Callum Booth à la recherche de l'équilibre parfait

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Callum Booth a commencé au hockey comme défenseur et attaquant avant d'enfiler les jambières de gardien de but.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) À 17 ans, le gardien de but des Remparts, Callum Booth, entame la saison de sa vie dans la LHJMQ. Après avoir remporté l'or comme auxiliaire au prestigieux Tournoi invitation Ivan Hlinka en août, le Montréalais enfile désormais le masque de numéro un à Québec, où il doit mener sa formation à la Coupe Memorial, en mai. Entre les deux, le plus bel espoir nord-américain à sa position en vue du prochain repêchage de la LNH doit conjuguer attentes surdimensionnées, hockey de haut niveau et études sérieuses. Un exercice de haute voltige.

Callum Booth ne jouait au hockey que depuis deux ans, lorsqu'il a enfilé des jambières de gardien de but pour la première fois. C'était la veille des séries, au terme d'une saison perdante. Le portier de son équipe ne voulait plus défendre le filet de la formation novice A. Booth, alors défenseur et attaquant, s'est porté volontaire. Il s'est tenu sur la tête. L'équipe s'est mise à gagner. Il avait sept ans et épatait déjà la galerie.

Dix ans plus tard, il est l'un des trois seuls gardiens de but de la planète - et le seul dans la LHJMQ - à obtenir une «cote A» de la Centrale de recrutement de la LNH en vue du prochain repêchage. Déjà, on le pressent pour devenir, à l'instar de son entraîneur Maxime Ouellet chez les Remparts, un choix de première ronde dans le circuit Bettman.

Et on comprend pourquoi. À presque 6'3" et 200 livres, le cerbère taillé sur le modèle de Carey Price ne possède pas seulement le physique recherché, mais également l'attitude prisée par les dépisteurs. «Il est très calme et est très réservé dans ses émotions. N'est-ce pas ce qui fait un bon gardien? C'est comme un pilote de Formule 1. Ce sont rarement des personnalités expressives. Les deux semblent aller de paire», remarquent ses parents Rob et Nicki Booth.

Sur patins à quatre ans

Rien ne prédestinait pourtant le jeune Callum au hockey. Fils d'immigrants britanniques, le grand efflanqué avait plus de chances de s'adonner au rugby, sport où son père a excellé - il a fait l'équipe nationale anglaise U18 -, ou en athlétisme, discipline pratiquée par sa mère. Mais lorsque le couple est parti de Londres en 1996 pour s'installer à Montréal, où Nicki, une généticienne, avait accepté un emploi à l'Université McGill, la famille a adopté la culture canadienne. Incluant le hockey.

«Callum est né ici, un an après notre arrivée. Il est Canadien. Ça allait de soi qu'on le mette sur patins! Comme ça, s'il n'aimait pas jouer au hockey, il saurait au moins patiner», ont raconté ses parents, de passage au Colisée dimanche, en compagnie d'Amelia, 13 ans, et d'Angus, 10 ans.

Selon eux, leur fils aîné a tout de suite aimé ses premières tentatives sur lames à l'Aréna Doug Harvey, même s'il n'excellait pas. De son côté, Callum ne garde pas de souvenir mémorable de ses premiers coups de patin.

«Bien sûr que non, il n'en garde pas un grand souvenir! Callum est un perfectionniste. Il aime être bon dans tout ce qu'il fait. C'était difficile pour lui, au début. Nous ne voulions pas le forcer, mais c'est lui qui a voulu continuer. Il a commencé à patiner à quatre ans et s'est mis au hockey à cinq ans, comme défenseur ou attaquant. Et il était bon», se rappelle Nicki.

Après avoir étonné à son premier essai, Callum a partagé le boulot avec deux autres portiers à sa deuxième année novice. Ce n'est qu'une fois chez les atomes, à neuf ans, qu'il est devenu gardien de but. Contrairement à une majorité d'enfants, ce n'est toutefois pas une fascination pour l'attirail des cerbères qui l'y a poussé.

