Le CIO accepte la Russie aux Jeux

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach,... (AFP, Fabrice Coffrini)

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Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, estime «qu'un athlète ne devrait pas souffrir ou ne devrait pas être puni pour un système dont il ne faisait pas partie».

AFP, Fabrice Coffrini

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Associated Press
Lausanne

Les leaders du mouvement olympique n'ont pas opté pour une exclusion complète de la Russie aux Jeux de Rio, dimanche, demandant plutôt aux fédérations mondiales de chaque sport de décider si les athlètes russes pourront y participer. La décision, annoncée après une téléconférence de trois heures de la commission exécutive du Comité international olympique, survient seulement 12 jours avant l'ouverture des JO, le 5 août.

«Nous devions trouver un équilibre entre la responsabilité collective et la justice individuelle à laquelle chaque humain et athlète a droit», a déclaré le président du CIO, Thomas Bach.

Le CIO a rejeté une demande de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et de dizaines d'autres organisations antidopage d'exclure l'ensemble de l'équipe olympique russe à la suite de la publication des résultats d'une enquête sur le dopage caché par l'État russe.

L'équipe russe d'athlétisme a déjà été bannie par la Fédération internationale des associations d'athlétisme, une décision maintenue par le Tribunal arbitral du sport, jeudi, et acceptée à nouveau par le CIO, dimanche.

Les demandes d'exclusion complète de la Russie avaient été multipliées après que Richard McLaren, un avocat canadien, eut présenté lundi les résultats d'une enquête commandée par l'AMA. Le rapport McLaren soutient que le ministère du Sport de la Russie supervisait un vaste programme de dopage de ses athlètes olympiques.

L'enquête de McLaren, basée principalement sur des preuves fournies par l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, Grigory Rodchenkov, a conclu que le gouvernement russe avait manipulé des échantillons d'urine récoltés pendant les Jeux de Sotchi. De plus, elle mentionne que l'État russe avait été impliqué dans le dopage d'athlètes de 28 sports d'été et d'hiver entre 2011 et 2015.

Le CIO a toutefois tranché contre la peine ultime, une décision conforme aux récents propos de Bach, qui souhaitait que tous les athlètes ne soient pas punis pour les erreurs de certains. Le CIO a déclaré que le rapport McLaren n'avait pas porté d'accusations directes contre le Comité olympique russe «en tant qu'institution».

«Un athlète ne devrait pas souffrir ou ne devrait pas être puni pour un système dont il ne faisait pas partie», a déclaré Bach aux journalistes lors d'une conférence téléphonique. 

«Une restructuration du sytème russe»

Bach a admis que la décision ne va «peut-être pas plaire à tout le monde». «Ce n'est pas une question d'attentes, a-t-il dit. C'est une question de justice pour les athlètes propres à travers le monde.»

Le président du Comité olympique russe, Alexander Zhukov, a plaidé sa cause à la commission du CIO lors de la réunion de dimanche, promettant une coopération complète avec les enquêteurs et garantissant «une restructuration complète du système antidopage russe».

Le CIO a aussi rejeté la demande de la dénonciatrice russe Yulia Stepanova de participer aux Jeux olympiques en tant qu'athlète neutre. Stepanova est une spécialiste du 800 mètres qui a déjà échoué à un test antidopage, mais qui a aidé à exposer le programme de dopage en Russie.

Stepanova habite maintenant aux États-Unis, mais le CIO a mentionné qu'elle ne respectait pas les critères pour participer aux Jeux sous la bannière olympique puisqu'elle a déjà échoué un test antidopage, une «condition éthique» nécessaire pour participer aux Jeux. Le CIO a toutefois mentionné que Stepanova et son époux, Vitali Stepanov, allaient être invités à assister aux Jeux.

Tout en rejetant l'exclusion complète de la Russie, le CIO a imposé des critères élevés d'admissibilité, entre autres en bannissant des Jeux de Rio tout athlète russe ayant déjà été puni pour dopage. Le CIO a mentionné qu'il allait seulement permettre la participation des athlètes russes qui respectent certaines conditions établies par les 28 fédérations internationales.

