon lancer et il possédait un excellent lancer des poignets.»

***

>> JEAN CHOUINARD, Remparts et Sherbrooke (1975 à 1979)

- 54 buts en 1978-1979

«Nous n'étions pas une famille réputée pour notre robustesse, mais "Johnny" était le plus costaud des quatre frères, et s'il avait été plus agressif, ça aurait pu le servir encore plus, ce qui ne l'a pas empêché d'avoir une belle carrière junior.»

***

>> JACQUES CHOUINARD, Remparts (1977 à 1982)

- 28 buts et 30 passes en 1979-1980

«Comme les autres, la vitesse n'était pas la première qualité de "Jacquo", mais il était un bon manieur et lisait bien le jeu.»

***

>> ÉRIC CHOUINARD, Remparts (1997 à 2000)

- Deux saisons de 50 buts

«Comme père, il n'y a rien qui m'a amené plus de joie que de diriger mon fils et, à quelque part, je serai toujours reconnaissant envers les Remparts pour avoir eu cette chance, comme Patrick [Roy] a pu le vivre avec les siens. Ça n'a pas toujours été facile, peut-être même plus pour lui parce qu'il devait entendre des commentaires à mon endroit dans le vestiaire, mais sur la glace, il était un compteur né, il avait un très bon lancer. C'était tout un tireur.»

***

>> MARC CHOUINARD, Harfangs et Halifax (1993 à 1997)

- 320 matchs dans la LNH

«Le fils de Pierre. Je l'ai affronté un peu quand je coachais, il avait un très grand gabarit [6'4"] et pratiquait peut-être le style le plus défensif de la famille. Sans ne lui en avoir jamais parlé, il a probablement compris que sa voie dans le hockey passait par là, ce qui lui a valu une belle carrière dans la LNH.»

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