Le vol de Lochte tourne à la comédie éthylique

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Le nageur Ryan Lochte a inventé l'histoire du vol à main armée à Rio de Janeiro.

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro, Brésil

Si en plus de médailles on décernait une Palme d'or du ridicule aux JO de Rio, elle irait à l'unanimité aux quatre nageurs américains qui ont tenu la planète en haleine avec un thriller de braquage par des faux policiers tournant à la comédie éthylique pour ados.

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Les nageurs américains Gunnar Bentz et Jack Conger à leur sortie du poste de police à l'aéroport de Rio, jeudi

Archives AP, Mauro Pimentel

En fait de braquage à main armée, ils semblent avoir été impliqués, visiblement éméchés, dans une altercation avec le vigile d'une station-service à l'occasion d'une pause pipi qui a tourné au vinaigre. Selon leur version initiale, des faux policiers les avaient stoppés dimanche à l'aube pour les rançonner au sortir d'une soirée arrosée au Club France, dans un quartier huppé de Rio au pied de la colline du Corcovado. 

La vidéosurveillance d'une station-service de Barra da Tijuca, près du village olympique où ils rentraient se coucher, a toutefois dévoilé un tout autre scénario. Confrontés à une urgence naturelle, Ryan Lochte, James Feigen, Jack Conger et Gunnar Bentz descendent de leur taxi en direction des toilettes situées à l'extérieur. Mais ils trouvent porte close.

«Ils se sont arrêtés sur le côté de la station-service et ont commencé à pisser partout», a raconté le gérant de la station-service à une journaliste de G1, site du groupe Globo. «Il y a même des images du derrière de l'un d'eux en train de baisser son pantalon. On leur a dit d'aller aux toilettes, mais ils ont pissé sur le mur. L'un d'eux a alors cassé la porte des toilettes et arraché une plaque de publicité après avoir pissé.»

Selon le chef de la police civile Fernando Veloso, ils ont également brisé un distributeur de savon et un miroir. Un vigile de la station a appelé la police, demandant aux nageurs de rembourser les dégâts. Ces derniers se sont plutôt dirigés vers leur taxi.

Des agents de sécurité sont intervenus, demandant au chauffeur d'attendre l'arrivée de la police. Selon G1, un agent de sécurité aurait sorti son arme. Pendant qu'ils attendaient, les nageurs auraient offert environ 70 $ pour les dommages qu'ils ont causé à la toilette. Veloso a affirmé qu'un des nageurs a confirmé cette version.

Incohérences

La juge chargée du dossier avait ordonné mercredi la saisie des passeports des quatre nageurs, décelant des «incohérences» dans le scénario. «Les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux», a fait valoir la juge Keyla Blank en s'appuyant sur des images de vidéosurveillance au village olympique.

On les voit en effet rigolards, déposant dans le bac en plastique du détecteur de métaux des portefeuilles et des téléphones portables qui ont mystérieusement échappé à la convoitise de leurs prétendus braqueurs.

La suite est à l'avenant. Bentz et Conger ont été débarqués in extremis mercredi soir par la police de l'avion à bord duquel ils avaient embarqué pour quitter le Brésil. Feigen se trouve toujours dans le pays, selon plusieurs médias. Quant à Lochte, six fois médaillé d'or olympique durant sa carrière, il n'a pas attendu que l'enquête progresse pour regagner les États-Unis.

Cette rocambolesque histoire pourrait prendre une tournure diplomatique embarrassante puisque le sujet de la sécurité est sensible au Brésil. Depuis le début des Jeux, le pays a déjà été la cible de multiples critiques en raison des vols subis par des sportifs ou des journalistes des médias étrangers.

Le comité organisateur des JO, lui, dédramatise. «Fichons la paix à ces gamins», a imploré Mario Andrada, porte-parole de Rio 2016, soulignant que les nageurs avaient été quatre ans sous pression pour être performants aux Jeux. Ils ont fait une erreur, ça fait partie de la vie.»  Avec AP

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