Le rein et les trois poumons de Queiroz

Isaquias Queiroz se lance à l'assaut d'un historique... (Photothèque Le Soleil)

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Isaquias Queiroz se lance à l'assaut d'un historique triplé brésilien avec les séries du C-1  1000 m, du C-1  200 m et du C-2  1000 m.

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui : le kayakiste brésilien Isaquias Queiroz

Surnommé «Sans rein» après une ablation partielle, il est vite devenu «Trois poumons» en canoë-kayak en ligne. Avec son physique hors normes, Isaquias Queiroz vise trois médailles d'or aux JO de 2016, ce qui serait un record pour un Brésilien.

«J'ai perdu un rein, à 10 ans, en chutant d'un arbre. Un an après, j'ai commencé le canoë-kayak. On pensait que je n'y arriverais pas, que j'étais handicapé. Mais j'ai montré à tout le monde qu'il n'y avait pas de handicap, pas de problème. Donc, je pense qu'on m'a implanté un poumon de plus pendant l'opération, on en plaisantait avec mes amis», lance Queiroz en riant.

«Je n'ai jamais laissé personne me battre pour que je dise ensuite : "J'ai perdu parce que je n'ai qu'un rein." Non, je lutte d'égal à égal. Mais ce qui est gênant, c'est quand quelqu'un perd contre moi, il se dit : "Bon sang, j'ai perdu contre un gars qui n'a qu'un rein!"»

Dès lundi, Queiroz se lance à l'assaut d'un historique triplé brésilien avec les séries du C-1 1000 m, dont la finale est prévue mardi. Celles du C-1 200 m et du C-2 1000 m vont se dérouler mercredi et vendredi. «Je ne le vois pas comme de la pression, mais comme une émulation. Chaque jour, on me dit qu'on espère me voir gagner, je me sens plus motivé, avec toujours plus de volonté de m'entraîner pour gagner ces trois médailles.»

Calendrier avantageux

Ces trois dernières années, il a récolté six médailles (trois en or et trois en bronze) aux Mondiaux de Duisburg, de Moscou et de Milan.

Si ce céiste originaire de l'État régional de Bahia, dans le nord-est du pays, est confiant pour les JO de Rio, c'est aussi parce que le calendrier olympique de canoë-kayak a été modifié, en espaçant les épreuves sur la lagune Rodrigo de Freitas.

Selon la presse brésilienne, ce changement s'est fait sous la pression de la Confédération brésilienne de canoë-kayak (CBCa) afin de profiter à Queiroz, dans le droit fil d'une certaine tradition informelle chez les pays hôtes des Jeux.

«Ramer en C-1 1000 et en C-2 1000 un jour après l'autre est très fatigant», relève l'intéressé. «Ce changement me donne la possibilité de gagner trois épreuves. Depuis, Jesus Morlan [son entraîneur espagnol] m'a plus préparé sur le C-1 200. J'ai découvert que j'avais du potentiel sur cette longueur.» Il a d'ailleurs gagné le bronze sur cette épreuve aux Mondiaux à Milan, l'année dernière.

Année émotive

Cette année 2015 fut celle de toutes les émotions pour le jeune homme. «Le meilleur moment, c'est quand j'ai eu l'or en C-2 1000 m avec Erlon Silva et le bronze en C-1 200 en Italie, j'ai surpris tous mes adversaires», se souvient l'athlète de 21 ans. «Et puis, j'ai été élu athlète de l'année 2015 au Brésil. Ce n'est pas rien, cette reconnaissance m'a rendu très heureux.

«Le pire moment, c'est quand j'ai fait des tonneaux en voiture, en allant chercher mon frère à l'aéroport», poursuit-il. «J'ai été victime d'une sortie de route et j'ai eu un accident. Heureusement, je n'ai pas eu la moindre égratignure. J'ai pu retourner à l'entraînement et me concentrer sur mes objectifs des JO.» 

Lors d'une épreuve-test sur la lagune carioca en septembre 2015, il avait aussi mené la fronde des céistes brésiliens contre la CBCa, accusée de leur «manquer de respect», notamment sur le plan financier.

L'année 2016 sera-t-elle encore plus haletante pour «Trois poumons», objectif or olympique oblige?

Des courses de 10 000 mètres!

Si le premier club de canoë a été créé en 1866, le canoë-kayak en ligne n'a fait son apparition aux Jeux olympiques qu'en 1924 à Paris, en tant que sport de démonstration. Il est entré au programme olympique en 1936 à Berlin pour des courses de 1000 à 10 000 m. Après les Jeux de Melbourne en 1956, la distance maximale est passée à 1000 m. Depuis Pékin, le nombre d'épreuves a été réduit de neuf à huit chez les messieurs, où le 200 m a remplacé le 500 m, et il est passé de trois à quatre chez les dames.

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