«Sûrement pas, basé sur mon premier équipement, qui ne coûtait probablement pas grand-chose! C'était un programme dans mon association de hockey mineur, où ils prêtaient un équipement complet pour 25 $ par match. À mes trois premières années comme gardien, j'ai fait ça. Maintenant, quand je change d'équipement, je leur remets mon vieux pour qu'ils puissent l'utiliser», a raconté Booth, qui avait décroché son poste dans le club atome BB «à condition de se procurer des patins de gardien de but».

Stressant pour les parents

Pour ses parents, l'idée de voir leur garçon devenir gardien n'a pas tout de suite été bien accueillie. «C'est dur sur les nerfs! Même aujourd'hui. Et ça ne s'améliore pas! Parce que les enjeux sont toujours de plus en plus élevés. Mais ça va mieux depuis le niveau bantam et l'ajout des contacts physiques. On préfère vivre avec le stress qu'il se fasse marquer un but plutôt que la peur qu'il soit blessé», ont-ils soutenu.

Pour Callum, la transition était non seulement salutaire, mais elle lui a permis de s'imposer comme un joueur d'élite à sa nouvelle position. À sa première année bantam AA, avec les Royals de Montréal, où il y partageait le filet avec Julio Billia des Saguenéens, il a été sélectionné sur l'Équipe du Québec U14, ce qui l'a mené à un premier tournoi international, en Finlande. L'année suivante, il était retenu sur l'une des deux équipes du Québec U15, qui s'étaient mesurées lors du tournoi midget espoir de Châteauguay, en février 2012.

«Donald Audette était notre coach. On a gagné la médaille de bronze. Il y avait deux Équipes Québec et Phil [Boucher, entraîneur-chef des Remparts] était le coach de l'autre équipe. Son fils, Matthew, était dans la nôtre. C'était l'histoire du tournoi, le fils qui jouait contre son père», s'est souvenu Booth.

Un monde de possibilités

Les performances du gardien de but, mais également du brillant étudiant, allaient ensuite lui ouvrir un monde de possibilités. C'est ainsi qu'à l'automne 2012, il faisait son entrée à la Salisbury Academy, une prestigieuse école préparatoire du Connecticut, où il avait obtenu une bourse d'études de trois ans.

«Ç'a été l'une des meilleures années de ma vie! C'était vraiment le fun de pouvoir jouer avec des gars avec qui tu vas à l'école, d'être tout le temps ensemble. [...] C'était aussi un très haut niveau de hockey. J'avais 15 ans et je jouais avec des gars qui venaient d'être repêchés dans la LNH.»

Sélectionné par les Remparts en juin 2013, le gardien - et sa famille - se sera toutefois laissé convaincre de joindre la formation junior de Québec la saison suivante, ce qu'il ne regrette pas, pas plus que sa famille. «Les Remparts nous ont démontré qu'il n'aurait pas à négliger ses études pour jouer au plus haut niveau de hockey. Cette année, il est au Cégep Champlain-St. Lawrence et il va bien. Alors jusqu'à maintenant, ils ont raison!» affirme Nicki Booth, qui avait fait sa petite enquête auprès de plusieurs parents de joueurs, notamment ceux de Marc-Antoine Carrier, avant d'arrêter sa décision.

Callum Booth peut compter sur l'appui de ses... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Callum Booth peut compter sur l'appui de ses parents, Rob et Nicki, qui assistent à presque tous ses matchs au Colisée Pepsi. Sa soeur Amelia, 13 ans, médaillée d'or en soccer aux derniers Jeux du Québec, et son frère Angus, 10 ans, un défenseur au hockey, se joignent souvent à l'aventure. 

Le Soleil, Erick Labbé

Vivre dans le moment présent

Ne demandez pas à Callum Booth comment il entrevoit sa saison chez les Remparts, ni sa participation au tournoi de la Coupe Memorial, voire le prochain repêchage de la LNH, où il devrait être réclamé en première ronde. Le portier de 17 ans se fait un point d'honneur de vivre dans le moment présent.

Mode de survie ou philosophie bien ancrée? Toujours est-il que la méthode fonctionne! Depuis son arrivée chez les Remparts, le Montréalais allie, tel un équilibriste, sports et études. Devant le filet, il s'est relevé d'une performance mitigée au Défi mondial des moins de 17 ans en décembre 2013, pour terminer sa première saison chez les Remparts en force et ravir le poste de numéro un au vétéran François Brassard en séries.

