Michaël Bournival: le défi de la deuxième année

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«Je pense qu'au hockey, quand tu n'as pas de pression, tu ne peux pas performer» - Michaël Bournival

Le Soleil, Erick Labbé

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Pour une poignée de surdoués tels Sidney Crosby et Nathan MacKinnon, passés directement des rangs juniors à la LNH, il existe une grande majorité de joueurs pour qui l'ascension doit se faire en étapes. C'est ainsi que, malgré les acquis de la dernière saison et le départ de vétérans pendant l'été, Michaël Bournival se retrouve en terrain familier au terme de son troisième camp d'entraînement avec le Canadien : incertain de son avenir.

Quand il a amorcé le camp d'entraînement du Canadien en septembre, Michaël Bournival n'avait qu'un but en tête : «Faire sa place dans l'équipe et s'établir dans la LNH». Après une première campagne de 60 matchs, ces objectifs semblaient atteignables. L'attaquant de 22 ans, qui lutte maintenant pour un poste, sait toutefois qu'il n'y a jamais rien d'acquis dans le hockey.

Restera-t-il finalement à Montréal ou amorcera-t-il la saison à Hamilton? Peu importe le verdict, la prochaine saison sera cruciale pour Bournival. Il écoulera la dernière année d'un contrat de trois ans et devra convaincre l'organisation de lui offrir une nouvelle entente.

À cet égard, l'attaquant, qui s'est démarqué par sa vitesse dans le quatrième trio la saison dernière, n'a pas à regarder bien loin dans le vestiaire du Canadien  afin de trouver un modèle à suivre. «J'observe toujours Tomas Plekanec, à cause de son style de jeu. Il est intelligent, il voit bien le jeu, il travaille fort aux deux bouts de la patinoire, il est efficace un peu partout, donc c'est un joueur que j'aime bien surveiller. J'essaie d'apprendre de lui», a fait savoir le natif de Shawinigan.

Depuis qu'il a enfilé des patins pour la première fois à l'âge de trois ans, Bournival ne manque d'ailleurs pas de modèles, à commencer par son père Jean. Responsable des activités communautaires dans une résidence pour personnes âgées, il a dirigé des équipes de hockey mineur pendant 27 ans.

«Ç'a commencé à Shawinigan-Sud. J'ai fait tout mon MAHG-là. Mon hockey mineur, je l'ai fait dans la région de Shawinigan. Mon père faisait les pratiques. Mon frère Jean-Philippe, qui est trois ans plus vieux que moi, jouait déjà au hockey. C'est ça qui a fait que j'ai commencé aussi tôt», a raconté Bournival, qui a aussi une soeur, Caroline, de six ans son aînée, qui a déjà fait du patin.

Tous les loisirs de la famille tournaient donc autour de l'aréna. Même maman Céline, une infirmière, est devenue une amatrice, avec le temps. Quant aux garçons du clan, ils passaient tous leurs temps libres à jouer au hockey dans la rue!

«Sinon, on allait à la patinoire extérieure. Je jouais avec les amis de mon frère, qui étaient plus vieux. C'était le fun pour moi.»

Dans le hockey organisé, il y a eu les Éperviers, mais surtout les Olympiens, chez les novices. Ensuite, au niveau atome, les Castors, et chez les pee-wees, les Sélects de Grand-Mère. Une fois dans le pee-wee AA et le bantam AA, Bournival entrait dans la structure des Cataractes, puis dans le midget AAA, chez les Estacades. Avec cette dernière formation, il a inscrit 33 buts et 23 passes en 52 matchs. En 2008, il a été repêché en première ronde (septième au total) par les Cataractes de Shawinigan, avec qui il a cumulé 93 buts et 11 aides en 201 matchs réguliers.

«J'ai toujours aimé les Cataractes, et le fait d'être repêché dans la ville où j'ai grandi, ç'a été un privilège pour moi. J'ai toujours été entouré de ma famille. Je n'ai pas eu à m'adapter à une pension ou à être tout seul loin de  ma famille», a souligné l'ancien capitaine des Cats.

