Le dopage, obsédante toile de fond des Jeux

La sauteuse en longueur Darya Klishina a été... (AP, Matt Slocum)

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La sauteuse en longueur Darya Klishina a été la seule Russe à participer aux épreuves d'athlétisme, le reste de ses compatriotes ayant été exclus des révélations de dopage d'État en Russie.

AP, Matt Slocum

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Le monde du sport le pressentait et n'y a pas échappé : les JO de Rio ont eu le dopage en permanence en toile de fond et se sont soldés par l'exclusion de plus d'une dizaine de concurrents contrôlés positifs, pour moitié des haltérophiles.

Précédés de l'exclusion collective des athlètes russes sur fond de dopage d'État en Russie, et entamés dans la confusion après notamment l'admission tardive de Darya Klishina, unique athlète russe finalement en course, les Jeux sentaient le souffre avant même la cérémonie d'ouverture.

Depuis le premier rapport en novembre de l'Agence mondiale antidopage (AMA) sur la Russie, le sujet a largement parasité la préparation des Jeux. Comme sans doute jamais auparavant.

En novembre 2015, l'AMA avait rendu publiques les premières conclusions du rapport d'enquête de sa commission indépendante, estimant que les cas de dopage en Russie n'auraient «pas pu exister» sans l'assentiment du gouvernement.

Un second rapport en janvier a confirmé le premier : les dirigeants russes «ne pouvaient pas ne pas connaître l'ampleur du dopage dans l'athlétisme», avait estimé l'agence.

Puis le dossier tournait aux guerres institutionnelles.

Face aux critiques sur une prétendue frilosité du Comité international olympique (CIO) envers Moscou, son président, Thomas Bach, montait au créneau le 1er août, rejetant implicitement sur l'AMA la responsabilité d'une gestion tardive.

Le CIO «ne peut être tenu responsable ni du timing ni des raisons des incidents auxquels nous devons faire face à seulement quelques jours des Jeux», lançait-il.

À la veille seulement des qualifications de la longueur, Klishina obtenait l'autorisation d'y participer grâce à une décision du Tribunal arbitral du sport qui donnait tort à la Fédération internationale d'athlétisme.

Mais la Russie n'était pas la seule visée.

En marge de la compétition, le patron de l'athlétisme olympique kényan était rappelé des Jeux, accusé d'avoir réclamé un pot-de-vin de près de 12 000 euros (17 500 $CAN) pour donner des informations avant des contrôles antidopage.

Athlètes exaspérés

Évidemment, les athlètes ne sont pas restés insensibles.

Certains nageurs ne mâchaient pas leurs mots. «Je n'ai pas de respect pour les dopés», lâchait l'Australien Mark Horton, médaillé d'or du 400 m libre, à propos du Chinois Sun Yang, double champion du monde en titre, contrôlé positif en 2014 et suspendu trois mois.

Le 18 août, l'haltérophile kirghize Izzat Artykov, en bronze chez les 69 kg, était le premier médaillé des JO de Rio exclu pour dopage.

Une demi-surprise. Ce sport est l'un des plus touchés par la gangrène du dopage. Après la compétition, le Français Bernardin Kingue Matam, qui avait terminé à la huitième place, avait d'ailleurs mis en doute la probité de ses adversaires.

«Si la Fédération internationale et le CIO font les choses correctement, je pense pouvoir gagner bien quatre places, parce que les cinq premiers ne sont pas clean», avait-il dénoncé.

En apprenant son contrôle positif, Artykov a renvoyé l'ascenseur, accusant le Français «d'avoir ajouté des produits dopants à [sa] boisson ou à [sa] nourriture».

Au final, 12 concurrents ont été exclus pour dopage lors des Jeux, dont six haltérophiles. Le dernier à écoper, l'haltérophile mongol de 19 ans Chagnaadorj Usukhbayar, qui avait abandonné par lui-même avant d'être officiellement expulsé.

Aussi, le CIO a continué à égrainer une liste d'athlètes testés positifs lors des réanalyses des échantillons des Jeux de Pékin et de Londres, qui ont révélé 98 nouveaux cas.

Les échantillons prélevés à Rio seront conservés dix ans, contre huit ans auparavant, en vertu du nouveau Code mondial antidopage. Le tableau de chasse des Jeux olympiques de Rio n'est donc peut-être pas clos.

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