Un raccourci de 5000 km pour Dmytro Timashov

En plus du russe, Dmytro Timashov parle le... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

En plus du russe, Dmytro Timashov parle le suédois et se débrouille fort bien en anglais.

Photo Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Pleins feux

Sports

Pleins feux

Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Son objectif est de jouer dans la LNH. Et pour l'atteindre, il estimait que le hockey junior majeur pouvait l'y conduire plus rapidement. Après l'Ukraine, la Russie et la Suède, voilà que Dmytro Timashov ajoute le Canada à son itinéraire de vie. Déjà, le nouveau joueur européen des Remparts de Québec se sent à l'aise dans cette ville qui lui rappelle la capitale suédoise!

«La possibilité d'évoluer sur des petites surfaces nord-américaines... (Photo Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

Agrandir

«La possibilité d'évoluer sur des petites surfaces nord-américaines pourrait mieux me préparer pour jouer dans la LNH, un jour»- Dmytro Timashov, le nouveau joueur européen des Remparts 

Photo Le Soleil, Yan Doublet

«Il s'agit de mon premier séjour à Québec, je trouve que ça ressemble beaucoup à Stock-holm», dit d'entrée de jeu Dmytro Timashov à propos de son domicile pour les mois à venir. Même si plus de 5000 km séparent les deux villes, celui qui se fait aussi appeler Dima (le diminutif de Dmytro) ne devrait pas trop s'ennuyer de ses proches puisqu'il vivait déjà par lui-même en appartement depuis deux ans malgré son jeune âge.

«Je suis habitué d'être éloigné de la maison. En Suède, ça faisait déjà deux ans que j'étais parti de chez moi pour jouer au hockey. Ça ne dérangeait pas trop ma mère, parce que je n'étais qu'à une heure de vol et cinq de voiture, mais là, c'est plus loin. On se parle quasiment tous les jours depuis mon arrivée», raconte celui à qui les Remparts ont déniché une pension où il profitera d'une plus grande autonomie.

Trilingue, Timashov maîtrise parfaitement le russe de ses parents, le suédois de sa jeunesse et se débrouille fort bien en anglais, éducation scolaire oblige. Pendant l'entrevue avec Le Soleil, il nommait les lettres en français pour nous dire comment orthographier ville ou nom de famille.

Aujourd'hui, il se considère comme un joueur suédois, «puisque j'ai porté les couleurs du pays à plusieurs matchs internationaux». Mais lorsqu'il est venu au monde, rien ne le prédestinait à enfiler un jour le Tre Kronor jaune et bleu du royaume.

Dmytro est né en Ukraine, d'un père russe et d'une mère ukrainienne. À la séparation de ses parents, lorsqu'il n'avait qu'un an, il a grandi à Kirovograd (ou Kirovohrad, selon la prononciation dans la langue de son pays d'origine) et visitait régulièrement son père à Moscou. Pour lui, le hockey ne fait pas partie de ses souvenirs d'enfance.

«Je n'ai jamais joué au hockey en Ukraine ni à Moscou. Où j'habitais, il n'y avait pas d'équipe, le hockey organisé avait lieu beaucoup trop loin», se souvient-il à propos de sa ville natale située à 250 km au sud-est de Kiev, qui a aussi vu naître le médaillé d'argent de la poursuite (cyclisme) aux Jeux olympiques de 2000, Alexandre Symonenko.

Puis, sa vie allait prendre une autre direction à l'âge de sept ans lorsque sa mère obtient un emploi en Suède et immigrera dans ce pays scandinave, où elle a depuis refait sa vie en banlieue de Stockholm. Dmytro (prononcez Dimitrou) a aujourd'hui un demi-frère de six ans, Christian.