Les fédérations «devraient effectuer une analyse individuelle du dossier antidopage de chaque athlète en tenant compte seulement des tests internationaux fiables et adéquats [...] pour assurer des compétitions justes», a déclaré le CIO.

La commission a demandé à chaque fédération d'examiner les informations et de noter les noms des athlètes impliqués dans le rapport McLaren. Tous ces athlètes devraient être exclus, selon la commission.

La participation d'athlètes russes sera vérifiée et devra être approuvée par un expert du Tribunal arbitral du sport, a ajouté le CIO. Les athlètes russes qui reçoivent le feu vert pour participer aux Jeux seront sujets à «un programme de tests antidopage hors compétition additionnel et rigoureux».

Une «patate chaude aux fédérations»

Jean-Luc Brassard... (Archives La Presse Canadienne, Ryan Remiorz) - image 3.0

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Jean-Luc Brassard

Archives La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

L'ancien chef de mission et ex-athlète olympique Jean-Luc Brassard s'est montré très critique, dimanche, à l'égard du jugement du Comité international olympique (CIO) de confier aux fédérations de chaque sport le mandat de décider si les athlètes russes pourront participer aux Jeux olympiques de Rio.

«À 12 jours de l'ouverture des Jeux, le CIO donne la patate chaude aux fédérations qui n'ont peut-être pas toutes les données pour faire le ménage qui doit être fait. Et là ils vont dire, mais qu'est-ce qu'on fait avec ça?» s'est questionné Brassard. «Autrement dit, il n'y a rien qui change. On a volontairement rien voulu faire. Je trouve que l'olympisme ne se porte pas tellement bien ces temps-ci.»

Le CIO a choisi de ne pas bannir complètement les athlètes russes des Jeux de Rio après qu'un rapport dévastateur eut démontré un système de dopage étatisé dans le pays. Brassard, qui a décroché la médaille d'or en ski acrobatique aux Jeux de Lillehammer en 1994, a remis en question l'intégrité de certaines fédérations et leur capacité à prendre une décision réellement éclairée.

«Quand on regarde certaines fédérations, qui par le passé ont fermé les yeux volontairement sur le dopage, on est à se demander si elles sont vraiment en état de faire le mégage, a-t-il lancé. Est-ce que le CIO ne s'est pas simplement débarrassé d'une patate chaude?»

Occasion ratée

La vedette canadienne de hockey féminin, Hayley Wickenheiser, croit elle aussi que le CIO a raté l'occasion d'envoyer un message clair contre la corruption dans le sport. Celle qui a participé aux Jeux olympiques à six occasions et qui est membre de la Commission des athlètes du CIO a exprimé sa déception sur son compte Twitter.

«Nous avons raté l'occasion d'honorer les athlètes propres du monde et d'envoyer le message clair que la corruption, la tricherie et la manipulation du sport ne sera pas tolérée», a écrit Wickenheiser.

«Nous avons répondu à un rugissement avec un miaulement, a-t-elle poursuivi. Si nous n'avions pas fait face à la Russie, je me demande si la décision aurait été plus facile. Je crois que la réponse est oui.»

L'Agence mondiale antidopage avait demandé une interdiction complète pour tous les athlètes russes après que l'enquêteur Richard McLaren eut publié son rapport, lundi. Le président du CIO Thomas Bach a défendu sa décision en insistant pour dire que les athlètes propres ne devraient pas être punis, mais plusieurs croient que la voie empruntée ne représente pas la solution.

«Est-ce que Bach a passé la balle? Il n'y a clairement aucune décision facile ici, mais il n'y a toujours pas de résolution», a quant à lui écrit le kayakiste Adam van Koeverden, qui a remporté l'or en 2004, sur Twitter.

