Luiza Gega, la championne négligée de l'Albanie

Faute de piste d'athlétisme à Tirana, Luiza Gega... (AFP, Dimitar Dilkoff)

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Faute de piste d'athlétisme à Tirana, Luiza Gega s'est préparée seule pour le 1500 m, dans les parcs de la ville.

AFP, Dimitar Dilkoff

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Agence France-Presse
Tirana

La solitude de la coureuse de fond, Luiza Gega la connaît bien. Faute de piste d'athlétisme à Tirana, l'Albanaise s'est préparée seule, où elle le pouvait, pour le 1500 m des Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Détentrice des records nationaux du 800 m au 10 000 m, Luiza Gega est née dans le port de Durrës, fille d'une cuisinière et d'un agronome. Elle y a collectionné les victoires scolaires, mais n'a commencé à courir sérieusement qu'à 14 ans.

Treize ans plus tard, porte-drapeau de l'Albanie, elle était parmi les premières à entrer dans le stade olympique lors des cérémonies d'ouverture vendredi, devant deux nageurs, un athlète et un haltérophile. Elle a fait son chemin vers Rio sans physiothérapeute, sans nutritionniste, sans masseur. En effectuant aux frais de son entraîneur ses séances de musculation dans des salles de sport en ville, à côté des amateurs de gonflette et de fitness.

«Le football, c'est meilleur pour les relations publiques», observait plus tôt cet été cette petite femme de 27 ans toute de nerfs et de muscles. Par la grâce d'une victoire sur la Roumanie (0-1), les joueurs de soccer ont en effet reçu l'hommage du gotha politique albanais. Quand elle a terminé sixième du 1500 m des Mondiaux en salle en 2014 à Sopot (Pologne), elle n'a rencontré que le silence, grince son entraîneur Taulant Stermasi.

La ministre des Sports «n'a pas rencontré une seule fois Luiza Gega», «meilleure athlète de l'histoire» de ce sport en Albanie, regrette l'ex-footballeur de 39 ans, qui finance l'activité sportive de la coureuse par ses affaires dans l'immobilier.

Luiza Gega s'est longtemps entraînée au stade Qemal Stafa, le plus grand du pays. Construit en 1946, vétuste, son revêtement faisait mal aux jambes. Mais il abritait la seule piste d'athlétisme de Tirana, agglomération d'un million d'habitants.

En avril, elle a appris sa destruction pour faire place au National Arena, stade de 22 300 places qui sera «un des plus beaux d'Europe», a promis le premier ministre. Mais sans anneau d'athlétisme...

Deux pistes au pays

Elle n'imaginait pas que les bulldozers arriveraient si vite, avant les Jeux. Elle a donc pris le chemin de Korça pour s'entraîner. Cette ville à 900 mètres d'altitude a l'avantage d'accueillir une des deux pistes d'athlétisme restant en Albanie. Grâce à une aide du Comité international olympique (CIO) de 1000 $ mensuels, elle est partie en janvier sept semaines au Kenya. Pour le reste, selon son entraîneur, elle reçoit 3000 $ annuels de son équipementier.

L'Albanie n'a jamais remporté de médaille olympique. Parmi les plus pauvres d'Europe, le pays n'a pu allouer que 5 millions $ au sport en 2016, selon le gouvernement. Mais les autorités ont versé 1,5 million $ aux joueurs de soccer pour avoir marqué un but, ricane Stermasi. «Avec un entraînement digne de ce nom, elle serait médaillable.»

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