Charles Philibert-Thiboutot : les JO, foulée par foulée

Avant 2012, Charles Philibert-Thiboutot n'aurait jamais cru se retrouver... (Archives AFP)

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Avant 2012, Charles Philibert-Thiboutot n'aurait jamais cru se retrouver un jour au grand rendez-vous du sport au 1500 m.

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(Québec) Après des années de préparation, de rêves et de sacrifices, le grand rendez-vous olympique est enfin là pour plusieurs athlètes du territoire desservi par Le Soleil. Nous vous proposons de découvrir un de ces athlètes aujourd'hui: le coureur de 1500 m Charles Philibert-Thiboutot.

Même s'il a pratiqué une foule de sports à l'adolescence, même si la résidence familiale baignait «jour et nuit» dans l'ambiance olympique à chacun des Jeux, Charles Philibert-Thiboutot n'a commencé à rêver qu'il y a quatre ans.

Avant 2012, le spécialiste du 1500 mètres n'aurait jamais cru se retrouver un jour au grand rendez-vous du sport. La faute à l'athlétisme québécois, sous-développé. «Quand j'ai commencé l'athlétisme, le niveau général au Québec était assez bas. Je voyais des coureurs, quand j'étais plus jeune, qui étaient intouchables à mes yeux. Et ils étaient à des années-lumière de se rendre aux Jeux! J'ai toujours eu une tête sur les épaules, j'étais réaliste...», explique le blond athlète de 25 ans.

Afin de rêver, Philibert-Thiboutot devait y croire. Pour celui qui a commencé l'athlétisme en 5e secondaire, c'est arrivé lors d'une performance de 3 minutes 41 secondes sur sa distance, il y a quatre ans. Il se retrouvait alors à quelques secondes du standard B pour les Jeux olympiques. Et le rêve est né.

«Je me suis dit : "À 3:41, si je me donne un autre quatre ans, que je m'améliore chaque année, peut-être que je serais capable."Jamais je ne voulais me brander comme quelqu'un qui aspirait à aller aux Olympiques, mais j'ai commencé à y penser. Deux ans plus tard, quand j'ai fait 3:38, là je me suis dit : "OK, je peux commencer à dire au monde que je vais m'essayer pour Rio."» Il a depuis abaissé son meilleur temps à 3:34,23, un record québécois. La marque mondiale, 3:26,00, appartient au Marocain Hicham El Guerrouj depuis 1998.

En 2014, Philibert-Thiboutot n'a toutefois pas encore fini ses études à l'Université Laval. Et pas question de brûler les étapes. Il se dédie totalement à son sport, à tel point qu'il est nommé athlète masculin par excellence du Rouge et Or deux ans de suite, en 2014 et en 2015. Un troisième sacre après celui de 2012.

Il réussit ensuite le standard olympique dès 2015. Une tonne de pression envolée. Le plus difficile est fait. Il complète son trio de préalables en abaissant le standard d'athlétisme Canada plus tôt cette année, puis en terminant sur le podium lors des Championnats canadiens, en juillet.

Sur la première marche, doit-on préciser. «J'aimerais ça arriver là et faire un statement. Montrer que je suis prêt et en forme en maudit», avait-il déclaré au Soleil quelques jours avant la course. La médaille d'or : plus belle des preuves.

Une croix sur le reste

À Rio, il ambitionne de se qualifier pour la finale. Pas une mince tâche. L'an dernier, lors des Mondiaux, son parcours s'est arrêté en demi-finale.

Pour réussir, Philibert-Thiboutot fait une croix sur le reste de l'expérience olympique. Il a raté la cérémonie d'ouverture, est arrivé dans le village une semaine avant son épreuve. Tout ça pour rester dans sa routine québécoise le plus longtemps possible.

«J'aimerais ça dire que je me plonge dans l'expérience olympique à 100 %, mais j'ai décidé que j'allais là pour performer au maximum. Et ça veut dire traiter les Jeux comme si c'était une compétition normale.»