Fils d'un champion de lutte

Comme tout enfant de son âge, Timashov touche à plusieurs sports dans sa jeunesse, dont la lutte gréco-romaine et le soccer. Même si son père, Sacha, est un ancien champion national russe de lutte, c'est le hockey qui l'emporte dans son coeur. Il s'alignera pour l'organisation de Djugardens jusqu'à ce qu'il rejoigne le programme de Hockey Gymnasium, à Ornskoldvisk, qui est l'hôte du célèbre club MODO d'où sont sortis Peter Forsberg et les jumeaux (Daniel et Henrik) Sedin, pour ne nommer que ceux-là.

Il a joué en Ligue Super Élite (niveau junior), y amassant 41 points (12 buts) en 40 matchs en 2013-2014. Il a aussi disputé trois parties en première division. Depuis trois ans, il a joué plus d'une vingtaine de parties avec les différents niveaux de  l'équipe nationale. Il aurait pu s'aligner avec le MODO, cette saison, mais le raccourci de la LHJMQ lui semblait plus bénéfique pour sa carrière.

«Je pensais depuis quelque temps à venir jouer au Canada. La possibilité d'évoluer sur des petites surfaces nord-américaines pourrait mieux me préparer pour jouer dans la LNH, un jour», dit-il à propos de sa décision de poursuivre sa carrière avec les Remparts.

Épié dans le Web

Au fil des ans, Dmytro Timashov a participé à plusieurs tournois internationaux à travers l'Europe. En plus de la Suède, il a joué en Finlande, en Slovaquie, en République tchèque et en Russie. Il s'est aussi pointé au Canada, où la Suède avait remporté le Défi mondial des moins de 17 ans à Victoriaville. Philippe Boucher l'y avait observé pour la première fois. Et jusqu'à la fin de la dernière saison, le dg des Remparts aura visionné plusieurs matchs de Timashov via le Web. «Les matchs de la Ligue super élite était disponible par Internet, j'ai dû en regarder une bonne dizaine. Ce qui m'a le plus impressionné dans son cas, c'était sa capacité de bien compléter les joueurs de haut niveau qui évoluaient en sa compagnie», raconte le Diable rouge en chef, pointant aussi le coup de patin et la lecture du jeu du hockeyeur européen.

Aux yeux de Boucher, Timashov a le potentiel pour faire partie du top 6 à l'attaque des Remparts. «Il en a encore beaucoup à apprendre, mais il est prêt à jouer avec nos meilleurs. Il était important de réclamer un joueur de fort calibre et nous sommes heureux de l'avoir obtenu au 95e rang [64e joueur sélectionné]. On s'était serré la main au repêchage, mais il y a toujours un risque parce que ça reste un repêchage. À ce rang, il était notre plan A.»  «Je n'aurais peut-être pas quitté la Suède si j'avais été repêché par une autre équipe, Québec était le seul endroit où je voulais aller, notamment en raison de la Coupe Memorial», a assuré Timashov, qui devrait passer les deux prochaines saisons avec les Remparts. 

Le hockey avant la politique

«Moi, je veux seulement avoir du plaisir en jouant au hockey», répond Dmytro Timashov sans s'avancer sur le terrain glissant de la politique internationale. Le conflit entre l'Ukraine et la Russie ne l'affecte pas. «Je ne sais pas trop ce qui se passe là-bas, ma mère s'y intéresse plus que moi. Personnellement, mes origines sont ukrainiennes et russes, mais la majeure partie de mon éducation [scolaire] est suédoise», dit le jeune homme qui fêtera son 18e anniversaire, le 1er octobre.

De mémoire, Dmytro ne peut nommer d'anciens hockeyeurs de la LNH né en Ukraine. Quelques-uns y ont fait de belle carrière, comme Peter Bondra, Nikolai Khabibulin, Alexei Zhitnik, Dmitri Khristich et d'autres, mais tous ces joueurs ont le point en commun d'avoir vu le jour lorsque le pays était encore sous le parapluie de l'ex-URSS. Il aimerait bien obtenir son passeport russe, lui qui ne possède actuellement que la nationalité suédoise. Comme son père est de Moscou, il lui serait alors plus facile de voyager si l'occasion se présentait. 

 

Timashov songeait à traverser l'océan Atlantique depuis déjà... (Photo Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

Agrandir

Timashov songeait à traverser l'océan Atlantique depuis déjà quelque temps.

