Matthews contre le vent

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L'Australien Michael Matthews (à droite) est félicité par son coéquipier français Warren Barguil après la 16e étape du Tour de France, mardi.

AFP, Lionel Bonaventure

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Associated Press
Romans-sur-Isère, France

Michael Matthews s'est imposé au sprint lors de la 16e étape du Tour de France et le Britannique Chris Froome a conservé son maillot jaune de leader avant deux difficiles journées dans les Alpes.

De forts vents latéraux ont compliqué la tâche des coureurs lors des 30 derniers kilomètres de l'étape longue de 165 kilomètres entre Le Puy-en-Velay et Romans-en-Isère, qui a contribué à étirer le peloton et même à le scinder en plusieurs groupes.

Froome et ses principaux rivaux - Fabio Aru, Romain Bardet et Rigoberto Uran - sont parvenus à rester devant et ils ont franchi le fil d'arrivée ensemble. Froome, champion en titre, détient une priorité de 18 secondes devant Aru et de 23 secondes sur Bardet.

Matthews a obtenu sa deuxième victoire d'étape du Tour cette année, trois jours après celle à Rodez, réduisant ainsi l'écart avec le détenteur du maillot vert Marcel Kittel au classement du meilleur sprinter.

Matthews a fait le maximum sur une section légèrement en pente à 500 mètres de la ligne et a accéléré après que Greg Van Avermaet eut lancé le sprint. Matthews a ensuite résisté à la remontée tardive de Edvald Boasson Hagen pour s'imposer par une longueur de roue. John Degenkolb a complété le podium.

«Ce n'était pas vraiment notre plan au briefing de ce matin, mais lorsque nous avons vu que Kittel était lâché dans l'ascension, nous avons voulu tirer avantage de la situation. Avec les garçons costauds que nous avons dans l'équipe [Sunweb], nous avons pu assumer le fait de rouler à fond tout au long de l'étape. C'était faisable parce que l'étape était assez courte», a révélé Matthews.

Le grand perdant de la journée a été l'Irlandais Dan Martin, qui a perdu 51 secondes pour se retrouver en septième place, à 2:03 minutes du meneur.

Sur un parcours difficile avec des montées et des descentes à travers les forêts luxuriantes du Massif central, on a eu droit à plusieurs attaques lors de la première heure de course. Avec des rafales de vent jusqu'à 65 kilomètres, le peloton s'est séparé, et Kittel a été largué dans un groupe qui luttait à l'arrière.

Kittel ne pouvait pas compter sur son coéquipier Philippe Gilbert pour le ramener, car l'ancien champion du monde n'a pas pris le départ au Puy-en-Velay en raison d'une gastroentérite. Douzième au classement, le coureur de Lotto NL Jumbo, George Bennett, a connu une mauvaise journée et il a abandonné à environ 100 kilomètres de l'arrivée.

Cherchant à accroître la pression sur Kittel, l'équipe Sunweb de Matthews a haussé le rythme à l'avant, unissant ses forces avec d'autres équipes de sprinters pour augmenter l'écart à plus de trois minutes avec 75 kilomètres à faire.

Victime comme Kittel de la cassure du peloton, le Français Nacer Bouhanni n'a pas abandonné la poursuite et a réussi à combler l'écart après un impressionnant effort avec ses coéquipiers de Cofidis avant que Matthews ne gagne le sprint intermédiaire.

Sur des portions longues et plates du parcours exposées au vent, l'équipe Sky de Froome s'est portée en tête, s'assurant que leur leader resterait à l'affût de la moindre attaque.

Le tempo élevé imposé par Sky a étiré le peloton alors que Jarlinson Pantano a chuté sur le côté de la route et Alberto Contador a été largué. «Pour nous, il s'agissait surtout d'être du bon côté du jeu, a expliqué Froome. Quelqu'un allait attaquer dans ces sections exposées à 20 km de l'arrivée. Nous voulions surtout être au bon endroit au bon moment.»

Bagarre pour le jaune

La bagarre pour le maillot jaune reprendra mercredi lors de la première des deux étapes alpines en haute altitude. Il conduira les coureurs à la station de ski de Serre Chevalier au fil d'un parcours de 183 kilomètres avec quatre ascensions, y compris celle de près de 12 kilomètres vers le Col du Galibier, l'une des plus redoutables et célèbres pentes du Tour.

«Demain [mercredi], ce sera à nous de contrôler, a poursuivi Froome. Mais les gars se sentent bien, nous avons bien profité de la journée de repos qui est tombée au bon moment, lundi. Nous sommes impatients de nous lancer dans ces deux étapes des Alpes.»  AFP

Les jambes, mais surtout la tête!

Dans la troisième semaine, quand les organismes sont très fatigués, la tête prend le relais des jambes sur le Tour de France. Un capital mental que les coureurs doivent apprendre à sauvegarder à tout prix pour espérer gagner.

«La troisième semaine sur le Tour, c'est un peu comme la barre des 30 kilomètres au marathon. Tous les coureurs sont fatigués, ont des petits bobos. Et pour dépasser le physique, il faut du mental», insiste Stéphane Goubert, le directeur sportif de Romain Bardet chez AG2R La Mondiale.

«Ce sont les coureurs les plus frais et les plus forts mentalement qui vont faire la différence. Et pour cela, il faut être dans le dépassement de soi, faire de sa fatigue une résilience, une force», ajoute-t-il.

Pour Frédéric Grappe, directeur de la performance au sein de l'équipe FDJ, c'est d'ailleurs le cerveau et uniquement lui qui détermine la fatigue.

«On est en train de comprendre depuis quelques années que ce que l'on appelle la fatigue centrale, c'est-à-dire la vraie fatigue, c'est celle qui s'accumule au niveau du cerveau. C'est le cerveau finalement qui serait le facteur limitant dans un effort d'endurance comme un grand Tour et pas le muscle», assure-t-il.

Pression à son maximum

Stress, concentration à chaque instant, exposition médiatique : sur le Tour de France, la pression est à son niveau maximal pour les coureurs et fatigue inévitablement.

«Ce qui est excessivement dur sur le Tour, c'est qu'il ne faut rien lâcher. Si vous n'êtes pas concentrés pendant quelques minutes, vous pouvez manquer un virage, être attaqué. Et ce qui fait justement la différence entre les grands champions et les autres, c'est pas le moteur, c'est cette capacité à être concentré tous les jours et si là-haut, vous êtes fatigué, ça peut faire la différence», ajoute Grappe.

Du coup, les coureurs doivent tout faire pour apprendre à préserver ce capital. En amont de la course en premier lieu. «On insiste beaucoup là-dessus durant les stages d'hiver. Il faut arriver sur le Tour légèrement désentraîné, car on y monte en pression progressivement et tous ces paramètres vont faire que vous allez arriver dans la troisième semaine plus frais que certains», estime Grappe.

Et durant la course, pas de recette miracle à part la priorité donnée à la tranquillité, assure Cristian Valente, le masseur du champion d'Italie Fabio Aru, deuxième au classement général. «Il faut blaguer et parler de la famille ou de voitures, mais le moins possible de vélo», dit-il. «Il est très important d'avoir autour de soi un groupe qui te laisse de l'espace, de la sérénité. Si, au niveau mental, t'es pas tranquille, c'est le bazar, mais si tu arrives à le gérer, c'est un avantage en plus.» AFP




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