Granfondo: pas d'âge pour le vélo

Lors de son arrivée avec le peloton de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Lors de son arrivée avec le peloton de tête, Emmanuel Boilard-Sauvageau, troisième au classement général, a violemment chuté quelques mètres après la ligne d'arrivée.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Il n'y a pas d'âge pour faire du vélo. Il faut seulement avoir la piqûre pour le sport! Parlez-en à Jacques Duquette, qui a terminé son septième Granfondo, dimanche, à l'âge de 72 ans.

«Dites pas trop fort mon âge», a commenté d'entrée de jeu et avec le sourire l'athlète de Québec, satisfait de sa deuxième position dans la catégorie des 70 ans et plus.

Victime d'une vilaine chute de vélo le 29 mai, qui lui a notamment valu trois côtes fracturées et une blessure à l'aine, M. Duquette a dû passer six semaines loin de son deuxième amour... son vélo. «J'ai recommencé à rouler le 12 juillet», confie-t-il.

Le repos aura donc été de très courte durée pour celui qui survole entre 17 000 et 18 000 kilomètres d'asphalte sur ses deux roues chaque année. «Ce maususse d'accident-là m'a ralenti pour mon entraînement», affirme le retraité des Forces armées canadiennes, qui passe maintenant ses hivers loin du froid et de la neige. Il préfère plutôt les pistes cyclables et le chaud soleil de la Floride.

M. Duquette a toujours été une personne sportive. Il y a quelques années, il pratiquait le golf, le tennis et la course à pied. Il faisait même des marathons. «J'ai tout abandonné pour faire du vélo, raconte-t-il. J'ai eu la piqûre dans les années 90, à 48 ans. J'étais alors commandant à la Citadelle de Québec et le midi, je courais beaucoup sur les Plaines [d'Abraham]. Je rencontrais beaucoup de gens qui s'entraînaient en vélo et j'ai décidé d'essayer. Et j'ai eu la piqûre», ajoute-t-il, soulignant au passage avoir fait 85 km de vélo la veille du Granfondo. Une sortie normale pour l'athlète septuagénaire, entre Beauport et Cap-Tourmente.

L'hiver en compagnie de Louis Garneau, il fait partie du club GarneauFloride. Pas question de perdre la forme. «Il y a des Américains et des Canadiens. C'est pour rouler en groupe.»

M. Duquette a terminé le parcours de 118 km entre Trois-Rivières et Saint-Augustin-de-Desmaures en 4 h 07 min 22 s. «Le parcours a été plus difficile en raison du vent», explique celui qui était très heureux de faire partie du groupe de tête composé de Louis Garneau et du légendaire cycliste Bernard Hinault, quintuple champion du Tour de France et président d'honneur de l'événement. «Ça me tirait trop dans l'aine, j'ai été obligé de les laisser aller», ajoute-t-il, avec un brin d'humour.

Victoire de Miguel Sanchez

Près de 2800 cyclistes ont participé à la septième édition du Granfondo. C'est Miguel Sanchez qui a traversé le premier le fil d'arrivée en 2 h 56 min 41,5 s. «Je ne m'attendais pas à gagner aujourd'hui», soutient fièrement l'athlète de 53 ans, qui va prendre part aux Masters Games à Nice le 4 octobre. «Ça a bien roulé, malgré le vent de face. C'est dommage qu'il y ait eu une petite chute à cinq ou six kilomètres de la fin.»

Sanchez était très heureux de pouvoir courir en compagnie de Bernard Hinault. «Je suis Français, alors il est quelqu'un de chez moi. Je suis content d'être aujourd'hui à ses côtés et c'est un privilège pour moi de lui serrer la main. C'est une inspiration pour moi.»

Chez les femmes, c'est Hélène Pilote, 22 ans, de Neuville, qui a dominé avec un chrono de 3 h 00 min 58 s.

Lors de son arrivée avec le peloton de tête, Emmanuel Boilard-Sauvageau, troisième au classement général, a violemment chuté quelques mètres après la ligne d'arrivée. L'athlète de Québec s'en est tout de même bien sorti avec quelques brûlures à l'épaule.

«Je voulais rattraper le gars devant moi, j'étais frustré et j'ai sauté par-dessus les bosses au sol pour évacuer ma frustration. Lorsque j'ai atterri, ma roue a viré et je suis tombé, a expliqué Boilard-Sauvageau. Je n'ai rien à la tête. Demain, je vais être raide, c'est tout.»

Le rêve de pédaler avec Hinault

L'organisateur du Granfondo Garneau-Québecor Louis Garneau était très satisfait de la journée d'hier. «Aujourd'hui, j'ai vécu de belles émotions, de belles sensations. Quand j'étais derrière la roue de Bernard [Hinault], je rêvais. Je le voyais, je disais : ce gars-là a gagné de grandes courses. J'ai eu de belles sensations», a confié l'homme d'affaires, qui avait prévu en soirée un souper avec la légende et sa famille dans un restaurant de Québec. L'ancien athlète olympique a comparé son événement à celui de Pierre Lavoie. «Pierre supporte les plus jeunes, et moi, les plus vieux. On fait bouger le Québec», a ajouté fièrement celui qui a fêté hier ses 57 ans.

Quant à Bernard Hinault, il n'a pas perdu la forme. «Je me suis fait plaisir aujourd'hui. J'ai encore de la force dans les jambes. Je n'ai pas peur de faire 100 km avec un vent de face», a affirmé celui qui a prodigué quelques conseils aux autres coureurs. M. Hinault était d'ailleurs très satisfait de son séjour à Québec. «Je suis vraiment en vacances, ici! On nous fout la paix. En France, les gens ne comprennent pas. On leur dit d'attendre cinq secondes pour un autographe et ils ne comprennent pas. C'est inadmissible. C'est une agression. Ici, les gens ne sont pas agressifs.» Louis Garneau espérait amasser dimanche 100 000 $ qui seront remis à l'organisme Les Petits Frères.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer