Karen Paquin, celle qui a appris à courir

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Karen Paquin et ses coéquipières de l'équipe de rugby à sept se présentent à Rio pour gagner, rien de moins.

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Rencontres avec des acteurs de la scène sportive. »

(Québec) Enfant, elle voulait être la «Jean-Luc Brassard au féminin», même si elle n'a jamais fait de bosses. Adulte, plus réaliste, elle a mis du temps avant de rêver aux Jeux olympiques, même si le sport dans lequel elle excelle, le rugby, allait y faire son entrée en 2016...

«Je n'étais pas de calibre à ce moment-là», se souvient aujourd'hui la Charlesbourgoise Karen Paquin, parlant de son entrée dans l'équipe nationale, en 2012. «Tout ce que j'avais, c'est une belle agressivité. Mais j'ai compris qu'apprendre à courir, ça se fait. J'ai appris que mes limites étaient plus loin que je pensais.»

Selon l'ex-joueuse étoile du Rouge et Or, certaines de ses coéquipières se préparent depuis pratiquement 10 ans pour le premier rendez-vous olympique en rugby à sept. Depuis l'annonce de sa venue, en fait. Paquin, elle, a commencé à se concentrer sur ce moment en 2014 seulement.

Et depuis ce temps, elle est tout feu, tout flamme. Elle a participé à tous les tournois des Séries mondiales à sept, une constance rare dans ce sport où les blessures pullulent. Paquin n'a d'ailleurs pas été épargnée dans les derniers mois. Elle a subi une opération pour réparer un tendon dans son genou. Elle s'est aussi cassé la cheville au Brésil en février, mais est revenue au jeu rapidement.

Elle était donc assez confiante d'être sélectionnée pour les Jeux olympiques, mais admet avoir conservé «un petit doute» jusqu'à la fin.

D'autant plus que les choix de l'entraîneur John Tait ont surpris. Surtout par l'absence de Magali Harvey, l'autre joueuse élite de la région de Québec. «C'est évident que ça m'a déçue, dit Paquin de l'exclusion de Harvey. Non seulement Magali est une coéquipière, mais c'est une de mes très bonnes amies.»

Après 24 heures d'un petit deuil, Paquin devait toutefois reprendre le travail et, d'une certaine façon, passer à autre chose. Malgré la déception, elle ne remet pas en doute la décision de son entraîneur.

Karen Paquin... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Karen Paquin

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

«On veut gagner»

La dernière saison de l'équipe canadienne a été marquée par une série de blessures. Paquin l'admet, «le focus a été un peu altéré. Mais ça nous a permis de développer les joueuses qui ne font pas partie du top 9. Ça nous amène une belle profondeur», exlique-t-elle depuis Langford, une banlieue de Victoria, sur l'île de Vancouver, où s'entraînent les meilleures joueuses de rugby au pays.

Avec une formation remise sur pied, le Canada a remporté en mai la dernière tranche de la série de tournois de rugby à sept, à Clermont-Ferrand. Un triomphe à l'image de ses intentions pour Rio. «On veut gagner, lance Paquin sans détour. Il n'est pas question d'un top 5 ou de quelque chose du genre. Mais on est conscientes qu'il faut se présenter à chaque match.» Parce que tout va très vite en rugby à sept. Les rencontres ne durent que 14 minutes et les surprises sont nombreuses. Plusieurs équipes ont d'ailleurs les mêmes intentions que le Canada et les ressources similaires pour y arriver. Australie, Nouvelle--Zélande, France et Angleterre sont des puissances.

Paquin et les autres élues se rendront à Rio à la fin juillet. Leur tournoi débute dès la deuxième journée des Jeux, le 6 août. Les filles pourront donc participer à la cérémonie d'ouverture, pas vrai? «Absolument pas», répond Paquin en riant. «On veut se concentrer sur nos matchs. On va vraiment pouvoir profiter de l'ambiance olympique après notre tournoi», prévoit celle qui deviendra alors une spectatrice attentive pour les autres disciplines. Elle admet dévorer les Jeux olympiques à la télé, à tous les deux ans. «J'aime vraiment ça. Ça nous permet de découvrir des sports qu'on ne connaît pas.»

Comme le rugby à sept. Rio sera une excellente vitrine pour le petit frère méconnu du rugby à 15, croit-elle. «Le rugby à sept, c'est vraiment plus facile d'accès pour les non-initiés, explique Paquin. C'est plus spectaculaire et moins complexe que le rugby à 15.»

En cas de médaille d'or canadienne, peut-être que de jeunes garçons voudront devenir «la Karen Paquin au masculin»!

10 questions...

1. Quand tu penses aux Jeux olympiques, quel souvenir te vient en tête?

Les performances de Chantal Petitclerc [aux Jeux paralympiques] d'Athènes et de Pékin. Elle est un superbe exemple en tant qu'athlète et que personne [en quatre participations, Petitclerc a remporté 21 médailles paralympiques, dont 14 d'or].

2. Un athlète olympique actif d'une autre discipline qui t'impressionne?

Hilary Stellingwerff [spécialiste canadienne du 1500 mètres]. Pour moi, quelqu'un qui réussit à jongler entre maternité et blessure et réussit à se qualifier quand même, c'est plus qu'impressionnant.

3. On te donne le choix : la fortune ou la gloire olympique...

[Hésitation] La gloire olympique. Mais ce n'est pas tellement pour ça que je veux gagner. Mon but, c'est de faire partie de la meilleure équipe au monde. Je fais ça pour l'amour du sport.

4. Plus jeune, as-tu rêvée de pratiquer un autre sport que le tien?

Les bosses, comme Jean-Luc Brassard. Et j'ai déjà pensé faire de l'aviron [elle pratique le canot à glace].

5. Séries télévisées ou films? Lesquels?

Séries télé. J'aime beaucoup Game of Thrones, Dexter et Breaking Bad.

6. Une lecture qui t'accompagne...

À Rio, je risque d'amener Open Heart, Open Mind, la biographie de Clara Hughes.

7. Quel genre de musique écoutes-tu avant une compétition ou à l'entraînement?

J'aime le vieux punk, mais j'écoute généralement ce que les autres filles mettent dans le gym. Du top 40.

8. Une personne qui vous impressionne, vous inspire?

Julie Payette. Une femme qui a su tracer sa voie jusque dans l'espace. J'ai longtemps rêvé d'être astronaute, car son histoire m'inspirait.

9. Votre destination vacances favorite?

Québec! J'aime bien retourner à la maison (rires)!

10. Une gâterie que vous vous permettez souvent?

D'abord, je tiens à dire que je m'entraîne assez fort pour me permettre une gâterie sans me sentir mal. J'aime beaucoup la crème glacée des Chocolats favoris. Et là, ils viennent d'en ouvrir un à Victoria (rires)!

Fiche

  • Nom: Karen Paquin
  • Sport: Rugby à sept
  • Âge: 28 ans (29 le 3 août)
  • Meilleur résultat: vice-championne de la Coupe du monde en 2013
  • Dates de compétition: Du 6 au 11 août

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