«J'ai mis beaucoup d'effort sur ma technique pour être sûr qu'une chose comme ça n'arrive plus. Ç'a paru en deuxième moitié de saison», a fait savoir le jeune homme, qui possède la double nationalité canadienne et britannique, mais se considère Canadien.

Cette année, la tâche se veut encore plus lourde. Il tente de s'imposer comme partant lors de la Coupe Memorial, devant le vétéran Éric Brassard. Au terme de la saison, il sera également admissible au repêchage de la LNH. Un événement auquel il a rêvé, «comme tous les petits garçons de six ans».

«Pour moi, le repêchage, c'est la même chose que la Coupe Memorial. J'essaie de ne pas y penser. Il ne faut pas penser trop loin dans le futur pour ne pas rater toutes les expériences qu'il y a entre les deux. À la fin de la saison, ce que je veux, c'est être capable de dire que j'ai donné mon 100 % dans toutes les opportunités que j'ai eues devant le filet», a soutenu celui qui, dans la LNH, apprécie le travail des Tuukka Rask, Henrik Lundqvist et Pekka Rinne.

Un entourage de qualité

Parallèlement, Booth continue de performer sur les bancs d'école, combinant un temps plein en sciences au Cégep Champlain-St. Lawrence à deux cours à distance. «Les études, c'est important pour mes parents. Et comme enfant, on veut plaire à ses parents. Je comprends aussi que le hockey, ce n'est pas toute la vie.»

La clé du succès de Booth, c'est sa grande autonomie et la qualité de son entourage, notamment sa famille de pension, les Lemelin. «Les familles d'accueil, ça représente tellement une grosse pièce du casse-tête! François était un gardien, alors il comprend bien Callum», note Nicki Booth.

Callum Booth sur...

Zachary Fucale

Cochambreur au dernier camp de développement de gardiens de buts de Hockey Canada, le portier des Mooseheads et espoir du Canadien Zachary Fucale a réalisé ce que Callum Booth tente d'accomplir cette saison : remporter la Coupe du président et la Coupe Memorial à 17 ans. «Zach a été très gentil. Il m'a donné beaucoup de conseils sur la façon de gérer ça. Dans un premier temps, de ne pas y penser et de ne penser qu'au prochain match. Ça m'aide beaucoup. Il m'a aussi donné beaucoup d'autres petits conseils sur la façon de gérer ma saison. C'est un bon gars et un excellent gardien aussi.»

Connor McDavid

En 2012, Callum Booth a pris part à un camp de développement parrainé par l'Association des joueurs de la LNH, où il a été coéquipier du surdoué Connor McDavid, des Otters d'Erie. En compagnie de l'Américain Jack Eichel, l'Ontarien représente le plus bel espoir au prochain repêchage de la LNH. «Il y avait plusieurs bons joueurs à ce tournoi, mais lui, il était à un autre niveau, comme on peut le voir cette année avec tous ses points. C'est un joueur exceptionnel. On était dans la même équipe, alors il marquait sur moi dans les pratiques. Je ne suis aucunement étonné de l'attention qu'il reçoit. Il le mérite complètement. Il mérite toute l'attention et même plus.»

Semyon Varlamov

Comparé au gardien de l'Avalanche du Colorado Semyon Varlamov par l'éclaireur de la Centrale de recrutement de la LNH Al Jensen, Booth a rencontré le gardien lors d'un dîner en compagnie de Patrick Roy, qui tentait de le convaincre de se joindre aux Remparts. «La première fois que j'ai rencontré Patrick, on est rentré dans le restaurant et il était déjà assis là avec quelqu'un d'autre. Moi, je pensais que ça allait juste être nous. J'étais déjà impressionné de serrer la main du meilleur gardien de l'histoire! Et c'est là qu'il m'a présenté "Semyon". Au début, ça ne rentrait pas. Il a fallu que j'y pense deux fois pour réaliser qu'il s'agissait de Varlamov! Si on me compare juste un peu à lui, c'est flatteur, mais j'essaie de ne pas trop baser mon jeu sur celui d'autres gardiens.»

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