Le bronze pour Filion et Benfeito

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Meaghan Benfeito, à gauche, et Roseline Filion ont terminé leur longue association en mettant la main sur une médaille de bronze en finale du 10 m synchro.

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La Presse Canadienne
Rio de Janeiro

Roseline Filion a tourné une page importante de sa carrière sportive, mardi après-midi, en réalisant un dernier coup d'éclat avec son éternelle complice, Meaghan Benfeito, aux Jeux olympiques de Rio.

Onze ans après avoir participé à une première compétition ensemble, les deux Québécoises ont mis la main sur la médaille de bronze à la tour de 10 mètres synchro.

Il s'agissait d'une dernière compétition olympique pour le duo, puisque Filion a déjà déclaré qu'elle ne tentera pas de se qualifier pour les Jeux de Tokyo en 2020.

«(Cette médaille-ci) vaut plus que toutes les autres, a déclaré la Lavalloise âgée de 29 ans, les yeux rougis par l'émotion. On a sauté dans le vide il y a quatre ans, en ignorant ce qui nous attendait. Nous étions beaucoup plus matures cette fois-ci, nous savions à quoi nous attendre. Nous avons travaillé fort, avons repoussé nos limites, et c'est vraiment ça qui a fait la différence ce soir.»

Les Chinoises Ruolin Chen et Huixia Liu ont dominé la compétition avec une note totale de 354,00 points. Les Malaisiennes Jun Hoong Cheong et Pandelela Rinong Pamg ont obtenu l'argent en vertu d'un score de 344,34. Filion et Benfeito ont suivi avec 336,18 points.

Après la compétition, Filion a livré un vibrant plaidoyer envers Benfeito. La voix chevrotante, elle réalisait que Benfeito et elle ne seraient plus jamais ensemble sur la tour.

«C'était notre dernière compétition ensemble. Je ne pouvais demander une meilleure partenaire que ça, a-t-elle dit. On se comprend, sans avoir besoin de se parler. Je lui ai répété que je l'aimais à la fin, peu importe le résultat final. À ce moment-là, la médaille n'avait plus d'importance, parce que nous étions revenues à ce que nous étions au départ, c'est-à-dire les meilleures amies.»

«C'est difficile de savoir que nous ne plongerons plus jamais ensemble, mais ça reste quelqu'un de très, très, très proche de moi, a renchéri Benfeito. Nous avons tellement vécu de choses ensemble au cours des 11 dernières années, et je sais que j'ai trouvé quelqu'un qui va rester dans ma vie.»

En retrait derrière la piscine, Mitch Geller, le directeur technique de Plongeon Canada, a encensé ses protégées pour leur performance.

«Je ne pouvais rien demander de mieux aux filles, a déclaré Geller. Elles ont offert une performance à la hauteur de celles qu'elles nous ont offertes au fil des ans.»

Meaghan Benfeito et Roseline Filion à la tour de... (La Presse Canadienne, Frank Gunn) - image 2.0

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Meaghan Benfeito et Roseline Filion à la tour de 10 mètres synchro

La Presse Canadienne, Frank Gunn

Une finale à couper le souffle

Avant que Filion et Benfeito puissent mettre la main sur leur deuxième médaille olympique - et une deuxième de bronze, après celle acquise à Londres en 2012 -, elles ont dû travailler d'arrache-pied.

Tout s'est joué lors de la cinquième et dernière ronde.

Les Canadiennes étaient alors cinquièmes, à cinq points des détentrices provisoires du troisième rang, les Nord-Coréennes Kuk Hyang Kim et Mi Rae Kim, et à un point des Britanniques Tonia Couch et Lois Toulson.

Les Nord-Coréennes, qui sautaient tout juste avant Filion et Benfeito, ont raté leur saut, ouvrant ainsi la porte aux représentantes de l'unifolié.

«Lorsque nous sommes arrivées en haut de la tour, nous nous sommes regardées et nous nous sommes dit : 'Ok, let's go, c'est là que ça se passe.' Et c'est exactement ce qu'on a fait», a raconté Benfeito.

Filion et Benfeito ont alors obtenu une note de 80,64 pour un double saut périlleux arrière et demi avec une vrille et demie irréprochable, se retrouvant provisoirement au troisième rang. Il restait toutefois aux Britanniques à s'exécuter, à l'occasion du dernier plongeon de la compétition.

«Après notre plongeon, nos entraîneurs nous ont dit de ne pas célébrer tout de suite, parce que les Britanniques étaient à un point de nous, a rappelé Filion. C'était l'attente la plus longue de ma carrière. Ç'a pris une éternité.»

Couch et Toulson ont finalement craqué sous la pression et permis aux Québécoises de les devancer. Une déferlante d'émotions s'en est suivie.

Filion et Benfeito, qui sont âgées respectivement de 29 et 27 ans, se sont enlacées et Filion n'a pu retenir ses larmes de joie. Elle a de nouveau fondu en larmes en grimpant sur le podium, alors qu'elle décochait un regard vers les gradins.