Éric Veilleux comme un deuxième père

C'est avec la formation mauricienne que Bournival a développé son identité de joueur travaillant et acharné. Il a également beaucoup appris au contact de l'entraîneur-chef Éric Veilleux, avec qui il entretenait une relation symbiotique.

«J'ai grandi pendant quatre ans avec Éric Veilleux comme coach. Ç'a été comme un deuxième père pour moi quand j'étais là-bas. C'était quelqu'un à qui j'étais capable de m'ouvrir. Je pense que ça m'a été bénéfique.»

Au cours de son stage junior, qui s'est soldé avec la conquête de la Coupe Memorial en 2012, Bournival a participé au Championnat mondial des moins de 18 ans en 2009. Il a également été repêché par l'Avalanche, en 2010 (71e au total).

«Quand t'es jeune, c'est dur de croire que tu vas te rendre là. Plus les années avancent, plus tu y crois et tu penses que c'est accessible. Finalement, tu es repêché par une équipe. C'est une partie du travail de fait. Mais il en reste encore à venir.»

À peine cinq mois plus tard, il a été échangé au Canadien en retour du défenseur Ryan O'Byrne. Il s'agissait de sa première expérience avec le côté plus impitoyable du hockey. «Ça bouge vite dans le hockey. Sauf qu'ils m'avaient expliqué les circonstances. Ce n'est pas qu'ils ne me voulaient plus au Colorado. Il manquait des défenseurs et ils n'avaient pas vraiment le choix de faire un échange.»

Toujours être meilleur que la veille

Celui qui a toujours évolué pour une formation locale poursuivait sur la même lancée dans la LNH, avec sa mise sous contrat par le Tricolore en 2011. Avec Montréal venait toutefois une pression de performer.

«T'as toujours la pression dans le hockey. J'en ai eu toute ma vie, de la pression. Souvent, la pression, elle venait même de moi. Je pense qu'au hockey, quand tu n'as pas de pression, tu ne peux pas performer.»

À son premier camp avec le Canadien, Bournival n'a pas été en mesure de faire la coupure. Il s'est donc joint aux Bulldogs d'Hamilton en 2012-2013, où il a poursuivi son apprentissage «de tous les petits détails de la game» auprès de l'entraîneur-chef Sylvain Lefebvre.

À son deuxième camp avec le Canadien, il en a été autrement. L'attaquant, fort d'une bonne préparation estivale, était déterminé à percer l'alignement. «Je voulais faire très bonne impression pour que s'ils avaient à rappeler quelqu'un, ce serait moi. Quand on est arrivés au camp, Marc Bergevin avait dit qu'il y avait toujours des surprises au camp. Je m'étais dit que ce serait moi. Je me disais tout le temps : "Il faut que je sois meilleur que la veille, il faut que je sois meilleur que la veille..."»

Un mantra qui l'a bien servi la saison dernière et qu'il utilise sûrement de nouveau cette année...

Michaël Bournival n'oubliera jamais le 27 mai 2012.... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Michaël Bournival n'oubliera jamais le 27 mai 2012. Les Cataractes de Shawinigan avaient remporté quatre matchs en cinq soirs pour décrocher la première Coupe Memorial de l'histoire de l'organisation. 

Photothèque Le Soleil

Une Coupe mémorable

Une équipe négligée, éliminée en deuxième ronde des séries, surmonte l'adversité et remporte la Coupe Memorial. Au premier plan, le capitaine Michaël Bournival mène les Cataractes de Shawinigan  à une première victoire nationale en 43 ans. «C'était un scénario de film», convient-il aujourd'hui.

Ce n'est pas demain que Bournival oubliera la date du 27 mai 2012. Ses Cataractes, condamnés au parcours du bris d'égalité, réalisaient l'impensable en remportant quatre matchs en cinq soirs pour décrocher la première Coupe Memorial de l'histoire de l'organisation.