Il est conscient de faire un certain sacrifice. Qu'un jour, il regrettera peut-être un peu de ne pas avoir complètement profité du buzz Rio 2016.

Mais s'il offre la prestation espérée, ces petits regrets ne seront rien par rapport à sa fierté. «Je suis 100 % prêt à aller à travers ce processus-là. Parce qu'à mes yeux, ce qu'il y a de plus important, c'est de bien performer sur la piste.»

10 questions à... Charles Philibert-Thiboutot

1. Quand tu penses aux Jeux olympiques, quel souvenir te vient en tête?

Je vais toujours me rappeler quand Simon Whitfield avait remonté l'Allemand chauve [Stephan Vuckovic] aux Jeux olympiques de Sidney. Un Canadien qui gagne un triathlon, à mes yeux en 2000, c'était comme un Canadien qui gagne un 1500 mètres. Aussi, le but de Sidney Crosby en 2010 [en finale, à Vancouver].

2. Plus jeune, as-tu rêvé de pratiquer un autre sport que le tien?

Oui, le soccer. Et après, j'ai fait des films de ski alpin avec des amis.

3. Qui est ton héros olympique?

Sebastien Coe [champion olympique au 1500 mètres de 1980 et de 1984]. Ç'a été un champion dans ma discipline, mais c'est aussi lui qui a organisé les Jeux de Londres. Il a été nommé président de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF). C'est lui qui a décidé que les Russes étaient bannis [de Rio, en raison du dopage]. Il a eu une vie athlétique très impressionnante, et il a une vie postathlétique tout aussi impressionnante. Il amène un vent de changement à l'IAAF. Avant, comme bien des organisations mondiales, c'était assez corrompu. Je pense qu'il peut faire le ménage.

4. On te donne le choix : la fortune ou la gloire olympique...

[Hésitation] Dans bien des sports, l'un vient avec l'autre... C'est vraiment dur à dire. La gloire olympique vaut quoi si, rendu à 45 ans, tout le monde t'as oublié, que t'es pauvre et n'a rien pour subvenir aux besoins de ta famille? Je sais pas si je suis capable de répondre à ça. Je vais mettre la gloire olympique pour l'instant [rires].

5. Séries télévisées ou films?

Je m'en viens séries télé, parce que quand tu commences à regarder des séries, on dirait que dans les films, il ne se passe rien au niveau du développement des personnages. Mais il n'y a pas de séries télé qui surpassent mes meilleurs films. J'aime bien les [Quentin] Tarantino.

6. Une lecture qui t'accompagne...

Dans les dernières années, j'ai lu beaucoup de livres sur la course écrits par des athlètes des années 70 et 80. J'ai aussi lu le livre de Clara Hughes [Coeur ouvert, esprit ouvert] dernièrement.

7. Tu écoutes quelle musique présentement?

En ce moment, mon band préféré est Tame Impala.

8. Nomme une personne en dehors du sport qui t'inspire.

Ma blonde [Béatrice]. Elle fait sa résidence en médecine. Elle est vraiment, vraiment intelligente. Et en plus, elle est vraiment curieuse. Et sa curiosité m'inspire. Moi, surtout avec l'entraînement, on dirait que mon cerveau devient paresseux. Elle, si on lui parle de quelque chose, elle veut absolument savoir comment ça fonctionne. Et en plus, elle est super empathique et d'une bonne écoute. Des fois, je me dis qu'il faudrait peut-être plus que je sois comme elle.

9. Une destination vacances favorite?

J'aime vraiment aller en Scan-dinavie.

10. Une gâterie que tu te permets souvent?

Des desserts, comme de la crème glacée et des biscuits au chocolat. Ça, j'en mange tout le temps.

Carte de visite

  • Nom: Charles Philibert-Thiboutot
  • Sport: athlétisme (1500 mètres)
  • Âge: 25 ans
  • Meilleurs résultats: semi-finaliste aux Mondiaux de 2015; médaillé de bronze aux Jeux panaméricains
  • Dates de compétition: 16 août (1er tour), 18 août (demi-finales) et 20 août (finale)

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