Hugo Barrette s'en veut

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Hugo Barrette avait mieux performé au Jeux Pan Am en 2015.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Rio de Janeiro

Hugo Barrette s'en veut. Le cycliste des Îles-de-la-Madeleine croit que les mauvaises décisions qu'il a prises au Vélodrome olympique de Rio de Janeiro l'ont empêché de participer à la demi-finale du keirin, voire de monter sur le podium.

Quatrième de sa vague de qualification, le cycliste de 25 ans a ensuite été devancé au repêchage par le Malaysien Azizulashni Awang, médaillé de bronze des Mondiaux 2015 et 2016, qui l'a doublé avec à peine un tour et demi à faire.

Awang a éventuellement terminé la compétition sur la troisième marche du podium. Le Britannique Jason Kenny a gagné l'or, et le Néerlandais Matthijs Buchli l'argent.

Les premiers Jeux de Barrette ont pris fin à 38 millièmes de la demi-finale.

«J'ai vraiment cru que j'avais une chance de l'emporter, mais je finis 13e. C'est un coup plutôt dur à avaler», a-t-il raconté après avoir pris de longues minutes pour décanter ses deux courses.

«Dans la première ronde, j'étais derrière le Colombien (Fabian Hernando Puerta Zapata) et j'aurais dû commencer à dépasser à 200 mètres de l'arrivée. C'est comme si j'ai été surpris. C'était tellement facile que c'est comme si j'avais attendu une fraction de seconde de trop. Au moment où j'ai décidé de passer, il a vraiment ralenti et j'ai été coincé dans le bas (de la piste). Ça, c'est une mauvaise décision. Celle-là, je l'ai ratée. La première ronde, je m'en veux. C'était facile. Je la passais facile.

«En deuxième ronde, j'ai bien couru, j'ai réussi une grosse performance, mais Azizulashni était fort aussi. Encore là, je n'ai pas été assez vite. Je l'avais dans les jambes, mais j'ai attendu trop longtemps. C'est ce qui a fait la différence. [...] Il n'y a pas de honte à avoir perdu contre Azizulashni - il pourrait très bien gagner ce soir. Mais j'aurais dû gagner ces rondes, surtout la deuxième.»

«Je pense qu'il était bien positionné, a pour sa part analysé son entraîneur, Erin Hartwell. Ce qui est difficile, c'est que si vous poussez trop fort en avant, vous allez manquer de jus. Je pense qu'Awang est très bon pour se cacher dans vos roues et bondir devant. Je pense qu'avec un tour et demi à faire, Hugo a eu une très légère hésitation et Awang a été en mesure de passer. Une fois que quelqu'un vous a dépassé à ce stade de la course, c'est très difficile de reprendre le dessus.

«Il a été solide comme un roc. Mentalement et physiquement, Hugo était à son meilleur, a poursuivi Hartwell. Mais les 27 cyclistes présents aujourd'hui avaient une chance de rafler l'or. Le keirin est extrêmement difficile et Hugo est l'un des meilleurs au monde : il l'a prouvé au cours des deux dernières années. Je suis déçu pour lui. Je sais ce qu'il voulait, pour le Québec et le Canada. J'aurais aimé qu'il puisse réaliser son rêve.»

Question de perspective

Gravement blessé à la suite d'une spectaculaire chute en Colombie, en octobre dernier, Barrette sait pertinemment qu'il pourra mettre cette déception en perspective dans quelques jours.

«Compte tenu du parcours que j'ai eu, je suis fier de ce que j'ai accompli. Que ce soit une 13e place ou une première, ça reste que je suis revenu de quelque chose dont la plupart des gens ne se seraient pas remis, dit-il au sujet de l'incident de Cali. Dans les moments les plus difficiles, comme aujourd'hui, je dois me rappeler de ça. Ç'a tellement passé proche que je n'y sois pas. Ce n'est pas la performance que j'avais espérée, mais j'ai au moins eu la possibilité de performer. Pour moi, c'est ce qui est important. Plus que tout.

«Le plus décevant, c'est que j'avais les jambes. Des jambes incroyables. J'avais deux vagues difficiles, mais je ne veux pas me servir de cela comme excuse. Ce sont mes mauvaises décisions qui m'ont coûté ma place.»

Après la course, Hartwell a exprimé le souhait que Barrette poursuive l'aventure jusqu'aux Jeux de Tokyo, en 2020.

«Connaissant le guerrier qu'il est - surtout depuis l'accident de Cali - je veux qu'il soit de retour pour les quatre prochaines années. Je suis confiant qu'il sera champion du monde et olympique à un certain moment.»

La réponse du Québécois ne le décevra pas.

«Oui, j'y serai. Je peux vous dire qu'il y a de belles choses qui s'en viennent, en particulier pour le sprint par équipe : ça va rentrer au poste. Je vois déjà que dans un peu de temps, nous allons être l'une des meilleures équipes au monde. Cette atmosphère-là, je l'espère, va être assez pour me donner des ailes et me repousser. Mais c'est sûr qu'il me faut du repos : ça fait trois ans que je n'ai pas arrêté et il faut que je souffle un peu.

«C'est vraiment une longue aventure. Ça ne se termine pas comme je l'avais envisagé. Il y avait de grands espoirs dans ma performance. Mais je me suis toujours battu depuis le début de ma carrière, quand je n'avais rien. J'ai fait mon chemin en vélo. En revenant de mon accident, j'ai refait mon chemin. Maintenant, je vais refaire mon chemin et je vais finir par y arriver, à être le meilleur.»

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