«C'est l'un des plus beaux moments dans ma carrière de hockey. C'est quelque chose que je ne vais jamais oublier, surtout de la manière que ça s'est fait. On était les négligés. On a eu un mois d'inactivité. On a travaillé fort pendant ce mois-là. On s'en allait à l'aréna, on savait qu'on allait patiner et patiner. Tout le monde était embarqué dans le même bateau. Je pense que c'était une bonne leçon de vie. On a eu un obstacle. On s'est relevé en équipe. Tout le monde y croyait.»

L'élimination hâtive aux mains des Saguenéens de Chicoutimi a été particulièrement difficile à prendre pour l'attaquant. Une situation qui a demandé du doigté de la part de l'entraîneur-chef Éric Veilleux.

«Il a été là pour moi dans les moments difficiles. Quand on s'était fait éliminer contre Chicoutimi, c'était dur pour lui, mais pour moi aussi. Ça n'avait pas été comme je le voulais. Il m'avait appelé. J'avais été chez eux. Il m'avait parlé. Sans lui, je pense que ça aurait été différent. On s'est soutenus ensemble. J'ai vraiment apprécié son aide.»

Mentalement difficile

Le noeud de la guerre était de demeurer motivé et bien entraîné, malgré le mois qui séparait l'élimination des séries et le début du tournoi de la Coupe Memorial. «Mentalement, ça avait été difficile sur l'équipe. On s'était tous resserrés. On s'était dit que, quoi qu'il arrive, on allait tout faire pour se donner une chance de gagner la Coupe Memorial. Même à la Coupe Memorial, on n'a pas eu le départ qu'on voulait non plus. On a passé par toutes les petites étapes. Tout le parcours qu'on a fait pendant cette coupe-là, c'était un parcours incroyable. C'est quelque chose dont je vais me souvenir à vie.»

L'issue du tournoi semblait si improbable qu'il aura fallu à Bournival 24 heures, et la une des journaux du lendemain, pour réaliser ce qui s'était passé. «Je me suis rappelé que lorsqu'on faisait le tour de la patinoire, il y avait des partisans qui pleuraient. C'était quelque chose de vraiment spécial. Pour la ville, ç'a été bénéfique. Il y a eu comme un engouement. Tout le monde était à la même place, se soutenait.»

En fin de compte, la participation à ce grand événement sportif aura été une bonne occasion d'en apprendre sur lui-même. «Quand il y a des obstacles, des échecs, c'est à toi de les surmonter. Ça ne se surmonte pas tout seul. Il faut que tu travailles pour ça. Et c'est ce qu'on a fait. On a travaillé pour et on a récolté le résultat par la suite.»

***

Mon premier...

«La première fois, ç'a été pendant les matchs hors concours. Tu as toujours

des petits frissons quand tu regardes la foule. C'est quelque chose de spécial.

Le premier match des séries à Montréal, ç'a été la même chose, même si ce sont deux expériences complètement différentes.»

Michaël Bournival, sur son premier match au Centre Bell

«C'était quand même spécial. C'était contre Philadelphie à Montréal. T'es là, mais en même temps, tu n'es pas tout là. Il y a beaucoup de choses à assimiler. C'est sûr que j'étais nerveux. C'est un rêve qui se réalisait. Tout allait au ralenti. Dans ma tête, c'était vraiment quelque chose.»

Michaël Bournival, sur son premier match dans la LNH

«Mon premier but, je pense que j'ai eu des frissons pendant 10 minutes de temps! Quand t'es jeune, tu rêves souvent à quelque chose comme ça. Ç'a été vraiment un gros moment. C'est indescriptible comme feeling. C'est inoubliable comme moment. C'était contre les Blue Jackets et Sergei Bobrovsky, au Centre Bell.»

Michaël Bournival, sur son premier but dans la LNH
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