Le dopage fait des vagues à la piscine

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Camille Lacourt (photo) n'est pas tendre envers Sun Yang, nageur chinois contrôlé positif en 2004 : «Sun Yang, il pisse violet!»

AFP, Gabriel Bouys

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Agence France-Presse
Rio de Janeiro

Les séries ont repris au bassin olympique, dans une ambiance en apparence apaisée, après les déclarations qui ont accompagné les finales de lundi. «Sun Yang, il pisse violet!» a lancé le nageur français Camille Lacourt, qui n'a pas du tout apprécié de voir gagner sur 200 m libre le Chinois, contrôlé positif en 2014.

«Ça me donne envie de vomir», a martelé le Français. «Je suis très triste de voir mon sport évoluer de cette façon. J'ai l'impression de voir de l'athlétisme avec deux ou trois dopés dans chaque finale. J'espère que la Fina (Fédération internationale de natation) va vite réagir et arrêter ce massacre parce que ça devient triste», a-t-il encore regretté.

Lacourt n'est pas le premier à critiquer ouvertement Sun Yang. Avant de battre le Chinois pour le titre olympique du 400 m nage libre, samedi, l'Australien Mack Horton avait déclaré à son sujet : «Je n'ai pas de respect pour les dopés.»

Les termes sont moins violents, mais Michael Phelps n'a pas dit autre chose : «C'est triste que, de nos jours, il y ait des gens contrôlés positifs, même deux fois pour certains, qui ont quand même l'occasion de nager aux Olympiques. Ça m'énerve.»

Efimova sifflée

La Russe Yuliya Efimova a dû se sentir visée. Deuxième du 100 m brasse, lundi, elle a été copieusement sifflée par les spectateurs, outrés par l'accumulation d'affaires autour d'elle depuis 2014.

D'abord, une suspension de 16 mois pour un contrôle positif à un stéroïde. Puis, en mars 2016, un nouveau contrôle positif, cette fois au Meldonium, un produit très à la mode dans le sport russe avant son interdiction le 1er janvier.

Ce pedigree avait incité la Fédération internationale (Fina) à la priver de JO le 25 juillet, comme six autres nageurs russes, à la suite des révélations sur le système de dopage d'État en Russie. Sanction levée juste avant la cérémonie d'ouverture par le Comité international olympique (CIO). Une autre Russe, Viktoriia Andreeva, a d'ailleurs elle aussi été sifflée avant sa demi-finale du 200 m 4 nages.

Que faire face aux ex-dopés ? Une voix puissante s'est ajoutée à celles de Lacourt et Phelps. «J'aimerais bien qu'ils [le CIO] disent qu'un athlète, même suspendu une seule fois pour dopage, ou même avec une seule infraction de dopage, ne puisse pas participer aux Jeux», a déclaré l'ex-athlète Michael Johnson, l'octuple champion du monde du 200 et du 400 m.

Confronté à la première grosse polémique depuis le début des JO, le porte-parole du CIO, Mark Adams, a répété que son président Thomas Bach était favorable à la mise hors-Jeux de tout athlète pris dans des «affaires graves» de dopage. Tout en soulignant que toute décision définitive serait conditionnée par des considérations légales.

Au total, 5500 contrôles antidopage (4500 urinaires, 1000 sanguins) seront effectués pendant la durée des Jeux, a-t-il précisé.

Efimova dévastée par les critiques de ses adversaires

Conspuée par les spectateurs et totalement ignorée par... (AP, Lee Jin-man) - image 3.0

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Conspuée par les spectateurs et totalement ignorée par ses rivales américaines Lilly King, au centre, et Katie Meili , à gauche, la Russe Yulia Efimova n'en menait pas large. 

AP, Lee Jin-man

La Russe Yulia Efimova, ouvertement critiquée par ses rivales pour son implication dans des affaires de dopage et repêchée in extremis pour les Olympiques de 2016, a demandé, la voix étranglée, à être comprise par les autres athlètes.

«Je peux comprendre la réaction de certains athlètes, mais ce que je n'arrive pas à comprendre, ce sont ceux qui font de la politique. Peuvent-ils imaginer une seconde ce que je ressens?» a demandé la nageuse au bord des larmes, en conférence de presse.

Efimova, médaillée d'argent lundi sur 100 m brasse derrière l'Américaine Lilly King, a été conspuée et sifflée. «Après tout ce qui s'est passé l'année dernière, je suis heureuse d'être là et de pouvoir nager. Essayez de me comprendre et de revoir votre position sur moi», a-t-elle plaidé après avoir pleuré à la sortie de sa course.

Deux cas distincts

Efimova se débat dans des affaires de dopage depuis 18 mois. Il y a d'abord eu une suspension de 16 mois pour un contrôle positif à un stéroïde en 2014. Puis, en mars, un nouveau contrôle positif, cette fois au Meldonium. Sa suspension a été levée et la nageuse, blanchie.

«J'ai fait une erreur une fois et j'ai purgé ma peine, mais la deuxième fois, ce n'était pas ma faute. Je ne sais pas comment faire comprendre aux gens que si un jour le yaourt est interdit, vous devenez positif, mais est-ce pour autant votre faute ?» s'est-elle défendue, lançant un regard à Lilly King, assise un peu plus loin à la table de la conférence de presse.

L'Américaine n'est pas allée serrer la main de la Russe après sa victoire, et s'en est excusée en conférence de presse.

Efimova a été privée de JO dans un premier temps en juillet comme six autres nageurs russes, à la suite des révélations du rapport McLaren sur le système de dopage d'État en Russie. Mais la sanction a été levée juste avant les Jeux de Rio.

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