Le Tour de France en deuil

Adam Yates, Thomas De Gendt, Peter Sagan, Chris... (AP, Peter Dejong)

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Adam Yates, Thomas De Gendt, Peter Sagan, Chris Froome et Tom Dumoulin (vainqueur d'étape) ont observé une minute de silence vendredi et déposé des gerbes de fleurs sur le podium en mémoire des victimes de Nice.

AP, Peter Dejong

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Agence France-Presse
VALLON-PONT-D'ARC

Le Tour de France, sous le choc de l'attentat de Nice, a vécu en sourdine la 13e étape, un contre-la-montre gagné vendredi dans l'Ardèche par le rouleur néerlandais Tom Dumoulin et favorable au maillot jaune Chris Froome.

Après sa deuxième place, le Britannique a refusé de parler de la course en ce jour de recueillement. Froome n'a voulu évoquer que l'attentat de Nice. En conférence de presse, il n'a répondu qu'à une seule question, liée à cette actualité dramatique.

«C'est une journée très triste en France. Mes sentiments profonds vont aux familles des victimes de Nice», a dit Froome. «C'est le moment pour être ensemble, pour être solidaires. Je suis content de mon étape, mais je n'ai pas le coeur à fêter cela.»

L'étape a été maintenue après concertation avec les plus hautes autorités de l'État. «Nous voulons rendre hommage aux victimes avec dignité», a déclaré le directeur Christian Prudhomme, portant un brassard noir et retenant ses larmes. «Nous nous sommes questionnés à savoir si la course devrait se poursuivre et, après consultation avec les autorités, nous avons décidé qu'elle le devait. Le Tour de France se poursuivra d'une manière sobre et solennelle.»

La caravane publicitaire, qui précède les coureurs sur la route tous les jours pour distribuer des cadeaux et des souvenirs gratuits au son d'une musique forte, a ainsi roulé en silence. Au milieu de mesures de sécurité renforcées, des milliers d'amateurs ont tout de même pris place le long des routes. 

Une minute de silence

Une minute de silence a été respectée avant le départ du premier coureur, puis sur le podium protocolaire. Sur le podium, les lauréats du jour (vainqueur d'étape, porteurs de maillots distinctifs) ont aussi observé une minute de silence par respect pour les victimes de Nice.

«C'est très triste, ce qu'il s'est passé à Nice», a indiqué le maillot vert Peter Sagan. «J'habite aussi à côté. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans le monde. C'est mauvais pour tout le monde. Ces gens [les terroristes] font ça tout seuls. Chaque mois, c'est de pire en pire. Sur le podium, c'était très étrange, ça ressemblait plus à des funérailles qu'à une célébration.»

La plupart des des coureurs ont appris la tragédie à leur réveil. Certains cyclistes ont rendu hommage aux victimes lors du contre-la-montre.L'Australien Adam Hansen avait notamment le nom de la ville sur les côtés de son dossard 166, avec des coeurs.

Le Français Romain Bardet, spécialiste de la montagne, a également exprimé sa tristesse. «Français, recueillons-nous, célébrons, aimons-nous les uns les autres», a-t-il affiché sur les réseaux sociaux. «Et ne cédons pas. Je pense à Nice.»

Pour rendre hommage aux Niçois, Bardet avait choisi, sur Twitter, un tableau de Claude Monet sur lequel on distingue une rue parisienne noire de monde, des dizaines de drapeaux français aux fenêtres. L'oeuvre, La Rue Montorgueil à Paris, est en effet souvent vue comme une célébration de la fête nationale française, le 14 juillet. Mais elle commémore en réalité la fête du 30 juin 1878, célébrant «la paix et le travail», décrétée cette année-là par le gouvernement.

Au bout des 37,5 kilomètres séparant Bourg-Saint-Andéol de la Caverne du Pont-d'Arc, Froome a frappé un grand coup par rapport à ses rivaux pour la victoire finale, surtout le grimpeur colombien Nairo Quintana, qu'il a distancé de plus de deux minutes. Le maillot jaune a porté son avance au classement général à 1 min 47 sec sur le Néerlandais Bauke Mollema, désormais deuxième, et à 2 min 45 sec sur le Britannique Adam Yates.  Avec AP

«Journée à deux visages» pour Tom Dumoulin

Tom Dumoulin ... (AP, Peter Dejong) - image 3.0

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Tom Dumoulin 

AP, Peter Dejong

Tom Dumoulin avait encerclé la date du 15 juillet sur son calendrier depuis des mois. Le Néerlandais de 25 ans savait que le premier contre-la-montre du Tour de France convenait parfaitement à ses forces. Quand il s'est réveillé vendredi et qu'il a pris connaissance de l'attaque meurtrière d'un camion dans les environs de Nice qui a fait plus de 80 victimes, dont beaucoup d'enfants, ses projets sont devenus bien secondaires.

«C'est une journée à deux visages. Je me suis réveillé dans la tristesse après ce qui s'est passé à Nice, c'est atroce. La décision a été prise de poursuivre. Je crois que courir aujourd'hui a été une bonne décision» Nous ne pouvons pas laisser des terroristes décider de notre façon de vivre.

«J'ai perdu ma concentration ce matin, ce qui me semble normal dans les circonstances, quand j'ai entendu les terribles nouvelles de ce qui s'est produit à seulement quelques centaines de kilomètres de nous. Deux heures avant le départ, je me suis concentré sur le contre-la-montre, je n'ai rien d'autre à faire que de courir, et le mieux possible», a ajouté Dumoulin, qui a bouclé la distance à la moyenne de 44,7 km/h, preuve de la difficulté de ce parcours.

Prenant le départ bien avant les meneurs au classement général par une journée où le vent soufflait à 70 km/h, Dumoulin a dominé le contre-la-montre de 37,5 km avec une confortable avance de 63 secondes devant le maillot jaune Chris Froome. «Gagner avec plus d'une minute devant Froome et les autres, je ne m'y attendais pas et ça me donne beaucoup confiance», a noté le Néerlandais, 40e au classement général, presque une heure derrière le meneur Froome

À quand un titre dans un grand Tour?

Il s'agit de la deuxième victoire d'étape de Dumoulin au 103e Tour de France après celle de la 9e étape, une échappée en solitaire à travers une tempête de grêle avec une arrivée au sommet à Andorre. Peu de coureurs, hormis les prétendants à la victoire finale, peuvent gagner à la fois une étape en haute montagne et un contre-la-montre dans le même grand Tour. En plus de ces deux victoires d'étape l'an dernier au Tour d'Espagne, Dumoulin a aussi gagné le contre-la-montre initial au Tour d'Italie cette année, et il a porté le maillot rose pendant six étapes jusqu'à son abandon au milieu de la classique en raison de plaies de selle.

Alors, quand le coureur de l'équipe Giant-Alpecin tentera-t-il de gagner un grand Tour? «On me l'a souvent demandé. Mais gagner une minute dans un contre-la-montre n'est pas possible quand vous roulez plein gaz tous les jours. Donc, il faut remettre le tout en perspective. Je vais certainement me concentrer sur le classement général dans un grand Tour à l'avenir, mais je ne peux pas dire quand ce sera.»Je dois maintenir ma condition pour cela. Je ne vais pas rouler à fond tous les jours. Je vais choisir mes journées et espérer que ça rapportera à Rio.»  AP et AFP

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