Les Fournel ont vécu des émotions aux antipodes

Le vent a eu raison d'Émilie Fournel, qui... (AP, Andre Penner)

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Le vent a eu raison d'Émilie Fournel, qui espérait une sixième place au K-1 500 m, mais n'a pu se qualifier pour la finale B.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Rio de Janeiro

Il fallait entendre Hugues Fournel dans la zone mixte, encourageant sa soeur, Émilie, qui disputait alors sa demi-finale du K-1 500 mètres aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

«Sois patiente, ne pars pas après elle, lui suggérait-il, alors qu'elle se tenait un peu en retrait d'Inna Osipenko-Rodomska, de l'Azerbaïjan, qui est partie sur les chapeaux de roue et a pris le deuxième rang de sa vague, derrière l'Allemande Franziska Weber. La patience, ce n'est pas son fort à Émilie.»

Au fur et à mesure que la course progressait par contre, Hugues, qualifié pour la finale A du K-2 200 mètres en compagnie de Ryan Cochrane en vertu de la troisième place acquise lors de leur demi-finale quelques minutes plus tôt, sentait que tous les efforts déployés au cours de la dernière année par Émilie ne seraient pas suffisants.

«C'est une demi-finale tellement difficile», a-t-il laissé tomber, comme pour tenter de s'expliquer ce qui se déroulait sous ses yeux.

Il n'avait pas tort : sur la même ligne qu'Émilie se trouvaient toutes les médaillées des Jeux de Londres (Weber, Osipenko-Rodomska et la Sud-Africaine Bridgitte Ellen Hartley), et la plupart de ces compétitrices étaient de la finale des Jeux de Londres ou des derniers Mondiaux.

Toujours dans le coup à mi-parcours, Fournel a flanché sur les derniers 250 mètres, embêtée par le fort vent qui soufflait sur le bassin Lagoa en fin de matinée. Elle a finalement conclu en septième et dernière place, un résultat qui l'empêchera de prendre part à la finale B.

«Je vais aller rejoindre ma soeur», a-t-il dit en prenant congé des journalistes. Le large sourire qu'il arborait quelques minutes plus tôt avait complètement disparu. Cochrane et lui se sont rendus au quai, où ils ont longuement enlacé la kayakiste de 29 ans.

«Il m'a dit que je devais penser à tout ce qui c'était passé au cours des derniers quatre ans pour apprécier le moment, pour être fière de moi, a raconté Émilie, la voix brisée par l'émotion. Présentement, c'est pas mal difficile. C'est ce que j'ai essayé de faire, de changer mon approche. Je suis le genre de personne qui gagne la course après les premiers 100 mètres. C'est ce que je ne voulais pas faire, mais en même temps, aujourd'hui, ça m'a joué un tour.»

Elle qui espérait se classer parmi les six premières, voire même monter sur le podium, était inconsolable.

«Dans la vie, je suis une personne optimiste et positive, mais j'ai bien du mal à trouver un point positif à ce qui vient d'arriver. C'était beaucoup de travail, des mois loin de chez moi. J'ai tout recommencé et j'ai vraiment pensé que ça allait fonctionner, alors c'est pas mal difficile.»

Sans chercher d'excuses, elle a admis que les conditions qui sévissaient pendant la demi-finale ont contribué à son malheur.

«Le vent s'est levé et c'est comme si je n'avais pas été capable de trouver le rythme que ça prenait dans ces conditions. J'ai un petit gabarit comparé à tout le monde, c'est certain que c'est un peu mon talon d'Achille quand le vent se lève, mais ça fait partie de la game. Je pensais que j'allais avoir la bonne stratégie de course, le bon plan, les bons coups de pagaie pour me rendre. [...] Je pense que ça m'a joué un tour que la course soit plus longue (à cause du vent de face) et je n'ai pas été capable de réagir à temps.

«J'ai déjà vécu une déception comme ça, et c'est pour ça que c'est aussi difficile. Cette année, j'ai vraiment 'retourné toutes les roches', cherché tous les détails, les petits points que je pouvais améliorer pour m'assurer que ça fonctionne. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire d'autre.»

En quittant la zone mixte, elle a retrouvé sa mère et son beau-père. Les trois se sont enlacés, pendant qu'Émilie éclatait en sanglots.

Hugues Fournel et Cochrane, les «invités surprise»

Les Canadiens Ryan Cochrane et Hugues Fournel ont... (AP, Matt York) - image 2.0

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Les Canadiens Ryan Cochrane et Hugues Fournel ont terminé troisième de leur demi-finale en K-2 200 m, les qualifiant pour la finale A, présentée jeudi au bassin Lagoa.

AP, Matt York

Ces émotions étaient tout en contraste avec celles vécues quelques instants plus tôt par Hugues et Cochrane, les «invités surprise» de cette régate. Les deux hommes n'ont appris que le 31 juillet qu'ils prendraient part aux Jeux en remplacement de deux athlètes russes exclus pour dopage. Ils ont rapidement dû se remettre à niveau.

«Ça n'a pas été facile. Dans les trois dernières semaines, nous avons vécu un stress immense, mais nous avons une super équipe qui nous a remis sur pieds en ce court laps de temps, a indiqué Hugues. Nous faisions de bons temps au Lac-Beauport, alors nous espérions vraiment la finale. Nous l'avons eue, mais la deuxième course a été plus difficile que la première. (Jeudi, pour la finale), c'est une journée à une course seulement. Tout peut arriver.»

«Je suis passé par toute la gamme des émotions, a ajouté Cochrane. Après avoir échoué par sept millièmes derrière les Brésiliens - que nous avons battus ce matin en qualifications - en mai, nous avons décidé d'aller faire des régates en Europe, où nous avons plutôt bien fait. À notre retour, nous devions cette fois lutter pour conserver notre statut d'athlète puisque nous n'allions plus aux JO.

«Une fois tout cela fait, j'étais en paix avec moi-même. Je suis donc retourné à l'entraînement et au début juillet, j'ai perdu ma grand-mère. J'étais dévasté. J'ai pensé beaucoup à elle sur l'eau aujourd'hui. Elle ne m'a pas vu, mais je suis certain qu'elle veillait sur moi. Avec le Christ Rédempteur (qui surplombe le bassin), ç'a rendu toutes ces dernières semaines bien spéciales.»

À sa dernière course olympique, l'Ontarien Mark Oldershaw a aussi raté les finales en C-1 200 mètres. Comme Émilie Fournel, Oldershaw a pris la septième et dernière place de sa demi-finale.

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