Caster Semenya: genre à part

Intersexuée, la Sud-Africaine Caster Semenya, favorite au 800... (AFP, Olivier Morin)

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Intersexuée, la Sud-Africaine Caster Semenya, favorite au 800 m dames, a terriblement souffert des questions qui ont entouré sa victoire aux Mondiaux de 2009.

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Frédéric Bourigault
Agence France-Presse
Rio

Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui: la coureuse sud-africaine Caster Semenya

La finale du 800 m dames des JO de Rio mettra samedi (20h15) aux prises des athlètes dont le genre sexuel pose question au sein des instances de l'athlétisme et du sport en général.

Caster Semenya est la figure de proue bien involontaire de ce délicat dossier de l'intersexualité sur les tartans. La Sud-Africaine, grande favorite du 800 m, a terriblement souffert des questions qui ont entouré sa victoire lors des Mondiaux de 2009.

Une suspension pendant 11 mois, des tests intimes en tous genres, des rumeurs d'hermaphrodisme... La jeune athlète d'alors 18 ans a pris en plein visage sa différence.

Semenya est intersexuée, comme a priori de 0,1 % à 0,4 % de la population mondiale. En clair, une sécrétion excessive d'androgènes provoque chez la jeune femme une hausse du niveau de testostérone, hormone accroissant la masse musculaire et réputée améliorer les performances. Une sorte de dopage génétique bien involontaire.

Et cela pose une question : alors que le sport est sexué, basé sur des compétitions hommes et des compétitions femmes - très peu de disciplines sont mixtes - où placer le curseur?

Son cas a abouti à l'adoption d'une réglementation qui fait de l'IAAF, en 2011, la première fédération internationale à autoriser les femmes atteintes d'hyperandrogénie à participer aux compétitions, évidemment avec les femmes, à condition d'afficher des niveaux d'androgène inférieurs aux valeurs enregistrées chez les hommes ou de prouver qu'elles n'en retirent aucun bénéfice.

Pour continuer à courir, Semenya doit donc suivre un traitement pour réduire son niveau de testostérone. Prendre des médicaments alors qu'elle est en pleine santé...

Un revirement est intervenu l'an dernier, avec la suspension de cette réglementation par le Tribunal arbitral du sport de Lausanne (TAS), saisi par une sprinteuse indienne, et qui a estimé que c'était à l'IAAF de prouver que les performances athlétiques étaient forcément améliorées chez les sportives présentant une production naturelle excessive d'hormones mâles.

D'autres cas

La procédure devrait se terminer dans l'année qui vient, avec une nouvelle réglementation présentée par l'IAAF. Cette suspension de réglementation laisse donc le champ libre à Semenya pour Rio.

L'épreuve du 800 m s'en retrouve toutefois bouleversée, puisque outre Semenya, d'autres concurrentes présentent des physiques qui laissent penser qu'elles sont également intersexuées. Le podium pourrait ainsi regrouper Semenya, la Burundaise Francine Niyonsaba et la Kényane Margaret Nyairera Wambui, qui paraissent imbattables pour les autres femmes.

Et le record du monde de la Tchèque Jarmila Kratochvilova, qui présentait elle-même une allure masculine, pourrait tomber. Ce serait un coup de tonnerre, encore, pour l'athlétisme, puisqu'il s'agit du plus vieux record du monde encore en vigueur (1:53,28 le 26 juillet 1983 à Munich).

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