Le soccer brésilien en quête de rédemption

Le joueur étoile Neymar n'aura pas beaucoup d'autres... (AP, Leo Correa)

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Le joueur étoile Neymar n'aura pas beaucoup d'autres chances de triompher dans une compétition majeure en sol brésilien.

AP, Leo Correa

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(Québec) Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui: les joueurs de soccer brésiliens

Si pour trois semaines, Rio est la ville de tous les sports, aucun n'est susceptible de remplacer le soccer dans le coeur de ses habitants. Difficilement passée en quarts de finale du tournoi olympique, la Seleçao tente de racheter sa performance de la Coupe du monde 2014 et ainsi apposer un baume sur les plaies d'un Brésil en crise. 

C'était il y a deux ans. La pression était immense, la défaite, brutale. Privée de son meilleur joueur, Neymar, et confrontée à la puissante machine allemande, la sélection brésilienne s'écroulait 7-1 en demi-finale de la Coupe du monde devant une foule en larmes. 

Le résultat a ramené les Brésiliens 64 ans en arrière. Le mythique stade Maracana venait alors d'être construit pour accueillir le tournoi mondial de 1950. Grand favori, le pays hôte avait facilement fait son chemin dans le groupe final. Les règlements étant légèrement différents à l'époque, la sélection brésilienne n'avait besoin que d'un match nul pour être sacrée championne. Ce qui semblait une victoire acquise s'est plutôt transformé en la plus tragique défaite de l'histoire du pays, 2-1 contre l'Uruguay. Les Brésiliens n'ont plus jamais porté le maillot blanc qu'ils portaient ce jour-là.

Deux occasions de remporter la Coupe du monde sur son propre sol, deux revers, pour le pays le plus titré de l'histoire.  Ce qui nous mène aux quarts de finale du tournoi olympique ce samedi (21h), à São Paulo. Contre cette même Colombie qui avait blessé Neymar en quarts de finale de la Coupe du monde de 2014.

Pour l'attaquant vedette, qui ne veut pas que l'on se souvienne de lui comme étant celui qui a été du mauvais côté de l'histoire, c'est le match de la rédemption. Neymar, 24 ans, n'aura pas beaucoup d'autre chance de triompher dans une compétition majeure en sol brésilien. 

Évidemment, une victoire aux Olympiques n'a pas le même cachet qu'un championnat du monde. N'empêche, le pays n'a jamais gagné aux JO et le prix de consolation arriverait à un bien bon moment.

Identité nationale

Dans un Brésil déchiré par des inégalités économiques extrêmes, le «futebol» a toujours été le dénominateur commun de l'identité nationale.

Le sport y aurait été amené par un Anglais, Charles Miller, à la toute fin du XIXe siècle. Joueur de soccer accompli avant son arrivée au Brésil, où son père agissait comme ingénieur de chemins de fer, Miller aurait organisé les premiers matchs entre expatriés anglais.

Fraîchement délivrés de l'esclavage, aboli en 1894, les ouvriers africains exploités sur les chantiers de chemin de fer commencèrent à adopter le sport que pratiquaient leurs contremaîtres britanniques. Dans les grandes villes, le sport a rapidement gagné en popularité dans les quartiers démunis, étant accessible à quiconque pouvant ficeler un ballon de fortune. 

L'intégration des Afro-Américains dans les ligues officielles blanches s'est faite progressivement, l'expérience étant empreinte de racisme. Ces enjeux sociaux expliqueraient en partie le style de jeu iconique des Brésiliens, presque à mi-chemin entre le sport et la danse.

D'une part, jouer avec des petits ballons souvent faits de ficelle et de tissu aurait contribué à développer un contrôle du ballon supérieur. On estime aussi que les joueurs afro-américains, désirant éviter le plus possible les contacts avec les joueurs blancs de peur de représailles, auraient commencé à jouer le plus possible autour de leur adversaire plutôt qu'au corps à corps. 

Au fil des années, le pays se rallierait unanimement derrière des héros noirs de la Seleçao, de Leonidas da Silva à Pelé, en passant par Ronaldinho. 

Quand le soccer va, tout va, au Brésil. À l'inverse, chaque revers a un effet extraordinairement négatif sur le moral collectif. Non seulement l'économie du pays a plongé ces dernières années, non seulement la corruption enracinée a eu la tête de la présidente Dilma Rousseff, mais la sélection nationale a vécu une traversée un désert depuis la défaite contre l'Allemagne. 

Les Brésiliens ont besoin d'un baume. La Seleçao saura-t-elle leur donner?

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