La double championne olympique en patinage de vitesse, Catriona Le May Doan, a aussi critiqué le choix du CIO, mais a dit espérer que la controverse du dopage serait éclipsée par les prestations athlétiques. «Décision décevante du CIO. Toutefois, laissons athlètes propres et les sports continuer de démontrer que le sport sans dopage aura le dessus», a-t-elle publié sur Twitter.  Avec La Presse Canadienne

L'Agence mondiale antidopage déçue

L'Agence mondiale antidopage (AMA) s'est dite «déçue» dimanche que le Comité international olympique ait renoncé à exclure des Olympiques de Rio la Russie, accusée d'avoir mis en place un système de dopage d'État. «L'AMA est déçue que le CIO n'ait pas pris en compte la recommandation de son comité exécutif qui était basée sur les résultats de l'enquête McLaren» sur le dopage dans le sport russe, a indiqué le président de l'AMA, Craig Reedie. Suivre cette recommandation «aurait assuré une approche claire, forte et harmonisée», a-t-il souligné. «Le rapport McLaren a mis en évidence, au-delà du doute raisonnable, l'existence d'un système d'État de dopage en Russie qui entame sérieusement les principes d'un sport propre comme le garantit le Code andidopage mondial», a ajouté M. Reedie.

Un leader absent

L'Agence américaine antidopage (USADA) a regretté dimanche que le Comité internationale olympique (CIO) ait «refusé de jouer un rôle leader» en renonçant à exclure collectivement la Russie des Olympiques de Rio.

«De façon décevante, en réponse au moment le plus important pour les athlètes propres et pour l'intégrité des Jeux olympiques, le CIO a refusé de jouer un rôle leader déterminant», a indiqué dans un communiqué le directeur exécutif de l'USADA, Travis Tygart.

«La décision concernant la participation de la Russie et le désordre qui en résulte, sont une mauvaise nouvelle significative pour les droits des athlètes propres», a-t-il poursuivi.

Le CIO a maintenu dimanche la participation du Comité olympique russe aux Jeux de Rio, alors que le rapport McLaren, diligenté par l'Agence mondiale antidopage, avait mis en évidence l'existence d'un système de dopage touchant tous les sports entre 2011 et 2015 sous la supervision des autorités russes.

Le CIO a confié aux Fédérations internationales le soin de trier les sportifs russes non contaminés par le «système de dopage d'État» qui pourraient aller à Rio.

Décision «frustrante»

Tygart, qui avait fait tomber la vedette mondiale du cyclisme Lance Armstrong, s'est inquiété des répercussions de la décision du CIO qu'il a qualifiée de «frustrante».

«Le CIO avait indiqué auparavant qu'il croyait que la lutte antidopage devait être complètement indépendante et c'est pourquoi, dans ce moment incroyablement important, c'est si frustrant qu'il transmette le bâton aux fédérations internationales qui peuvent ne pas avoir l'expertise appropriée ou la volonté collective d'agir dans la période aussi courte qui nous sépare des JO», a-t-il relevé. «Le confit d'intérêt est flagrant», a ajouté le patron de l'USADA.

Il a également critiqué la décision d'exclure des JO de 2016 Yuliya Stepanova, la lanceuse d'alerte à l'origine des premières révélations sur l'athlétisme russe. «C'est incompréhensible... Cela ne va pas inciter à l'avenir les lanceurs d'alerte à se manifester.»

L'USADA était en première ligne depuis la publication de l'accablant rapport McLaren pour réclamer l'exclusion du Comité olympique russe. Elle avait envoyé jeudi avec 13 autres agences nationales antidopage une lettre au président du CIO Thomas Bach l'exhortant à agir contre la Russie.

«Nous croyons qu'il est approprié et nécessaire pour le CIO de prendre une action forte pour préserver la Charte olympique et l'intégrité des JO de Rio», avaient espéré les signataires de ce courrier. «Le CIO ne peut pas, ne doit pas, déléguer cette responsabilité à d'autres», poursuivait le texte.  Avec AFP

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