Mathieu Bilodeau, le comptable qui marche

Mathieu Bilodeau en 2015. ««J'aimerais être le Québécois... (Claus Andersen)

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Mathieu Bilodeau en 2015. ««J'aimerais être le Québécois le plus rapide de l'histoire au 50 km de marche», raconte l'athlète en entrevue.

Claus Andersen

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Après des années de préparation, de rêves et de sacrifices, le grand rendez-vous approche pour plusieurs athlètes du territoire desservi par Le Soleil. Le 5 août, la flamme olympique brillera sur Rio de Janeiro. À l'approche des XXXIes Jeux d'été, nous vous proposons de découvrir ces athlètes. Aujourd'hui: le marcheur Mathieu Bilodeau.

Mathieu Bilodeau rentre au bureau le 6 septembre. Renfilera ses habits de comptable pour une entreprise pétrolière, à Calgary. Plein d'anecdotes de vacances à raconter au-tour de la machine à café, comme la fois où il a participé à l'épreuve olympique de 50 km de marche.

«Ma stratégie va être un bon 35 km, juste être patient. Et je pars comme un malade à 35 et je finis le dernier 15 le plus vite que je suis capable», a révélé au Soleil le natif de Québec, au terme d'une autre journée d'entraînement de juillet. 

«Peut-être que ça va me coûter des positions au début parce que je ne serai pas avec les premiers, mais je pense en rattraper plusieurs et au final, ça ne devrait pas être mauvais comme résultat.»

Pour celui qui pratique la marche athlétique depuis même pas deux ans et demi, pas question de médaille aux Jeux olympiques de Rio. Malgré ses 32 ans, il tient encore le rôle du débutant de la discipline et sa progression s'avère constante. «Je m'impressionne moi-même à l'entraînement! Mais ça ne veut rien dire, on ne sait jamais...» se modère le communicatif et sympathique athlète.

Résident de l'Alberta depuis cinq ans, Bilodeau place d'abord dans sa mire le record provincial de 3 h 50 min 20 s établi en 2004. Une fois sur sa lancée, il espère surpasser les 3 h 47 min 48 s du Québécois Marcel Jobin, marque de 1981 ayant tenu lieu de record canadien durant plus de 34 ans.

«J'aimerais être le Québécois le plus rapide de l'histoire au 50 km de marche», résume celui dont le meilleur temps à vie est de 3 h 53 min 56 s, honnête sur ses aspirations à court terme.

Pour s'assurer d'être prêt pour le Jour J, le marcheur passe deux semaines en camp d'entraînement avec l'équipe canadienne d'athlétisme à Juiz de Fora, à deux heures d'autobus au nord de Rio de Janeiro. Question de s'acclimater, élément primordial en épreuve de longue distance. Il débarquera au village olympique le 13 août.

Un camp non obligatoire. Le coureur de 1500 mètres de Québec Charles Philibert-Thiboutot, par exemple, a préféré s'en abstenir pour demeurer auprès des siens plus longtemps. Bilodeau et Philibert-Thiboutot se connaissent bien. Ils ont été cochambreurs aux Championnats du monde l'an dernier à Pékin. L'hiver dernier, le marcheur avait même songé à rejoindre le coureur de demi-fond à Vancouver pour s'entraîner sans neige, mais ça n'a pas fonctionné.

Un fan-club familial

Bilodeau aura son propre fan-club aux abords du parcours olympique, à commencer par son père, sa soeur, sa blonde, la femme de son père et ses parents. En plus d'une poignée de membres du club de marche auquel il appartient en France, aussi venus pour acclamer leur champion Yohann Diniz, probable médaillé.

Pression accrue? «Quand je compétitionne, je n'entends rien et je ne vois rien. Je ne vais même pas savoir qu'ils sont là!» admet Bilodeau, espérant lui-même assister à l'épreuve de cross-country en vélo de montagne deux jours plus tard pour encourager un autre athlète de Québec, Raphaël Gagné.

Peu importe le résultat à Rio, Bilodeau rentre au boulot à Calgary au lendemain de la fête du Travail. Il aimerait toutefois se rapprocher du milieu sportif québécois dans les prochaines années, ne serait-ce que pour faire mieux connaître la marche athlétique ici.

Il prendra quand même un petit congé de compétition, après Rio. Quatre heures d'un tel effort lui broieront inévitablement tout le corps. Besoin de quelques mois de repos. «Après un 50, tu dois laisser le corps et la tête se replacer. Je vais juste m'amuser en triathlon ou en ski de fond», dit-il, comme quoi le mot repos n'a pas la même définition pour tout le monde.

