Silence, on court!

Usain Bolt a imposé le silence à la... (AP, Jae C. Hong)

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Usain Bolt a imposé le silence à la foule avant de prendre le départ à la ronde préliminaire, dominant facilement sa vague en 10,07 secondes.

AP, Jae C. Hong

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Agence France-Presse
Rio

Bolt ou Gatlin? Sauf surprise, le stade olympique de Rio sera dimanche soir le théâtre du remake tant attendu entre la superstar Usain Bolt et l'ancienne gloire revenue des bas-fonds du dopage Justin Gatlin, pour une superproduction qui dépasse le simple cadre du 100 m.

Les rôles-titres de ce duel sous les tropiques sont déjà connus, même si la distribution aura son mot à dire, à partir de 20 h pour les demi-finales. En haut de l'affiche depuis 2008, Bolt le Jamaïcain est le héros positif de l'histoire, sans jeu de mots. Gatlin, suspendu à deux reprises pour dopage pour un total de cinq ans, endossera évidemment le rôle du méchant.

Bolt n'a que 17 ans, en 2004, quand sa foulée découvre les Jeux olympiques à Athènes. Il est plus que prometteur -déjà détenteur du record du monde junior du 200 m -, mais il est surtout blessé, et ses espoirs se déchirent en même temps que sa cuisse, dès les séries du demi-tour de piste.

Quelques jours auparavant, l'Américain Gatlin a mis le monde à ses pieds, triomphant du 100 m pour s'offrir le Graal suprême à seulement 22 ans. Huit ans plus tard, à Londres en 2012, le revenant Gatlin, absent des tartans de 2006 à 2010 pour dopage à la testostérone, n'est pas encore assez fort pour titiller le maître sur la ligne droite (troisième contre premier pour Bolt).

Depuis quatre ans toutefois, et malgré l'âge qui avance (30 ans dans neuf jours pour Bolt, 34 ans et demi pour Gatlin), les trajectoires se rapprochent. Au point de se croiser?

L'an dernier aux Mondiaux de Pékin, Bolt a endossé les habits du superhéros de l'athlétisme pour terrasser l'Américain, dans une sorte de lutte du Bien contre le Mal entre celui qui n'a jamais fauté - jusqu'à preuve du contraire - et celui qui ne doit sa deuxième partie de carrière qu'à la mansuétude passée de la lutte contre le dopage.

La routine

Samedi, Bolt a demandé le silence sur les blocs en posant un doigt sur ses lèvres, a frotté sa tête rasée de près, s'est penché pour prendre le départ et a complété sa ronde préliminaire de façon aussi routinière que de faire son lit. Il a connu son habituel lent départ. Il s'est propulsé laborieusement des blocs, au point d'occuper le septième rang parmi les neuf concurrents. Il tirait de l'arrière avec 25 mètres à négocier, a regardé à sa gauche pour évaluer l'avance que possédait Andrew Fisher, un Jamaïcain qui porte les couleurs du Bahreïn.

Pas d'inquiétude. Bolt s'est mis à la troisième vitesse - il garde les crans supérieurs pour plus tard - et a dépassé Fisher pour gagner sa vague en 10,07 secondes, le quatrième temps parmi tous les participants.  Quant à Gatlin, il a inscrit le meilleur temps de la journée, en 10,01 secondes.

Le mois dernier, Bolt, qui tente de devenir le premier athlète à remporter trois fois consécutivement le 100 m olympique et de réaliser un inédit «triple triple» sur 100 m, 200 m et 4 x 100 m, s'est retiré des championnats nationaux en raison d'un muscle ischio-jambier endolori. Après avoir admis plus tôt cette semaine qu'il aurait aimé avoir participé à plus de courses cette année, il a indiqué samedi qu'il est en bonne forme.

«Je me sentais bien. Ce n'était pas le meilleur départ. J'étais un peu amorphe. Je ne suis pas habitué de courir si tôt à n'importe quel championnat.» Il garde ses meilleures performances pour les heures de grande écoute. Et les autres compétiteurs, dont le Canadien Andre De Grasse (10,04 en qualifications) ont quitté le stade avec un peu plus de 24 heures à réfléchir sur ce qui n'a encore jamais été réalisé : battre Bolt aux JO.  Avec AP

Deux athlètes, deux styles

L'Américain Justin Gatlin a jeté un oeil vers... (AP, Matt Slocum) - image 3.0

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L'Américain Justin Gatlin a jeté un oeil vers ses adversaires lors de sa qualification aux demi-finales du 100 m, qu'il a complétée en 10,01 secondes. 

