Grand Prix cycliste de Québec: trois épreuves plutôt qu'une

Serge Arsenault aimerait offrir un véritable festival du... (Photo Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Serge Arsenault aimerait offrir un véritable festival du cyclisme aux gens de Québec ainsi qu'aux nombreux touristes qui se déplacent pour l'événement.

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(Québec) Québec pourrait un jour présenter trois épreuves lors de son Grand Prix cycliste. C'est du moins le souhait de Serge Arsenault, président des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, qui rêve de voir un critérium «de haut niveau, avec les plus grands de ce monde» et une épreuve de sprint s'ajouter à la course tenue depuis 2010.

«Je vois à Québec, parfaitement, mercredi le critérium, jeudi le sprint et vendredi la grande course», a affirmé Arsenault, mercredi, au Château Frontenac, après la conférence de presse présentant les grandes lignes de la compétition de demain.

«On ne peut pas rester avec un seul Grand Prix», a-t-il ajouté. «Nous, ce qu'on aimerait faire, c'est offrir aux touristes un six jours, sept jours... Un festival du cyclisme. Il faut que le cyclisme se modernise. [...] C'est un sport très conservateur. Mais là, on se doit de bouger», estime Arsenault.

Il croit que les grands événements québécois qui ont su se démarquer - il nomme le Festival Juste pour rire, le Festival de jazz et le Festival d'été de Québec - sont ceux qui se déroulent pendant une semaine. «On essaie de s'éloigner du cancer "championnat du monde"», a lancé Arsenault, analysant que ces épreuves tenues sur une seule journée coûtent une fortune et n'ont aucune récurrence. «C'est un coup d'épée dans l'eau et ça hypothèque des budgets énormes pour les années suivantes. C'est ce qu'on appelle le trou noir. Bâtissons pour avoir des retombées chaque année.»

À l'image de la F1

Pour le sprint, Arsenault espère un circuit qui incluerait des compétitions dans une douzaine de grandes villes du monde. À l'image de la Formule 1. En plus de Québec et de Montréal, il a nommé hier Moscou, Berlin, Londres, Rome, Paris, New York, Boston, Sydney et Séoul. Le projet pour la capitale, d'ailleurs, ne fonctionnera que s'il fait partie d'un tel circuit, a dit le président.

Ce dernier évoque même la tenue d'une rencontre Europe contre Amérique, à l'image de la Coupe Ryder au golf.

Tout ça pourrait se faire dans le cadre de compétitions déjà existantes. À Montréal et à Québec, par exemple, les équipes n'auraient qu'à ajouter un spécialiste du sprint à leur alignement, a expliqué Arsenault.

Le tenue d'un sprint et d'un critérium permettrait par ailleurs d'intégrer l'«élément féminin» dans la compétition. Les filles sont laissées «beaucoup trop de côté», au dire d'Arsenault. Son équipe travaille déjà à réduire cette iniquité : un critérium pour les femmes aura lieu à Montréal, samedi.

Pour l'instant, ces projets en sont à leurs balbutiements, admet Arsenault. «On commence à rêver, tout le monde», dit-il, ajoutant en avoir déjà parlé au maire Régis Labeaume. «Mais le plan économique tient bien. Pour 15 % [d'investissements] de plus, on double les retombées», calcule-t-il. Il se dit déjà prêt à garantir, avec ses partenaires privés, 60 % des coûts de l'événement, ce qui laisserait 40 % à éponger pour les quatre partenaires privés, soit les gouvernements du Québec et du Canada, ainsi que les Villes de Québec et de Montréal.

En février, la Ville de Québec a octroyé un peu plus de 4 millions $ pour les quatre prochaines années au Grand Prix cycliste. Selon les évaluations fournies par les organisateurs, 18,7 millions $ ont été dépensés par les amateurs de vélo dans la capitale au cours des quatre premiers Grands Prix (2010 à 2013).

Mieux que le Crashed Ice

Aucun événement dans l'histoire ne fait découvrir au reste du monde la véritable nature de la ville de Québec comme le fait le Grand Prix cycliste, selon Régis Labeaume. Même le Red Bull Crashed Ice, aussi diffusé dans le monde entier. Alors que la compétition de patinage extrême ne montre que le Vieux-Québec, la télédiffusion de la course de vélo fait découvrir tous les beaux coins de la ville, remarque le maire. «Je connais des gens qui préfèrent passer la journée devant la télé qu'être sur place!» Les épreuves de Québec et de Montréal sont présentées au petit écran dans environ 130 pays à travers le monde.

Par ailleurs, les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal sont assurés de rester jusqu'en 2018. Pour la suite, les deux villes devront faire face à une compétition grandissante. «Il semble que dans les dernières années, les villes ont compris que les événements sportifs et culturels représentaient une plus-value importante», a d'abord analysé le maire de Québec. «Peut-être que des gens d'autres pays ou d'autres villes pourraient payer plus cher que nous pour obtenir ces droits-là. La différence, c'est qu'on a atteint ici la stabilité.» Régis Labeaume estime que l'événement, dès le départ, en a été un «de qualité». «Une autre ville devrait donner la garantie qu'elle pourrait faire aussi bien. Je pense que c'est un gros défi.»

Hinault prend goût à Québec, où il aurait aimé courir

«Le plus grand cycliste que cette terre ait connue» était au Château Frontenac, hier. C'est le président des Grands Prix cyclistes, Serge Arsenault, qui a ainsi décrit Bernard Hinault (photo), quintuple vainqueur du Tour de France (1978, 1979, 1981, 1982 et 1985).

C'est justement pour répondre à l'appel d'Arsenault que Hinault a fait le saut dans la capitale, sa deuxième présence chez nous en un mois, lui qui avait participé au Granfondo de Louis Garneau, le 9 août Depuis son arrivée, «le Blaireau» a déjà eu le temps de faire le parcours du Grand Prix de Québec... en voiture.

«Je pense qu'il y en a qui ne vont pas aimer», a dit Hinault avec le sourire, l'épreuve de Québec étant reconnue pour être plutôt ardue. «C'est le genre de course que j'aurais appréciée. C'est difficile, c'est technique. Il faut être puissant. C'est le genre de parcours que j'aurais pu gagner plusieurs fois», a ajouté l'homme de 60 ans.

Hinault estime par ailleurs que la tenue d'épreuves de classe mondiale en Amérique du Nord est essentielle pour y développer des coureurs de haut niveau. «La course professionnelle va donner l'envie a beaucoup de jeunes. C'est comme ça qu'un certain nombre viennent à la compétition. Parce qu'ils rêvent à ce que fait le champion. Et ils veulent faire la même chose», a affirmé celui qui a déjà été coéquipier avec le Canadien Steve Bauer, quatrième au Tour de France de 1988. Hinault a aussi été impressionné par le nombre de participants au Granfondo, il y a un mois.

Finalement, la légende du vélo n'a pas osé prédire le résultat de la course de demain. Il estime cependant qu'une dizaine de coureurs sont des prétendants.

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