La Fédération de natation fait le ménage en Russie

La championne du monde en titre du 100... (Archives AFP, Christophe Simon)

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La championne du monde en titre du 100 mètres brasse, Yulia Efimova, ne sera pas du voyage pour Rio en raison de ses précédentes suspensions pour dopage.

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Associated Press
Moscou

Sept nageurs russes sont exclus des Jeux olympiques de Rio, dont trois liés aux récentes allégations de dopage généralisé dissimulé par les dirigeants russes, a annoncé la Fédération internationale de natation (FINA).

Yulia Efimova, championne du monde en titre du 100 mètres brasse, figure parmi les quatre nageuses exclues par la fédération russe de natation en raison de ses précédentes suspensions pour dopage. Les autres sont Natalya Lovtsova, Anastasia Krapivina et Mikhail Dovgalyuk.

Le Comité international olympique a décidé, dimanche, que les athlètes russes qui ont précédemment fait l'objet de suspensions pour dopage seraient bannis des Jeux de Rio. Cela faisait suite à la décision du CIO de ne pas procéder à une exclusion complète de la Russie dans la foulée des allégations de dopage avec le concours de l'État.

La FINA a révélé que trois autres nageurs ont été nommés par l'enquêteur de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Richard McLaren, dans son rapport après l'examen des preuves selon lesquelles le gouvernement russe a dissimulé des centaines de contrôles de dopage.

Ce sont Nikita Lobintsev, médaillé olympique d'argent en 2008 et médaille de bronze en 2012, Vladimir Morozov, médaillé de bronze, et Daria Ustinova, détentrice du record du monde junior.

Le président du Comité olympique russe, Alexander Zhukov, a déclaré à l'agence russe R-Sport qu'il croyait maintenant qu'un total de 13 athlètes russes ne seraient pas admissibles en raison de précédentes suspensions de dopage. Il a ajouté qu'ils ne feraient donc pas partie de l'équipe.

Dimanche, la commission exécutive du CIO a demandé à la fédération de chaque sport le soin de déterminer l'admissibilité des athlètes russes.

Les règles interdisent à la Russie d'envoyer aux Jeux de Rio des athlètes qui ont déjà été sous le coup d'une suspension pour dopage. Les fédérations sportives peuvent également rejeter des demandes d'athlètes russes s'ils ne se sont pas soumis à des contrôles antidopage satisfaisants sur la scène internationale. Les tests antidopage russes ne seront pas acceptés, compte tenu des allégations de camouflage du laboratoire de Moscou.

Feu vert aux archères

Les membres de l'équipe d'athlétisme russe restent exclus des Jeux à la suite d'une décision de l'IAAF, confirmée la semaine dernière par le TAS et acceptée par le CIO.

À l'approche de la cérémonie d'ouverture, le 5 août, il appartient désormais aux 27 fédérations internationales sportives restantes d'examiner la situation des athlètes sur une base individuelle.

La fédération internationale de tir à l'arc a approuvé, lundi, la présence de trois archères russes à Rio après avoir déterminé qu'elles n'ont aucun lien avec le dopage. L'organisme a expliqué qu'il est convaincu que les trois athlètes russes nommées pour les jeux ont été «largement» contrôlées et n'ont jamais été sanctionnées pour dopage. Il s'agit de Tuiana Dashidorzhieva, Ksenia Perova et Inna Stepanova.

Le tir à l'arc n'est pas l'un des sports nommés dans le rapport de l'avocat canadien Richard McLaren, qui a accusé la Russie d'avoir camouflé des cas de dopage dans 20 sports des Jeux olympiques d'été.

Trois rameurs suspendus

Trois rameurs russes sur les 11 engagés ont été privés des Olympiques de Rio par la Fédération internationale d'aviron (FISA), lundi, sur la base des critères fixés dimanche par le Comité international olympique (CIO).

Le premier, Ivan Balandin, membre du huit masculin, a été déclaré non admissible en raison de son apparition dans le rapport McLaren du 18 juillet, qui détaille les modalités du dopage d'État russe.

Les deux autres, Anastasia Karabelshchikova, membre du huit féminin, et Ivan Podshivalov, membre du quatre sans barreur masculin, ont été retirés de la liste initiale des 387 sportifs fixée par le Comité olympique russe, car ils ont été sanctionnés pour des infractions aux règles antidopage en 2007 et 2008. La participation de ces trois bateaux, sur cinq engagés par la Russie, semble donc compromise.

Début du bras de fer juridique

Le parcours du combattant juridique a commencé à 11 jours des Jeux de Rio: la Russe Yulia Efimova a été la première à faire appel de son exclusion pour dopage par la Fédération internationale de natation, sur la base des critères fixés par le CIO.

Officiellement, 13 sportifs russes (sept nageurs, deux haltérophiles, un lutteur et trois rameurs) ont été déclarés non admissibles, lundi, pour les JO de 2016 et donc retirés de la délégation russe pour Rio par le Comité olympique russe (ROC).

Yulia Efimova, quadruple championne du monde et médaillée de bronze au 200 m brasse aux JO de Londres, n'a pas accepté cette sanction. Son agent Andreï Mitkov a annoncé qu'elle ferait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse), à la fois contre le Comité international olympique (CIO), le ROC et la Fédération internationale de natation (FINA).