«J'ai vu mon frère (Maxime) dans les gradins, qui assistait aux JO pour la première fois, a-t-elle dit. Lorsque je l'ai vu, à partir du podium, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer.»

Elles ont ainsi racheté la contre-performance de leurs compatriotes Jennifer Abel et Pamela Ware, qui avaient pris le quatrième rang au tremplin de 3 m synchro, dimanche.

Filion et Benfeito plongeront maintenant en solo à la tour, les 17 et 18 août. Elles avaient fini respectivement 10e et 11e à Londres.

L'eau verte de la piscine en a fait sourciller plus d'un

Les athlètes ont eu toute une surprise, mardi,... (AP, Matt Dunham) - image 4.0

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Les athlètes ont eu toute une surprise, mardi, en voyant l'eau verte du bassin du Parc aquatique Maria-Lenk, où était présentée l'épreuve à la tour synchro féminine. 

AP, Matt Dunham

Mardi, ce n'est pas l'eau polluée de la baie de Guanabara qui a défrayé les manchettes pour sa piètre qualité. C'est plutôt l'eau verte du bassin du Parc aquatique Maria-Lenk, où était présentée l'épreuve à la tour synchro féminine.

En arrivant sur place, les spectateurs, les athlètes ainsi que tous ceux qui devaient se rendre là-bas ont eu la surprise de constater que l'eau du bassin changeait progressivement du bleu au vert sombre. Le contraste était d'autant plus saisissant que dans la piscine utilisée pour le water-polo située tout juste à côté, là où l'eau était d'un bleu cristallin.

Le Comité organisateur des Jeux olympiques de Rio de Janeiro a indiqué par voie de communiqué qu'il procédait à des analyses, en soulignant que l'eau n'était pas dangereuse pour les athlètes. Le porte-parole du comité organisateur, Mario Andrada, a annoncé en fin de journée que la couleur avait changé en raison d'une «prolifération d'algues».

«Si elle était verte et jaune, nous aurions su qu'il s'agissait d'une piscine patriotique, avait blagué Andrada, en référence aux couleurs du drapeau brésilien, plus tôt dans la journée. Nous avons analysé l'eau comme nous le faisons à tous les jours, et les résultats étaient identiques à ceux lorsque l'eau est cristalline.»

Rencontré après la compétition, le directeur technique de Plongeon Canada, Mitch Geller, avait anticipé avec raison que la couleur verte du bassin était probablement attribuable à une infestation d'algues. Il s'était même risqué à une hypothèse pour expliquer la situation.

«Tout le monde se posait la question à savoir ce qui se passait, avait-il dit. Personnellement, je crois que le filtreur de la piscine a brisé. Un technicien canadien arrivera demain [mercredi] pour offrir son aide à l'équipe d'entretien ici - que ce soit pour réparer un bris ou ajuster la qualité de l'eau chimiquement.

«Ce n'est pas dangereux, c'est seulement que la situation s'est détériorée au fur et à mesure que la compétition avançait, avait-il ajouté. Je ne sais pas à quoi ça va ressembler demain [mercredi], mais j'espère que ce ne sera pas un marais.»

Un avantage, selon Filion

Roseline Filion et Meaghan Benfeito ont constaté l'état de la situation de près. En fait, elles ont même dû plonger tête la première dans le bassin, en route vers le bronze - la cinquième médaille du Canada à ces jeux.

Filion a assuré ne pas avoir été inquiétée par l'eau verte du bassin, d'autant plus que Benfeito et elle étaient prêtes à tout à Rio en raison des nombreuses histoires sordides qui entouraient les jeux ces dernières semaines.

«Je n'ai jamais vu ça avant, sauf que nous sommes arrivées ici étant prêtes à n'importe quoi, a-t-elle confié. L'eau aurait pu avoir été orange, jaune, verte. On s'en fout. On s'était dit que rien ne serait sur le chemin de notre performance. Alors on s'est fermé les yeux et la bouche et tout a bien été.»

D'ailleurs, la Lavalloise âgée de 29 ans a même indiqué qu'elle y avait tiré un avantage.

«Au début de la semaine, avec le soleil qui se reflétait sur l'eau, j'avais de la difficulté à distinguer l'eau bleue du ciel pendant mes plongeons, a-t-elle expliqué. En commençant notre entraînement, avec l'eau verte, ç'a été beaucoup plus facile. J'étais plus confiante, parce que je la voyais.»

Si Filion et Benfeito n'ont jamais vécu une situation semblable, une ex-athlète croisée dans un corridor après la compétition avait une anecdote tout autre à raconter aux membres des médias.

«Je me souviens d'être arrivée aux Jeux panaméricains de Cuba en 1991 et l'eau était brune, a évoqué l'ex-plongeuse Annie Pelletier. Les responsables de la compétition nous avaient dit de ne pas ouvrir la bouche sous l'eau. Ils avaient finalement fait un traitement-choc et ça s'était presque totalement réglé à temps pour la compétition.»

Reste maintenant à espérer que la situation se résorbera à temps pour la prochaine épreuve au plongeon, le tremplin de 3 m masculin synchro, qui sera présentée mercredi.

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