Pendrel l'emporte au Vélirium

La Néo-Brunswickoise Catharine Pendrel a montré à tout... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La Néo-Brunswickoise Catharine Pendrel a montré à tout le monde qu'elle était prête pour les Jeux olympiques, elle qui a dominé la course du mont Sainte-Anne d'un bout à l'autre.

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(Québec) À deux semaines de la course olympique, Catharine Pendrel a prouvé sa valeur, dimanche, en menant de bout en bout l'étape de la Coupe du monde de cross-country présentée au mont Sainte-Anne.

Les amateurs de vélo de montagne québécois, nombreux comme la veille, ont eu de bonnes raisons de crier leur joie. L'autre athlète olympique canadienne, Emily Batty, a connu une deuxième moitié de course du tonnerre pour monter sur la troisième marche du podium.

Mais c'était le journée de Pendrel. Quelques minutes après le début de l'épreuve, elle s'était déjà forgé une confortable avance de 30 secondes. Se ménager avant Rio? Pas question, a répondu la Canadienne par la bouche de son vélo.

On craignait malgré tout une baisse d'énergie dans la deuxième moitié de ce parcours de 23,8 kilomètres, mais son avance de 43 secondes à l'arrivée sur la doyenne Gunn-Rita Dahle Flesjaa démontre l'excellente gestion de course de la Néo-Brunswickoise. Pendrel a parcouru la distance en 1h31:31, en route vers sa quatrième victoire au mont Sainte-Anne.

«Je pensais que j'aurais plus de rivales, que la course resterait serrée pendant une trentaine de minutes, mais c'est souvent comme ça que se gagnent les épreuves de cross-country», a réagi Pendrel après avoir sabré le champagne sur le podium. «Je voulais vraiment gagner cette course. Je devais me prouver que je pouvais le faire.»

Cette victoire est excellente pour la confiance, mais amène aussi une certaine pression en vue de Rio, estime la gagnante du jour. «C'est l'avantage d'aller aux Olympiques pour la troisième fois : j'ai été dans cette position avant.»

De son côté, Batty s'est retrouvée cinquième à mi-parcours, mais elle a ouvert la machine par la suite, rattrapant la Tchèque Katerina Nash (5e) et la Danoise Annika Langvad (4e), pourtant meneuse au classement général de la Coupe du monde. Elle a même dépassé Langvad à pied, alors que les deux cyclistes étaient descendues de leur vélo lors d'un passage complexe. Batty a franchi le fil d'arrivée 1:38 derrière Pendrel.

«Je suis reconnue pour finir les courses en force. Et c'est exactement ce que j'ai réussi. J'ai fait une course propre, sans erreur, et j'en suis très fière», a souligné l'athlète d'Oshawa.

Appui des amateurs

Comme l'an dernier, la jolie blonde a pu compter sur des amateurs bruyants, dont certains avaient épelé son nom sur leur poitrine. Batty a d'ailleurs posé pour les photographes avec ce groupe de Québécois, au fil d'arrivée.

«Ça signifie beaucoup pour moi», a dit l'Ontarienne en parlant du soutien de la foule. «Cet enthousiasme m'a donné ce petit extra d'énergie qui m'a permis de combler mon retard.»

Quant à Dahle Flesjaa, ancienne rivale de Marie-Hélène Prémont, sa deuxième place l'atteste : elle n'a rien perdu de sa superbe, malgré ses 43 ans.

«Je travaille 360 jours par année seulement pour avoir une journée comme celle-là, et je pense que ça vaut la peine. J'ai toujours beaucoup de plaisir à faire ce sport et je l'ai prouvé aujourd'hui. [...] Mon âge n'est qu'un chiffre», a déclaré la grande dame du vélo de montagne, qui a fait une longue et sincère accolade à Pendrel au fil d'arrivée. «Personne ne le mérite plus qu'elle. Je lui ai dit que j'étais presque plus heureuse pour elle que pour moi», a ajouté la Norvégienne, quadruple championne du monde (2002, 2004, 2005 et 2006). Médaillée d'or aux JO d'Athènes en 2004 - tout juste devant Prémont -, Dahle Flesjaa participera le 20 août à ses cinquièmes Jeux olympiques.

Chez les Québécoises, Rebecca Beaumont (Alma) a pris le 24e rang, 13 minutes derrière Pendrel, tandis que Cindy Montambault (Val-d'Or) a terminé 31e avec un tour de retard. Maghalie Rochette (Saint-Jérôme) a dû abandonner en raison d'un bris mécanique.