Et cela s'il n'est pas retenu pour le Tour de Chine à la marche, cet automne.

14 questions à Mathieu Bilodeau

1. Quand tu penses aux Jeux olympiques, quel souvenir te vient en tête?

En 2008, quand le nageur américain Michael Phelps essayait d'obtenir huit médailles d'or en huit épreuves, ma conjointe et moi écoutions toutes ses courses sur les ordinateurs de la maison ou de l'école. C'était comme écouter un film de suspense!

2. Un athlète olympique actif d'une autre discipline qui t'impressionne?

Alex Harvey, skieur de fond. Il a une bonne attitude et rien ne l'arrête. J'aime son attitude de bagarreur, il est motivant et impressionnant à voir skier. Il ressort toujours plus fort d'une contre-performance et, en tant qu'athlète, j'admire cela, car les défaites le rendent encore plus fort.

3. Plus jeune, as-tu rêvé de pratiquer un autre sport que le tien?

Je pensais aller au Jeux olympiques en natation, au 200 mètres brasse.

4. Quel est ton héros olympique?

Le coureur de fond américain Steve Prefontaine, une légende dans le monde de la course. J'ai quelques affiches laminées que je garde dans le sous-sol comme source de motivation. Une de ses citations qui me motivent est : «Somebody may beat me, but they are going to have to bleed to do it.» (Quelqu'un peut me battre, mais il va devoir saigner pour le faire). Il y a aussi la légende québécoise de la marche, Marcel Jobin, avec qui je suis en contact.

5. On te donne le choix: la fortune ou la gloire olympique?

Gloire olympique, choix facile. C'est ce qui compte pour moi. J'ai travaillé très fort pour être où je suis. Être aux Olympiques est un rêve que je chéris depuis longtemps, mais ce rêve vient aussi avec beaucoup de sacrifices. La fortune ne me rendrait pas plus heureux et je peux parvenir à la gloire olympique en faisant ce que j'aime, m'entraîner à la marche.

6. Dernière pensée avant le départ d'une course?

Je ne pense à rien. J'ai fait tout en mon pouvoir dans ma préparation et il est temps de voir si le travail va payer. Le jour de course, c'est le bonbon. C'est le temps de s'amuser, de focaliser, de donner mon 100 %.

7. Séries télévisées ou films, et lesquels?

Les séries Suits et Homeland sur Netflix.

8. Une lecture qui t'accompagne?

The Great Traits of Champions écrit par Mark Tewkesbury (nageur champion olympique en 1992) et Debbie Muir (ex-entraîneure olympique de nage synchronisée). Ce livre, offert par ma conjointe, est une source de motivation incroyable autant pour les athlètes que les professionnels.

9. Tu écoutes quelle musique présentement?

Can't Stop the Feeling de Justin Timberlake et Rise de Katy Perry, la trame de la vidéo promotionnelle olympique de NBC

10. Une personne qui t'impressionne, t'inspire?

Bill McCaffrey, grand patron de MEG Energy, compagnie pour laquelle je travaille. Bill est une personne très dédiée et très proche de ses employés. Je me considère très chanceux de travailler pour lui. Il reste une personne très simple et très acharnée dans son travail et j'admire cela énormément.

11. Destination vacances favorite?

Partout où il y a un lac ou la mer, chaleur en «bonus». Par contre, j'aimerais bien visiter l'Alaska comme destination vacances.

12. Ta spécialité en cuisine?

À la maison, je cuisine et m'occupe des tâches intérieures, tandis que ma conjointe passe la tondeuse et s'occupe des tâches extérieures. Je dois avouer que je suis réputé pour mes diverses salades avec vinaigrette maison. J'aime mixer les épices et essayer de nouvelles combinaisons.

13. Tu n'es plus athlète,  tu fais quoi dans la vie? 

Je suis comptable CPA-CMA. J'ai un parcours à l'inverse de la plupart des athlètes. J'ai fais mes études et j'ai commencé sur le marché du travail tout de suite après. Je compte déjà plus de six ans d'expérience. Mon emploi de rêve serait de devenir directeur athlétique dans une université.

14. Une gâterie que tu te permets n'importe quand?

Un café art latte. Et en plus, c'est bon pour la récupération!

Carte de visite

  • Nom: Mathieu Bilodeau
  • Sport: marche, 50 km
  • Âge: 32 ans
  • Meilleurs résultats: 2e aux Championnats de France en 3 h 53 min 56 s, obtenant son standard olympique, et 2e au Championnat des États-Unis
  • En compétition: le 19 août

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