Gagner pour la «Tunisie libre»

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Sportif le plus titré de l'histoire de la Tunisie, le nageur Oussama Mellouli veut offrir une dernière médaille à ses proches et à son pays, dont le destin politique a basculé en 2011.

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Agence France-Presse
Tunis

Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui : le nageur tunisien Oussama Mellouli

Sportif tunisien le plus titré de l'histoire, le nageur Oussama Mellouli a abordé ses cinquièmes Jeux olympiques libéré de toute pression. Et il rêve d'une ultime consécration en guise d'offrande pour ses proches et pour la «Tunisie libre».

Premier nageur à décrocher l'or olympique à la fois en bassin (l'or du 1500 m à Pékin et le bronze à Londres) en eau libre, Mellouli défendra mardi à Rio son titre sur le marathon 10 km, devenu sa grande spécialité. À 32 ans, dont la moitié passée au haut niveau, le nageur qui s'entraîne depuis près de 15 ans en Californie sait que le défi sera «très difficile», à l'image de sa qualification pour le 10 km, arrachée début juin au Portugal.

Après Londres, bardé de titres mondiaux - deux lui avaient été retirés en 2007 après un contrôle positif aux amphétamines -, Mellouli a longuement hésité à se projeter vers de cinquièmes Jeux. Mais après «six mois de recul», dont une partie dans son pays alors en pleine transition post-révolution, il s'est finalement pris à rêver à une ultime «consécration».

«En général, 99 % des athlètes, on est des rêveurs. Du moment où le rêve est né dans notre esprit, on va le chercher. En ce qui me concerne, c'est comme ça depuis que j'ai 16 ans.»

Ce rêve olympique, Mellouli dit aussi vouloir l'accomplir pour ses proches, dont sa mère Khadija, et ceux qui l'ont accompagné tout au long de sa riche carrière. «À Tunis, Marseille, Font-Romeu, aux États-Unis : j'ai eu la chance de travailler avec des gens exceptionnels qui m'ont poussé à atteindre ce palmarès.»

Vedette en Tunisie, le nageur n'oublie pas son pays, dont le destin a basculé en 2011 avec la chute du régime de Ben Ali, qui avait exploité ses succès. Et Mellouli a souffert des accusations de proximité avec l'ancien pouvoir. Aux Jeux de 2012, il avait ainsi décrit son triomphe comme celui de «la rédemption». Désormais, il évoque la question avec détachement.

«J'étais le seul athlète vraiment très populaire sous Ben Ali, et j'en parle ouvertement. Le fait de décrocher une autre médaille, en 2012, pour la révolution tunisienne, c'était un moment très important de ma carrière», assure-t-il.

Inquiétudes inversées

Des États-Unis, il continue de suivre de près le chemin tortueux de la jeune démocratie tunisienne, récemment frappée par une série d'attentats djihadistes. «Avant, c'était notre famille qui s'inquiétait pour nous quand on était loin. Maintenant, c'est nous qui nous inquiétons pour eux. Mais même s'il y a des sacrifices à faire, des choix difficiles, on est fier de cette démocratie.»

Après Pékin en 2008 -, il était de nouveau porte-drapeau à Rio, et il se réjouissait d'y représenter la «Tunisie libre». «Serein et optimiste», Mellouli loue aussi la relation de confiance renouée avec les instances fédérales de son pays, qui lui permet de se concentrer sur sa préparation.

«"Eat, swim, sleep, repeat", c'est la routine d'un athlète. On mange, on nage, on dort, on répète. Faut penser qu'à ça!»

Sur sa «vie d'après», Mellouli affirme avoir «pas mal d'idées» pour le sport tunisien et espère être un jour en position de les concrétiser. Il déclare surtout vouloir «continuer de donner le bon exemple à la jeunesse», avec l'idée que «si tu rêves grand, que tu travailles dur, tu peux y arriver».

«Certains peuvent dire : "Ça, c'est des slogans américains ou français, c'est pas pour nous en Tunisie". Mais moi , je pense que le Tunisien peut faire des choses extraordinaires.»

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