AP, Matt Slocum

Le duel programmé entre Usain Bolt et Justin Gatlin, dimanche en finale du 100 m, est aussi un match entre deux sprinteurs radicalement différents, mentalement, physiquement, et techniquement.

Le physique

En boxe, Usain Bolt (1,96 m/92 kg) et Justin Gatlin (1,85 m/81 kg) ne tireraient pas dans la même catégorie, mais une finale de 100 m, épreuve reine des Jeux dimanche (21h25) ne se résume pas aux capacités morphologiques des uns et des autres.

Le mental

Pour résumer, Usain Bolt rigole quand Justin Gatlin est concentré. L'un rejette la pression sur les autres avec ses simagrées (Bolt) quand l'autre veut impressionner physiquement (Gatlin). Elle est là, la révolution Bolt, celle qui propose joie et sourire dans un monde de fauves. Gatlin, lui, est plutôt représentatif de l'ancienne école des sprinteurs, arrogante et physiquement prête à en découdre.

Le départ

Avantage Gatlin. «Il exploite son potentiel dès le départ, avec le pied droit légèrement en diagonale. C'est la bestialité, efficace et brutale de bout en bout», remarque Stéphane Caristan, ex-champion d'Europe du 110 m haies. Le New-Yorkais a des appuis très rasants, avec une jambe qui part tendue, presque un shoot dans la course. Pour Bolt, le trajet de la cheville est plus long, passe au niveau du genou et remonte quasiment dans la fesse pour aller chercher loin. Dans cette phase de grande accélération (jusqu'aux 40 m), Gatlin a une fréquence plus importante et une meilleure pénétration dans l'air. La mise en action de Bolt est moins assurée, en raison de sa morphologie et de problèmes de dos qui le minent depuis l'adolescence. Si, au terme de ce premier round, Gatlin possède entre 1,5 m et 2 m d'avance, l'octuple champion du monde sera au bord du K.-O.

La phase lancée

Avantage Bolt. «Le Jamaïcain va tirer des braquets plus importants avec des foulées de 2,70 m de long dans la phase maximale de vitesse», souligne Guy Ontanon, entraîneur du Français Jimmy Vicaut, co-recordman d'Europe du 100 m (9,86). Lors de son record planétaire sur 200 m (19,19), en finale des Mondiaux 2009 à Berlin, «L'éclair» avait été flashé à 44,7 km/h. Quatre jours plus tôt, Bolt avait avalé son 100 m record (9,58), dans le même stade olympique de la capitale allemande, en 41 foulées. Gatlin n'est pas en reste. Une foulée d'une amplitude remarquable lui avait valu le surnom de guépard, l'animal terrestre le plus rapide (quelque 110 km/h), lors de son doublé 100/200 m aux Mondiaux 2005 à Helsinki. Il avait employé 42 foulées pour son succès sur la ligne droite en Finlande. Depuis qu'il est revenu de sa seconde suspension, celle de quatre ans après avoir été contrôlé à un dérivé de la testostérone, le champion olympique 2004 du 100 m a augmenté la fréquence et raccourci la distance pour courir le 100 en 43,5 foulées. Cela, pour gagner en explosivité.

La fin de course

Avantage Bolt. Il est un compétiteur hors pair, mais Gatlin également. Toutefois, lors de leur dernière rencontre, en finale des Mondiaux 2015, l'Américain, pourtant en tête très longtemps, s'est crispé lorsqu'il a senti le Jamaïcain à sa hauteur à mesure que la ligne d'arrivée s'approchait. Ses dernières foulées ont été catastrophiques et la défaite, amère : 9,79 contre 9,80. L'an dernier, c'est plus Gatlin qui a perdu que Bolt qui a triomphé. Gatlin aura-t-il retenu la leçon si jamais les deux hommes sont encore en duel? AFP

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