Les malheurs ciblés de Kim Rhode

Considérée une des meilleures athlètes de l'histoire olympique... (AP, Jae C. Hong)

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Considérée une des meilleures athlètes de l'histoire olympique en tir, Kim Rhode a connu trois ans d'enfer dans sa vie personnelle.

AP, Jae C. Hong

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John Marshall
Associated Press
Rio

Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui: la tireuse américaine Kim Rhode

Depuis qu'elle a remporté sa troisième médaille d'or olympique il y a quatre ans, Kim Rhode a accumulé autant de difficultés dans sa vie que de cartouches dans son fusil.

L'Américaine de 37 ans est non seulement une des meilleures athlètes de l'histoire olympique en tir, mais une des meilleures, tous sports confondus. Elle a remporté sa première médaille d'or aux Jeux d'Atlanta, en 1996, en double trap. Après le bronze à Sydney en 2000 et une deuxième médaille d'or quatre ans plus tard, à Athènes, elle a remporté deux médailles en skeet : une d'argent à Pékin en 2008 et sa troisième médaille d'or à Londres, en 2012. 

Rhode est donc la seule athlète américaine - femmes et hommes confondus - à avoir remporté une médaille individuelle dans cinq Jeux d'affilée. Elle est également la seule femme à pouvoir porter autour du cou trois médailles d'or en tir.

En compétitionnant à Rio, elle se donne la chance de rejoindre le lugeur italien Armin Zoeggeler dans un club dont il est le seul membre : celui des athlètes ayant remporté une médaille dans six JO de suite. Ajoutons à cela 14 titres nationaux et 28 médailles en Coupe du monde - un record -, et on se retrouve devant un palmarès absolument exceptionnel. 

Un chien trop gourmand 

La route pour accumuler tous ces honneurs n'a pas été facile du tout pour Kim Rhode. C'est avant les Jeux de 2012 qu'elle a fait face à ses premiers véritables obstacles : des problèmes de santé qui ont fait craindre un cancer du sein et le vol de l'arme qu'elle avait utilisée lors de ses quatre premiers JO, d'une valeur de 15000$. 

De plus, à moins d'une semaine de la cérémonie d'ouverture des Jeux, son mari a perdu son passeport et... son chien a mangé son billet d'avion! Qu'importe. Utilisant une nouvelle arme - même si avant les Jeux, les autorités avaient retrouvé l'autre chez un homme en liberté conditionnelle -, elle a remporté l'or en égalant un record mondial avec 99 cibles sur 100 atteintes lors de qualifications. 

Question d'ajouter encore à l'exploit, la femme alors âgée de 33 ans était enceinte, sans le savoir. Kim Rhode et son mari, Mike Harryman, ont été bien sûr ravis d'apprendre la nouvelle, mais cette joie est venue avec bien de la douleur.

Un problème aux os pelviens a provoqué une grossesse difficile, forçant même la quintuple médaillée à garder le lit pendant quatre mois. De plus, la naissance de son fils Carter, le 13 mai 2013, a amené des complications supplémentaires. Résultat : six semaines après l'heureux événement, elle était opérée d'urgence pour se faire retirer la vésicule biliaire.

Kim Rhode à l'entraînement à Rio jeudi dernier... (AFP, Philippe Lopez) - image 2.0

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Kim Rhode à l'entraînement à Rio jeudi dernier

AFP, Philippe Lopez

En route vers une vie à nouveau normale, le destin devait à nouveau s'acharner sur elle. Son mari a d'abord été hospitalisé à deux reprises en raison de diverticulite, une affection douloureuse du côlon. Puis son père s'est cassé une jambe juste avant les Mondiaux.

Tout ça avant une séquence d'épreuves qui a poussé l'athlète à compétitionner au Mexique, à Dubaï et à Chypre et qui s'est terminée par un séjour à l'hôpital pour un kyste aux ovaires qui a été provoqué, selon les médecins, par une maladie reliée à des piqûres de moustiques. Rien pour rassurer une athlète en pleine crise du virus Zika au Brésil... 

Comme si ce n'était pas suffisant, pas moins de six amis de Kim Rhode sont décédés pendant cette période.  «Je viens de vivre trois ans d'enfer. Littéralement», avoue-t-elle sans détour.

À l'aube de ses sixièmes Jeux, les ennuis de santé ne sont pas disparus par magie, bien au contraire. Les os pelviens continuent de causer de l'inconfort, des dommages aux nerfs sont apparus, tout comme des douleurs à l'abdomen. 

La tireuse n'a pu se préparer aussi intensément qu'à l'habitude. Lors des bons jours, elle peut tirer 800 projectiles à l'entraînement. Son rythme normal comportait 1000 tirs par jour.

Malgré tout, l'athlète a fait des progrès et sa capacité passée à vaincre l'adversité fait de Kim Rhode une des favorites pour gagner l'or au Brésil.  «Quand tu passes à travers tout ça, il ne te reste plus qu'à te dire - même si ça me fait peur de le dire - que rien de pire ne pourra m'arriver. Donc, tout peut aller pour le mieux maintenant. Il ne me reste plus qu'à sourire et à me dire que le prochain jour sera meilleur.»

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