Photo Le Soleil, Yan Doublet

Des exemples à suivre...

Lorsque le conseiller de Dmytro Timashov a souligné l'intérêt des Remparts à son endroit, deux noms lui ont d'abord sauté aux yeux, dont celui de son compatriote suédois, Nick Sorensen, bien qu'il n'ait jamais discuté avec celui qui vient de passer trois ans dans la capitale québécoise.

«Je savais aussi qu'il s'agissait de l'endroit où [Alexander] Radulov a joué», dit-il en laissant échapper un «ah oui, c'est vrai» lorsque l'on glisse le nom de l'ancien entraîneur-chef Patrick Roy dans la conversation.

Timashov songeait à traverser l'océan Atlantique depuis déjà quelque temps. Il en avait discuté avec William Nylander, son coéquipier avec le MODO. Né à Calgary, le fils l'ex-joueur de la LNH Michael Nylander lui avait parlé positivement du hockey junior majeur canadien, même s'il a été développé en Suède.

«Il m'a dit que je deviendrais un meilleur joueur. J'ai l'impression que mon temps de jeu sera plus élevé ici qu'en Suède. Chez moi, on roule à quatre trios peu importe le pointage ou le temps qu'il reste à jouer. Ici, on fera tout pour aller chercher le but égalisateur en troisième période», estime l'attaquant de 5'8" qui a inscrit 21 buts et 63 points en 78 matchs dans la Ligue super élite (junior) depuis deux ans avec Djugardens et MODO.

En Suède, Timashov s'est joint au programme de Hockey Gymnasium de MODO, où il pouvait à la fois se développer sur la patinoire et poursuivre ses études. Là-bas, il a joué avec ses compatriotes Nylander (8e rang par Toronto) et Adrian Kempe (29e par Los Angeles), deux choix de première ronde au plus récent repêchage de la LNH.

«Même si MODO n'a pas connu beaucoup de succès ces dernières années, il s'agit de l'une des équipes les plus célèbres de la Suède. Les jumeaux [Daniel et Henrik] Sedin sont des produits de MODO, j'aime beaucoup leur façon de jouer. Ils s'entraînaient parfois dans le même gym que nous, l'an passé», racontait-il à propos de son alma mater sportif.

Il n'oubliait pas Peter Forsberg, sachant qu'il avait évolué dans le Colisée Pepsi qui devient son nouveau domicile. Les yeux rivés sur l'avenir, il dira «j'espère bien jouer ici un jour», en passant devant l'amphithéâtre en construction pour se rendre sur les lieux de la séance de photos.

Plus passeur que buteur

Cette saison, Timashov aurait pu rester à la maison afin d'y poursuivre son développement. Il était sous contrat pour s'aligner avec la formation professionnelle de MODO, mais il a préféré s'envoler pour le Canada. Il retournera en Suède à la pause des Fêtes, bien qu'une autre destination l'intéresse.

«J'aimerais participer au Mondial Junior, qui a lieu à Toronto et Montréal. À part de remporter la Coupe Memorial avec les Remparts, c'est l'un de mes principaux objectifs, au même titre que [Anthony] Duclair pour le Canada et [Adam] Erne pour les États-Unis. Ils sont vraiment talentueux. Je suis excité de les voir, ils sont déjà repêchés et font partie des meilleurs joueurs de la Ligue. Dans les entraînements, j'essaie de les suivre. Ils sont de beaux exemples pour atteindre mon but.»

Timashov a toujours été plus un passeur qu'un buteur, mais il dit savoir où se trouve le filet. En débarquant à Québec, il y a un mois, il s'attendait à ce que le calibre de jeu soit l'équivalent de celui de la Ligue super élite, en Suède. «Je constate qu'ici, c'est plus rapide et offensif, il faut savoir anticiper le jeu. Au début, je trouvais que c'était trop rapide pour moi, mais je me suis adapté et je me sens déjà plus à l'aise.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer