Tour de France: victoire émotive pour Barguil

Warren Barguil a signé sa deuxième victoire d'étape... (AFP, Philippe Lopez)

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Warren Barguil a signé sa deuxième victoire d'étape du Tour de France, en plus de donner la cinquième victoire d'étape à un Français depuis le départ du Tour 2017.

AFP, Philippe Lopez

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Agence France-Presse
Briançon

L'Izoard, l'un des cols mythiques des Alpes, a consacré Warren Barguil, vainqueur jeudi de la 18e étape du Tour de France, mais aussi le Britannique Chris Froome qui a su résister aux attaques de Romain Bardet dans la dernière arrivée au sommet.

À deux étapes de la fin, Froome semble bien parti pour remporter sa quatrième Grande Boucle après 2013, 2015 et 2016. Le leader de la Sky devra cependant valider son maillot jaune, samedi, au terme de la 20e et avant-dernière étape, un contre-la-montre de 22,5 kilomètres à Marseille, qui s'annonce déterminant.

«J'ai fait le plus difficile», a d'ailleurs soufflé le natif de Nairobi.

«La victoire d'étape, cela aurait été formidable si j'avais pu gagner au sommet du col le plus emblématique du Tour, mais mon but est d'avoir le maillot jaune. Si j'arrive à Paris en jaune, je n'aurai aucun regret.»

À l'altitude de 2360 mètres, Barguil a remporté un succès de prestige, son deuxième dans le Tour après celui de Foix le 14 juillet. Le jeune Breton (25 ans), qui a assuré son maillot à pois de meilleur grimpeur, a signé la cinquième victoire d'étape française depuis le départ du Tour 2017.

Pour le classement général, Bardet a attaqué et tenté de forcer le destin. Le champion français est allé au bout de lui-même sans parvenir à distancer Froome qui a terminé dans sa roue.

Épuisé après sa troisième place, à 20 secondes de Barguil, Bardet a reconnu: «J'ai cru que j'allais m'asphyxier en passant la ligne. J'ai vraiment tout donné!»

«Je l'ai joué tactiquement, j'ai fait croire à Froome que je n'étais pas super. J'ai fait la course qu'il fallait», a ajouté l'Auvergnat qui a fait travailler son équipe AG2R La Mondiale dès le haut du col de Vars pour préparer la montée finale.

Bardet déloge Uran 

Bardet a mis à profit cette dernière étape de montagne pour déloger le Colombien Rigoberto Uran de la deuxième place, à trois jours de l'arrivée à Paris. Pointé à 23 secondes de Froome, il a probablement assuré sa place sur le podium final.

Uran a contrôlé les démarrages successifs de Bardet et aussi de Froome à l'entrée de la Casse déserte, à 2 kilomètres de l'arrivée. Dans ce site dénudé, abrupt, grandiose, le possible ou probable podium final (Froome, Uran, Bardet) a défilé à toute vitesse sans avoir le temps de méditer sur la stèle qui honore deux champions légendaires, Fausto Coppi et Louison Bobet.

Tenace à défaut d'être brillant, Uran a seulement été légèrement décroché dans les derniers mètres. Il a reculé d'un rang, à la troisième place du classement général provisoire, à 29 secondes du maillot jaune.

Dans l'Izoard, transformée en course de côte format géant (14,1 km et 7,3 % de pente), Barguil a attaqué à 7 kilomètres du sommet. À 1500 mètres du sommet, il a rejoint le dernier rescapé de l'échappée initiale de... 54 coureurs, le Colombien Darwin Atapuma, qui avait débordé le Kazakh Alexey Lutsenko avant les 6 derniers kilomètres.

Atapuma, qui voulait honorer le jour de fête nationale dans son pays, a lâché prise sous la flamme rouge, mais il est parvenu à franchir la ligne devant Bardet et Froome.

Revenir de loin

Au col, Barguil a levé les doigts vers le ciel pour rendre hommage à ses deux grands-pères décédés. 

Auteur d'un Tour enthousiasmant depuis l'entrée en montagne, le Morbihannais a d'autant plus apprécié qu'une chute au Tour de Romandie, fin avril, l'a contraint à un arrêt pour soigner une fracture à une hanche. Quinze mois plus tôt, c'était un accident de la circulation, lors d'un stage d'entraînement en Espagne, qui l'avait envoyé à l'hôpital. De caractère joyeux, Barguil a endossé le maillot à pois.

L'étape a souligné les limites en fin de Tour du champion d'Italie Fabio Aru, déjà décroché la veille en haut du Galibier. Affaibli par une bronchite selon les explications de ses proches, le Sarde a reculé de la 4e à la 5e place du classement général, derrière l'Espagnol Mikel Landa, le premier lieutenant de Froome en montagne.

Vendredi, le Tour redescend dans la plaine lors de la 19e étape, longue de 222,5 kilomètres.

En vert jusqu'à la toute fin

Le coureur australien Michael Matthews (Sunweb) s'est quasiment assuré jeudi de finir le Tour de France avec le maillot vert. Jeudi, le vainqueur de deux étapes, à Rodez et à Romans-sur-Isère, totalisait 364 points. Ce qui fait 160 points de plus que le deuxième au classement, l'Allemand Andre Greipel (Lotto), alors qu'il ne reste que 160 points à distribuer entre sprints intermédiaires et victoires d'étapes.

«Je suis sur une autre planète!»

Le maillot à pois français Warren Barguil (Sunweb) s'est dit jeudi «sur une autre planète» après sa deuxième victoire d'étape sur le Tour de France en haut de l'Izoard.

Q Que ressentez-vous après cette victoire?

R «J'ai toujours du mal à réaliser, pour moi c'est un rêve ces trois semaines de Tour. Je suis plus haut que les nuages, je crois que j'ai quitté la Terre là. Je suis sur une autre planète.»

Q Vous avez su attaquer au bon moment...

R «Quand j'ai attaqué, je voyais que Contador était pas loin, je voulais essayer de gagner une place au général. Ensuite, j'ai pris mon tempo, je savais pas qui était devant. Quand j'ai rattrapé Tony (Gallopin), je pensais que j'étais en tête et j'ai vu qu'il y avait Atapuma devant. Je me suis remémoré le Tour de Suisse quand il était échappé et que j'avais fini deuxième derrière lui pour très peu de choses l'an passé. Je me suis dit: "Ça va pas se passer comme ça, faut vraiment que je le passe".»

Q Que voulait dire votre geste lors de votre victoire?

R «Le geste, c'est pour mes grands-parents qui sont décédés. J'avais mes deux papis qui suivaient énormément le vélo et, pour moi, c'était la dédicace que j'avais pour eux. C'était un moment émouvant, car je les oublie pas et j'ai vraiment pensé à eux en passant la ligne.»

Q Que ressentez-vous à l'idée d'arriver à Paris avec le maillot à pois?

R «Être sur le podium à Paris avec ce maillot, c'est incroyable, c'est un rêve de gosse. Il me reste à pas tomber demain et, dans le chrono, je vais faire très attention. Je pense que je l'ai mérité et je vais même le porter chez moi, je pense.»

Q Visez-vous le classement général l'année prochaine?

R «Si je reviens au Tour l'année prochaine avec les mêmes jambes, je pense que le général c'est possible. Après, aller gagner, pour moi il y a encore une grosse marge. Faire dans les cinq premiers, j'ai toujours dit que c'était un de mes objectifs. Mais on va pas griller les étapes.»




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