Il s'agit du premier recours judiciaire contre le bel édifice mis en place dimanche par le CIO, qui a demandé aux diverses fédérations internationales de trier elles-mêmes et de sélectionner les sportifs russes qui ne seraient pas touchés par le scandale de dopage d'État dévoilé par le rapport McLaren.

Critères stricts

En confiant cette mission aux FI, le CIO avait fixé deux critères stricts: ne jamais avoir été sanctionné pour dopage, quand bien même la peine aurait été purgée, et ne pas être cité dans le rapport McLaren. C'est ce premier critère qu'attaque Efimova, contrôlée positive en 2014 à un stéroïde, ce qui lui avait valu une suspension de 16 mois.

Si la FINA et les Fédérations internationales d'haltérophilie, d'aviron et de lutte ont donc trouvé matière à appliquer les consignes du CIO, lundi, cela n'a pas été le cas des Fédérations de tennis et d'équitation, qui ont donné leur feu vert à la présence des Russes dans leurs disciplines.

Lors d'une conférence de presse, le président du ROC, Alexandre Joukov, a annoncé qu'il allait «étudier l'historique en matière de dopage de chaque sportif sélectionné» pour les JO.

Les 13 sportifs officiellement interdits de JO 2016 s'ajoutent aux 67 athlètes russes déjà collectivement bannis des JO par la Fédération internationale d'athlétisme.

La décision de la Fédération internationale de judo, qui avait soutenu la Russie avant même que se prononce le CIO, devrait rapidement suivre. Selon les patrons des Fédérations russes d'escrime et de pentathlon, leurs sportifs seront autorisés à concourir à Rio, mais ils attendent une confirmation officielle qu'ont déjà reçue les archères russes, championnes du monde.

Certains sportifs n'ont pas attendu pour s'envoler à Rio, tels les escrimeurs et les gymnastes, dont l'entraîneur principal, Valentina Rodionenko, a assuré à l'agence de presse TASS: «Le pire est derrière nous.» La majorité de la sélection russe partira jeudi pour Rio.

Pour les 67 athlètes privés de JO à cause de la suspension de la Fédération russe d'athlétisme, il n'y a en revanche plus aucune chance de participer aux Jeux après la décision jeudi du TAS de Lausanne. «Notre bataille pour Rio est terminée», a regretté l'étoile du saut à la perche Yelena Isinbayeva, qui visait une troisième médaille d'or olympique.  Avec AFP

Le COC et Pound indignés par la décision du CIO

Deux têtes d'affiche du mouvement olympique canadien ont exprimé leur désaccord avec la décision du CIO de confier aux fédérations de chaque sport le mandat de décider si les athlètes russes pourront participer ou non aux Jeux olympiques de Rio.

La présidente du Comité olympique canadien (COC), Tricia Smith, et l'ancien vice-président du Comité international olympique (CIO), Richard Pound, ont joint leurs voix à celles de nombreux autres acteurs du monde sportif pour dénoncer la décision prise la veille par le président du CIO, Thomas Bach.

Smith a déclaré par communiqué, lundi, que le COC appuie «les athlètes canadiens qui se sont prononcés sur la nécessité de faire en sorte que tous les participants aux Jeux respectent des normes strictes de compétition exempte de dopage, ainsi que sur le besoin d'instaurer des mesures sévères contre les tricheurs.

«Nous croyons fermement que tous ceux ayant un lien avec le dopage ou une quelconque forme de corruption n'ont pas leur place au sein du mouvement olympique», a déclaré Smith.

Pound, l'ex-président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), a lui aussi fait part de son indignation en déclarant que le CIO a manqué l'occasion de poser un geste clair contre le dopage en n'excluant pas la Russie des Jeux de Rio.

«C'est une déception énorme, a déclaré Pound. Le CIO a manqué l'opportunité de poser un geste contre le dopage. La décision de céder aux fédérations nationales toutes les décisions quant à l'admissibilité des athlètes aux Jeux olympiques, c'est impossible à imaginer.»

Première étape

Smith a aussi dit que les «révélations troublantes montrent clairement que d'autres mesures seront nécessaires pour éradiquer le fléau du dopage aux Jeux olympiques».

«L'imposition de conditions plus strictes en vertu desquelles certains athlètes russes pourraient participer aux Jeux olympiques

de 2016 règle le problème des athlètes propres qui auraient été touchés par l'interdiction générale imposée à leur pays, mais il ne s'agit toutefois que d'une première étape, a-t-elle mentionné. La vigilance est primordiale.»

En ce sens, Smith, une ex-athlète olympienne en aviron, a déclaré être en faveur de la prolongation du mandat de Richard McLaren et de son équipe d'enquête, «dont le travail est essentiel».

Pour sa part, Pound a balayé du revers de la main les motifs de Bach, qui a déclaré qu'il ne pouvait punir la Russie puisque des athlètes russes qui ont montré patte blanche auraient pu être sanctionnés injustement. Il a souligné que des précédents existaient en matière d'exclusion des JO, rappelant d'abord le cas de l'Afrique du Sud (apartheid) aux Jeux de Mexico en 1968 et celui du Koweït (influence politique) à Rio cet été.

Selon Pound, la décision du CIO de ne pas suspendre la Russie est «probablement» liée à des pressions politiques du gouvernement de Vladimir Poutine. «Si ç'avait été le Guatemala, la décision aurait probablement été prise beaucoup plus vite, et aurait probablement penché en faveur de son exclusion», a-t-il évoqué, sans détour.  Avec La Presse Canadienne

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