Repenser le cyclisme international

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Selon Bernard Hinault, il faut éviter que les épreuves du Pro Tour à Québec et à Montréal se retrouvent isolées.

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(Québec) Ancien cycliste de renom, Bernard Hinault a accueilli favorablement l'ajout de deux épreuves du Pro Tour, à Québec et à Montréal, il y a cinq ans. Avec la mondialisation du cyclisme, c'est plutôt la distribution des épreuves à travers les continents et le système de points sur lequel est basé le championnat qu'il suggère de revoir.

La popularité sans cesse grandissante du cyclisme à travers le monde impose une réflexion sur l'avenir de celui-ci, croit Bernard Hinault. Avec de nouveaux marchés tels l'Australie, l'Afrique, l'Amérique du Nord et, éventuellement, la Chine, il est nécessaire de repenser la carte géographique du circuit, question d'éviter que des événements tels que les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal soient isolés.

«Si je suis à l'UCI [Union cycliste internationale], je l'organise différemment. Je fais des périodes Asie, soit tout ce qui est Qatar, Oman, l'Australie, puis une partie Europe, et finalement, je fais une partie Amérique. Comme ça se fait dans le tennis et le ski. Au lieu de faire des transferts à droite, à gauche, dans tous les sens. On partirait du Canada. On descendrait tout doucement en Amérique [États-Unis], en Amérique du Sud, et quand on arrive en Amérique du Sud, on retourne en Australie. La vie est belle!» a lancé la légende du cyclisme français, qui a évolué 12 ans dans les rangs professionnels.

Des divisions

De même, Hinault croit que le système de championnat par points a fait son temps. S'inspirant du soccer européen, il imagine plutôt une formule où les équipes évolueraient dans trois divisions et pourraient être reléguées.

«Moi, si j'étais dans les instances internationales, il n'y aurait plus de World Tour. Il n'y a plus d'équipes Pro Tour. Je prends le système du football [soccer], où il y a 18 ou 20 équipes, ainsi qu'une première division, une deuxième division et une troisième division. Et là, c'est plus une question d'argent. C'est une question de volonté des coureurs. Parce que les points qui seraient marqués ne seraient pas pour les coureurs, mais pour l'équipe. Et les deux ou trois dernières équipes, on les fait sauter. Elles se retrouvent en deuxième division», résume l'ancien cycliste, qui n'a couru qu'une seule fois au Québec en carrière, sous les couleurs de l'Équipe de France, dans un critérium tenu à Saint-Eustache, où il avait chuté, en 1974.

L'adoption d'un tel système par le cyclisme rehausserait le niveau de compétitivité entre les équipes et améliorerait le spectacle, croit Hinault.

«Les directeurs sportifs qui disent qu'il ne faut surtout pas attaquer, qu'il faut marquer des points pour le Pro Tour, eh bien là, ils diraient le contraire! Ils diraient qu'il faut qu'ils marquent des points parce que sinon, on n'est plus dans la première division. Et là, ça devient génial. Et là, il y a de la course! On n'aurait plus ce qu'on a aujourd'hui, avec les attentistes, qui ne bougent pas», a-t-il déploré.

Selon Hinault, cette proposition a déjà été amenée devant l'UCI, mais a fait face à la réticence des équipes, qui voulaient protéger leur chasse gardée.

«Si elles le pouvaient, elles préféreraient rester 14 équipes. [...] Elles veulent rester entre elles, leur petite mafia, mais pas aller au-delà. Mais pour le cyclisme, ce n'est pas bon. Ils sont en train de tuer le vélo et ils ne s'en rendent pas compte. Parce que le cyclisme, il faut que ce soit vivant. Il faut que les gens soient passionnés. Et même moi, qui suis un passionné, parfois, je m'ennuie.»

Un septième Granfondo en jaune!

En hommage au parrain d'honneur Bernard Hinault, les quelque 2500 participants du septième Granfondo Garneau-Québecor, une randonnée de 118 km qui se déroulera entre Trois-Rivières et Saint-Augustin-de-Desmaures demain, porteront cette année le maillot jaune. Quant à l'ancien cycliste, il chevauchera un vélo de fabrication Louis Garneau également jaune, qui sera tiré au sort après la course.

Les profits de l'événement seront remis aux Petits frères des pauvres, une cause qui rallie à la fois Louis Garneau et Bernard Hinault, qui pédaleront côte à côte, avant d'aller accueillir les participants à l'arrivée. «On a un événement qui est spectaculaire, mais l'événement, à la base, vise à ramasser de l'argent pour les Petits frères des pauvres. Au printemps passé, j'ai appelé Bernard Hinault. Quand je lui ai parlé des Petits frères des pauvres, il m'a dit qu'il connaissait, qu'ils avaient ça en France. On a connecté tout de suite. Il a accepté immédiatement, dans l'espace de quelques minutes», a indiqué l'homme d'affaires québécois.

Des places sont encore disponibles pour les intéressés. Ces dernières pourront s'inscrire jusqu'à demain, au départ de la randonnée. 

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