Gagné pensait déjà à Rio

Pendant que Julien Absalon filait vers sa sixième victoire en carrière au mont Sainte-Anne, le futur athlète olympique Raphaël Gagné a dû se contenter de la 45e position, dimanche, lors de la Coupe du monde de cross-country.

Le cycliste de Québec l'a admis volontiers : la pensée de subir une blessure avant de participer aux Jeux olympiques l'a un peu affecté pendant cette course de 28 kilomètres.

«Techniquement, j'ai beaucoup dit qu'il ne faut pas être trop stressé, tout repenser. Mais on dirait aujourd'hui que je n'arrivais pas à lâcher les freins autant qu'à l'habitude. Je me disais : "il ne faut pas que je me blesse". C'est le genre de chose que je ne repense pas comme ça d'habitude.»

À mi-course, Gagné a d'ailleurs chuté dans une section «vraiment pas technique». «Ensuite, je me sentais une petit plus... tendu, disons», a-t-il ajouté.

Mais son résultat comptait pour bien peu, avait-il prévenu il y a quelques jours. Son énergie est tournée vers Rio, où un top 15 est possible «si tout clique», croit-il.

De son côté, Léandre Bouchard a été le meilleur Québécois avec une 38e place. Celui qui accompagnera Gagné aux JO s'est dit satisfait de sa journée. «Je pense que je vaux un petit peu mieux, mais ça a été un super entraînement, a lancé l'Almatois. Je sais sur quoi j'ai à travailler d'ici Rio. Un petit peu de repos, on reste aiguisé [...] et ça va exploser» au Brésil.

Léandre Bouchard a été le meilleur Québécois avec... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 3.0

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Léandre Bouchard a été le meilleur Québécois avec une 38e place. 

Le Soleil, Yan Doublet

Absalon fait le plein de confiance

Un autre qu'il faudra surveiller aux JO : le Français Julien Absalon. Après une première moitié de course tranquille, le double médaillé d'or olympique (2004 et 2008) a poussé la machine à fond pour terminer 44 secondes devant son compatriote Victor Koretzky.

Absalon se sent chez lui au mont Sainte-Anne. «C'est un endroit que j'apprécie beaucoup parce que c'est ici que j'ai commencé ma carrière grâce au titre de champion du monde junior en 1998. C'est mes premiers grands souvenirs au niveau international», a affirmé le Français, déjà vainqueur dans l'élite en 2003, en 2007, en 2008, en 2009 et en 2013. «C'était important de faire un dernier grand test 15 jours avant Rio, a-t-il ajouté. Pour voir où en est la condition. Et mentalement, c'est bon de partir le moral gonflé à bloc.»

En plus d'avoir battu son propre record pour le nombre de victoires au mont Sainte-Anne, Absalon s'est emparé du maillot de leader au classement général de la Coupe du monde.

Ignoré pour les Jeux olympiques, l'Ontarien Derek Zandstra a été le meilleur Canadien avec une 32place. Cette réussite s'ajoute à son titre de champion canadien acquis à Baie-Saint-Paul, en juillet, devant Bouchard et Gagné.

À sa première Coupe du monde de la saison, le cycliste de Boischâtel Jérémy Martin a fait belle impression grâce à son 40e rang. «Je suis content d'avoir roulé avec Léandre et Raphaël, qui s'en vont aux Olympiques. C'est une bonne journée», a indiqué l'athlète de 24 ans, aussi spécialiste du cyclocross.

Le «dopage mécanique» sous la loupe

Au Vélirium, les affiches indiquant aux athlètes la route à suivre pour se rendre là où se font les tests antidopages sont nombreuses. Mais qu'en est-il du «dopage mécanique», cette nouvelle plaie qui frappe le monde du vélo? L'Union cycliste internationale s'occupe du dossier, assure le président de Gestev, Patrice Drouin. «Les examens des vélos, ça se fait», affirme-t-il. «C'est certain que [les commissaires] jettent des petits coups d'oeil, ils se promènent dans les écuries, ils font des vérifications. En vélo de montagne, comme sur la route, c'est certain qu'il y aurait un avantage à avoir un petit moteur.» En janvier, aux Mondiaux de cyclocross, la Belge Femke Van den Driessche a été piégée avec un micromoteur dans son vélo. Des soupçons ont aussi pesé sur quelques coureurs sur route, dont le Suisse Fabian Cancellara, sept fois vainqueur d'étapes au Tour de France. L'organisation de la Grande Boucle était d'ailleurs munie d'une caméra thermique pour détecter le «dopage mécanique» cette année.

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